Tag Archives: séparatisme

L’Ukraine sous perfusion de la Banque mondiale et du FMI

L’Ukraine sous perfusion de la Banque mondiale et du FMI

13/02/2015 – PARIS (NOVOpress via Kiosque courtois)
Dans la foulée de l’accord de cessez‑le‑feu signé hier à Minsk entre les séparatistes pro‑russes et les autorités de Kiev, le FMI et la Banque mondiale ont annoncé l’octroi de prêts substantiels à l’Ukraine. Apparemment, il y a le feu au lac…

C’est en tout cas l’impression d’un certain nombre d’observateurs. D’une part, la signature d’un accord étonnamment favorable aux forces pro‑russes, un accord que les Européens semblaient pressés de signer. De l’autre, dans la même journée, des prêts nourris destinés à sauver l’Ukraine d’une banqueroute annoncée. Rappelons que l’accord de Minsk signé hier prévoit entre autres l’organisation d’élections locales ainsi qu’un régime d’autonomie dans certains secteurs des régions de Donetsk et de Lougansk. Une concession majeure en faveur des autonomistes pro‑russes. Le chef du Kremlin et les dirigeants séparatistes n’ont d’ailleurs pas caché leur satisfaction. Son de cloche très différent côté européen où domine le scepticisme. En bonnes caisses de résonance de l’oligarchie, Le Monde parle d’un « accord imparfait et fragile », Le Point d’un « accord douteux »… Quant au président ukrainien Petro Porochenko (photo), il a déjà accusé Moscou et les séparatistes pro‑russes d’être passés à l’offensive après la conclusion de l’accord. Une accusation idiote : on ne voit pas pourquoi l’accord aurait été violé par ses bénéficiaires.

Les occidentaux ont‑ils voulu assurer à tout prix un cessez‑le‑feu à l’est, sachant qu’il urgeait de mettre le pays sous perfusion du FMI ?

C’est sans doute la raison de cet accord qui ressemble, dans un premier temps du moins, à une capitulation. La Banque mondiale s’est engagée hier à fournir jusqu’à 2 milliards de dollars à l’Ukraine en 2015. Ces 2 milliards de dollars devraient s’intégrer au plan d’aide global de 40 milliards de dollars annoncés plus tôt dans la journée par le Fonds monétaire international, qui s’est dit disposé à y participer à hauteur de 17,5 milliards de dollars sur 4 ans. Le reste de l’aide devra venir de prêts bilatéraux et d’un effacement de la dette privée de l’Ukraine, actuellement en négociation. L’aide devra se focaliser sur les « populations pauvres », annonce le laconique communiqué de la Banque mondiale, ainsi que sur les réformes « importantes » que Kiev devra mener « en matière de lutte contre la corruption ».

Crédit photo : Poland Ministry of Foreign Affairs, via Flickr, (cc).

Entretien avec Didier Patte, président du Mouvement normand - Réforme des régions : "Une formule technocratique" (Présent 8247)

Entretien avec Didier Patte, président du Mouvement normand – Réforme des régions : « Une formule technocratique » (Présent 8247)

08/12/2014 – PARIS (NOVOpress)
Didier Patte est le président du Mouvement normand depuis sa création en 1969. Enseignant en sciences humaines et en culture normande, il a présidé la Caisse d’allocations familiales de l’Eure du 1984 à 2006. Il a siégé au Conseil économique et social de la région Haute-Normandie de 1984 à 2006. Que pense-t-il de la réforme des régions, grand chantier socialiste de l’automne ?


Eric Zemmour, dans Le Suicide français, affirme que la décentralisation/régionalisation est l’une des étapes du déclin suicidaire de notre pays. Qu’en pensez-vous ?

Contrairement à la réponse que vous attendez peut-être de la part d’un régionaliste, j’estime qu’Eric Zemmour a, à la fois, tort et raison…

S’agit-il d’une autre formulation du fameux adage normand « P’tet ben qu’oui, p’tet ben que non » ?

Nullement. Seulement l’expression de l’esprit de nuance que le politologue havrais, André Siegfried, reconnaissait aux Normands pour lesquels « La vérité n’est jamais entièrement du même côté » ! Je m’explique : Eric Zemmour, avec juste raison, part d’une réalité : la France est un Etat-nation et non une nation-Etat. Par suite, toute remise en cause de la toute-puissance de l’Etat est une menace pour la cohésion de la France et le fameux « effort multiséculaire de centralisation » a longtemps été constitutif de l’espace français. Nos rois, nos empereurs, nos républiques ont tous tiré dans la même direction : renforcer le pouvoir de l’Etat afin d’unir « l’agrégat inconstitué de peuples désunis » de ce qui est devenu l’Hexagone. Au Mouvement normand, nous avons le parti pris d’assumer notre histoire, toute notre histoire, et nous relevons qu’à toutes les époques, même aux temps de la Normandie ducale (911-1204), la Normandie a été terre de France, terre du royaume de France…

Même quand les ducs de Normandie étaient rois d’Angleterre ?

Les ducs-rois étaient pairs de France… et, en y regardant bien, ce furent, la plupart du temps, les monarques français qui cherchèrent noise à ces vassaux trop puissants, ducs de Normandie et rois d’Angleterre. Bref, pour en revenir aux propos d’Eric Zemmour, toute remise en cause de l’Etat par des tendances plus ou moins centrifuges est un danger pour la France et, si Eric Zemmour considère que la décentralisation/régionalisation est un démantèlement des prérogatives régaliennes de l’Etat, alors il a raison. Si, à l’inverse, les régions n’ont pas la prétention d’empiéter sur ces prérogatives régaliennes de l’Etat, il faut voir dans les « trois actes de décentralisation » (nous en sommes présentement au troisième depuis 1969) une volonté de plus grande efficacité dans la gouvernance du pays (premier point), de souci d’un aménagement équilibré du territoire (second point), de participation de tous les citoyens dans la gestion à leur niveau des affaires quotidiennes.

Lire la suite

[Tribune libre] La sécession en Catalogne ou les maux du nationalisme chauvin, par Javier R. Portella

[Tribune libre] La sécession en Catalogne ou les maux du nationalisme chauvin, par Javier R. Portella

28/11/2012 — 08h00
BARCELONE (via Polémia) —
La Catalogne, la Flandre, l’Italie du Nord, l’Ecosse sont tentées par le séparatisme. Correspondant de Polémia à Madrid, Javier R. Portella s’interroge à propos de la Catalogne : au moment où les peuples européens sont victimes d’une substitution de population, l’animadversion à l’égard du voisin le plus proche est-elle la priorité ?

Lire la suite