Tag Archives: sémantique

euronews macédoine

« Migrants », « réfugiés » ou « immigrés » ?

Source : les carnets politiques de François Bazin
George Orwell l’avait bien démontré dans 1984 : la plus belle arme du totalitarisme, c’est la maîtrise de la langue. En changeant les mots, on change la perception du réel. François Bazin l’illustre de manière très convaincante dans son examen de la guerre sémantique qui fait rage autour des clandestins : « Migrants », « réfugiés » ou « immigrés » ? Il aurait pu ajouter « clandestins » et « envahisseurs » à son analyse.

[extrait]
Dans le nouveau contexte provoqué par l’exode syrien, le mot « migrant » est un mot relais. Lui aussi mélange des réalités différentes, mais alors que celui d’« immigré » était connecté négativement, il porte en lui une charge émotionnelle positive. Le migrant est celui qui fuit, la guerre en l’occurrence. Il ne choisit pas. Il s’impose. L’accueillir est une évidence qui ne se discute guère et qui pulvérise même la notion de quotas et, par là même, celle de maîtrise. L’Europe, on le voit depuis quelques jours, ne veut – et surtout, ne peut – ouvrir ses frontières à partir d’objectifs chiffrés, décidés à l’avance. Elle tente de répartir les migrants en son sein, mais ce flux est un fleuve qui échappe à son contrôle parce que sa source ne se tarira pas du sitôt.
[lire la suite]

[Editorial Novopress] Daesh ou Etat islamique ? Qu'importe, ils tuent bien au nom de l'islam ! par Fabrice Robert

[Editorial Novopress] Daesh ou Etat islamique ? Qu’importe, ils tuent bien au nom de l’islam ! par Fabrice Robert

19/09/2014 – PARIS (NOVOPress)
Les images d’horreur inondent les réseaux sociaux depuis plusieurs mois déjà. Des mises en scène morbides qui permettent aux fanatiques de l’Etat islamique de rivaliser – entre eux – dans la cruauté et l’exhibitionnisme macabre. L’archaïsme prend d’assaut les nouvelles technologies comme pour mieux combattre un monde ouvert et interconnecté qu’ils détestent par-dessus tout. C’est la stratégie du couteau et de la caméra. La victime expiatoire attend son supplice, encerclée par des barbus qui hurlent « Allah Akbar » en agitant leur téléphone portable pour immortaliser la scène du crime. Il aura fallu attendre l’assassinat de deux journalistes américains et d’un travailleur humanitaire britannique pour entendre des voix officielles dénoncer la barbarie des djihadistes. Pourtant, les décapitations sont bien devenues, en l’espace de quelques mois, le sport national de l’Etat islamique. Si Laurent Fabius a fait part de son « indignation » après la mort de James Foley, on aurait aussi aimé l’entendre réagir quand, quelques jours auparavant, un père franciscain a été sauvagement égorgé en Syrie. Dans l’horreur, toutes les têtes n’auraient donc pas la même valeur ?

Dans le même temps, une autre véritable guerre – sémantique celle-là – est en train de se jouer du côté des diplomaties occidentales. Il ne faudrait plus utiliser l’expression Etat islamique car cela pourrait provoquer une confusion avec l’islam, l’islamisme et, plus largement, le monde musulman. Le mouvement islamique devrait donc être rebaptisé « Daesh » qui est l’acronyme arabe d’EIIL. Pour Romain Caillet, islamologue à l’Institut français du Proche-Orient, « Daech » est un terme « impropre et péjoratif ». Il précise que « si en langue arabe, il peut y avoir une légitimité à l’employer, son utilisation en français est clairement idéologique ».

Une autre véritable guerre – sémantique celle-là – est en train de se jouer du côté des diplomaties occidentales.

Il faut se rappeler qu’après la décapitation de James Foley, Barack Obama avait, tout de même, tenu à préciser que l’Etat islamique ne parlait « au nom d’aucune religion » (sic). Laurent Fabius lui a emboîté le pas en déclarant que les djihadistes n’agissaient pas « au nom des musulmans ». Certes, l’Etat islamique ne combat pas au nom de tous les musulmans mais ce groupe tue bien au nom de l’islam !

Lire la suite

Victoire sémantique : 5 ans après Fabrice Robert, les médias utilisent de plus en plus le concept de « droite identitaire »

Victoire sémantique : 5 ans après Fabrice Robert, les médias utilisent de plus en plus le concept de « droite identitaire »

28/11/2012 — 16h30
PARIS (NOVOpress) —
Si l’on peut le résumer grossièrement, le principe de base du « gramscisme » est que les victoires culturelles précèdent les victoires politiques. D’où l’importance de la sémantique comme vecteur de nouveaux paradigmes.

C’est ainsi que les Identitaires, dans le droit fil de leur volonté d’être des éveilleurs de peuple, lancent des concepts repris (souvent avec déformation) par les politiques, les journalistes et les chercheurs. Dernier exemple en date : la droite identitaire.

Lire la suite