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Crèche de la cathédrale de Saint-Étienne incendiée. Où sont les flots d’indignation ?

La crèche de la cathédrale de Saint-Etienne a été incendiée volontairement vendredi soir. Plusieurs figurines dont celles de la Sainte Vierge ont été brisées et carbonisées. Un autre feu a été allumé sous une chapelle de la Vierge.

Une crèche dont même les plus enragés des laïcards peuvent difficilement dire qu’elle n’était pas au bon endroit ni à sa place. Saccagée, en cendres, profanée.

L’incendiaire a été aperçu en train de prendre la fuite vers 18 heures juste avant la messe. Les flammes ont été partiellement éteintes grâce à la rapidité des paroissiens qui se sont servi tout d’abord de l’eau du bénitier.

A ce jour ni Bernard Cazeneuve ni Bruno Le Roux n’ont exprimé la moindre indignation ni promis le zèle des enquêteurs. Comme le fait justement remarquer Christine Tasin sur Résistance Républicaine, on verra « si incendier une crèche dans une cathédrale, essayer de mettre le feu à la même cathédrale est considéré comme moins grave ou plus grave que mettre des lardons dans la boîte à lettres d’une mosquée ».

Alors que le maire LR de la ville Gaël Perdriau parle de « profanation », Mgr Bataille, l’évêque de Saint-Etienne, (ils sont rarement décevants) a fait bien heureusement des déclarations « très loin des décharges de haine et de racisme visibles sur les réseaux sociaux » comme le souligne Radio France Bleu.

« Le geste est douloureux » tempère l’évêque du lieu « mais l’acte en lui même est assez limité dans le sens où c’est juste la crèche et les personnages » (…) « Cela peut très bien être un acte de gaminerie, comme ça arrive souvent. Et puis la crèche c’est un peu tentant : il y a de la paille donc on va mettre le feu. Ça n’est pas la première fois ! (…) En tout cas, ça retentit parce qu’il y a cette sensibilité qui est celle de notre pays en ce moment mais sur le fond je ne suis pas sûr que l’acte ait un tel poids. »

De quelle sensibilité pour le moins excessive, parle-t-il ? De la peur des actes de haine et de mort contre les symboles de notre foi et de notre civilisation ? De l’égorgement d’un prêtre en pleine messe comme en juillet dernier ?

Curieuse similitude, il y a quelques jours à Foggia en Italie, un migrant gambien de 25 ans a été pris en flagrant délit alors qu’il mettait le feu à la crèche et venait de fracasser une statue de la Vierge Marie. Ce grand gamin aimant jouer avec des allumettes (la paille c’est drôlement tentant) a néanmoins déclaré à la police qu’il était musulman et qu’il voulait détruire des symboles chrétiens.

Caroline Parmentier

Article paru dans Présent daté du 10 janvier 2017

Saint-Etienne : Quand les hooligans terrorisaient le Tour de France !

Saint-Etienne : Quand les hooligans terrorisaient le Tour de France !

[box class= »info »]A l’heure où la « Petite Reine » arpente les routes de France, seuls les soupçons de dopage viennent encore entacher l’image de cette compétition cycliste mondialement renommée. Les centaines de kilomètres d’asphalte avalés quotidiennement par les coureurs sont envahis d’étape en étape par des milliers de spectateurs venus des quatre coins de l’Hexagone afin d’encourager tout au long des trois semaines de course ces véritables « forçats de la route ». Le Tour de France conserve ainsi – tant bien que mal – son étiquette de course conviviale et populaire contre vents de seringues et marées de transfusions sanguines. Pourtant cette image « bon enfant » était loin d’être gagné à ses débuts, et pour des raisons tout autre que les scandales actuels, comme en témoigne ce fait divers régional…[/box]

Le 9 juillet 1904, lors de la deuxième édition de la « Grande Boucle », les coureurs cyclistes entament la seconde étape marathon de 374 kilomètres qui part de la capitale des Gaules, et les emmènent jusqu’aux rives méditerranéennes de la cité phocéenne. Aux petites heures de la matinée, le peloton des favoris arrive sur les dernières pentes du col de la République (1 161 mètres), sur les hauteurs de Saint-Étienne. Il s’agit alors du premier franchissement d’un « 1 000 mètres » sur l’histoire du Tour de France, à une époque où les géants alpins et pyrénéens étaient soigneusement évités. A quelques hectomètres du sommet, Antoine Faure – Stéphanois natif de Lyon – démarre brusquement et prend une longueur d’avance sur la tête du peloton. Au passage du point culminant, se tient sur le bord de la route près de 200 individus armés de gourdins et de pierres. Faure s’engage avec conviction et passe sans encombre aux milieux des supporters stéphanois. Mais la haie va subitement se refermer sur le peloton qui arrive. Une pluie de coup va alors s’abattre sur les poursuivants « qui ne sont pas du pays » aux cris de « tuez-les ! ». Le Valdôtain Maurice Garin (photo) – premier vainqueur de l’épreuve l’année précédente – reçoit une pierre au visage et de multiples coups de bâton aux genoux et aux bras. Il finira tout de même l’étape en n’ayant plus que l’usage d’un seul bras ! Son frère César est lui aussi roué de coups. Auguste Daumain est renversé sur le bas-côté. Blessé, il réussit cependant à se relever et à prendre la fuite. Quant au « diavolo rosso » piémontais Giovanni Gerbi, il va se retrouver littéralement assailli puis assommé sur son vélo : il perdra un de ses doigts, tranché net sur son guidon ! Beaucoup d’autres coureurs anonymes se verront à leurs tours molestés par ces « hooligans » d’un autre âge. Les voitures officielles de course vont également être accueillies par les garagnas (« garnements, vauriens » en parler gaga). Ce n’est que sous le retentissement des coups de feu de la maréchaussée que la foule se disperse.

L’étape sera encore marquée par de nouveaux incidents avec jets de pierre lors du passage du peloton à Nîmes. L’auvergnat Hippolyte Aucouturier dit « Le Terrible » franchira finalement le premier la ligne d’arrivée à Marseille de ce véritable parcours du combattant, mais il sera quelques temps après disqualifié pour « irrégularités graves » laissant ainsi le gain de cette seconde étape à… Antoine Faure ! Le 23 juillet consacrera à Paris un jeune artésien d’à peine 20 ans, Henri Cornet (record d’âge en cours pour un vainqueur du Tour de France), suite à la disqualification du malheureux rescapé Maurice Garin pourtant arrivé trois heures plus tôt.

Saint-Étienne, capitale du cycle, se verra privé de « Grande Boucle » pendant près d’un demi siècle. Il faudra attendre l’année 1950 pour que le Tour consente à réemprunter les pentes du terrifiant col de la République… mais sans ses hooligans !