Tag Archives: Russie Poutine Medvedev

Le peuple russe largement favorable à un durcissement des lois migratoires

Le peuple russe largement favorable à un durcissement des lois migratoires

02/02/2012 – 16h30
MOSCOU (NOVOpress)
– Une très large majorité des Russes soutient les initiatives présentées par Vladimir Poutine concernant un durcissement de la politique migratoire du pays.

Selon un sondage du centre d’étude de l’opinion publique, plus de 70% des personnes interrogées prônent un durcissement de la politique d’immigration.

On arrive même à près de 80% lorsqu’il s’agit de valider l’idée de prévenir l’apparition d’enclaves ethniques fermées échappant à la loi en vigueur.

Une proposition qui pourrait faire réfléchir les responsables français à l’heure où ce genre de zones se multiplie sur le territoire national.

75% des russes interrogés seraient également favorables à un durcissement des règles d’enregistrement des travailleurs migrants et réclament des sanctions exemplaires pour leur violation.

L’idée d’obliger les citoyens étrangers voulant devenir ou rester résidents en Russie à passer des examens de langue, de littérature, d’histoire et de droit russes est de son côté soutenu par un peu moins de 70% des sondés.

Crédit photo : paulafunnel via Flickr, licence (cc)

Manipulations américaines en Russie : "La révolution des rubans blancs n’a pas eu lieu"

Manipulations américaines en Russie : « La révolution des rubans blancs n’a pas eu lieu »

[box class= »warning »]Article de Xavier Moreau, repris du site d’analyses géopolitiques Realpolitik.tv[/box]

La révolution des rubans blancs n’a pas eu lieu

L’Histoire ne retiendra pas le 10 décembre 2011. Malgré un battage internet intense et la promesse par les médias occidentaux d’une révolution orange, les manifestations organisées dans différentes villes de Russie par l’opposition pro-occidentale n’ont évité le ridicule qu’à Moscou et Saint-Pétersbourg. Dans le reste de la Russie, elles n’ont pas atteint la taille critique qui en auraient fait des événements politiques significatifs.

À Moscou, la manifestation devait commencer à 14h00, mais dès 13h30, le flux massifs et continu des manifestants commença à envahir la place Bolotnaïa. Il en fut ainsi jusque vers 16h00. Cependant dès 14h40, un flux inverse de gens quittant la manifestation commença à s’écouler et vers 15h30, il devint plus important que le flux rentrant. Beaucoup de Moscovites sont sans doute venus plus curieux que militants. Ces allées et venues font que si 25 à 30000 manifestants participèrent au meeting, la place fut occupée en permanence par environ 15 à 20000 personnes. L’atmosphère fut dans l’ensemble assez bon enfant, la majorité des gens n’étaient pas venus pour faire la révolution. Les forces de l’ordre se sont montrées bienveillantes et sont intervenues vers 16h30 pour permettre au flux grossissant des partants de ne pas se faire écraser par les voitures.

À l’intérieur de la manifestation se trouvaient un ensemble de groupuscules et de partis politiques hétéroclites, ce qui en dit long sur le « programme commun » de nos démocrates américanophiles. Le « levy front » antifasciste (front de gauche) de Sergeï Udaltsov, côtoya ainsi les monarchistes et les anarchistes, qui eux-mêmes, défilaient au côté des communistes du KPRF, fraichement ralliés à la manifestation, comme les quelques représentants de Russie Juste. Vers 15h00, un à deux milliers de  fascistes visiblement issus de la galaxie qui tournait autour du groupe récemment dissout, le DPNI, arrivèrent dans la manifestation, encagoulés, prêts à en découdre avec les «Tchétchènes de Poutine ». Sur la scène les intervenants se succédaient avec un message politique qui réclamait de nouvelles élections et affirmait le rejet de  Vladimir Poutine, revendiquant ouvertement le soutien d’Hilary Clinton, devenu l’égérie des quelques centaines de libéraux regroupés autour du podium.

Beaucoup, y compris l’auteur de ces lignes, avaient redouté le pire, mais dès 17h00 il devint clair que la manifestation se disperserait sans problème sous l’œil bienveillant des OMON.

Même si nous sommes donc bien loin d’un début de révolution colorée, cette manifestation est cependant riche en enseignements.

– 25 à 30000 manifestants pour 18 millions d’habitants, cela peut paraître insignifiant, mais pour Moscou, on peut estimer que c’est une manifestation importante. Si le noyau dur était composé de plusieurs groupuscules fascistes, antifascistes, libéraux, monarchistes ou anarchistes, la majorité des participants étaient sincères dans sa démarche. Il y a donc bien une inquiétude d’une partie de la population russe, qui doit être prise en compte par le Kremlin.

– Le gouvernement russe a bien joué cette partie, en autorisant la manifestation et en évitant les provocations avec les forces de l’ordre. L’absence de répression est un mauvais point pour les libéraux, qui préfèrent se rassembler sans autorisation pour provoquer les arrestations sous les yeux des caméras occidentales.

– Le mouvement libéralo-fascisto-gauchiste a montré ses limites :

  • Pas de programme commun possible entre ces factions que tout oppose.
  • Pas de résultats immédiats tangibles suite à la manifestation.
  • Pas de leader valable pour mener ce conglomérat hétéroclite. Boris Nemtsov, réduit à distribuer ses livres gratuitement pendant la manifestation, est surtout connu pour son incompétence en tant que ministre, qui mena la Russie à la crise d’août 1998. Mikhaïl Kassianov, l’homme du clan Eltsine et de la spéculation sur les GKO (bons du trésor), est surnommé de temps à autre, Misha 2%, en souvenir de ce temps où il était si facile de s’enrichir rapidement.

– Bien que pris au dépourvu, les partisans du Kremlin commencent à réagir. La collusion entre le célèbre opposant Navalny, l’ONG Golos et l’ambassade américaine est désormais étalée sur la place publique. Le fait que le domaine www.belayalenta.com (rubans blancs) a été enregistré en octobre 2011 démontre bien que ce mouvement n’a rien de spontané. La collaboration de Navalny aux mouvements racistes démontre de son côté que la démocratie en Russie n’est sans doute pas le but recherché par le département d’État américain. Plusieurs bloggeurs russes ont en outre souligné la double nationalité russo-israélienne des agitateurs pro-américains, certains comme Anton Nosik ayant même servi dans Tsahal. Le ministère des Affaires Étrangères israélien ayant soutenu clairement le Kremlin quant au déroulement des élections russes, il semble cependant que les ficelles soient davantage tirées de Londres ou de New York, plutôt que Tel-Aviv.

La médiocrité de l’opposition russe pro-américaine ne doit cependant pas atténuer le fait que la Russie de Vladimir Poutine doit faire face à une usure réelle du pouvoir, qui s’ajoute à une inquiétude globale, tandis que le monde entier s’enfonce dans une crise sans précédent. Il est impératif que le futur gouvernement russe reprenne les réformes au même rythme qu’entre 2000 et 2004. Selon son propre aveu, seules 39% de celles qui étaient prévues ont été accomplies. Le meilleur moyen de contrer les opérations de déstabilisation du département d’État américain est de ne laisser aucune prise aux agitateurs.

Xavier Moreau

[box class= »info »]Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d’une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 10 ans, travaillant également sur l’Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie.[/box]
Crédit photo : www.alexandrelatsa.ru

Serbes du Kosovo : Moscou étudie les demandes de citoyenneté

Serbes du Kosovo : Moscou étudie les demandes de citoyenneté

18/11/2011 – 15h10
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinfo) — La Russie étudie les demandes de citoyenneté déposées par plus de 20 000 Serbes du Kosovo a déclaré hier à Moscou le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Ces demandes font suite aux dépôts d’octroi de la nationalité russe auprès de l’ambassade russe à Belgrade par plus de 20 000 Serbes du Kosovo. Les Serbes veulent ainsi protester contre l’incapacité des autorités de Belgrade à les protéger contre les persécutions perpétrées par les Albanais et par les missions occidentales déployées dans la région.

Pour le ministre, « les Serbes se trouvent dans une situation désastreuse, ils se sentent dans l’impasse, parce qu’on les oblige à se soumettre au diktat de Pristina et à renoncer à disposer d’eux mêmes en dépit de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU ».

La situation à la frontière administrative entre la Serbie et Kosovo s’est aggravée en septembre 2011 suite à la prise de contrôle par les Kosovars albanais de plusieurs postes douaniers situés dans les régions peuplées de Serbes.

[box class=info]Dépêche publiée en partenariat avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie.[/box]
Crédits photo : Acid Zebra via Flickr (cc)

Russie : l’armée russe abandonne son légendaire AK-74 Kalashnikov

Russie : l’armée russe abandonne son légendaire AK-74 Kalashnikov

08/11/2011 – 12h50
MOSCOU (NOVOpress) — Le ministère de la défense russe a décidé de ne plus s’approvisionner en fusils d’assaut de type AK-74, arguant que celui-ci est aujourd’hui dépassé. Le fabricant, Izhmash, a déclaré dans la foulée qu’une nouvelle version du fusil devrait être présentée sous peu au public.

L’AK-74 est la troisième génération de fusils d’assaut inventés par l’ingénieur soviétique Mikhail Kalashnikov. Le fusil et ses variantes sont devenus le standard chez les troupes soviétiques, et plus tard russes, depuis 1974, année de sa sortie.

Toutefois, après bientôt 40 années de service, cette arme légendaire est désormais considérée comme dépassée. Le ministère de la défense russe n’a pas acheté un seul AK-74 en 2011 et a annoncé ne pas avoir l’intention de le faire pour les années à venir.

Selon le général Nikolay Makarov, l’armée russe a déjà un stock suffisant d’AK-74, dont le nombre se chiffrerait à plusieurs millions. « Nous devons d’abord utiliser les armes que nous avons en stock et les nouveaux modèles devront nous permettre plus de mobilité » a-t-il déclaré.

Une arme de nouvelle génération

Le 100 Series, arme de nouvelle génération de l'armée russe

Le 100 Series, arme de nouvelle génération de l'armée russe. Crédit photo : gunalizer.com

La nouvelle arme de l’armée russe sera la quatrième génération de Kalashnikov, connue sous le nom de 100 Series. Plus petit, il est aussi plus équilibré et plus sophistiqué. Ces nouveaux modèles se reconnaissent à leur garde main en plastique et leur poignée noire.

Dans le même temps, Izmash a dévoilé un nouveau concept d’arme qui serait aussi fiable que l’AK-74 mais également plus précis et avec une portée plus grande. Cette cinquième génération de Kalashnikov sera donc dévoilée avant la fin de l’année selon le PDG d’Izmash, Maksim Kuzyuk.

« Les principales améliorations toucheront l’ergonomie du fusil, sa modularité, sa facilité de prise en main ainsi que l’amélioration de la dispersion des tirs » explique Maksim Kuzyuk.

L’homme derrière le fusil

Mikhail Kalashnikov en 2009

Mikhail Kalashnikov en 2009. Crédit photo : Kremlin (cc)

Mikhail Kalashnikov, aujourd’hui nonagénaire, a commencé sa carrière dans la conception d’armes à feu en 1941 alors qu’il était soigné à l’hôpital pour des blessures reçues lors de la bataille de Bryansk. Alors en convalescence, il a entendu plusieurs dizaines de soldats soviétiques se plaindre des armes alors utilisées. Une fois remis, il fut assigné à la section de conception des armes de l’Armée rouge. Il commença à travailler sur un nouveau fusil en 1945, plus ou moins inspiré du Sturmgewehr 44 allemand, et en sortit une version finale en 1947. Le fameux AK-47 était né.

Il attira immédiatement l’attention pour sa fiabilité, sa facilité d’utilisation et sa puissance de feu, devenant l’arme la plus populaire au monde avec un nombre de productions, légales et illégales, atteignant des dizaines de millions.

Un grand nombre de dérivés de la plateforme originale de l’AK-47 furent fabriqués durant les années qui ont suivi. Ceux-ci sont encore utilisés dans plus de 70 pays à travers le monde et non seulement dans les ex-républiques soviétiques, mais aussi dans d’anciens pays ennemis de l’URSS.

Photo en Une : AK-74 Kalashnikov. Crédits : Jonathan Mallard via Flickr (cc)

Voyage simulé sur Mars : mission accomplie et "retour" des 6 astronautes [vidéo]

Voyage simulé sur Mars : mission accomplie et « retour » des 6 astronautes [vidéo]


05/11/2011 – 1h52
MOSCOU (NOVOpress) —
Une expérience unique vient d’arriver à son terme en Russie : la simulation d’un voyage sur la planète Mars pour une équipe internationale de 6 astronautes, enfermés dans une capsule pendant 500 jours. Recréant au plus près les conditions de confinement et les activités des astronautes en vol, la mission Mars 500 – couronnée de succès – avait pour objectif de s’assurer de la faisabilité d’un aussi long voyage sur la planète Mars pour des hommes, tant physiquement que psychologiquement.

Vidéo : AFP / Crédit photo : JP Stanley via Flickr (cc)

Vers un renouveau du parti communiste en Russie ?

Vers un renouveau du parti communiste en Russie ?

26/10/11 – 12h50
PARIS (NOVOpress)
– Malgré le redressement de l’ère Poutine, la brutalité du passage à l’économie de marché et au libéralisme a causé beaucoup de dégâts dans la société russe.

Criminalité, corruption, bond des inégalités, précarité sociale… ce sont sans doute ces maux qui expliquent le regain de sympathie que connaît actuellement le parti communiste en Russie.

En effet, aujourd’hui, 6% des Russes déclarent soutenir activement le Parti communiste russe et plus de 20% affirment en être des sympathisants.

C’est le Centre d’étude de l’opinion publique russe qui a dévoilé ces chiffres.
C’est au sein des classes populaires, âgées et peu diplômées que le PC trouve le plus grand nombre de sympathisants.

Parallèlement l’opposition jadis virulente au PC s’atténue, le nombre de Russes se déclarant neutres vis-à-vis du Parti communiste ne cessant d’augmenter, passant de 39% à 48% au cours des dix dernières années.

Crédit photo : damienbottolier via Flickr (cc)

Caucase russe : une région encore gangrénée par le terrorisme

Caucase russe : une région encore gangrénée par le terrorisme


12/10/2011 – 20h15
MOSCOU (NOVOpress) —
La région du Caucase est réputée pour son instabilité chronique. Selon la chaîne de télévision russe anglophone Russia Today, environ un millier de terroristes séviraient toujours sur cette partie de la CEI et seraient à à l’origine de 335 crimes recensés depuis le début de l’année en cours, dans le seul district fédéral russe du Caucase du Nord.

Caucase russe : une région encore gangrénée par le terrorisme

Magomedsalam Magomedov, président du Daghestan depuis février 2010. Crédit : service de presse de la République du Daghestan.

Ces attentats représentent la majeure partie des actions terroristes (90%) sur ce territoire, selon le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolaï Patrouchev. Parmi les zones les plus sensibles au développement du terrorisme, le Daghestan demeure le pays le plus touché, avec des explosions et des attaques quasi-quotidiennes.

Cette expansion du terrorisme trouve son origine dans la première guerre de Tchétchénie (1994-1996) qui a opposé forces russes et séparatistes musulmans. Cette guerre s’est alors accompagnée de l’islamisation rapide de la rébellion dont les revendications belliqueuses se sont propagées hors des frontières tchétchènes pour s’ancrer de manière pérenne au sein d’autres républiques nord caucasiennes. Depuis le milieu des années 2000, un mouvement islamiste armé agit de manière active dans l’ensemble du Caucase du Nord.

Multipolarité 1 — OTAN 0, par Xavier Moreau

Multipolarité 1 — OTAN 0, par Xavier Moreau [tribune libre]

Multipolarité 1 — OTAN 0, par Xavier MoreauL’échec de la résolution occidentale contre la Syrie porte un nouveau coup sévère a l’imperium américain. Contrairement à la Serbie en 1999 et à l’Irak en 2003, l’administration américaine ne peut passer outre le droit international. La colère impuissante de Susan Rice (photo), l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, témoigne du délabrement de la position de l’ex-puissance mondiale sur la scène internationale. Le discours moralisateur, tenu par la diplomatie américaine ces vingt dernières années, n’émeut plus que la presse occidentale. Les États-Unis de Barack Obama ne sont plus ceux de Bill Clinton, ou la planification et l’exécution d’une épuration ethnique, comme celle des Serbes de Krajina, pouvaient se dérouler sans éveiller la moindre opposition internationale sérieuse.

Les États-Unis récoltent aujourd’hui les fruits de 20 ans d’une politique étrangère cynique et contre-productive. La servilité de la presse occidentale a perdu de son intérêt, tant les populations européennes ne lui font plus confiance. Certes, les régimes islamistes et islamo-mafieux mis en place en Bosnie et au Kosovo, le soutien aux terroristes dans le Caucase et désormais aux Frères musulmans dans les pays arabes, n’ont pas ému les opinions publiques occidentales. Cependant, pour la Chine et la Russie, l’ « Islamérique » est une menace parfaitement prise en compte, non seulement en politique étrangère mais également en politique intérieure.

La Russie, au bénéfice de ces crises arabes, a fait passer un message clair. Elle soutiendra toujours ses alliés loyaux. La Syrie peut se féliciter aujourd’hui de n’avoir pas eu de comportement ambigu avec son puissant allié. En 2010, l’Iran avait fait les frais de son rapprochement avec la Turquie et la Russie avait laissé agir alors le Conseil de Sécurité de l’ONU contre Téhéran. En ce qui concerne Kadhafi, ses atermoiements avec l’Occident en avaient fait un partenaire douteux aux yeux de Moscou. Ce dernier a signé sa chute, le jour ou il a souhaité devenir l’allié des Occidentaux, comme tous ces « visionnaires » que furent le shah d’Iran, le général Noriega, Slobodan Milosevic, Saddam Hussein, Laurent Gbagbo…

Les futurs potentats mis en place dans les pays nouvellement conquis par l’OTAN feraient mieux de se rapprocher de la Russie, car comme Moubarak ou Ben Ali, ils sont remplaçables, jugeables et condamnables.

Xavier Moreau

[box class= »info »] Source : Realpolitik.tv. [/box]

Moscou et Caracas renforcent leur coopération

Moscou et Caracas renforcent leur coopération

07/10/11 – 13h30
MOSCOU (NOVOpress)
– Se dirige-t-on vers une nouvelle alliance stratégique entre la Russie et le Venezuela ?

C’est en tout cas ce qu’appelle de ses vœux le président Chavez, et plusieurs éléments viennent déjà renforcer la coopération des deux pays.

Ainsi, un contrat portant sur l’octroi à Caracas d’un crédit d’un montant de quatre milliards de dollars a été signé à l’occasion de la venue d’une délégation russe, dirigée par le vice-Premier ministre Igor Setchine.

Ce crédit servira essentiellement à entretenir la coopération militaire et technique entre les deux pays.

Le président vénézuélien a également invité ses partenaires russes à réfléchir à la possible création d’une alliance pétrolière.

Par ailleurs, Hugo Chavez a réaffirmé sa volonté de nationaliser l’or et de transférer les réserves monétaires internationales vers des pays amis, au premier rang desquels Russie.

Ce net rapprochement russo-venezuélien commencerait à inquiéter Washington, qui discerne derrière celui-ci l’établissement progressif d’une « multipolarité » géostratégique contraire à sa doctrine d’hégémonie.

[box class= »info »]Crédit photo : ¡Que comunismo! sous licence Creative Common[/box]

La Russie introduit la castration chimique pour les crimes de pédophilie

La Russie introduit la castration chimique pour les crimes de pédophilie

04/09/2011 – 17h30
MOSCOU (NOVOpress) –
Face à la recrudescence de crimes de pédophilies (plus de 9.500 crimes sexuels ont été commis en 2010 sur des mineurs), la classe politique russe n’a pas hésité à prendre des mesures pour le moins radicales. La Douma a votée mardi la légalisation de la castration chimique des pédophiles reconnus coupables de crimes sexuels sur des mineurs de moins de 14 ans. Adoptée en première lecture, 322 députés ont voté en faveur de cette mesure de bons sens sur un total de 323 votants.

Il s’agit d’un véritable renforcement de la loi contre les pédophiles, qui inclut également une peine allant jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité pour les récidivistes.

La castration chimique sera encadrée et réalisée sur la base d’expertises médicales ordonnées par le tribunal comme l’affirme Garri Minkh, représentant du président russe à la Douma, pour qui « un tribunal s’appuyant sur l’avis d’une commission de médecins pourra contraindre l’auteur d’un crime sexuel sur un mineur de moins de 14 ans à une mesure de castration chimique ».

Cette adoption en première lecture laisse désormais place à un examen de deuxième et dernière lecture, avant la navette avec la chambre haute du Parlement.

La loi devrait être prochainement promulguée par le président Dmitri Medvedev, qui avait proposé en mai l’introduction de la castration chimique basée sur le volontariat.

Une décision politique courageuse qui tranche avec le laxisme des politiciens et de la justice en France, contrairement à leurs homologues russes pour qui la victime potentielle doit être avant tout protégée des prédateurs sexuels.

[box class= »info »]Photo : la Douma, photo d’illustration, le pope présent sur cette photo montrant le combat de l’Eglise contre cette infamie qu’est la pédophilie. Pregero/Flick, sous licence Creative Common[/box]

Vladimir Poutine veut une "Union eurasienne"

Vladimir Poutine veut une « Union eurasienne »

04/10/11 – 15h30
MOSCOU (NOVOpress)
– C’est une réalisation importante qui vient d’être scellée entre la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan, dont l’union douanière au sein de la Communauté économique eurasiatique (CEEA) représente, aux yeux du Premier ministre russe, la première étape d’une véritable Union eurasienne.

Selon Vladimir Poutine, cette nouvelle entité aura pour but de servir de pont entre l’Europe et la région Asie-Pacifique.

« Nous proposons un modèle de puissante union supranationale, capable de devenir un des pôles du monde moderne et de jouer le rôle de ‘connecteur efficace’ entre l’Europe et la région Asie-Pacifique. C’est un projet ouvert et nous saluons l’adhésion d’autres partenaires« , a notamment affirmé Vladimir Poutine dans un article publié dans la presse russe.

[box class= »info »]Photo : le Kremlin/springclo sous licence Creative Common[/box]

Passation de pouvoir Poutine / Medvedev. Par Xavier Moreau

Passation de pouvoir Poutine/Medvedev, Par Xavier Moreau [tribune libre]

Dimitri Medvedev a invité Vladimir Poutine à devenir le prochain Président de la Fédération de Russie. De son côté, Vladimir Poutine a invité Dimitri Medvedev à devenir le Président du “Front Populaire”, le mouvement qui doit représenter “Russie Unie” aux élections de la Douma. Les lecteurs de Realpolitik ne sont sans doute pas surpris par cette annonce. Nous avions il y a juste un an expliqué que le conflit Poutine Medvedev n’avait aucune réalité, mais qu’il correspondait au secret espoir des atlantistes, désespérés devant le retour de la puissance russe.

Passation de pouvoir Poutine / Medvedev. Par Xavier MoreauLa presse occidentale emploie désormais un ton à la limite du mépris pour Dimitri Medvedev, dont elle ne pardonne pas la loyauté vis-à-vis de Vladimir Poutine. Le dernier en date, celui d’Arnaud Kalika  est un modèle du genre, mélangeant allègrement considérations psychologiques et touristiques sur la Russie et ses dirigeants.

En épargnant à la Russie un affrontement au sommet de l’État, Dimitri Medvedev a démontré qu’il était de la même trempe que son mentor. Vladimir Poutine renonça lui aussi à la présidence, il y a quatre ans, estimant que la consolidation des institutions russes était plus importante que son ambition personnelle.

Avec cette annonce, Poutine et Medvedev procurent à la Russie cette stabilité politique, sans laquelle aucune des réformes menées depuis 2000 n’auraient pu être réalisées. C’est d’ailleurs la poursuite de ces réformes qui constituera le grand défi de la nouvelle Présidence de six ans de Vladimir Poutine.

Source : Realpolitik.tv

[box class= »info »] Xavier Moreau : Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Fondateur d’une société de conseil en sûreté des affaires, installé en Russie depuis 10 ans, travaillant également sur l’Ukraine, le Kazakhstan et la Serbie. [/box]

[box] Photo : Dmitri Medvedev prête serment à la Constitution après son élection à la présidence en 2008. Source de la photo : www.kremlin.ru, licence CC.[/box]

Eric Zemmour : "L'éternel retour de Poutine" [vidéo]

Eric Zemmour : « L’éternel retour de Poutine » [vidéo]

26/09/2011 – 17h30
MOSCOU (NOVOpress) – Dans sa chronique d’aujourd’hui sur RTL, Eric Zemmour revient sur le fait que Vladimir Poutine sera le candidat de Russie unie pour l’élection présidentielle de 2012, avec le soutien de l’actuel président de la Fédération de Russie, Dmitri Medvedev.

Selon Eric Zemmour : « Avec Poutine au moins, l’Etat déliquescent a été restauré, la diplomatie russe a retrouvé ses marques, la Russie a repris son attitude traditionnelle de grand frère impérieux avec ses anciennes possessions, l’Ukraïne en tête. Car la Russie est aujourd’hui un pays qui comme Poutine a la nostalgie de sa grandeur passée ».

Disparition du chef d’orchestre Kurt Sanderling

Disparition du chef d’orchestre Kurt Sanderling

[box class= »info »]Kurt Sanderling, à droite sur la photo, est félicité par le chef de la RDA de l’époque, Erich Honecker. Photo : Rainer Mittelstädt, archives fédérales allemandes[/box]

20/09/2011 – 19h00
BERLIN (NOVOpress) – Le chef d’orchestre allemand Kurt Sanderling s’est éteint dimanche 18 septembre dernier. Né le 19 septembre 1912 à Arys, en Prusse-Orientale (aujourd’hui Orzysz, Pologne), il fut le témoin discret d’un siècle divisé.

On sait qu’il étudia le piano à Königsberg, puis à Berlin, avant d’être nommé répétiteur au Berlin Städtische Oper de 1931 à 1933. L’accession au pouvoir des nationaux-socialistes d’Adolf Hitler met un terme à sa carrière : il perd son poste en raison de ses origines juives.

Kurt Sanderling envisage alors de quitter son pays natal. L’occasion se présente en 1936 : si une candidature au Metropolitan Opera de New York tourne court en raison de l’impossibilité pour lui d’obtenir un certificat, il parvient à mettre à profit l’invitation de parents pour se rendre en Union Soviétique. Le contexte est fort peu accueillant tandis que commencent les purges staliniennes ou que s’affermit l’emprise de la tristement célèbre Union des Compositeurs à laquelle auront maille à partir Dimitri Chostakovitch, Sergueï Prokofiev, Alfred Schnittke et tant d’autres. Kurt Sanderling parvient cependant à décrocher en 1937 un poste à la tête de l’Orchestre symphonique de la Radio de Moscou. En 1939, il part travailler à Karkhov en Ukraine, où il passera près de deux ans. C’est pendant cette période qu’il se familiarise avec la musique de Chostakovitch, dont il deviendra en 1943 l’ami et interprète privilégié.

1941 sera pour Sanderling l’année décisive : le jeune chef se produit à l’Orchestre philharmonique de Leningrad, une formation prestigieuse où sa prestation est remarquée. Kurt Sanderling accompagne l’orchestre que le régime envoie à Novossibirsk, en Sibérie, pour le mettre à l’abri de l’offensive allemande. Ce sera pour lui l’occasion de travailler avec le célèbre Ievgeni Mravinsky, directeur artistique de l’orchestre.

Pendant ses années soviétiques, Kurt Sanderling se fera un fervent défenseur de l’œuvre de Chostakovitch, malgré l’hostilité et les menaces que le régime fait peser sur les contestataires. Il ne regagnera l’Allemagne de l’Est qu’en 1960, un an à peine avant l’édification du Mur de Berlin. A cette date en effet, Kurt Sanderling est nommé à la tête de l’Orchestre symphonique de Berlin, formation qu’il dirigera jusqu’en 1977. Les autorités de la RDA de l’époque désiraient faire de cette phalange un concurrent du Philharmonique de Berlin (Berlin-Ouest, RFA) qui brillait alors de tous ses feux sous la baguette inspirée d’Herbert von Karajan. Si les résultats de l’opération de propagande ne furent pas à la hauteur de leurs espérances, Kurt Sanderling n’en donna pas moins à son orchestre une impulsion durable en le hissant à un trés bon niveau.

Sanderling dirigea également la Staatskapelle de Dresde de 1964 à 1967. Dans les années 70, sa renommée a passé le « rideau de fer » et il se produit ponctuellement à l’Ouest. Il entre de plain-pied dans le cercle fermé des très grands chefs au début des années 1980 avec un enregistrement des symphonies de Beethoven qui fera sensation. Il travaillera par la suite avec de nombre des grandes formations internationales dont le Gewandhaus de Leipzig, le Philharmonique de Los Angeles, le Symphonique de Tokyo ou l’Orchestre symphonique de la BBC.

Kurt Sanderling prend sa retraite en 2002. Il nous lègue un riche fonds d’enregistrements musicaux, même si son répertoire, au regard des critères d’aujourd’hui, reste assez limité. Ses interprétations de Mozart, Beethoven, Bruckner, Brahms, Schumann, Rachmaninov, Mahler ont constamment eu les louanges de la critique. Son style est dénué d’emphase, précis et énergique, ses « tempi » souvent plus lents que la moyenne lui permettent de donner profondeur et gravité aux œuvres qu’il visite. Il donne souvent à ses interprétations une tonalité assez sombre en phase avec l’époque troublée qui a formé sa jeunesse, bien qu’il ait toujours souhaité se tenir à l’écart des remous et soubresauts de l’histoire. « D’autres font de la politique, moi je fais de la musique », confiera-t-il à un journaliste. Les interprétations qu’il nous laisse des œuvres de son ami Chostakovitch ou du grand compositeur finlandais Jean Sibelius – qu’il eut le privilège de rencontrer – font aujourd’hui partie des références.

Russie : un débat télévisé qui a du punch [vidéo]

Russie : un débat télévisé qui a du punch [vidéo]

19/09/2011 – 11h00
MOSCOU (NOVOpress) – Les téléspectateurs français, qui ont tendance à s’ennuyer à mourir devant les débats télévisés français très politiquement corrects et aseptisés, vont-ils se tourner vers les chaînes de télévision russes, qui semblent bien plus animées ?

En effet, la semaine dernière, lors d’un débat télévisé sur la crise financière, deux hommes d’affaires russes en sont venus aux mains sur la plateau de la chaîne NTV.

Après que Sergueï Polonski, ex-patron d’un groupe immobilier, a déclaré, au sujet de certains invités, qu’il voulait « leur en coller une dans la gueule », le millionnaire russe Alexandre Lebedev, manifestement visé, s’est levé et a renvoyé son homologue dans les cordes du plateau à de coups de poing au visage.

Explication de l’intéressé : Lebedev a souligné, qu’après avoir entendu Polonski être menaçant, il lui était hors de question de recevoir le premier coup.

Une scène impensable sur une chaîne de télévision française, tant le conformisme et l’auto-satisfaction semblent être de rigueur. Politique, show-bizz ou analystes confondus…

Le rouge et le brun selon Limonov

[Tribune libre] Le rouge et le brun selon Limonov

Les plus anciens lecteurs de « Minute » se souviennent peut-être d’Edouard Limonov, qui a eu son heure de gloire dans les années quatre-vingt. Il débarquait en France précédé d’une réputation sulfureuse, avec dans ses bagages un livre, Le poète russe préfère les grands nègres, où il retraçait sa vie de clochard à New York, après s’être fait expulser d’URSS. En quelques mois, le Paris branché adopta cet enfant terrible du brejnévisme qui se présentait comme le premier punk de l’Union soviétique, le « Johnny Rotten de la littérature », du nom du chanteur déjanté des Sex Pistols.

Rapidement, Jean-Edern Hallier le repéra. C’était une créature selon son goût. Il engloutissait des quantités phénoménales de vodka, en portant des toasts au Petit Père des peuples, tout en célébrant la beauté de l’esthétique nazie. Ça jetait un froid dans la conversation. Mais pas dans le cerveau en ébullition de Jean-Edern, qui échafaudait d’invraisemblables scénarios dignes des Pieds Nickelés, se voyant marcher sur Rome et prendre d’assaut le Palais d’Hiver, avec Henri Krasucki et Jean- Marie Le Pen qui étaient alors ses deux modèles. Des putschs, des punchs et des punks. Il n’en fallait pas plus pour enflammer Jean-Edern.

Limonov et lui, c’était un peu les Bonnie and Clyde de la polémique, sensibles seulement aux extrêmes et aux mélanges nitroglycérinés. Limonov signait des papiers retentissants aussi bien dans « L’Idiot international » que dans le premier « Choc du mois ». C’était le temps béni des alliances transversales et des fronts renversés.

On était en 1993, entre les derniers jours de Bérégovoy et l’interrègne balladurien. Didier Daeninckx, rebaptisé Didier dénonce par Patrick Besson, ressortit un vieux serpent de mer, le complot rouge-brun, destiné à faire taire tous les irréguliers et tous les dissidents. La presse s’empara de l’affaire. « L’Idiot » cessa de paraître, « Le Choc » aussi. Limonov regagna la Russie. C’est là qu’Emmanuel Carrère, le fils de l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse, le retrouva, pour lui consacrer d’abord un reportage, puis une biographie magistrale, sobrement intitulée Limonov.

De retour au pays, Limonov s’empressa de lancer avec Alexandre Douguine, le pape de l’eurasisme, le Parti national-bolchevique, une organisation tenant plus de la milice privée que de l’organisation de masse. Rouge-brun, mais sous le pavillon noir de la piraterie. Tout était alors possible dans cette Russie eltsinienne – « Eastern » livré aux prédateurs de toutes sortes. C’est dans ce chaos que se dressa Limonov, mélange de Barbe Noire, de Mad Max et du dieu Mars, le dieu de la guerre. Un peu Raspoutine et un peu Netchaïev, le père des nihilistes russes, alliant le « No Future » punk à La technique du coup d’Etat de Malaparte.

Limonov rêvait de prendre le Kremlin. C’est le Kremlin, finalement, qui lui a tout pris, le jetant en prison en 2001, sous l’inculpation de trafic d’armes et de tentative de coup d’Etat. Condamné à quatorze ans de prison, il sera finalement relâché au bout de deux ans. De là, il rejoindra le camp des opposants à Poutine. Les deux hommes étaient pourtant faits pour s’entendre. Mais voilà, c’est Poutine qui a mis en œuvre le programme que Limonov consigna dans son « Manifeste du nationalisme russe », pas lui. Il semble dire au tsar Poutine, dans un mélange de dédain, de dépit et d’envie: « Ote-toi de mon soleil! » C’est ce Diogène futuriste que nous restitue Carrère dans un livre aussi touffu que la Russie. A lire toutes affaires cessantes.

François-Laurent Balssa

[box]Emmanuel Carrère, Limonov. P.O.L éditeur, collection « Fiction », 506 pp. ISBN : 978-2818014059 / prix : 20 €.[/box]

[box class= »warning »]Article paru ce mercredi dans l’hebdomadaire “Minute” du 14 septembre. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Cooks islands, par Cary Dunn

[Kiosque étranger] La Russie impériale renaît dans le Pacifique [vidéo]

10/09/2011 – 16h00
MADRID (NOVOpress) –
La nostalgie ne connaît décidément plus aucune limite.

Le quotidien monarchiste espagnol ABC rapporte non sans une certaine émotion que le milliardaire russe Anton Bakov et cinq de ses amis ont acheté une île de dans l’archipel des îles Cook pour y refonder la monarchie russe. Pour leur nouvel Etat, ils ont adopté une constitution directement inspirée de celle en vigueur à la fin de l’Empire russe en 1917.

Pour le moment Bakov et ses amis se répartissent les ministères en attendant de trouver un descendant des Romanov désireux d’accepter la couronne impériale pour cet Etat de 168 hectares menacé par la hausse du niveau des mers.

Syrie / Pétrole : chronique d’un embargo annoncé

Syrie / Pétrole : chronique d’un embargo annoncé

03/09/2011 – 13h00
DAMAS (via Info-Syrie.fr) — Comme prévu, l’Union européenne a confirmé, ce vendredi 2 septembre, l’embargo sur toutes les importations de pétrole syrien sur son territoire, confirmant aussi, par la même occasion, son alignement sur la diplomatie américaine. Les fédéralistes gémissant sur l’absence d’une réalité et d’une volonté politique européenne commune pourront se consoler : leur Europe existe au moins pour relayer, de la Syrie à la Libye en passant par la Yougoslavie, la Géorgie, la Côte d’Ivoire, le Soudan, l’Iran, les volontés et mots d’ordre du département d’État de Washington.

Cette décision était attendue, s’inscrivant dans le « jeu » de mesures économiques prises ou annoncées par les Américains et leurs seconds pour mettre à genoux le régime – en accroissant les difficultés de la population : c’est, ni plus ni moins, une façon « libérale » de pratiquer l’ingérence – et la subversion.

Cette décision européenne n’est certes pas anodine : 95% des ventes de pétrole syrien se faisaient avec les pays de l’Union européenne. On estime qu’entre un quart et un tiers des recettes syriennes pourrait être compromis par l’embargo sur le pétrole. Celui-ci, pour être précis, concerne non seulement l’achat, l’importation et le transport du pétrole et des produits dérivés, mais aussi les services financiers et d’assurance liées aux transactions.

Toutefois, l’embargo est, en quelque sorte, « à la tête du client » des Syriens : l’Italie a obtenu en effet de ses partenaires européens que les contrats de livraison de pétrole syrien actuellement en cours, et impliquant deux compagnies pétrolières nationales italiennes – Syria Petroleum et Sytrol -, soient honorés jusqu’au 15 novembre. Et, par ailleurs, les experts es-blocus économique de l’Union ont décidé de surseoir, pour un temps indéfini, à la mesure d’interdiction de tout investissement européen dans le secteur pétrolier syrien : les « droits de l’homme » et la « démocratie » c’est bien, mais les affaires demeurent les affaires, surtout en ces temps de crise.

Peut-être les Européens, et singulièrement les Français, espèrent-ils, à plus ou moins brève échéance, s’abreuver désormais en pétrole à la « source » libyenne, leur opération « humanitaire » et « pro-démocratie » en Libye s’assimilant chaque jour d’avantage à une opération de captation de ressources énergétiques.

Le salut économique viendra-t-il de l’Est ?

Pour en revenir à la Syrie, quelle parade peut-elle trouver  à cette décision, qui frappe un pays fragile économiquement, où 12% de la population était, selon une estimation de 2006, en dessous du seuil de pauvreté, et où le taux de chômage atteignait un peu plus de 8% en 2010 – selon un site de documentation de la CIA ?

Voici dix ans, la Syrie occupait le 29ème rang mondial avec une production de 26 millions de tonnes de pétrole brut. Toutefois, ses exportations sont passées, entre 2005 et 2011, de 285 000 barils/jour à 155 000/jours, et n’occuperait plus que le 56e rang des exportateurs pétroliers cette année – ces chiffres-estimations étant eux aussi de la C.I.A. !

Ce qui est certain c’est que le pays était, au moment où a éclaté la crise politique, en pleine restructuration de son économie, avec la modernisation de ses infrastructures, notamment portuaires. Il connaissait aussi un taux de croissance appréciable :  2,2% en 2009. Les principaux secteurs économiques étaient, outre l’industrie pétrolière, l’agro-alimentaire, le bâtiment, la métallurgie, ainsi qu’un important secteur artisanal produisant vêtements, tapis et produits en cuir, les exportations reflétant l’activité de ces différents secteurs.

Mais c’est surtout le secteur touristique qui a connu une véritable explosion, passant de 1 276 000 touristes en 1996 à près de 7 500 000 en 2010. Naturellement, cette activité a été frappée de plein fouet par les six mois de troubles.

Le pétrole est donc une part importante de la richesse de la Syrie. Avec le gaz : tout récemment un accord pour la construction d’un « gazoduc islamique » a été conclu entre Damas, Bagdad et Téhéran (voir notre article « Syrie/Irak/Iran : un gazoduc très politique » , mis en ligne le 27 juillet). Un partenariat  qui pourrait, symboliquement, témoigner d’une réorientation de l’économie syrienne vers « l’Est », c’est-à-dire, outre l’Iran et l’Irak, des nations ayant jusqu’à présent soutenu diplomatiquement la Syrie, et en concurrence économique avec le bloc occidental, comme l’Inde et la Chine. Enfin, on voit mal la Russie laisser « tomber » son allié historique et principal au Proche-Orient, surtout après le raid stratégico-économique » de l’OTAN sur la Libye et son pétrole.

De toute façon, les mesures de rétorsion économiques ont toujours davantage pénalisé les populations qu’abattu les régimes : l’Irak en est le plus récent, le plus notable et le plus désolant exemple. L’Union européenne a certes tiré une assez grosse cartouche contre Damas, mais on peut penser que c’est une des dernières. Car que faire de plus : la guerre ?

Crédit photo : Dayr az Zawr, par Richard Messenger (Flickr)