Tag Archives: renseignement

La CIA va enquêter sur les partis politiques européens opposés à Bruxelles

19/01/2016 – MONDE (NOVOpress)

Les agences de renseignement américaines vont mener des enquêtes en profondeur pour voir comme le Kremlin s’infiltre dans les partis politiques en Europe.
James Clapper, le directeur américain du renseignement National, a été chargé par le Congrès américain pour mener un examen approfondi des financements clandestins russes des partis européens de ces dix dernières années. Cette offensive montre la préoccupation de Washington face aux tentatives de Moscou visant à la désunion européenne et à la remise en question de l’OTAN pour bloquer les programmes américains de défense antimissile et révoquer le blocus contre la Russie après l’annexion de la Crimée.
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Un 11 septembre à la française ? Les services se disent impuissants à le prévenir

02/10/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Ce n’est pas la première fois que la sonnette d’alarme est tirée. Cette fois, c’est l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic qui nous avertit : l’État islamique envisage une attaque en France de grande envergure. « Le pire est devant nous ». Des propos corroborés par les professionnels du renseignement. Tous sont très inquiets de l’indigence des moyens de lutte antiterroriste.

Dans un entretien accordé à Paris Match, Marc Trévidic, ancien juge antiterroriste n’y va pas par quatre chemins :

La menace est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu’alors. D’abord, nous sommes devenus pour l’État islamique [EI] l’ennemi numéro un. La France est la cible principale d’une armée de terroristes aux moyens illimités.

L'attaque sur Charlie Hebdo filmée en direct

L’attaque sur Charlie Hebdo filmée en direct

La France est une cible de choix, toujours en pointe dans le combat contre le djihad, prônant laïcité et/ou revendiquant des racines chrétiennes, livrant des armes à des pays « mécréants » et soutenant Israël… les prétextes ne manquent pas.
C’est de plus une proie facile, explique Trévidic, du fait de la simplicité

opérationnelle de renvoyer de Syrie en France des volontaires aguerris, des Européens, membres de l’organisation, qui peuvent revenir légalement dans l’espace Schengen et s’y fondre avant de passer à l’action.

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Renseignement : le Sénat américain bride la NSA… ou pas ?

04/06/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Le Sénat américain a adopté, hier, le « USA Freedom Act ». Il s’agit d’un projet de loi qui instaurera une limitation des pouvoirs de surveillance de la NSA, l’Agence nationale de sécurité américaine. Le nouveau texte a déjà été promulgué par Barack Obama.
Le Patriot Act avait été adopté aux États-Unis après les attentats du 11 Septembre. Il octroie de très larges pouvoirs aux organismes de lutte contre le terrorisme. Il a notamment servi de justification à la NSA pour mettre en place de vastes systèmes de surveillance de l’internet et des réseaux téléphoniques, notamment les écoutes de politiques européens.
Le texte adopté par le Sénat privera la NSA définitivement de cette capacité, sauf pour les enquêtes qui ont débuté avant lundi.
Cependant, en raison d’un délai technique, la NSA ne peut d’ores et déjà plus collecter les métadonnées téléphoniques des Américains depuis le 1er juin.
Maintenant, les autorités devront pour cela justifier d’un lien « raisonnable et détaillé » avec le terrorisme, sauf en cas d’urgence, ce qui laisse tout de même une bonne marge d’interprétation, comme avec notre loi sur le renseignement…

Crédit photo : Tom Blackwell via Flickr (CC) = NSA Field Station Berlin Teufelsberg


24 h avant 1984, seconde édition

04/06/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
Mobilisation contre le projet de loi sur le renseignement, qui est présenté au Sénat

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Loi Renseignement : vous ne croyez pas être un terroriste ? Les supporters de foot n’y croyaient pas non plus

SOCIÉTÉ — (NOVOpress avec Sott.net)
Le traitement réservé aux supporters de foot (ultras ou non) n’est que la caricature de l’opération d’ingénierie sociale qui nous menace tous, sous couvert de préserver notre sécurité. Vous avez dit projet de loi sur le Renseignement ?

Peut-être faites-vous partie de cette partie de la population qui ne s’intéresse pas au football, peste à chaque coupe… de France, des Clubs ceci, des Champions cela… Alors le sort des supporters doit vous importer comme votre première paire de chaussettes.
Et pourtant leur sort préfigure peut-être le nôtre. Le peu de considération dont jouissent les supporters normaux, ultras ou hooligans (par ordre croissant de « dangerosité »), auprès des médias et d’une bonne part de la population en a fait depuis plusieurs années une cible idéale pour des mesures liberticides qui rappellent parfois un certain projet de loi très controversé.

L’objectif avoué : la sécurité

Depuis plus de 20 ans, les débordements violents d’une petite minorité de supporters n’arrivaient pas à être stoppés par les mesures de police classique. La mort de l’un d’entre eux en 2010 en marge d’un match du PSG a été le prétexte d’une vaste opération de « pacification du stade », connue sous le nom de « Plan Leproux », du nom du PSG d’alors. Objectif : refaire du PSG un endroit où il fait bon aller en famille sans crainte de violence physique, de débordements verbaux ou politiques, d’interruption sauvage de matchs… Qui ne serait pour ?

L’effet recherché : servir des intérêts économiques, faciliter le contrôle social
Le fameux plan Leproux a été mis en œuvre alors que les négociations faisaient rage pour vendre le PSG au fonds souverain du Qatar. Pas question que certaines « brebis galeuses » ou « agitateurs » viennent gâcher la fête des millions. De plus, certains groupes de supporters sont connus pour être très politisés. Ces masses braillardes, populaires, contestant l’ordre marchand et social qui règne au foot… et partout ailleurs devaient être mises au pas, voire éliminées au profit d’un public plus bourgeois, donc plus rentable.
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Projet de Loi sur le Renseignement : vous n’êtes pas concernés ? en fait, si.

05/05/2014 – SOCIETE -(NOVOpress avec DansTonFlux)
Le projet de loi sur le Renseignement devrait être adopté aujourd’hui à l’Assemblée Nationale à une très large majorité. Vous ne vous sentez pas concernés ? Aussi innocent soyez-vous, vous êtes tout de même dans le collimateur.
 

Démonstration par l’humour :

Publié le
La sidérante histoire d'amour entre un proche d'Amédy Coulibaly et un gendarme chargé du... renseignement

La sidérante histoire d’amour entre un proche d’Amédy Coulibaly et un gendarme chargé du… renseignement

04/02/2015 – ROSNY-SOUS-BOIS (NOVOpress)
Ce n’est ni un scénario de cinéma ni un article de sites parodiques tel Le Gorafi, mais une nouvelle plus qu’inquiétante quant à la gestion du renseignement par les autorités françaises. En effet, un certain Amar R., un individu recherché pour trafic d’armes et qui avait été suivi par les enquêteurs de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) dès le lendemain de l’assassinat par Amédy Coulibaly de la policière municipale à Montrouge – quelques heures avant la prise d’otages de l’Hyper Cacher, Amar R. est vu en compagnie de du terroriste islamiste – entretient une liaison amoureuse avec un élément féminin de la gendarmerie.

Elément féminin qui n’occupe pas n’importe quelle fonction. Selon le Canard enchaîné (via Le Point), ce militaire « est sous-officier du renseignement dans ce centre d’élite de la gendarmerie [à Rosny-sous-Bois, note de Novopress] ». Plus qu’un centre d’élite, cette caserne de Rosny abrite le service central des réseaux et technologies avancées, le service de recherches judiciaires et le système des opérations et du renseignement. Un lieu indispensable à la sécurité de nos compatriotes, et qui de ce fait devrait faire l’objet de mesures de sécurité très particulières.

Or, non seulement cet Amar R. entretient donc cette liaison avec ce sous-officier- qui s’est convertie à l’islam et porte le voile en dehors des heures de service ! – mais surtout entrait à sa guise dans ce lieu alors qu’il faisait l’objet… d’un mandat d’arrêt européen. Certes, Amar R. a été interpellé le 23 janvier dernier mais sa compagne n’a pas été inquiétée.

En effet, comme l’indique Le Point :

Contacté par Le Point, le général Denis Favier, directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), a tenu à tempérer l’information : « Certes, il y a bien eu un contact entre les deux personnes, mais à ce stade de l’enquête, confiée à la police judiciaire de la préfecture de police, il n’y a rien à reprocher à la sous-officier de la gendarmerie. Nous n’avons pas constaté de faute professionnelle. Il existe une stricte séparation entre enquête de police et de gendarmerie. Nous ne pourrons tirer des conclusions qu’à la fin de l’enquête de la PJ. »

Une légèreté qui fait froid dans le dos lorsque l’on apprend, là encore via Le Point, que :

En 2014, deux jeunes gendarmes du fort de Rosny avaient été détectés comme des éléments radicaux. Ils avaient programmé un voyage en Syrie. Ils ont depuis quitté la gendarmerie. Ce sont les rares cas qu’avaient pu déceler les services de renseignement après que Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a réclamé à ses services une enquête sur la radicalisation au sein des forces de l’ordre

[Chez nos confrères] Entretien avec Xavier Raufer : « Comment faire pour lutter contre le "gangsterrorisme" ? »

[Chez nos confrères] Entretien avec Xavier Raufer : « Comment faire pour lutter contre le « gangsterrorisme » ? »

11/01/2015 – PARIS (via Boulevard Voltaire)
Xavier Raufer est docteur en géopolitique et criminologue. Il enseigne dans les universités Panthéon-Assas (Paris II), George Mason (Washington DC) et Université de Sciences politiques et de droit (Pékin).

Propos recueillis par Nicolas Gauthier


Après la tuerie perpétrée dans les locaux de Charlie Hebdo, les officiels, notamment le Premier ministre, avouent des « failles » dans le dispositif antiterroriste. Qu’en pensez-vous ?
C’est un réel plantage du Renseignement intérieur, la DGSI. C’est même le quatrième à la file : Merah, Nemmouche, le « Bilal » de Joué-lès-Tours et maintenant le double drame journal Charlie Hebdo – magasin Hyper-Casher. Issu d’une fusion ratée entre les ex-Renseignements généraux et la DST, ce service semble ignorer que les terroristes djihadistes « pur sucre » à la Ben Laden n’existent plus et que, désormais, le péril vrai vient d’hybrides, voyous « réislamisés, toxicomanes… alcooliques parfois… psychotiques », même agissant seuls ou en petits noyaux familiaux, fratries, etc. Même si, soyons juste, le refus de l’instance de contrôle de prolonger des écoutes sur Kouachi, au nom des « libertés », n’a rien fait pour arranger les choses…

Enfin, que ces hybrides dangereux n’évoluent pas en Irak/Syrie, mais en France même, sous leur nez – regardez où adviennent les attaques, et d’où partaient ces « gangsterroristes » : Toulouse… Joué-lès-Tours… Charleville-Mézières.

C’est un réel plantage du Renseignement intérieur, la DGSI. C’est même le quatrième à la file : Merah, Nemmouche, le « Bilal » de Joué-lès-Tours et maintenant le double drame journal Charlie Hebdo – magasin Hyper-Casher. Issu d’une fusion ratée entre les ex-Renseignements généraux et la DST, ce service semble ignorer que les terroristes djihadistes « pur sucre » à la Ben Laden n’existent plus et que, désormais, le péril vrai vient d’hybrides

Il y a donc eu une vraie erreur de diagnostic sur la nature et la localisation du péril crucial – ce que j’ai écrit dix fois depuis un an. Or, maintenant, on a la preuve de cela. Lors même de la prise d’otages de l’Hyper-Casher de Vincennes, le terroriste Coulibaly a déclaré à un média « n’être pas parti en Syrie pour ne pas attirer l’attention ». Or, des mois durant, ensemble, des médias, des ministres et autres officiels du ministère de l’Intérieur ont seriné que le vrai et seul danger émanait des djihadistes rentant d’Irak ou de Syrie : ils se sont fait berner par les Kouachi, Coulibaly & Co.

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Mohamed Merah, homme seul ou réseau ?

Mohamed Merah, homme seul ou réseau ?

19/04/2012 – 08h00
PARIS (NOVOpress) — Où est passée l’affaire Merah ? Si l’on sait bien que le temps médiatique et le temps politique ne coïncident pas toujours, il est effarant de voir qu’une des plus graves affaires de terrorisme sur le sol français de ces dernières années a totalement disparu de la campagne présidentielle. Et ce juste au moment où des questions intéressantes commençaient à être soulevées sur les relations de Mohamed Merah et de la DCRI. Incompétence ? Instrumentalisation ? Dans les deux cas, si la réponse est oui, l’on se demande comment une question aussi grave peut disparaître sans remous des radars médiatiques…

Les premiers à lancer la charge vont être les parents de Mohamed Merah qui affirment que leur fils a agit sur ordre des services français et a été exécuté dans la foulée, pour ne pas « parler ». Aucun indice ne vient étayer cette thèse pour le moment. On sort un témoin « anonyme » du chapeau qui affirme que Mohamed Merah aurait été abattu dès le début du siège. On ne sait pas qui est ce témoin, et personne d’autre n’a rien vu. Mais comme il faut, dans ce camp là, accréditer à tout prix la thèse de « l’assassinat » de Merah par les forces de l’ordre, on brode sur le nombre de cartouches tirées lors de l’assaut (environ 300). L’on feint de s’étonner d’autant de balles pour tuer un homme. Sauf que, pour commencer, l’homme en question a défendu chèrement sa peau ; ensuite, que les forces de l’ordre avaient pour consigne prioritaire de ne pas le tuer justement, ce qui rallonge de fait la durée de l’assaut. Tout ceci est un peu contradictoire : si il a été abattu délibérément c’est soit au moment de l’assaut, soit avant, mais pas les deux… En l’état, tout ceci ne prouve rien.

Les relations de Mohamed Merah avec la DCRI

Le vrai point douteux de cette affaire est dans la deuxième hypothèse : les relations de Mohamed Merah avec la DCRI. Ce qui a éveillé les soupçons, c’est, pendant le siège, le souhait de Merah de s’épancher auprès d’un officier de la DCRI qu’il connaissait. Ce qui, en soi, contrairement aux élucubrations que l’on a pu lire dans la presse ici ou là, n’est pas nécessairement suspect. Les officiers ont leurs sources comme les flics ont leurs indics. Le travail de police et de renseignement passe par l’humain pour être efficace, ce n’est pas juste de la gestion de bases de données magiques comme dans les séries américaines. Après, le renseignement humain a des failles si l’on ne fait pas le travail nécessaire de vérification. Ce qui semble s’être produit ici, on va le voir.

Mohamed Merah rencontre l’officier Hassan (pseudo) de la DCRI après son séjour en Afghanistan. Presque un an après. Il est à l’époque signalé par les services extérieurs qui le trouvent suspect. La DCRI affirme avoir mené une enquête sur lui après son voyage (Egypte, Turquie, Syrie, Liban, Jordanie, Tadjikistan, Afghanistan) et n’a rien trouvé de probant. Elle veut néanmoins lui poser quelques questions. Au moment de sa convocation, il est alors au Pakistan. Une fois rentré, il va répondre aux questions. C’est là qu’il affirme avoir fait du tourisme en Afghanistan (!!). Ce qui visiblement ne met pas la puce à l’oreille de l’officier Hassan. Personne ne lui demande ce qu’il faisait au Pakistan non plus… À ce stade il est un peu hâtif d’affirmer comme certains, que cela prouve que Mohamed Merah était un agent de la DCRI. Il est en revanche légitime de s’interroger sur les compétences de la DCRI, dont on le rappelle, la lutte contre le terrorisme islamiste est la mission prioritaire.

Dès le lendemain de l’assaut du Raid, Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, s’invite pour une interview dans Le Monde pour déminer les soupçons. Il ne nie pas que Mohamed Merah était plus ou moins repéré par ses services. Sa ligne de défense va être la suivante : Mohamed Merah était un « loup solitaire », il n’était pas membre d’un réseau. Or, les services de lutte anti-terroriste français ne sont pas organisés pour répondre à ce type de menace. Un homme seul est difficilement détectable en l’état, si l’on n’a pas d’élément à charge contre lui. Les services sont formés pour repérer et démanteler des réseaux. Voilà. Fermez le ban. A partir de là toute la presse va reprendre à qui mieux mieux, l’hypothèse de « l’homme seul » qui dédouane les services…

Le hic, c’est que le jour même un groupe djihadiste « les soldats du califat » revendique au nom d’Al-Qaida les attaques de Toulouse. Bien évidemment tout ceci va être balayé d’un revers de main par la DCRI et les experts médiatiques en terrorisme. On va nous dire que Al-Qaida revendique toujours les actions qui vont dans son sens, même quand cela ne la concerne en rien. Mohamed Merah serait donc un homme seul…

Un homme seul ?

Une semaine plus tard, sur les mêmes forums djihadistes, un deuxième communiqué apparaît (« Yusef al-Faransi (Muhammad Merah) As I Knew Him » – al-qimmah.net/showthread.php?p=53163). Il va être beaucoup moins médiatisé. La DGSE, elle, estime le message crédible. Que dit-il en substance ? L’auteur est un membre des « soldats du califat » qui aurait rencontré Mohamed Merah dans un camp d’entraînement. Il ne précise pas si c’est en Afghanistan ou au Pakistan. En revanche, il explique qu’au départ il avait été demandé à Mohamed Merah de commettre un attentat-suicide en France, et celui-ci semble avoir changé de plan d’action une fois rentré. Pour la non-appartenance au réseau, on repassera.

Djihadistes à l'entraînement en Afghanistan, vidéo de 2011

Djihadistes à l'entraînement en Afghanistan, vidéo de 2011 (capture d'écran)

D’autres indices vont montrer sinon l’appartenance, du moins le proximité réelle de Mohamed Merah avec des réseaux djihadistes. Revenons un petit peu en arrière. Début 2007, un jeune homme est arrêté en Syrie, il voulait aller jouer les kamikazes en Irak. Il est cueilli à sa descente d’avion par la DGSE, qui va dès le lendemain démanteler un gros réseau ariégeois et toulousain d’exportation de djihadistes vers l’Irak. Le groupe était alors sous la surveillance de tous les services, DGSE, RG, SDAT. Le jeune homme en question se nomme Sabri Essid. Il n’est autre que le… beau-frère de Mohamed Merah (le fils du deuxième mari de sa mère).

Son propre frère, Abdelkader, est lui aussi soupçonné de participer au réseau. Il serait le maître d’œuvre de la partie entraînement de la filière en Égypte, où il a de nombreux contacts. Égypte, Syrie… Cela ressemble beaucoup au parcours du premier voyage de Mohamed Merah qui se terminera en Afghanistan. Mieux : en 2008, qui va voir régulièrement en prison, Sabri Essid ? Mohamed Merah lui-même. Mais personne ne se pose de question à l’époque sur l’extension de la petite entreprise terroriste au reste de la famille.

Il faut dire que c’est à la même époque que la fusion DST/RG se produit pour créer la DCRI. De fait la DGSE, pourtant rudement efficace pour le démantèlement du premier réseau va se retrouver hors-jeu. Squarcini récupère alors l’entière responsabilité pour la DCRI de la surveillance des réseaux terroristes sur le sol français. Avec la belle efficacité que l’on voit. Il faut dire qu’à ce moment là, la DCRI est plus préoccupée par le groupe de Tarnac que par la poursuite des investigations à Toulouse…

Au vu de l’incompétence des services sur le dossier, on peut légitimement douter du bien-fondé de la fusion DST-RG et du mode de fonctionnement opérationnel de la DCRI. Ce qui explique les prises de position immédiate de Squarcini visant à nous faire avaler la thèse de l’homme seul. Circulez. Il n’y a rien à voir. On vous protège…

Spoutnik, pour Novopress

DCRI : missions sous contrôle et permission

DCRI : missions sous contrôle et permission

10/02/2012 – 08h15
PARIS (NOVOpress) — Un député PS veut contrôler les missions des services de sécurité intérieure.

À la suite d’évènements impliquant nos services de renseignement, régulièrement la gauche demande à ce que l’assemblée puisse contrôler leurs missions. S’inspirant de législations étrangères, notamment anglaise et américaine, le député PS Jean-Jacques Urvoas, chargé des questions de sécurité au parti socialiste, qui avait déjà rédigé un projet de réforme des services de renseignement, proposera dans un projet de loi une réforme des textes en cours.

En 29 articles, le député veut modifier les textes concernant les missions affectées aux services de la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur), et aussi officialiser les moyens et outils utiles aux besoins des opérations comme les moyens d’écoute sonore, la pose de balise, l’infiltration, la pénétration de locaux, l’usage de fausse identité…

Mais le projet prévoit – comme la gauche a toujours souhaité le faire – un plus grand contrôle parlementaire et administratif.

En précisant les moyens auxquels pourront avoir recours les services, ceci seront alors contrôlés par une « Commission nationale de contrôle des activités de renseignements » (CNAR), à l’image de la CNCIS (les interceptions de sécurité) déjà existante.

Cette nouvelle commission se composerait de cette CNAR et de la « commission de vérification des dépenses réalisées à partir des fonds spéciaux », qui est à forte dominante parlementaire (deux députés dont le président, deux sénateurs, deux membres de la cours des comptes).

Ainsi pour toute mission nécessitant les moyens évoqués, les services devraient demander et obtenir au préalable les autorisations nécessaires délivrées par cette commission, ce qui rajoute des démarches administratives peu compatibles avec la confidentialité et le secret indispensables à la bonne réalisation de ces missions. Concernant les fausses identités, celles-ci seraient enregistrées sur un document contrôlé une fois par an.

Si la commission refuse une autorisation, il est prévu que le ministre pourrait quand même passer outre. Alors à quoi va servir la commission ?

Marc, pour Novopress
Source : Intelligence Online du 9 février 2012

Photo : Jean-Jacques Urvoas, Forum des idées sur la sécurité, octobre 2010 à Paris. Crédit : Parti Socialiste via Flickr (cc)