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Pompiers Montréal

A Montréal, trop de pompiers blancs

Fin novembre, l’Association des pompiers de Montréal lançait un cri d’alarme en apprenant les coupures infligées par l’administration Coderre [Denis Coderre est maire de Montréal] au Service incendie de la ville, coupures qui affecteront inévitablement l’efficacité du service. Cette semaine, l’administration Coderre s’est finalement occupée du cas des pompiers : pas pour régler les problèmes criants de manque d’effectifs et de ressources, mais pour parler diversité, ou plutôt de manque de diversité.

La ville, qui se targue de n’avoir engagé au cours des dernières années que 30 % d’hommes blancs sans handicap pour combler ses postes de professionnels et cols blancs, juge la situation des pompiers problématique. Seulement 2,4 % des pompiers seraient issus d’une minorité visible et au total il n’y aurait que 1,3 % de femmes. Pour une ville dont 31,4 % des professionnels scientifiques sont issus des minorités, il s’agit évidemment d’une situation qui mérite correctif.

Le « Plan d’action pour la diversité en emploi » mis en place il y a de cela quelques années – un plan de « discrimination positive » –, semble fonctionner pour divers types d’emplois, mais pas pour les pompiers dont les critères d’embauche sont encore trop liés à la qualité et aux compétences. Si n’importe qui peut devenir un fonctionnaire de la Ville de Montréal, devenir un pompier est une autre paire de manches. Aucun plan concret pour favoriser le grand remplacement des pompiers n’a été déposé pour l’instant, mais la ville aimerait qu’ils suivent l’exemple de la Société des transports de Montréal qui a vu le nombre de minorités passer de 7 % en 2007 à 17 % en 2017.

Le directeur adjoint de l’Institut de protection contre les incendies du Québec, Luc Turgeon, a quant à lui tenu à commenter en certifiant qu’il n’y aurait aucune « discrimination positive » pour l’entrée à l’Institut ou au niveau de l’obtention des diplômes, seule la compétence continuera de primer.

Franck Deletraz

Article paru dans Présent daté du 23 décembre 2016

France Télé et les hommes blancs: quand l’antiracisme mène à la racialisation

Source : FIGAROVOX
Delphine Ernotte a estimé ce matin que la télévision était occupée par les « hommes blancs de plus de 50 ans ». Extraits de la réaction d’Ivan Rioufol.

LE FIGARO. — La nouvelle présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte a déclaré ce matin sur Europe 1 : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change ». Ce constat est-il exact ?
Ivan RIOUFOL — Cela me paraît relever davantage du cliché, de la pensée paresseuse. On est là dans le slogan ou la propagande, plus que dans la réalité ou l’analyse. […]

LE FIGARO. Vous avez réagi en dénonçant « le racisme officiel de la télévision d’État ». N’est-ce pas un peu exagéré ?
Ivan RIOUFOL – Qu’auriez-vous dit si Mme Ernotte avait déclaré qu’il y a avait trop de noirs à la télé et qu’il fallait que ça change ? Sa phrase est le produit de trente ans d’idéologie antiraciste qui ont conduit paradoxalement à racialiser les rapports sociaux et à promouvoir le métis comme l’homme supérieur. Cette dialectique est d’autant plus dangereuse qu’elle dissimule un mépris pour cet homme blanc et judéo-chrétien qui n’aurait plus sa place. Je peux me sentir visé…

LE FIGARO.Que changerait pour le téléspectateur le fait d’avoir davantage de « diversité » sur le petit écran ? La proposition de Mme Ernotte relève-t-elle d’un message marketing ou d’une réelle orientation du groupe ?
Ivan RIOUFOL – On ne construit pas une politique originale sur une pensée automatique et des flatteries au politiquement correct. La télévision manque de diversité d’opinions. Que celles-ci soient représentées par des personnalités noires, blanches ou jaunes n’est pas un problème. Ce qui importe est qu’elles soient compétentes.
[…]
Quand j’entends également Mme Ernotte assurer que « la télévision doit changer le monde », je mets en garde contre la tentation propagandiste. Le totalitarisme n’est jamais loin de ce type de propos. Qui veut faire l’ange fait la bête…