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Il ne pouvait pas faire que des conneries… Sarkozy à l'heure du bilan - Par Minute

Il ne pouvait pas faire que des conneries… Sarkozy à l’heure du bilan – Par Minute

[box class= »info »] Novopress reproduit l’article ci-dessous avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire Minute du 4 avril 2012.

Minute n’est pas devenu soudain un thuriféraire de Nicolas Sarkozy mais essaye de faire la part des choses. Dans un deuxième article, à lire dans le journal, l’hebdomadaire reconnait au président sortant 10 mesures où « il a fait ce qu’il fallait faire », en particulier quelques mesures économiques. Et par contre dans un troisième article il lui attribue trois cartons rouges « dans les domaines les plus importants » :
– la politique étrangère,
– l’identité nationale et l’immigration : « Si l’on se fie à ses écrits et à ses actes, on s’aperçoit que l’identité nationale représente le seul domaine où il [Sarkozy] a bataillé pour tenir ferme un engagement figurant, noir sur blanc, dans son livre programme Témoignage (XO éditions, page 280): être « le président de la France d’après, celle où le mot Français de souche aura disparu ».
– l’insécurité. [/box]

A entendre tous ceux qui veulent lui succéder à la présidence de la République, il n’y aurait rien à sauver du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le président sortant n’aurait tenu aucune des promesses de campagne du candidat Sarkozy en 2007, il n’aurait procédé à aucune réforme durant les cinq années écoulées, il aurait été incapable de protéger les Français de la crise, il aurait trahi ses électeurs, ruiné la France, renié tous ses engagements, il serait le pire chef d’Etat que la France ait connu, du moins sous la Ve République, etc.

 «Dans tout domaine, la situation s’est aggravée, assure Marine Le Pen, ce sur quoi elle n’a pas tort.. Si Sarkozy était réélu, à quoi ressemblerait la France en 2017 ? Elle serait en voie de disparition […] Notre civilisation ne s’en remettrait peut-être pas. » Pour François Hollande, qui, renouant avec les jeux de mots, parle de « dépôt de bilan »: « Sarkozy ne peut dé fendre son bilan, c’est un boulet. » Les plus (faussement) indulgents parlent de « bilan extraordinairement mince », comme Luc Ferry, qui fut ministre de l’Education nationale de Jacques Chirac (ce qui devrait l’inciter à plus de retenue dans la délivrance des bons et des mauvais points…).

Au sein même de l’UMP, tant les cadres du parti que les députés confrontés tous les jours à la colère de leurs électeurs assuraient avant le début de la campagne, alors que Nicolas Sarkozy était au plus bas dans les sondages, qu’il lui serait impossible de défendre un bilan… indéfendable – et que, en conséquence, il n’avait aucune chance d’être réélu. Savoureux, si l’on peut dire, dans la bouche d’élus qui, cinq ans durant, ont voté tous les textes de loi que Nicolas Sarkozy leur a demandé d’adopter…

Qu’en est-il réellement du bilan de Sarkozy ? C’est à cette question que nous avons voulu essayer de répondre, dégagés de tout esprit partisan. Nous avons suffisamment combattu Nicolas Sarkozy, tant durant la campagne électorale de 2007 que durant son mandat, pour nous estimer en droit d’apporter un jugement plus nuancé et de ne pas participer à cette « sarkophobie » généralisée dans la classe politique et dans les médias qui tentent de faire l’opinion.

Oui, Sarkozy s’est montré incapable de tenir ses promesses et de prendre les mesures radicales sans lesquelles ces problèmes considérables que sont l’immigration de masse et l’insécurité ne seront jamais résolus. Non, tout n’est pas à jeter dans les cinq années de pouvoir de Nicolas Sarkozy.

Sarkozy n’est pas resté inerte; il a même réformé la France comme nul autre depuis des décennies. Et c’est bien ce que lui reproche Jacques Chirac, qui, au nom de l’immobilisme absolu qui a présidé à ses douze années de mandat, aimerait, avant de nous quitter, voir Hollande s’installer à l’Elysée pour que, de nouveau, plus rien ne change, plus aucune décision ne soit prise, aucune réforme ne soit menée.

La principale difficulté pour établir sereinement un « bilan de l’action de Nicolas Sarkozy » est que, dans l’expression, il y a « Nicolas Sarkozy ». Et que sa personnalité, pour le moins envahissante et à bien des égards détestable, l’emporte sur toute autre considération, ne laissant du quinquennat écoulé qu’une impression d’agitation, de « bling bling » selon l’expression forgée dès 2007 par l’hebdomadaire « Marianne », de morgue, de collusion avec les « puissances d’argent », d’ego démesuré, de vulgarité, d’incapacité à endosser la tenue de l’homme d’Etat selon l’idée (peu « républicaine ») que s’en font les Français, d’absence totale de scrupules, d’absence aussi de véritables convictions, bref de « berlusconisme ».

Or si, en littérature, il est aisé de distinguer l’œuvre et l’auteur, il n’en va pas de même en politique; la détestation de l’homme entraîne, a priori et sans discussion possible, le rejet de toute son action. Au « qui m’aime me suive » prononcé en 1328 par Philippe de Valois répond de façon mimétique: « Je ne t’aime pas, je ne te suis pas (ou plus). »

Deux choses sont certaines. La première est que, en 2007, Nicolas Sarkozy, élu par 53 % des voix face à Ségolène Royal, disposant d’une large majorité à l’Assemblée nationale et ayant encore la majorité au Sénat, avait tout pouvoir et toute légitimité pour utiliser les six mois suivant pour faire ce qu’il voulait, ou plutôt pour faire ce pour quoi les Français l’avaient élu. Et il ne l’a pas fait. Elu à droite, en ayant ratiboisé l’électorat lepéniste, il a même procédé à l’« ouverture à gauche » que personne ne lui avait demandée !

La seconde est que, de 2007 à 2012, le climat politique s’est nettement droitisé. Et que Nicolas Sarkozy n’y est pas pour rien, ayant, soit par coups de butoirs successifs, soit par des moyens détournés, ébranlé une partie de l’édifice édifié depuis des décennies par la gauche avec la complicité des dirigeants de la droite giscardienne et chiraquienne.

Etant donnés les espoirs qu’il avait suscités en 2007, le compte n’y est assurément pas. Mais par rapport aux années Chirac, au moins, il est possible de dresser un bilan qui soit autre chose qu’une longue liste dans la colonne passif (dans les deux sens du terme). L’hyperactif Sarkozy n’a pas commis que des erreurs. Passage en revue du bon, du moins bon et, bien sûr, du très mauvais. [Suivent dans l’hebdomadaire, deux longs articles sur ce « passage en revue ».]

Minute

[box class= »info »] Article de l’hebdomadaire “Minute” du 4 avril 2012 reproduit avec son aimable autorisation. En kiosque ou sur Internet.[/box]

Il ne pouvait pas faire que des conneries… Sarkozy à l'heure du bilan - Par Minute

Les « Droits de l’Homme », fondement de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy

Les « Droits de l’Homme », fondement de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy

04/01/2012 – 18h30
BREST (NOVOpress Breizh) –
« La France doit défendre partout et en tout lieu le respect du droit international et la liberté de l’Homme ». Nicolas Sarkozy était hier à l’École navale de Lanvéoc-Poulmic (Finistère) pour présenter ses vœux aux armées. Une occasion pour lui de rappeler sa conception de l’emploi de l’armée française dans les conflits internationaux. Une conception fondée sur l’idéologie des « Droits de l’Homme », à l’opposé de la realpolitik, fondée sur la défense des intérêts géopolitiques de la France.

Arrivé à 11 heures dans une presqu’ile de Crozon battue par la pluie et le vent, le président de la République, après avoir passé en revue les troupes et assisté à une démonstration des commandos marine, s’est adressé aux 1 800 militaires et 500 invités présents, parmi lesquels on remarquait la présence de Jean-Yves Le Drian, président (PS) de la région administrative Bretagne.

Nicolas Sarkozy  a commencé son allocution en exprimant sa « pensée émue » pour les deux légionnaires morts en Afghanistan au mois de décembre, dans la région de Kapisa, rappelant le sens de l’intervention française dans ce conflit : « Pour que des petites filles qui n’étaient pas les leurs puissent tout simplement aller à l’école et ne soient pas mariées de force à 12 ans… pour que des femmes qui n’étaient pas les leurs ne soient pas échangées comme des marchandises… pour que des hommes et des femmes qui ne parlaient pas leur langue puissent échapper aux ténèbres d’un obscurantisme médiéval… ».

Constatant que « c’est en Afghanistan, que nos troupes sont aujourd’hui confrontées au travail le plus délicat (sic) » il a confirmé que les troupes françaises quitteraient le pays en 2014, date à laquelle « les Afghans assumeront la responsabilité de leur sécurité ». Ce qui n’est, semble-t-il, pas évident. Selon une étude de Michel Lhomme publiée par  Métamag,  près de 24 000 soldats afghans auraient déserté au premier semestre 2011, soit 8% des effectifs ! Pour le seul mois de juin 2011, 5 000 hommes auraient quitté l’armée, soit 3% des troupes nationales composées de 170 000 hommes. La question demeure aussi, pour rester dans la logique sarkozienne, de savoir si à cette date le statut des femmes et des petites filles se sera amélioré, échappant aux « ténèbres d’un obscurantisme médiéval ».

Concernant la Lybie, le chef des Armées a rappelé que l’intervention française avait pour but d’ « empêcher un massacre programmé et proclamé La France peut être fière de s’y être opposé, a-t-il poursuivi. La France fut la première à dire son indignation. La France fut la première aux avant-postes. L’armée française fut, une fois encore, l’armée de la liberté. » 

Depuis la « libération » de ce pays – où la charia est désormais la source du droit – les différentes factions rebelles, comme le rappelle le professeur Bernard Lugan dans son blog, s’affrontent violemment entre elles. Des combats ont ainsi opposé mardi dans le centre de Tripoli des groupes rivaux, faisant quatre morts et au moins cinq blessés, selon le chef du Conseil militaire de Tripoli, Abdelhakim Belhaj.

Evoquant la situation en Syrie, le Président de la Républiquea invité la « communauté internationale » à prendre  « les sanctions les plus dures ». « Le Président syrien doit quitter le pouvoir et laisser son peuple décider librement de son destin. (…) C’est ce à quoi nous allons travailler d’arrache-pied », a-t-il martelé. Un prochain engagement pour les troupes françaises ?

Crédit photo : John Wagner sous licence Creative Common