Tag Archives: Police Municipale

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Forces de l’ordre, 90 agressions par jour

20/01/2016 – FRANCE (Présent 8528)

Plus de 30 000 agressions par an contre les forces de l’ordre. Un chiffre jamais atteint qui évoque en effet celui d’un pays en guerre. 32 964 faits de « violences à dépositaires de l’autorité » ont été signalés en 2015 d’après les chiffres (officiels) du ministère de l’Intérieur. Soit 90 agressions par jour contre les gendarmes et les policiers. Une violence en hausse par rapport à 2014 et multipliée par trois depuis 2012.
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Le secrétaire général de Synergie Officiers Patrice Ribeiro l’avait déclaré à Présent la veille de la manifestation des policiers sous les fenêtres de Taubira : « Les policiers sont à bout et ne sont plus en mesure d’assurer au quotidien leurs missions. Là-dessus sont venues s’ajouter des charges particulièrement lourdes comme les attentats et les migrants avec tout ce que cela implique. »

Tout ce que cela implique de rixes, de fusillades, de lynchages, de voitures qui foncent sur les flics, d’attentats à coups de hachoir aux cris d’« Allah Akbar »… Le quotidien des policiers dans la France de 2016, c’est celui-là. Avec des effectifs tellement réduits face à une situation qui s’aggrave chaque jour et des sollicitations en hausse constante que cela pose un problème majeur : « Quand les gens appellent la police, elle ne vient plus » (Présent du 14 octobre).

« Le problème de fond est celui de l’autorité de l’État, car celle-ci n’est pas affirmée par une réponse pénale adaptée », déclare Patrice Ribeiro.
Les syndicalistes policiers dénoncent tous cette absence de réponse pénale et l’impunité généralisée qu’elle entraîne. Lors de la grande manif des policiers pour réclamer la démission de Taubira, la patronne du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), Céline Berthon, avait décrit « les couacs procéduraux et les libérations intempestives s’enchaînant avec une déconcertante régularité alors qu’augmente chaque jour dans nos rangs le nombre des blessés ».

L’autre problème de fond dont ne vous parleront jamais les syndicats de police, c’est celui de l’origine des agresseurs. Soigneusement dissimulée. Éternellement. Pire qu’en Allemagne. Aussi instructive et dévastatrice si on la révélait, que celle des agresseurs de Cologne.

Caroline Parmentier

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Port d’arme autorisé pour les forces de l’ordre : nouvelle inégalité sécuritaire entre les Français

05/12/2015 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

La police et la gendarmerie viennent d’autoriser le port d’arme pour leurs personnels en dehors du temps de service
Du moins pendant l’état d’urgence. Apparemment une bonne nouvelle pour les Français, en termes de sécurité. Mais regardons-y de plus près. Les textes autorisant ce port d’armes sont en effet particulièrement asymétriques, selon qu’il s’agit de la police ou de la gendarmerie. Les modalités d’autorisation annoncées par les deux directions créent ainsi une véritable inégalité sécuritaire entre les Français, selon qu’ils vivent en zone urbaine ou en zone rurale.

Expliquez-nous ça
Dans une note publiée le 19 novembre dernier, la direction générale de la police nationale (DGPN) autorise les policiers à garder sur eux leur arme de service pendant leur temps de repos. Il a fallu attendre les attentats meurtriers du 13 novembre pour que le gouvernement se plie à cette demande récurrente des policiers. Un commissaire de police de l’Eure, qui se trouvait au Bataclan au moment de l’attentat, y a été grièvement blessé. Armé, il aurait sans doute pu non seulement se protéger, mais aussi sauver de nombreuses vies. Quant aux gendarmes, qui font la même demande, le gouvernement ne leur fait manifestement pas trop confiance…

Les socialistes se sont toujours méfiés des militaires…
Et les gendarmes sont des militaires, contrairement aux policiers qui sont des fonctionnaires. Pour un gendarme, le port d’arme hors service, sous réserve d’acceptation expresse de sa demande par la direction générale de la gendarmerie, sera en effet restreint à sa seule protection personnelle sur le trajet brigade — domicile. Sur les réseaux sociaux, les gendarmes expriment un fort sentiment d’injustice, voire d’humiliation. D’autre part, selon que vous habitez une zone urbaine — zone « police » ou une zone rurale — zone « gendarmerie », laquelle couvre 95 % du territoire – la République ne protégera pas votre vie de manière identique…

Et la police municipale ?
Son armement en service dépend du bon vouloir du maire. À peine 1 % des communes de France ont, à l’instar de Robert Ménard à Béziers, armé leur police municipale. Quant à armer les policiers municipaux hors service, ce n’est, pour l’instant, pas à l’ordre du jour.

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Policiers : l’été infernal (Présent 8402)

24/07/2015 – FRANCE (NOVOpress)

À 74 ans, Jacques Toubon, Défenseur des droits, friserait-il la sénilité ? Toujours est-il qu’à l’heure où la France entière connaît une recrudescence des actes dits de « malveillance » (agressions envers les personnes et les forces de l’ordre, « dérapages » et débordements « festifs », violences urbaines…), que des kalachnikovs circulent dans les quartiers sensibles, que des municipalités réarment leur police municipale et que le plan Vigipirate est en alerte rouge, Jacques Toubon l’angélique, grand humaniste qui ne s’est sans doute jamais retrouvé face à une bande de racailles prêtes à en découdre avec les forces de l’ordre, a préconisé mardi – suite à un incident récent de flash-ball sur un mineur – l’abandon de l’utilisation des flash-balls par les forces de l’ordre lors d’affrontements avec des émeutiers et autres casseurs. Des « jeunes » sur le pied de guerre, eux, armés de barres de fer, de battes de baseball, de pierres, de cocktails Molotov et, au pire, kalachs » et mortiers…).
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Une sorte de « défendez-vous avec des fleurs » qui depuis mardi fait des remous au sein de la police et que le ministère de l’Intérieur a estimé mercredi « contre-productif ».
« Un moratoire sur les armes intermédiaires serait contre-productif et pourrait avoir des conséquences dangereuses : nous ne pouvons pas nous permettre de désarmer nos forces de l’ordre », a déclaré le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet, en précisant que « l’équipement des forces de l’ordre en armes de force intermédiaire répond à une double préoccupation : assurer la protection des policiers et gendarmes exposés à des agressions de plus en plus en plus violentes, tout en limitant le recours des armes à feu qui doit rester extrêmement rare et n’intervenir que dans les cas et les circonstances les plus graves ». Logique !
« Pour nous, hors de question de nous passer du flash-ball », a déclaré Nicolas Comte, secrétaire général adjoint du syndicat de police Unité SGP-Police FO. « Le problème, c’est que le Défenseur des droits ne nous explique pas comment on va faire sans. On va se défendre avec les poings ? »

Il aura fallu cette polémique sur le flash-ball pour que l’on apprenne de la bouche des syndicats de police que l’été 2015 est particulièrement infernal pour les policiers. Les médias n’en font pas tout un plat. Commissariats attaqués dans le Val-d’Oise, policiers visés par des tirs de mortiers, policière frappée dans le Nord jusqu’à en perdre connaissance, armes volées, policier passé à tabac en Seine et Marne, policiers roués de coups à Sète, policiers attaqués à coups de pierres et d’haltères à Reims aux cris de « Allah Akbar », nuits de violence entières dans les Yvelines… En quinze jours (du 1er au 16 juillet), le site « Fdesouche » a recensé plus de 17 commissariats ou gendarmeries attaqués et/ou assiégés, du Kremlin-Bicêtre à Vaulx-en-Velin, et parfois par une centaine d’individus comme à Neuilly-Plaisance. Il est urgent de désarmer la police en effet.

Pierre Malpouge