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A Normale Sup' Paris : un colloque très partial sur la question "postcoloniale" en France

A Normale Sup’ Paris : un colloque très partial sur la question « postcoloniale » en France

Colloque question postcoloniale Normale Sup' Paris21/09/2011 – 16h30
PARIS (NOVOpress) – L’Ecole normale supérieure de Paris accueillera vendredi 30 septembre et samedi 1er octobre, un colloque portant sur la question de « La France en situation postcoloniale ». Organisé par « Pari(s) du Vivre-Ensemble » (affiche ci-contre), en partenariat avec la Région Île-de-France, la Mairie de Paris et l’ambassade des Etats-Unis, le colloque abordera les thèmes : « Des femmes de la différence, du colonial au postcolonial » et « “Nous et eux”. Héritage colonial ou nouveau débat ? ». Le colloque se terminera par un concert de Hafid Djemai et de ses musiciens qui « interpréteront ensemble des chants d’indépendance algériens et des chants d’exil de Lili Boniche. »

Parmi les intervenants, Pierre Tevanian, n’est pas un inconnu des lecteurs de Novopress. Ce professeur de philosophie est l’un des fondateurs des « Indigènes de la République » et l’une des têtes pensantes de certains courants antiracistes depuis une dizaine d’année. Il a exercé sa plume dans plusieurs journaux, et le spectre de son champ d’intervention est assez large : du journal communiste l’Humanité, au Monde Diplomatique en passant par Libération ou même Le Monde, il a écrit dans les journaux des principales organisations antiracistes comme la ligue des Droits de l’Homme, Ras l’Front ou le Mrap. Il est l’auteur de plusieurs livres comme le Dictionnaire de la lepénisation des esprits, écrit en collaboration avec Sylvie Tissot, ou Le racisme républicain. Réflexions sur le modèle français de discrimination.

Pierre Tevanian

Pierre Tevanian

Adhérent au Mrap depuis le printemps 2004, élu au début de l’année 2005 à la présidence du Comité local Mrap Paris 20ème, il quittera cette organisation après une campagne de diffamation à son égard, certains l’accuseront d’avoir tenu des « des propos racistes et antisémites » (« Pourquoi je quitte le MRAP et porte plainte au Tribunal de police contre deux de ses responsables »). Pour Pierre Tévanian, « les Blancs sont malades d’une maladie qui s’appelle le racisme et qui les affecte tous, sur des modes différents… Voilà donc un premier mal-être blanc. Une première maladie, qui s’appelle tout simplement le racisme » (La Mécanique raciste).

Etant lui-même Blanc, hétérosexuel et bourgeois, notre professeur de philosophie a trouvé un moyen pour lutter contre le racisme intrinsèque des Blancs : devenir un “traître”. Il a fait l’exposé de sa théorie lors d’un discours au « parlement anticolonialiste » en octobre 2006 organisé par le mouvement des Indigènes de la République et reproduit dans son dernier livre, La Mécanique raciste. « La dernière solution à être autant que possible aux côtés des discriminés, des sans-papiers, des filles voilées exclues de l’école, des émeutiers emprisonnés, de toutes celles et ceux qui luttent contre l’impunité policière, aux Indigènes de la République ou ailleurs – à être en somme partout où des non-Blancs se réunissent pour casser la domination blanche. Cette option, la meilleure à mes yeux, consiste à être non pas un Blanc honteux ou un Blanc complexé, comme des adversaires m’accusent de l’être, mais un traître Blanc. »

Par ailleurs, en parallèle à colloque, le dossier « La France en situation postcoloniale ? », dirigé par Esther Benbassa, sortira en librairie dans la revue Mouvements. Initiatelement prévu dans la revue de Cité nationale de l’histoire de l’immigration – Hommes et migrations –, le dossier aurait été « censuré par le directeur de la cité de l’immigration ». Ce dernier souhaitait la suppression d’un article La Brèche. « Vers la racialisation postcoloniale des discours publics ? » de Nicolas Bancel, professeur à l’université de Strasbourg, détaché à l’université de Lausanne, revenant sur 10 ans de discours et d’actes de Nicolas Sarkozy sur la politique migratoire de la France.