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Les Grands Entretiens de Novopress - Piero San Giorgio : "L’anthropologie montre que l’homme est un animal social" (2/2)

Les Grands Entretiens de Novopress – Piero San Giorgio : « L’anthropologie montre que l’homme est un animal social » (2/2)

28/02/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ancien cadre supérieur puis entrepreneur dans le secteur des nouvelles technologies, Piero San Giorgio a fait une arrivée éditoriale remarquée à l’automne 2011 avec la publication de son premier ouvrage « Survivre à l’effondrement économique ». Le titre, qui a remporté un grand succès, a fortement contribué au développement des préoccupations survivalistes et à leur couverture médiatique. Après un deuxième titre « Rues Barbares, survivre en ville » publié en décembre 2012, Piero San Giorgio vient de débuter il y a quelques jours une nouvelle expérience. Nous l’avons rencontré.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Venons-en maintenant à la préparation concrète. J’ai pris conscience de la gravité de la situation actuelle, de la fragilité du système auquel je suis relié et je souhaite me préparer, retrouver une certaine autonomie, par où commencer ?

La prise de conscience est déjà une grande étape. Après, pas besoin de voir grand, de planifier des stratégies très complexes. L’important est de démarrer, quitte à ce que ce soit à petits pas. J’explique dans mes livres qu’une bonne approche est celle qui est équilibrée entre les sept grands points que sont l’autonomie et la préparation pour l’eau, la nourriture, l’hygiène et la santé, l’énergie, la connaissance, la défense et le lien social. Beaucoup de choses peuvent se préparer chez-soi, par soi-même, en lisant, en prenant connaissance de techniques et d’outils et en faisant l’acquisition d’un peu de matériel et de réserves. Dans « Rues Barbares » nous donnons la marche à suivre sur comment démarrer en 30 jours, et à petit budget !

Il n’y a cependant pas de préparation efficace sans changement des modes de vie, vouloir retrouver son autonomie passe donc inévitablement par diminuer ses besoins et revoir son rapport au monde ?

C’est la démarche idéale oui. Une réelle prise de conscience nécessite des changements. Toutefois, ces changements peuvent ne pas être radicaux. Pas besoin de vivre avec des chèvres dans le Larzac, pas besoin de se faire construire un abri antiatomique.

L’équilibre est essentiel. Equilibre dans son travail, entre ses besoins de revenus et ses aspirations personnelles, entre désir d’indépendance et le confort qu’offrent les systèmes d’infrastructure de la civilisation, entre désir de vie saine et d’harmonie avec la nature et l’environnement et nos désirs de consommateurs. Tout cela peut se faire progressivement, petit à petit, sans frénésie et sans panique. Le résultat est au final des besoins plus modestes et plus de bonheur, comme en témoignent de nombreuses personnes et comme c’est le cas pour moi.

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Les Grands Entretiens de Novopress - Piero San Giorgio : "Aider le maximum de gens à prendre conscience" (1/2)

Les Grands Entretiens de Novopress – Piero San Giorgio : « Aider le maximum de gens à prendre conscience » (1/2)

26/02/2014 – PARIS (NOVOpress)
Ancien cadre supérieur puis entrepreneur dans le secteur des nouvelles technologies, Piero San Giorgio (photo) a fait une arrivée éditoriale remarquée à l’automne 2011 avec la publication de son premier ouvrage « Survivre à l’effondrement économique ». Le titre, qui a remporté un grand succès, a fortement contribué au développement des préoccupations survivalistes et à leur couverture médiatique. Après un deuxième titre « Rues Barbares, survivre en ville » publié en décembre 2012, Piero San Giorgio vient de débuter il y a quelques jours une nouvelle expérience.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Comment un cadre dirigeant parfaitement intégré professionnellement à la superclasse mondialisée se retrouve un jour frappé par « le monde tel qu’il ne va pas » et s’interroge sur « l’effondrement qui vient » ?

C’est le cumul d’expériences et de ressentis personnels. D’une part j’ai eu la chance de beaucoup voyager, notamment en Afrique, et de voir la réalité de notre monde : la surpopulation, les vagues migratoires, l’urbanisme dément, la consommation énergétique… Et d’autre part, je suis féru d’histoire et les effondrements économiques, civilisationnels, etc… sont relativement fréquents et sont passionnants, même si tragiques. Enfin, ma curiosité à essayer de comprendre le « comment ça marche » de notre monde moderne m’a fait prendre conscience que nous sommes au cœur d’une convergence de tendances lourdes aux conséquences catastrophiques : surpopulation, tarissement des ressources naturelles notamment pétrole et minerai, surexploitation et pollution de nos écosystèmes notamment pénuries des sols fertiles et de l’eau potable, économies globalisées et financiarisées, crise structurelle du chômage avec perte de valeurs morales en Occident … La liste est longue et tout nous amène à rendre très fragile et imprévisible un système économique déjà trop complexe et en perte de contrôle.

Bien que cadre supérieur, je n’étais qu’un tout petit rouage dans la machine. Malgré un bon salaire – qui parfois me manque, je l’avoue – je n’avais rien pour m’en sortir réellement, si l’effondrement de notre système arrivait, comme je pense qu’il arrive dans la décennie.

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Ce dimanche sur Méridien Zéro : Survivre en ville

Ce dimanche sur Méridien Zéro : Survivre en ville

31/03/2013 – 10h30
PARIS (NOVOpress) –
Ce dimanche, de 23 heures à 00h30, Méridien Zéro reçoit Piero San Giorgio, auteur de l’ouvrage « Rues Barbares : Survivre en Ville » et Michel Drac, fondateur de Scriptoblog, essayiste et analyste économique pour évoquer avec eux la survie urbaine.

A la barre le Lt Sturm accompagné de Jean-Louis Roumégace. A la technique Lord Igor.

À écouter sur les sites :
– http://meridienzero.hautetfort.com/
– ou http://www.radiobandieranera.org/
– ou http://europaradio.hautetfort.com/

Survivre à l’effondrement économique ? Les interrogations et les réponses de Piero San Giorgio

Survivre à l’effondrement économique ? Les interrogations et les réponses de Piero San Giorgio

29/03/2012 – 14h00 NANTES (NOVOpress Breizh) – Auteur de « Survivre à l’effondrement économique », Piero San Giorgio, était à Nantes samedi 24 mars en compagnie de l’essayiste Alain Soral. Devant une salle comble – plus de 200 personnes avaient fait le déplacement et les organisateurs avaient dû refuser du monde – les deux hommes ont expliqué comment se préparer psychologiquement et s’organiser pratiquement pour affronter le chaos consécutif à l’effondrement du système économique et politique actuel qu’ils estiment inéluctable. Réalisme ou catastrophisme ?

Auteur de « Comprendre l’empire, demain la gouvernance globale ou la révolte des Nations? », Alain Soral a présenté P. San Giorgio. Après une brillante carrière dans le domaine du marketing, ce dernier, de nationalité suisse, a pris conscience de l’impasse où le conduisait ce travail. Partageant la réflexion d’Alain Soral, il a vendu son entreprise et décidé d’entrer en résistance contre ce qu’il appelle « l’Empire » tout en mettant en œuvre les moyens de survivre. Son livre est le fruit de cette expérience et se veut un manuel pour aider ceux qui veulent suivre son exemple.

Dans une première partie, Piero San Giorgio montre que le modèle de développement actuel est incompatible avec la croissance exponentielle de la population mondiale, qui a déjà atteint 7 milliards d’individus. Les ressources naturelles, comme le pétrole ou les métaux, nécessaires au maintien de la production ou celles indispensables à la vie, comme les terres arables ou l’eau potable, sont en voie d’épuisement dans de nombreux pays. Il cite le cas de l’Egypte, avec ses 80 millions d’habitants, qui importe 80% de sa nourriture ou du Pakistan, avec sa population de 180 millions de personnes, qui va manquer d’eau. Il pose la question de ce qui se passera quand tous ces gens ne pourront plus trouver ce qui est indispensable à leur survie. Dans les pays dits développés, la domination du secteur financier à l’origine de l’explosion des dettes a mis en place les conditions de la crise la plus grave que le monde ait connue car le poids de cette dette devient insupportable. Cela entrainera une récession illustrée par l’exemple de la Grèce. Cela peut aussi favoriser la naissance d’un conflit comme lors des précédentes crises ( 1907 suivi de la guerre de 1914, 1929 de celle de 1939). Le conflit latent avec l’Iran peut en être le déclencheur. Enfin, on ne peut que constater que les principales puissances comme la Chine et la Russie augmentent leur budget militaire.

Or, aujourd’hui, tous les liens sociaux, les identités ont éclaté au profit de l’individualisme. De plus, l’urbanisation et le développement des métiers dits intellectuels comme les avocats ou les financiers, ont fait perdre à la quasi-totalité des habitants des pays développés leur capacité à être autonome. Le jour où se produira le cataclysme, tous les moyens techniques actuels deviendront inopérants.

Piero San Giorgio propose sa méthode de survie à base d’enracinement autour de 7 éléments très concrets : s’assurer d’une source d’eau potable ; savoir produire sa nourriture avec un potager, un poulailler, en chassant ou pêchant, etc. ; se maintenir en bonne santé avec une bonne hygiène ( traitement des eaux usées, déchets…) et se soigner sans le recours des services hospitaliers actuels en apprenant les médecines naturelles, les bases de la petite chirurgie, etc. ; produire son énergie ; connaître les savoir-faire de base comme la menuiserie, la construction, mais aussi maintenir les savoirs intellectuels et artistiques ; être capable de se défendre contre tous les prédateurs, savoir utiliser les armes et y être préparé mentalement ; reconstruire des liens sociaux par cercle concentrique à partir de la famille, des amis, des communautés qui permettront de s’échanger des compétences dans les domaines évoquées ci-dessus.

Il précise qu’il faut investir des moyens financiers même si cette démarche n’est pas réservée aux riches mais surtout du temps. Lui-même a entrepris cette démarche depuis 10 ans et y travaille activement depuis 2005. Il est aussi nécessaire de convaincre ses proches de la justesse de cette action. Il conclut qu’à partir de ce socle culturel et génétique, il sera possible de reconstruire un monde meilleur.

Cet exposé fût suivi d’un échange élargi à l’actualité entre le public et les deux conférenciers. Alain Soral indique qu’il ne croit pas une solution politique dans le cadre électoral ou démocratique. Il pense que les dirigeants de ce qu’il appelle « l’Empire » peuvent déclencher ce qu’ils veulent et faire réélire N. Sarkozy comme ils l’avaient fait pour Boris Eltsine malgré son bilan calamiteux. Les quelques exemples de réaction réussie comme l’Islande, l’Argentine,la France avec le CNR en 1944 sont dus à des circonstances extrêmes (guerre, crise) ou à des situations spécifiques (très faible population islandaise). Il pense que l’oligarchie actuellement au pouvoir est aux antipodes du but fondamental de la politique qui est de faire le bonheur du peuple en créant le plus de solidarité possible et en donnant le maximum, ce qui caractérise la vraie force.

Interrogé par le public, Alain Soral refusera de répondre à toutes les questions de politique politicienne en précisant que cela ne l’intéresse pas, que c’est une perte de temps, que l’important est d’agir pour créer. Il voit que si nous avons raison, ce qui est une satisfaction, nous sommes impuissants. Il a donc lui-même entamé cette expérience d’autonomie et de survie en résidant le plus souvent au Pays basque, province encore traditionnelle, en ayant passé son permis de chasse, en s’entrainant au tir dans un club, en étant professeur de boxe, en pratiquant l’échange, en vivant à l’ancienne dans un réseau paysan.

Tel un Socrate contemporain qui met plus d’importance dans les questions pour élaborer un raisonnement à contre-courant des sophistes actuels que dans les réponses, il a prié ceux qui l’écoutaient de désapprendre le stérile  » Moi, je« , le pathos individualiste, les faux débats, pour canaliser leur énergie vers la survie, c’est à dire à supporter les autres, à être « bien élevé » avec le sens de la hiérarchie comme au Japon, à connaître sa place avec humilité, à pratiquer la générosité. Ayant révélé qu’il recevait de multiples menaces de mort et qu’il s’y préparait, à l’instar de Socrate contraint de boire la ciguë. Comme dans la célèbre chanson de Guy Béart « Il a dit la vérité, il doit être exécuté »…