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Crédit photo : Moïse Marcoux-Chabot via Flickr (CC) = Terminal maritime et raffinerie de Lévis

La chute du prix du pétrole fera-t-elle éclater une énième bulle ?

07/01/2016 – ÉCONOMIE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

À 35 $ le baril, le prix du pétrole a été divisé par 3 en deux ans. Cette baisse pose de graves problèmes aux pays producteurs d’hydrocarbures.

Les pays producteurs de pétrole ont assis leur sécurité extérieure et leur paix intérieure sur les exportations de pétrole…
À l’exception de la Russie et de quelques petites monarchies du golfe persique, les économies de ces pays sont très peu diversifiées. D’après les Échos, l’équilibre budgétaire public correspond à un prix de 80 $ le baril en Arabie saoudite, 110 en Russie et en Algérie et 150 $ au Venezuela.

À moins de 35 $ le baril, les États pétroliers sont dans une situation critique
Peu endettée et disposant encore d’importantes réserves, l’Arabie saoudite disposerait encore de quatre à cinq années de déficit devant elle. C’est peu, mais l’Algérie est déjà au pied du mur. D’après Bernard Lugan, ses réserves en dollars n’offrent que 18 mois d’autonomie budgétaire. Faute de pouvoir acheter la paix sociale, le pays pourrait connaître une profonde déstabilisation dans une région déjà explosive.

Quant au Venezuela, il a atteint le bout du système. Déjà en proie à l’insécurité, à une inflation galopante et à des pénuries, il est acquis qu’il fera défaut sur sa dette publique, en 2016.

La baisse du prix du pétrole pourrait également faire des dégâts aux États-Unis
Depuis 2008, les banques ont massivement financé le développement de l’industrie du gaz et du pétrole de schiste. Avec un point mort compris entre 50 et 65 $ le baril, les sociétés sont en perte. Les créances douteuses dans le secteur ont quintuplé, en 2015 et représentent 34 milliards de dollars. Les banques se rassurent en rappelant n’avoir conservé dans leurs livres qu’une partie de leurs engagements.

Cela n’est pas sans rappeler la crise des « subprimes »
En effet, la dissémination de ces crédits douteux dans l’économie avait alors entraîné un mouvement de défiance générale. Les financements interbancaires s’étaient taris, entraînant une crise de liquidité fatale à la banque Lehman Brothers en 2008. C’est l’économie mondiale qui avait alors été menacée.

Crédit photo : Moïse Marcoux-Chabot via Flickr (CC) = Terminal maritime et raffinerie de Lévis

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Et pendant ce temps… La Chine

10/12/2015 – MONDE (NOVOpress)

Comme nous vous l’avions expliqué dans une série d’articles sur la fin du dollar-roi (voir les épisodes 1, 2, 3, 4 et 5 de cette série), le Yuan est maintenant une monnaie officielle du FMI depuis le 30 novembre dernier.

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Et l’avance de cette monnaie en remplacement du dollar US se poursuit, la Banque Centrale d’Algérie a demandé que toutes les transactions avec la Chine soient effectuées en Yuan et non plus en US dollars, la Chine étant devenue le premier partenaire commercial de l’Algérie.

C’est une décision importante et courageuse, car il faut garder en mémoire que tous les pays producteurs de pétrole qui avaient eux aussi décidé d’abandonner le dollar pour d’autres devises dans leurs transactions aient été immédiatement attaqués sur les plans militaires ou économiques par les USA, comme ce fut le cas pour l’Irak, la Libye, l’Iran. Nous verrons si dans les tous prochains mois des émeutes ou des attaques « terroristes » n’apparaissent pas spontanément dans ce pays.

Crédit photo : soukbledi via Flickr (CC) = arzew (raffinerie en Algérie)

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Bouleversement géopolitique : Obama prêt à travailler avec la Russie et l’Iran pour combattre l’État Islamique

29/09/2015 – MONDE (NOVOpress)
Avec une certaine réticence, Barack Obama a accepté à la tribune des Nations Unies l’idée de travailler avec l’Iran, la Russie – et donc Bachar El-Assad — pour lutter contre Daesh. Le résultat d’un bouleversement des équilibres géostratégiques majeur… et lourd de menaces. Par Charles Dewotine

C’est un revirement qui laisse – une fois de plus — la diplomatie française sur le carreau.
Obama a admis l’idée de travailler avec la Russie et l’Iran et donc avec leur allié Bachar El-Assad, contre l’État Islamique en Syrie. Bien sûr, le président américain a dénoncé le président syrien, traité de « tyran » et accusé de « massacrer des enfants innocents », mais le Département d’État a déjà accepté de revoir « le calendrier de son départ ». En clair, le renversement d’Assad n’est plus à l’ordre du jour… Sauf pour Hollande, ce dont tout le monde se moque.

Obama, en avalant des couleuvres de la taille d’un boa constrictor – collaborer avec la Russie, Grand méchant devant l’éternel et l’Iran, naguère encore sur la liste des États-voyous — répondait ainsi au vœu de Poutine, formulé le jour même, à la même tribune des Nations Unies.
Le président russe plaidait la nécessité de former une vaste coalition anti-djihadiste qui serait « semblable à celle contre Hitler » dans laquelle Russie, Iran, États-Unis, mais aussi pays arabes et le gouvernement légal syrien auraient tous un rôle à jouer. Il a insisté sur le fait que refuser de coopérer avec le gouvernement syrien et son armée dans cette lutte serait « une énorme erreur » et a sévèrement taclé -sans les nommer bien sûr- les USA, leurs alliés et leur politique de «révolutions démocratiques» dont on subit les conséquences :

Sous la forme de vagues de migrants fuyant les régions ravagées par la guerre et cherchant une vie meilleure en Europe.
[…]
Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? Personne n’y répondra. Au lieu du triomphe de la démocratie, nous voyons la violence et le désastre social, personne ne pense aux droits de l’Homme et aux droits à la vie.

Au vu des résultats bien minces de l’US Air Force dans la lutte contre l’État islamique… et des preuves du soutien yankee, turc et saoudien – au grand minimum passif ou involontaire — à ce même « Califat » qui s’accumulent, Obama n’avait d’autre choix que de manger son chapeau. Il ne peut en effet laisser la situation pourrir ou lui échapper totalement alors que l’opinion américaine pense à près de 70 % que l’EI est la principale menace pour leur pays et que les élections présidentielles approchent. Même s’il ne sera pas candidat, Obama doigt en tenir compte.

Pourtant, les enjeux de ce spectaculaire rebondissement vont toutefois bien au delà du sort de Daesh ou d’Assad. Il suffit pour s’en convaincre de regarder de plus près les acteurs en scène.
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La fin du dollar roi ? – suite sans fin – les nouvelles routes de la soie

01/07/2015 – MONDE (NOVOpress)
Non contente de payer son pétrole en Yuans, de mettre en place ses propres systèmes d’échanges financiers ou de cartes de crédit ou encore de monter un FMI asiatique, la Chine lance un Plan Marshall pour développer tout le continent asiatique… à son profit bien sûr. Un clou de plus dans le cercueil du dollar roi et de l’hégémonie économique et diplomatique des USA.

L’initiative « une ceinture, une route » plus connue sous le nom de « route de la soie » est une initiative économique lancée par le Président chinois Xi Jin Ping en 2013. Le plan se concentre sur la mise en place d’une infrastructure économique et logistique le long de l’ancienne route de la soie vieille de 2000 ans. Cette nouvelle route terrestre se doublera d’une route de la soie Maritime.
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L’Asie Centrale, l’Iran, la Turquie et la Russie sont directement concernées ainsi que la côte orientale de l’Afrique finissant même à Venise. Ce programme ambitieux a de multiples buts comme établir des installations et zones de libre-échange, promouvoir l’utilisation du Yuan et intensifier la coopération diplomatique entre la Chine et de ses voisins, en cas de succès on estime que ce programme concernera environ 4,4 milliards de personnes dans plus de 65 pays.
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La fin du dollar roi ? – suite – Russie et Chine veulent remplacer le FMI !

26/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Cheval de Troie de la politique libérale américaine et du dollar-roi, le FMI se voit maintenant concurrencé par l’ AIIB, son pendant monté par les BRICS et sous influence chinoise.

Le Président Vladimir Poutine a approuvé en mai dernier la création fonds de réserve équivalent à 100 milliards de dollars pour aider spécifiquement les BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. C’est une nouvelle étape des BRICS pour construire une alternative au Fonds Monétaire International pour toute aide financière et au-delà pour se dégager de l’emprise des USA.

Les BRIC représentent 40 % de la population mondiale et environ 20 % de l’activité économique du monde. Le Fonds de réserve aidera les BRICS ayant des problèmes de trésorerie. Il obtiendra la plus grande partie de son financement de démarrage de la Chine, qui contribuera pour 41 milliards de dollars en équivalent Yuan. La Russie, l’Inde et le Brésil apporteront 18 milliards chacun et l’Afrique du Sud donnera 5 milliards.
La Banque Internationale d’investissement pour l’Asie – AIIB – est sur les rails.

Cette démarche non approuvée financièrement par les États-Unis est devenue une question épineuse pour le président Obama. Les nations européennes, comme la Grande-Bretagne et l’Allemagne, ont bravé les demandes américaines de refuser l’adhésion et ont choisi de soutenir la Banque de Chine. Le Financial Times a ainsi attaqué le gouvernement britannique pour son « accommodation constante » avec la Chine, et pourrait être perçu comme un avertissement pour les autres pays tentés par l’aventure, mais à ce jour sans effet. La Corée du Sud a demandé son adhésion, et d’autres grands alliés dans la région, le Japon et l’Australie, semblent intéressés par le projet. Mais l’événement le plus embarrassant fut de voir Taïwan, qui n’a aucune relation officielle avec la Chine continentale, et n’a survécu au 20e siècle que par l’aide américaine de demander à rejoindre ce fonds.

Mais les USA semblent bien avoir raté le départ de cette nouvelle longue marche… Le message de la Chine vers le reste des pays de l’Asie est simple : « venez croître avec nous ». Et dans le même temps les dirigeants chinois veulent donner l’impression que la montée de la Chine est inévitable et que ces pays doivent décider s’ils veulent être l’ami ou ennemi de la plus grande puissance régionale.
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La fin du dollar roi ?– suite – MasterCard et Visa demandent à la Chine de les laisser utiliser son réseau

24/06/2015 – ÉCONOMIE (NOVOpress)
Non contents de battre en brèche le monopole américain sur les transactions interbancaires, la Chine se dote de son propre système de carte de crédit.

Depuis le 1er juin, la Chine autorise Visa et MasterCard à utiliser son propre standard de transmission pour les paiements par carte bancaire, Union Pay. Il y a là une certaine ironie, car jusqu’à un passé récent ces deux géants des paiements dématérialisés – sans échange d’argent physique – pensaient encore pouvoir imposer leur propre système à tous les pays. Mieux, UnionPay vient de dépasser Visa en termes de montant de transactions réalisées, à 1,9 milliards de dollars contre 1,75 pour le géant américain sur les quatre premiers moise l’année 2015.

Mais la faiblesse de leur position a éclaté au grand jour en mars 2014 quand Visa et MasterCard décidèrent de bloquer les transactions russes sans préavis suite aux sanctions imposées par le gouvernement US contre ce pays.

Il faut bien comprendre que Visa, MasterCard ou American Express ne font pas de paiements eux-mêmes, mais ne sont que des réseaux informatiques qui mettent en relation banques et commerces adhérents. Tous les paiements en devises sont regroupés sur un gigantesque serveur de compensation où les échanges (clearing) se font via un cours de change basé sur le dollar US. Les groupements de cartes de crédit se financent via des prélèvements sur chaque opération et ce sont les standards et les lois US qui gèrent ce système. Votre banque n’intervient nulle part dans ce processus.

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La fin du dollar Roi ? – suite – la Chine crée son propre système électronique bancaire

19/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Le pétrodollar n’est pas le seul levier de la puissance américaine contesté par les BRICS. Le contrôle des flux financiers pourrait aussi échapper en partie à l’Oncle Sam, au profit de la Chine.

Si Vladimir Poutine peut sourire – personne ne l’a vu faire – il en aurait l’occasion avec les derniers développements financiers de la région. Après avoir mis en place un méga-contrat de fourniture énergétique avec la Chine en yuans, la Russie aura bientôt la possibilité de se faire payer via un système électronique indépendant des USA et donc du dollar.

La Chine vient en effet d’annoncer qu’elle testait sur 20 banques, dont 13 Chinoises, une nouvelle technologie de transmission bancaire appelée CIPS – Système de Paiements Internationaux Chinois.
SWIFT est l’actuel système de transactions financières interbancaires. C’est un standard de communication créé en 1973 et utilisé par 10.800 institutions financières et 215 pays. Il est indispensable pour recevoir vos relevés bancaires, mais aussi pour transférer des fonds partout dans le monde, donner des autorisations de signatures dans une entreprise ou faire fonctionner un cash-pool. Voilà pourquoi un blocage de SWIFT signifierait la mort de l’activité économique d’un pays ou d’une banque, un peu comme si on vous interdisait d’utiliser le langage informatique Java : fini les achats en ligne avec votre Visa, vos consultations de comptes, les réservations sur le web, et extinction des téléphones sous Androïd.
La dernière utilisation de cette arme de destructions massive financière a eu lieu en 2012. Les USA et leurs alliés ont poussé SWIFT à retirer de son réseau 30 institutions financières iraniennes (y compris la Banque centrale). Cette sanction visait à stopper des milliards de dollars d’exportations de pétrole et mettre les entreprises iraniennes à l’arrêt.
Il s’avère que beaucoup de banques iraniennes avaient déjà paré cette attaque d’une manière presque embarrassante. Au lieu d’utiliser le système SWIFT pour envoyer et recevoir leurs ordres de paiement, ils ont simplement décroché leur téléphone ou envoyé un courriel. Certes cela est moins efficace et prend un peu plus de temps, mais au final fonctionne tout aussi bien et il n’y a rien que SWIFT ou quelqu’un d’autre puisse faire pour empêcher les banques de communiquer directement entre elles.
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La fin du dollar Roi ? La Chine paie du pétrole Russe en Yuan

17/06/2015 – MONDE (NOVOpress)
Les premières ventes de pétrole en Yuan entre la Russie et la Chine sont officielles : un tournant historique qui pourrait bien signer la fin de l’hégémonie du dollar US dans le monde.

Deux mastodontes de l’économie mondiale, la Chine et la Russie, qui se passent du dollar pour leurs transactions pétrolières, voilà qui est totalement inacceptable pour les Etats Unis d’Amérique confronté là à une question de vie ou de mort.
En 1971 Richard Nixon avait conclu un accord avec l’Arabie Saoudite puis avec l’Opec imposant le règlement de toute transaction pétrolière en USD. Le pétrodollar était né.
Cela impliquait que les produits non producteurs en pleine croissance, comme le Japon d’alors, devait d’abord gagner des dollars pour pouvoir acheter l’énergie dont ils avaient besoin. Donc vendre leur propre production de biens de consommation en USD. Et aux pays moins développés ne restait que la solution d’emprunter des USD sur les marchés financiers ou à la Banque mondiale, à moins qu’ils ne soient généreusement aidé par le Fonds Monétaire International, toujours en USD. Et de payer des intérêts en USD.

Les États-Unis de leur côté n’avaient qu’à imprimer plus de billets pour couvrir leurs besoins et répondre à cette demande massive de dollars. Ils peuvent donc importer ce qu’ils veulent sans avoir à se soucier de « gagner » l’argent qui servira à payer leurs fournisseurs. Ce qui se reflète par leur dette astronomique de 18 000 milliard d’USD dont une large partie est supportée par des investisseurs étrangers et des organismes financiers.
Si les 4/5ème des échanges mondiaux qui utilisent actuellement le dollar se faisant en une autre devise, alors la monnaie américaine n’aurait guère plus d’intérêt pour les investisseurs et s’effondrait. Ce qui rendrait du jour au lendemain les produits Apple et Nike hors de prix, où entrainerait une baisse de profit significative de ces sociétés stars qui seraient compensée par des « ajustements » de main d’œuvre et une explosion du chômage.
Pour résumer : un effondrement soudain du fameux modèle Américain.

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