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Rennes - le parlement de Bretagne

Avec Pêr Denez disparait une figure exemplaire du renouveau culturel breton

03/08/2011 – 18h00 RENNES (NOVOpress Breizh) – Universitaire breton et écrivain de langue bretonne renommé, Pêr Denez est mort samedi dernier à Romillé, près de Rennes. Ses obsèques ont été célébrées aujourd’hui à Rennes en l’église Notre-Dame-en-Saint-Melaine.
Avec Pêr Denez disparait une figure exemplaire du  renouveau culturel breton Né à Rennes le 3 février 1921, il apprit le breton par lui-même dès son adolescence. Etudiant à Rennes sous l’occupation allemande, il fera la connaissance de Roparz Hemon, le rénovateur de la langue bretonne. Après la guerre il enseignera l’anglais à Quimper et à Périgueux avant de revenir Bretagne. Une thèse sur le breton de Douarnenez lui ouvrira les portes de l’université Rennes 2 Haute Bretagne, où il occupera un poste de maître de conférences à la Section Breton et langues celtiques pendant vingt-et-un ans et dont il prendra la direction.

Militant infatigable de la langue bretonne, Pêr Denez sera de tous les combats en faveur du développement de l’enseignement du breton dans les écoles. Grâce à son action, une licence de breton est créée en 1981 par François Mitterrand. Un CAPES de breton sera mis en place deux ans plus tard et un Deug de langue bretonne verra le jour en 1989. En 1972, il publie Brezhoneg Buan hag aes, une méthode d’apprentissage du breton qui remportera un vif succès auprès de toute une génération d’étudiants et de militants bretons.

Auteur de plusieurs romans et nouvelles en breton, il exercera de nombreuses responsabilités dans l’édition de revues et d’ouvrages en langue bretonne. De la revue Ar Vro qui, sous son influence deviendra dans les années 70 une revue d’études qui jouera un rôle majeur dans la théorisation des luttes politiques pour la Bretagne à Kened en passant par la revue de linguistique bretonne Hor Yezh, la maison d’édition Mouladurioù Hor Yezh et la revue Skrid, Pêr Denez aura permis à de très nombreux jeunes écrivains de publier leurs œuvres en breton.

Avec Pêr Denez disparait une figure exemplaire du  renouveau culturel breton Son engagement pour la langue bretonne était chez lui indissociable du combat pour la cause de la Bretagne. Membre du Mouvement pour l’organisation de la Bretagne (MOB) dès 1959, Pêr Denez fera partie des jeunes du mouvement qui chercheront à contribuer à une meilleure formation politique, historique et économique sur la Bretagne. En compagnie d’Yvonig Gicquel et de Polig Monjarret, il obtiendra du président Giscard d’Estaing le cofinancement des associations culturelles bretonnes par l’État. Son engagement sans concession au service de la cause bretonne lui vaudra, comme à d’autres, quelques attaques de la part de plumitifs de la police de la pensée.

Pêr Denez, qui a présidé la fédération des associations de langue bretonne, Kuzul ar brezhoneg, le Conseil Culturel de Bretagne et le Conseil scientifique et d’animation de l’Institut Culturel de Bretagne, avait été désigné « Breton de l’année » pour l’année 1980 par Armor magazine. Docteur honoris causa de l’Université nationale d’Irlande, il avait reçu le collier de l’Ordre de l’Hermine en 1989 à Nantes. En 1993 il a été décoré de la Creu de Sant Jordi, distinction décernée par la Generalitat de Catalogne. Avec lui disparait un grand militant de la langue bretonne et une figure exemplaire du renouveau culturel breton.