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Crise agricole : la colère prend de l’ampleur

04/02/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

« Des subventions non, des prix, oui ! » Voilà l’un des nombreux slogans des éleveurs de l’Ouest pour protester contre la chute des prix de leur production.
« On en a assez que le gouvernement nous considère comme des mendiants », déclare Éric, agriculteur dans le Vexin français. « L’aide publique ne nous sauvera pas. Nous, ce que l’on veut, c’est une juste rémunération pour notre travail ».

Alors que le ministre de l’Agriculture a annoncé une rallonge de 125 millions d’euros aux 700 millions accordés l’an dernier dans le cadre du plan d’aide aux éleveurs, la colère du monde paysan face à la crise agricole ne faiblit pas.

En effet, aucune réforme n’a été amorcée pour réduire les normes et les charges qui pèsent lourdement sur la profession
malheureusement, le nerf de la guerre ne réside pas à Paris, mais bien à Bruxelles et Chicago.

Explication : beaucoup d’agriculteurs travaillent aujourd’hui à perte, tant les prix fixés par les géants de l’agroalimentaire et de la distribution sont bas. En ce qui concerne les marchés mondiaux, qui se font à la Bourse au grain de Chicago, ceux-ci fluctuent selon un cocktail mêlant catastrophes climatiques et spéculation boursière.

Ainsi, en pleine période de morosité économique mondiale, une sécheresse en Russie ou une inondation en Australie, sont aujourd’hui les seuls phénomènes capables de dynamiser les cours mondiaux et d’assurer un revenu décent aux agriculteurs céréaliers français…

En ce qui concerne les normes, selon une étude de la FNSEA, l’agriculteur passe aujourd’hui jusqu’à 20 % de son temps à remplir déclarations, justificatifs et duplicata pour toucher les aides liées à la PAC, et surtout éviter qu’il ne souffre de pénalités. Qui aurait cru que la pérennité de ceux qui nourrissent le monde dépende aujourd’hui de bureaucrates et de traders ?

Village français

La France se meurt par son sol

10/03/2015 – PARIS(NOVOpress)
La France se meurt par son sol. C’est la terrible constatation faite dans le livre Cessons de ruiner notre sol ! de Frédéric Denhez paru chez Flammarion.

« Chaque seconde, 26 m2 de terres fertiles se transforment en acier ou en béton, le reste étant empoisonné par l’agrochimie ».
Sans un socle viable et durable, fondement de toute civilisation, alors les autres sujets de société ne sont pas envisageables.
Il faut sauver ce droit du sol là quand il faut dans la même temps abolir l’autre droit du sol, cause de surpopulation sur notre territoire donc d’appauvrissement de la terre de labour. Car outre, l’alimentaire qui nourrit les bouches toujours plus nombreuses, c’est aussi des infrastructures qui doivent s’agrandir, une urbanisation folle qui empiète sur la nature, une pollution urbaine qui se répand etc et notre terre qui en est blessée.

A force de rouler dessus, de le pomper, de le triturer, de le recouvrir de ciment et de ferraille, notre sol national est en train de dépérir. Nos grands lanceurs d’alerte, et nous ne parlons pas de fossoyeurs apologistes d’une croissance mondialisée qui aggrave le phénomène, n’ont pas idée de l’ampleur de ce drame fondu dans la nébuleuse des dégâts environnementaux. Sans quoi ils s’en empareraient pour mobiliser les foules et les consciences. Au rythme auquel le mal progresse, à savoir 82 000 ha par an, la France pourrait se retrouver un jour sans terres fertiles, donc sans agriculture naturelle. Le compte à rebours a commencé. Ce qu’il y a de plus alarmant dans ce que dénonce Frédéric Denhez, c’est que le sol est l’élément qui subit, en les catalysant, toutes les dérives, tous les excès et tous les abus de la civilisation moderne. Le combat écologiste se marie avec la remigration et autres combats identitaires, car l’enjeu est à ce niveau là aussi.

C’est l’heure des économies de bouts de chandelle, du recyclage industriel, de l’assainissement de l’air ou de l’eau, mais pourtant rien n’a été fait ou pensé pour notre sol ou presque, nourricier par essence des plantes donc aussi des animaux et des hommes. Les médias n’évoquent pas ce sujet pourtant central. L’inanimé n’intéresse guère les philosophes et les écrivains. Ce n’est pas le thème qui se met facilement en lumière.

Frédéric Denhez propose 10 mesures pour sauver la France à découvrir dans son livre. Cessons de ruiner notre sol et refaisons des paysans en est le mot d’ordre.

Extraits :

Salut de l’humanité
A QUOI SERT LE SOL ?

« Voici un petit lexique à apprendre par cœur et à rappeler, comme un remède salvateur, à tous ceux qui abîment la terre. A quoi sert le sol ? A se retenir lui-même par le lacis des racines et des feuilles. A retenir l’eau par son tissu interne. A entretenir la vie par le plus fantastique phénomène de recyclage organique que connaisse la planète Terre. A réguler la température en rafraîchissant l’air par son évaporation. A fixer les polluants comme un tampon avant de les métaboliser. A maintenir le carbone par sa biomasse. A nous nourrir, car ce qui pousse dans le sol nourrit l’humanité depuis douze mille ans. C’est aux vers de terre et à leurs complices les champignons que nous devons tous ces bienfaits. D’où l’urgence du retour à une agriculture naturelle. »

Paysage et fumier
LE BOCAGE SAUVE DE LA FAMINE

« Quoi de plus ringard que le bocage ? Image d’Epinal d’une campagne à l’ancienne tout juste bonne à raviver des clichés du genre « la terre qui ne ment pas » ou la chaumière normande de carte postale. Pourtant, le bocage a sauvé de la famine des générations entières. Pourquoi ? Jusqu’au XVIIIe siècle, le bétail était laissé en vaine pâture, c’est-à-dire que les troupeaux erraient à leur guise dans la prairie. Or l’un des atouts primordiaux du bétail, hormis son lait ou sa viande, ce sont ses bouses, élément essentiel pour obtenir du fumier, engrais vital pour les cultures. En vaine pâture, allez donc ramasser les déjections animales réparties sur des dizaines d’hectares, opération impossible. On se mit un jour à quadriller la campagne avec des haies et des clôtures, créant ainsi des parcelles protégées où les vaches paissaient dans un espace clos empêchant leur divagation. Déposées sur un périmètre limité, les bouses pouvaient donc être ramassées pour produire du fumier. A partir de quoi on multiplia par cinq ou six les rendements agricoles, limitant de façon massive les famines qui jusqu’alors ravageaient les populations les années de mauvaises récoltes. Le bocage fut ainsi la première mesure agronomique contre la disette. Manger de la viande et boire du lait, issus d’élevages nourris à l’herbe, contribue donc à sauver la planète. Fromages et steaks de tous les pays, unissez-vous ! »