Tag Archives: papiste

8377-Chard

Le pape et les écolos (Présent 8377)

17/06/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Dans les jours qui viennent on va voir se multiplier les écolo-papistes, nouveaux dévots du pape François, après la publication de son encyclique Laudato si. À l’instar du député vert, Pascal Cantin qui, l’encre de l’encyclique à peine sèche, déclarait son enthousiasme : « Dans les pays catholiques, la parole du Pape peut mobiliser la fibre morale de la population et des décideurs. Sa parole dans ces domaines est attendue comme celle d’un allié, d’un soutien » et cela dans la perspective de la coûteuse et médiatique Conférence mondiale sur le climat, en décembre, présidée par Hollande qui lui aussi récupérera à son profit le propos pontifical. Mais pas tous ! Car si le pape déplore « un réchauffement préoccupant » dont les pauvres seraient les premières victimes, il stigmatise aussi la façon dont la société traite « un pauvre, un embryon humain, une personne handicapée ». Là-dessus, ni Cantin ni Hollande ne voudront l’écouter…
8377-P1
Il est vrai que les chrétiens sont naturellement écologistes, car ils croient que la Terre et tout ce qu’elle renferme a été créé par Dieu et que la création, même blessée par le péché originel, proclame la gloire de Dieu, il convient donc de la préserver. En revanche, pourquoi se préoccuper du sort de cet absurde amas de matière chez ceux qui n’y voient que le fruit d’un hasard aveugle, sa disparition n’ayant pas plus d’intérêt que son apparition anecdotique ? Mais les chrétiens aussi devraient être les adversaires les plus résolus d’une certaine écologie politique, au nom de ces mêmes chapitres de la Genèse, qui donnent à l’homme mandat « d’assujettir la Terre et dominer sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la Terre… » Celle-ci est au service de l’homme et non l’inverse, on ne peut donc que s’opposer à ces écolos qui ont voulu interdire aux Touaregs leur zone traditionnelle de nomadisme, essentielle à leur survie, pour protéger l’addax, une espèce d’antilope menacée. Ces écologistes idéalisent la planète et la mythifient, l’être humain n’étant qu’une péripétie de son histoire, un être qui brise l’harmonie de la nature et dont il devait s’inspirer plus que la soumettre, d’où leur malthusianisme. Ce sont de telles idées qui ont inspiré Yves Cochet quand il a expliqué qu’en Europe, une naissance représente « un coût écologique comparable à 620 trajets Paris-New York ».

Le pape qui défend le développement durable est celui d’une Église qui a inventé, au XXe siècle, le missel jetable. Avant on en avait un, durable, pour toute la vie. Avec la réforme liturgique, on doit en changer tous les ans, et remiser l’ancien avec les « déchets ». Le missel annuel prend bien soin de préciser les dates, de telle façon qu’on ne puisse plus utiliser les précédents. Et pourquoi cela ? François le dit, mais il est vrai à propos d’autre chose : le profit qui tombe exclusivement dans l’escarcelle de sept éditeurs et les droits d’auteur dans celle du SNPLS (Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle).
Le très lointain prédécesseur de François, le premier pape, saint Pierre, ne manifestait guère d’optimisme sur le sort de notre planète, il savait que si l’homme devait l’habiter avec respect, son destin ultime était entre les mains de Dieu. Dans sa seconde épître, il annonçait déjà un réchauffement extrême : « Le Jour du Seigneur viendra comme un voleur, jour où les cieux disparaîtront à grand fracas, où les éléments embrasés se dissoudront et où la terre et ses œuvres seront mises en jugement. »

Guy Rouvrais