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Raphaël Cohen

Les Panama Papers sont-ils le « coup de maître » des Etats-Unis annoncé dès mars ?

10/04/2016 – SUISSE (NOVOpress) : Avec la publication des « Panama Papers », un article publié en mars dernier par le professeur à l’université de Genève Raphaël H. Cohen et signalé par l’éditeur suisse Slobodan Despot dans sa lettre hebdomadaire Antipresse prend des allures de prédiction.

L’article, intitulé « Le coup de maître des USA », est paru le 14 mars 2016 sur le site de l’Agefi, l’Agence économique et financière, à Genève. Raphaël H. Cohen y explique que, à son « humble analyse, les Américains sont en train de déployer un plan diabolique qui va renflouer le trésor américain. La beauté du plan est que, sa finalité ne sautant pas aux yeux, la plupart des gens ne s’en méfient pas. De plus et surtout, il est presque imparable ».

Selon l’économiste suisse, lui-même homme d’affaires, ce « plan diabolique » a déjà connu trois actes. Acte I : la signature du Facta (Foreign Account Tax Compliance Act), par lequel les grandes banques – notamment suisses – se sont engagées à livrer aux Etats-Unis les noms des citoyens américains ou simples résidents aux Etats-Unis détenant des avoirs chez elles. La première conséquence est de soumettre à l’impôt les actifs qui n’avaient pas été déclarés, la deuxième est que « ces détenteurs, n’étant plus bienvenus auprès des établissements étrangers, sont très tentés de rapatrier leurs fonds dans des banques américaines. Cela a bien sûr renforcé ces dernières en augmentant leur profitabilité tout en affaiblissant leurs concurrents étrangers ».

Acte II : par un accord bilatéral avec la Suisse, les banques helvétiques sont désormais contraintes d’acquitter une pénalité sur les actifs des Américains qu’elles ont imprudemment hébergés depuis 2008. Ce n’est pas tant le montant des sommes recueillies par le Trésor US qui compte que le message que reçoivent toutes les banques du monde : il ne devient plus très raisonnable d’accueillir des citoyens ou résidents des Etats-Unis d’Amérique…

L’acte III s’est joué à l’OCDE : « Tous les pays, sauf les Etats Unis, se sont engagés à mettre en œuvre la Norme d’échange automatique de renseignements relatifs aux comptes financiers en matière fiscale de l’OCDE (EAR) », sachant que « le hasard faisant bien les choses, le seul pays signataire de l’EAR qui bénéficie d’une exception au devoir de transmission est… les Etats Unis. Cela en fait la star des rares pays pouvant accueillir les actifs qui fuient les pays engagés à transmettre les informations dans le cadre de l’EAR ».

Commentaire de Raphaël H. Cohen : « Il apparaît donc que les Américains ont, jusqu’à présent, fait un parcours sans faute. Ce sont même les seuls à tirer leurs marrons du feu en profitant d’un transfert massif d’actifs vers leurs paradis fiscaux (Delaware, Nevada, Wyoming et autres) en profitant notamment du fait que leurs institutions ne sont pas soumises à l’obligation de transmettre les informations de l’EAR. Pendant ce temps, les banquiers suisses, bientôt suivis par leurs concurrents non-américains, se consument avec moins de revenus et des charges de compliance astronomiques, auxquelles les banques américaines échappent joyeusement. »

L’économiste suisse fait alors cette prédiction – son article, rappelons-le, a été publié le 14 mars 2016 :

« Le prochain round consistera pour les Américains à intensifier la pression pour faire en sorte que le seul refuge vraisemblable pour les actifs non déclarés soient les banques des paradis fiscaux américains (sauf pour les Américains qui sont déjà faits comme des rats, du fait qu’ils sont déjà devenus persona non grata presque partout). Pour bétonner leur attractivité, il suffira aux Américains de répliquer les méthodes mises au point avec les Suisses et peut-être même d’en inventer de nouvelles. La clé étant évidemment de décourager les titulaires d’actifs non déclarés de les laisser ailleurs qu’aux Etats Unis. La convention de l’OCDE agit ici comme un magnifique cheval de Troie : sauf si quelques grandes puissances dessaoulent, son application aboutira à faire fuir les actifs non déclarés vers les paradis fiscaux américains. A ce stade, il n’y aura plus d’autre alternative.

Quand l’étau se sera resserré autour de ceux qui ont encore des actifs non déclarés en dehors des Etats-Unis et que l’essentiel de ces actifs seront hébergés aux USA, bien sûr dans des banques essentiellement américaines, l’heure sera venue pour le coup de grâce : faire en sorte que les détenteurs étrangers d’actifs hébergés aux USA deviennent des… sujets fiscaux américains. Ceci permettra évidemment de les taxer et de toucher le jackpot. »

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Drahi, les Panama papers et les silences du Monde

Source : OJIM

Il est encore trop tôt pour appréhender tous les aspects, les origines, les stratégies de communication, les conséquences des Panama Papers. Mais on peut déjà souligner des absences troublantes, des présences (trop) tonitruantes et des présences (trop) discrètes.

Parmi les absences, celles des américains qui ne sont représentés que par quelques hommes d’affaires de Floride. Il semble étrange – étrange est un euphémisme – que le monde entier se soit croisé dans les bureaux du cabinet Mossack Fonseca… sauf les sujets américains. Cherchez l’erreur. Par contre Poutine (premier portrait de la une du Monde daté du mardi 5 avril) et Assad (second portrait) figurent en première page du Monde… alors qu’ils ne sont directement cités dans aucun papier du cabinet panaméen. Si Poutine a le droit a une page entière « La banque des copains de Poutine », l’Ukrainien Porochenko directement impliqué n’est même pas cité dans les deux premières éditions papier et son nom se retrouve de manière marginale dans LeMonde.fr. Étonnant ?

Dans son numéro suivant Le Monde ne consacre pas moins de deux pages complètes au Front National… alors que le parti n’est jamais cité directement dans les papiers. Pour Patrick Drahi, cherchez et cherchez bien ! Arrêtez de chercher vous ne trouverez pas son nom. Jérôme Fenoglio directeur du quotidien s’en est expliqué d’une manière embrouillée à la matinale de France Culture le 5 avril : c’est à cause de Xavier Niel propriétaire de Free et actionnaire du Monde, il ne fallait pas donner l’impression d’un conflit d’intérêts ou d’un coup de Jarnac à un concurrent. Diable ! Doit-on comprendre que si Bouygues ou Orange, eux aussi concurrents de Free (propriété de Niel), sont mis en cause pour toute autre affaire, Le Monde invoquera une réserve de neutralité sur le thème non possumus ? Étrange conception du journalisme.

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Drapeau Panama

Un consortium occidental opaque derrière les révélations des papiers de Panama

06/04/2016 – PARIS (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Depuis quelques jours, l’affaire dite des papiers de Panama occupe tout l’espace médiatique. Elle correspond à la révélation de données concernant la création de sociétés dans des paradis fiscaux. Ces données auraient été obtenues par piratage du cabinet spécialisé Mossack Fonseca.

Ces données n’ont pas été directement révélées au grand public, qui ne peut rien vérifier. L’accès à cette immense quantité d’informations a été autorisé à 108 rédactions dans 76 pays, dont le journal Le Monde en France et des journalistes de France 2. Tout cela s’est fait sous l’égide du Consortium international des journalistes d’investigation, existant depuis 1997. Il s’agit d’un collectif de journalistes réunis en un groupement qui dépend lui‑même d’une autre institution, le Center for Public Integrity, fondé par le journaliste américain Charles Lewis, en 1989.

Son but est de « dévoiler les abus de pouvoir, la corruption et les manquements au devoir des institutions publiques ou privées ». Côté financement, ce sont des fondations caritatives et des mécènes privés qui permettent le bon fonctionnement de la structure. On trouve par exemple le milliardaire George Soros, connu également pour son soutien aux Femen et son rôle dans les révolutions de couleur en Europe orientale.

Le porte‑parole du Kremlin, Dmitri Peskov, dénonce lui une opération américaine : « Nous connaissons bien cette soi‑disant communauté journalistique. Il y a parmi eux de nombreux journalistes dont le journalisme n’est pas l’activité principale. Beaucoup sont d’anciens employés du Département d’Etat, de la CIA, d’autres services secrets ». Dmitri Peskov a dénoncé une enquête pleine d’« inventions » et de « falsifications ».

Serait‑ce la raison pour laquelle aucune grande personnalité américaine n’est impliquée dans cette affaire ? Aucune personnalité publique américaine n’apparaît dans ces révélations, alors que le Panama est un quasi‑protectorat américain… Les données publiées ont manifestement été filtrées.

Eric Zemmour et les Panama Papers : « Les élites ont fait sécession »

05/04/2016 – PARIS (NOVOpress) : Ce matin sur RTL, Eric Zemmour a réagi à la publication des « Panama Papers ». D’abord avec amusement : « La vie est cruelle. On fait des efforts pour sortir du lot. Pour être riche et célèbre. Pour réussir sa vie, selon les canons de l’époque. Et puis un jour, on s’aperçoit qu’on n’est qu’un raté, qu’un zozo, qu’un minable, un moins que rien. On n’ose pas rentrer chez soi. On a peur du regard de sa femme, de ses enfants. Peur de leur avouer la triste réalité : non, on n’a pas de compte au Panama. […] Celui qui à cinquante ans n’a pas de compte au Panama a raté sa vie. »

L’entame est amusante, le plat de résistance est féroce : car au fait, « pourquoi Panama et pourquoi pas le Delaware ? Pourquoi les copains de Poutine et pas les copains de Wall Street d’Obama ? Pourquoi le Syrien Assad et pas le Turc Erdogan ? Pourquoi Platini et pas Zidane ? Pourquoi Lionel Messi et pas Cristiano Ronaldo ? Qui instruit ? Qui vérifie ? Qui condamne ? Qui alerte et qui est alerté ? »

En 1892, déjà, la IIIe République avait vacillé face au scandale de Panama. « Mais à l’époque, c’était de la corruption traditionnelle, à l’ancienne. Depuis, les élites ont fait de gros progrès. Elles se sont internationalisées, mondialisées […] Comme l’avait prédit Christopher Lasch dans son livre La Révolte des élites, elles ont pris le large. De leurs pays et de leurs peuples. Elles sont devenues des citoyens de monde. Les paradis fiscaux, c’est leur paradis. Un lieu idyllique, sans impôt, car l’impôt est historiquement l’acte de naissance des nations. […] C’est le fondement de la solidarité nationale et le fondement de la démocratie puisque les représentants du peuple votent l’impôt. »

Eric Zemmour conclut, assassin : « Les élites mondialisées, comme disait Chevénement, ont fait sécession, élites politiques, économiques, financières, sportives mais aussi mafieuses, venues des pays démocratiques comme des dictatures. Un monde à part, un monde dans le monde, qui vit sa propre vie, avec ses codes, ses relations, ses valeurs, loin des peuples – ces graines de populistes –, loin des lois, loin des administrations fiscales, dans le temps toujours béni de la mondialisation heureuse… »

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Scandale des Panama Papers : comprendre le système offshore en 3 minutes

04/04/2016 – INTERNATIONAL (NOVOpress)
De grands dirigeants politiques et des personnalités de premier plan, notamment sportives, sont cités dans une importante enquête sur les paradis fiscaux.

Ces révélations, qui couvrent une période de près de 40 ans allant de 1977 à 2005, ont été possibles grâce à une enquête réalisée par une centaine de journaux sur 11,5 millions de documents (regroupés sous la dénomination « Panama papers »).

Le journal « Le Monde » propose une vidéo très intéressante qui se donne pour objectif d’expliquer « en deux minutes chrono » les ressorts complexes du système des sociétés offshore mis au jour par les « Panama Papers ».



Panama Papers : comprendre le système offshore… par lemondefr