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oignon

Réforme de l’orthographe : en route vers une simplification de la langue française ?

05/02/2016 – CULTURE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Hier des voix se sont élevées massivement dans les médias et sur les réseaux sociaux dans un tollé général contre la réforme de l’orthographe, qui se profile à l’horizon de la rentrée de septembre.

Que peut-on dire exactement de cette réforme ?
C’est une longue histoire. En 1990, Michel Rocard, Premier ministre à l’époque demande aux Académiciens de travailler à des simplifications de la langue. L’Académie propose des rectifications orthographiques et les adopte, mais sans en faire une obligation. Vingt ans se sont écoulés, et aucune de ces mesures n’est appliquée. Xavier Darcos entre-temps, ministre de l’Éducation nationale en 2008, avait tenté de le faire avec peu de succès.

Que préconisent ces mesures ?
Les changements les plus marquants concernent les mots composés : le trait d’union sera remplacé par une simple soudure. Ainsi porte monnaie s’écrirait en un seul mot. Ils visent aussi l’accent circonflexe, qui ne sera plus obligatoire sur les lettres i et u, sauf dans les terminaisons verbales et dans quelques mots comme mûr ou sûr, pour éviter les confusions. Entre autres incongruités, oignon deviendra ognon et nénuphar nénufar. 2 400 mots sont visés par ces différentes modifications, soit 4 % du lexique français.
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L’orthographe démocratique et sociale et le novlangue managérial à l’assaut de notre langue et de notre culture

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12/03/2014 – PARIS (NOVOpress) – « La onzième édition est l’édition définitive, dit-il. Nous donnons au novlangue sa forme finale, celle qu’il aura quand personne ne parlera plus une autre langue. Quand nous aurons terminé, les gens comme vous devront le réapprendre entièrement. Vous croyez, n’est-ce pas, que notre travail principal est d’inventer des mots nouveaux ? Pas du tout ! Nous détruisons chaque jour des mots, des vingtaines de mots, des centaines de mots. Nous taillons le langage jusqu’à l’os. La onzième édition ne renfermera pas un seul mot qui puisse vieillir avant l’année 2050. (…) Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. Tous les concepts nécessaires seront exprimés chacun exactement par un seul mot dont le sens sera rigoureusement délimité. Toutes les significations subsidiaires seront supprimées et oubliées. La Révolution sera complète quand le langage sera parfait. (…) Vous est-il jamais arrivé de penser, Winston, qu’en l’année 2050, au plus tard, il n’y aura plus un seul être humain vivant capable de comprendre une conversation comme celle que nous tenons maintenant ? » (« 1984, George Orwell, Gallimard, 1950, p. 79-80).

Pour parvenir à nous rendre incapables – peut-être d’ici l’année 2050, qui sait ? – de commettre le « crime par la pensée », l’on envisage semble-t-il de nous imposer deux formes d’appauvrissement de notre langue et, partant, de notre culture. L’une, attaquant par le bas, a, au nom d’un égalitarisme de façade, pour but de réduire à sa plus simple expression la langue véhiculaire des masses d’individus voués à n’être plus que les rouages non-pensants d’une société fortement hiérarchisée, dans laquelle ils occuperont le bas de l’échelle.

En réponse à la transversalité multi-directionnelle, il est impératif d’impacter les territoires risque.

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