Tag Archives: oeuvre

Chesterton et "sa guérilla contre le monde moderne" - Entretien avec Philippe Maxence 1/3

Chesterton et « sa guérilla contre le monde moderne » – Entretien avec Philippe Maxence 1/3

12/11/2014 – PARIS (NOVOpress)
Journaliste et écrivain, rédacteur en chef du bi-mensuel catholique conservateur L’Homme nouveau, Philippe Maxence est également l’un des meilleurs connaisseurs français de l’œuvre de Gilbert Keith Chesterton (photo). C’est afin de mieux connaître ce penseur original et profondément iconoclaste que nous avons souhaité interroger Philippe Maxence.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Vous êtes à l’initiative de l’association des Amis de Chesterton, comment se fit votre rencontre avec l’œuvre de ce dernier ? 

Ma découverte de l’œuvre de G.K. Chesterton s’est effectuée en deux temps. Adolescent, j’avais croisé ce nom en lisant des auteurs comme Henri Massis, Gustave Thibon, Jacques Maritain, Paul Claudel ou dans des lectures consacrées à l’histoire de la droite française d’avant-guerre ou au renouveau catholique à la même période. Étudiant, je suis tombé par hasard sur son essai Orthodoxie que j’ai lu avec curiosité et avec une réelle incompréhension concernant certains passages. De ce fait, je me suis obligé à relire ce livre et j’y ai finalement découvert, au-delà d’un propos souvent déconcertant au premier abord pour un Français, une véritable cohérence et l’expression d’une réelle philosophie. La lecture d’autres ouvrages de GKC a ensuite confirmé cette découverte émerveillée qui permettait de rompre avec une certaine approche cartésienne et d’exprimer les vérités éternelles sous un mode tout à fait différent.

Chesterton est depuis plusieurs décennies tombé en Purgatoire – dont vous vous efforcez de l’en faire sortir – alors qu’il était dans la première moitié du XXème siècle un auteur largement connu et apprécié en France. Comment l’expliquer ?

Jusqu’aux années 1950, Chesterton est encore un auteur lu, traduit et apprécié. Mais il est déjà en perte de vitesse. Mort en 1936, il n’a connu ni la Seconde Guerre mondiale, ni la Guerre froide et moins encore, comme catholique, le Concile Vatican II. Il ne semble plus alors en phase avec les problèmes du temps. La bombe atomique lui est inconnue, tout comme la Chine communiste ou le rock n’roll. Son style et certaines de ses idées, qui rencontrent aujourd’hui une nouvelle faveur, semblent alors passéistes. Pour beaucoup, ces raisons expliquent le désamour rencontré par Chesterton.

Lire la suite

Camille Galic : "C’est après être devenue directeur de Rivarol que j’ai vraiment approfondi l’œuvre d'Agatha Christie".

Camille Galic : « C’est après être devenue directeur de Rivarol que j’ai vraiment approfondi l’œuvre d’Agatha Christie ».

08/01/2014 – 18h00
PARIS (NOVOpress) –
Directrice de l’hebdomadaire Rivarol et du mensuel Ecrits de Paris de 1983 à 2010, Camille Galic est une figure incontournable du journalisme de dissidence et de ré-information. Elle nous propose, dans l’esprit de la collection Qui suis-je ?, une biographie brève mais d’une grande précision, qui dénote une connaissance approfondie et une fréquentation amoureuse de l’œuvre de « l’Impératrice du crime ». Le lecteur fidèle des enquêtes d’Hercule Poirot ou de Miss Marple y trouvera son miel à l’égal du novice, tous deux étonnés de nombreux aspects méconnus de la personnalité de Christie ou des nombreux rebondissements de sa propre existence. Un livre à mettre dans toutes les mains, sans risque de déception, pour découvrir ou mieux connaître Dame Agatha aux 4 milliards de volumes vendus.

Nous vous connaissions fine analyste de la vie politique et médiatique – notamment avec la publication récente de votre essai Les médias en servitude, signé Claude Lorne, sous l’égide de la Fondation Polémia – nous avons désormais le plaisir de découvrir votre veine de biographe; pourquoi débuter avec Agatha Christie ? Dans quelles circonstances avez-vous rencontré son œuvre ?

Qui suis-je ? Agatha Christie par Camille Galic

Qui suis-je ? Agatha Christie par Camille Galic

Camille Galic : Tout simplement parce que je la fréquente depuis longtemps. Fillette, j’avais fait sa connaissance à travers deux romans, L’Homme au complet marron et Rendez-vous avec la mort qui m’avaient fait découvrir de grands espaces, l’Afrique australe pour le premier, la Jordanie pour le second. Je me suis ensuite aperçue que ses livres ancrés dans le terroir anglais étaient tout aussi « exotiques ».

Mais, curieusement, c’est après être devenue directeur de Rivarol que j’ai vraiment approfondi l’œuvre de Christie. A l’époque, j’étais la seule permanente de la rédaction avec mon amie Renée Versais, qui ne venait toutefois qu’à mi-temps, et les journées étaient très longues. Lorsque je rentrais chez moi le soir, il était plus de neuf heures et je devais encore lire les quotidiens, unique forme d’information pour nous, trop pauvres pour avoir l’AFP. Du coup, quand venait l’heure du coucher, je restais obsédée par l’actualité. Il fallait décompresser. Ma mère me conseilla Agatha Christie comme sédatif, mais cela ne marchait pas à tous les coups. J’ai donc racheté ses romans en anglais et l’univers christien, comme le passage à une autre langue, constituèrent un sas idéal vers le sommeil — que je continue à pratiquer, avec d’autres auteurs. Mais c’est là, aussi, que j’ai commencé à souligner certaines de ses réflexions, très justes et souvent iconoclastes, sur les races et la société contemporaine. Cette vieille dame si digne pouvait-elle donc être indigne ?

Lire la suite

En souvenir de Dominique Venner – par Robert Steuckers

Entretien audio avec Dominique Venner réalisé par Novopress
lors de la sortie de son livre « Le Choc de l’histoire ».

02/06/2013 – 08h00
Bruxelles (via le site de Robert Steuckers) –
Il faut que je l’écrive d’emblée: je n’ai guère connu Dominique Venner personnellement. Je suis, plus simplement, un lecteur très attentif de ses écrits, surtout des revues “Enquête sur l’histoire” et “La nouvelle revue d’histoire”, dont les démarches correspondent très nettement à mes propres préoccupations, bien davantage que d’autres revues de la “mouvance”, tout bonnement parce qu’elles exhalent un double parfum de longue mémoire et de géopolitique. Lire les revues que publiait Dominique Venner, c’est acquérir au fil du temps, un sens de la continuité européenne, de notre continuité spécifique, car je me sens peut-être plus “continuitaire” qu’“identitaire”, plus imbriqué dans une continuité que prostré dans une identité figée, mais c’est là un autre débat qui n’implique nullement le rejet des options dites “identitaires” aujourd’hui dans le langage courant, des options “identitaires” qui sont au fond “continuitaires”, puisqu’elles veulent conserver intactes les matrices spirituelles des peuples, de tous les peuples, de manière à pouvoir sans cesse générer ou régénérer les Cités de la Terre. Lire “La nouvelle revue d’histoire”, c’est aussi, surtout depuis l’apport régulier d’Ayméric Chauprade, replacer ces continuités historiques dans les cadres d’espaces géographiques précis, dans des lieux quasi immuables qui donnent à l’histoire des constantes, à peine modifiées par les innovations technologiques et ballistiques.

Continue reading

Publié le