Tag Archives: Nouvelle Revue d’Histoire

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La NRH salue la longue et riche histoire de la Hongrie

08/11/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Dans son numéro 87, daté de novembre et décembre, la NRH salue « la longue et riche histoire de la Hongrie », titre de l’éditorial de son directeur, Philippe Conrad, que nous publions ci-dessous. Le dossier de ce numéro de la Nouvelle Revue d’Histoire, fondée par Dominique Venner, est en effet consacré à l’« Indomptable Hongrie », et comporte un entretien avec le premier ministre hongrois, Viktor Orban, titré : « Contre Bruxelles, pour l’Europe des nations ». Voici l’éditorial :

nrh-hongrie-couv« Les Hongrois viennent d’approuver, à 98 % des suffrages exprimés, la décision prise par leur Premier ministre de refuser les quotas de répartition des réfugiés qu’entendent leur imposer Angela Merkel et les technocrates bruxellois. Les médias du système n’en ont pas moins chanté victoire, le quorum de participation nécessaire à la validation de ce choix n’ayant pas été atteint. Amère victoire pour les tenants de la pensée unique, incapables de comprendre que les peuples ne sont pas des agrégats informes d’individus interchangeables, privés de racines et de mémoire. Le gouvernement hongrois a de plus aggravé son cas en faisant école. La Slovaquie, la République tchèque et la Pologne, réunies au sein du groupe de Visegrad opposent un front commun aux diktats de Bruxelles. La perspective de voir l’Autriche rejoindre la dissidence fait craindre le pire… Les performances électorales des partis « populistes » dans d’autres pays européens ne font qu’accroître les inquiétudes des tenants d’un mondialisme déconnecté du réel.

L’histoire demeure heureusement ouverte et l’avenir n’est écrit nulle part, les dernières décennies l’ont largement confirmé mais, quelles que soient les perspectives d’un sursaut salvateur face à la société marchande planétaire déculturée en cours de formation, il convient de s’interroger quant aux raisons qui ont fait qu’un petit pays de dix millions d’habitants porte aujourd’hui, par l’exemple qu’il donne, les espoirs de bon nombre d’Européens.

L’esprit de résistance et la résilience dont ont su faire preuve les Hongrois au cours de leur histoire millénaire trouvent sans aucun doute leur source dans les siècles d’épreuves qu’ils ont dû traverser pour maintenir une identité constamment menacée. Née de la fusion de l’élément magyar issu des steppes orientales avec des populations slaves puis germaniques, la population hongroise, réunie et christianisée par saint Étienne au tournant de l’an 1000, connaît d’abord les luttes opposant les Grands à l’autorité royale. en 1242, les tatars envahissent le royaume qui perd le tiers de sa population.

Il faut, au XIVe siècle, l’avènement de la dynastie d’Anjou pour que le royaume de la sainte Couronne renoue avec la puissance. Le retour de l’instabilité dynastique favorise les entreprises des Ottomans et le roi Sigismond est vaincu en 1396 à Nicopolis. L’irruption de Tamerlan en Asie mineure laisse un sursis à l’Europe balkanique et danubienne mais les exploits de Jean Hunyadi n’ont qu’un effet retardateur. En 1526, la défaite de Mohacs signe la fin de la Hongrie médiévale, occupée désormais en majeure partie par les turcs jusqu’à la fin du XVIIe siècle, quand les victoires de Charles de Lorraine et du prince Eugène ouvrent le temps du repli ottoman.

Intégrés à l’empire Habsbourg en y conservant nombre de leurs libertés traditionnelles, les Hongrois resteront fidèles à François Ier quand Napoléon tentera de les entraîner contre leur souverain légitime. Mais le printemps des peuples de 1848 les voit se dresser contre Vienne et réclamer en vain leur indépendance. ils sauront au moins se garantir une large autonomie dans le cadre du compromis de 1867, fondateur de la double Monarchie austro-hongroise qui les fait participer au concert européen jusqu’à la guerre de 1914-1918 dont l’issue se révèle pour eux épouvantable.

Vaincus, ils voient leur territoire largement amputé et nombre de leurs nationaux constituer des minorités dans les pays voisins. Contraints de se rallier au camp de l’axe au cours de la deuxième Guerre mondiale, ils basculent ensuite pour près d’un demi-siècle dans la nuit communiste. En 1956, ils manifestent leur soif de liberté avant de la conquérir en 1990 lorsque s’effondre le bloc soviétique. L’oligarchie qui s’installe alors a vite fait de décevoir. Les émeutes de 2006 réveillent l’esprit de rébellion d’un peuple qui refuse de subir, une révolte qui fait écho à celles de 1848 et de 1956.

Le secret de cette résistance réside peut-être simplement dans le fait que les Hongrois sont les héritiers d’une longue et riche histoire dont ils ont conservé la mémoire, source indispensable au maintien de leur identité, la meilleure des défenses contre le nivellement mortifère engendré par le mondialisme libéral.

Philippe Conrad

Hors-série de la NRH sur les racines européennes

07/12/2015 – CULTURE (NOVOpress)
Fondée par le regretté Dominique Venner, la Nouvelle revue d’Histoire (NRH) demeure une référence de sérieux et de plaisir de lecture. Le hors-série consacré aux peuples fondateurs d’Europe intéressera quiconque se passionne pour l’identité française et européenne.

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Présentation de la Nouvelle revue d’histoire

09/07/2015 – CULTURE (NOVOpress)
Elise Blaise et Philippe Conrad présentent la Nouvelle revue d’histoire (NHR), excellente revue de vulgarisation historique, fondée par Dominique Venner voici 13 ans.


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Philippe Conrad : "L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles"

Philippe Conrad : « L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles »

24/08/2014 – PARIS (NOVOpress)
Annoncé lors du colloque en hommage à Dominique Venner le 17 mai dernier, l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne a été fondé à la veille du solstice d’été sur les hauteurs du Mont Olympe en Grèce. L’objectif de cet institut est de « faire connaître au plus grand nombre l’histoire de la civilisation européenne par tout moyen (conférences, randonnées, formations, ateliers, stages, visites d’exposition, etc.) ». Nous avons interrogé Philippe Conrad (photo de Une), son président – qui a pris la suite de Dominique Venner à la tête de la Nouvelle Revue d’histoire – , sur les raisons de la fondation de l’Institut Iliade et les buts de cet institut.

L’Institut Iliade est présent sur les réseaux sociaux. Sur Facebook et sur Twitter.

NB : A compter du 1er septembre, vous pourrez écrire à l’Institut Iliade à cette adresse : ILIADE BP 75225 – 49052 ANGERS cedex 2. Jusqu’à cette date, pour écrire à l’institut, vous ne pourrez utiliser que l’adresse courriel : contact@institut-iliade.com

Propos recueillis par Arnaud Naudin


Au début de l’été a été fondé l’Institut Iliade sur les hauteurs du Mont Olympe. S’agissait-il de rappeler nos racines grecques ou de manifester une certaine prise de hauteur par rapport au monde actuel ?

La référence aux racines grecques de la civilisation européenne – tout comme le nom de l’Institut le suggère – est en effet manifeste, mais elle n’est pas exclusive. L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise en effet à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles. Dominique Venner avait exprimé le souhait que son œuvre puisse être poursuivie, à savoir un travail d’historien méditatif sur la longue histoire et la mémoire de l’Europe. C’est ce que nous entreprenons aujourd’hui. Non par nostalgie bien sûr, mais parce que nous sommes persuadés, comme l’était Dominique Venner, que cette histoire et cette mémoire sont à la fois la matrice et levier de la prise de conscience du nécessaire réveil civilisationnel des peuples européens. Nietzsche ne déclarait-il pas que « le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire » ? L’enjeu est de faire face au phénomène de « grand remplacement » justement dénoncé par l’écrivain Renaud Camus, et que Dominique Venner estimait être, dans sa dernière lettre, la menace principale pesant sur l’avenir des peuples européens : « Alors que je défends l’identité de tous les peuples chez eux, je m’insurge aussi contre le crime visant au remplacement de nos populations ». Nous souhaitons donc inciter les peuples européens à un « grand ressourcement », à une reconquête de la fierté de leurs origines, de leurs racines, en un mot de leur identité afin de refuser leur sortie de l’histoire, leur « grand effacement » – prélude à leur « grand remplacement » par des populations autres sur le sol de leurs ancêtres.

Or la réponse au défi du risque de dilution de l’identité et de la mémoire européennes est moins politique – au sens étroit du terme – que préalablement culturelle, voire spirituelle. Lorsque Dominique, toujours dans sa dernière lettre, s’élève « contre les poisons de l’âme et contre les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires et notamment la famille, socle intime de notre civilisation multimillénaire », et contre « la métaphysique de l’illimité, source néfaste de toutes les dérives modernes », il en appelle à un sursaut qui est d’abord intérieur. La réappropriation de notre identité est un défi personnel autant que collectif, car c’est la qualité de l’Etre qui est en jeu. Dès lors, l’ascension du Mont Olympe peut être certes interprétée comme une prise de hauteur. Mais peut-être davantage comme une forme de « recours aux forêts », au sens où l’entendait Ernst Jünger, avec lequel Dominique partageait de nombreuses affinités.

Le Mont Olympe

Le Mont Olympe

Choisir « Iliade » comme nom, est-ce se placer dans les pas de Dominique Venner qui voyait l’œuvre d’Homère comme une des œuvres fondamentales pour les Européens ?

Effectivement, le choix du nom de l’Institut est un hommage explicite au texte homérique, ce « poème de la destinée » très bien décrit par Dominique. Mais avec lui, il faut y voir « la source oubliée de notre tradition, l’expression grecque de tout l’héritage indo-européen, celte, slave ou nordique, avec une clarté et une perfection formelle sans équivalent ». L’Iliade reste donc d’une brûlante actualité pour qui cherche les sources et les ressources nécessaires au réveil des peuples européens. L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne s’inscrit dans cette filiation afin de promouvoir et maintenir le patrimoine éthique et esthétique commun à l’ensemble des peuples de la « Vieille Europe », dans la diversité de leurs cultures particulières.

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Nouvelle Revue d’Histoire droites radicale Europe

“Les droites radicales en Europe, 1900-1960 – Le souvenir d’un élan héroïque” par Dominique Venner

Édito de la Nouvelle Revue d’Histoire n°62 – septembre-octobre 2012 (en kiosque à partir du 1er septembre 2012)

Ceux qui ont été happés dans leur jeunesse par les sortilèges de l’action politique restent souvent tentés de rechercher des solutions politiques à l’effondrement de notre ancienne civilisation européenne, en témoins stupéfaits et révoltés. À eux se pose l’éternelle question du « Que faire ? »
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Crimes d’État et scandales politiques - La Nouvelle Revue d’Histoire N° 59, mars 2011

Crimes d’État et scandales politiques – La Nouvelle Revue d’Histoire N° 59, mars 2011

Crimes d’État et scandales politiques - La Nouvelle Revue d’Histoire N° 59, mars 2011

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Parlant de l’ancien président Giscard d’Estaing, Raymond Aron eut ce mot cruel et juste : « Il ne sait pas que l’histoire est tragique ». Nous qui le savons, nous avons retenu le thème des crimes d’État associés parfois à des scandales politiques. Il y a toujours eu des crimes d’État et pas seulement à l’époque mérovingienne. Ce sont des moments de paroxysme qui révèlent l’ampleur d’une crise politique et historique, cristallisée par une lutte mortelle que seule la mort peut trancher. Sous prétexte que l’Europe occidentale vit actuellement hors de l’histoire, il ne faut pas imaginer qu’il en sera toujours ainsi. Cette parenthèse historique se refermera. Autour de nous, dans le reste du monde, les drames mortels ne manquent pas, au Proche-Orient, par exemple, dans le sillage d’un illusoire « printemps arabe ». Retenons que, le 30 septembre 2011, le président américain Barack Obama a officiellement autorisé des assassinats ciblés visant des adversaires supposés des États-Unis. Cette décision (révélée par le New-York Times du 8 octobre 2011 et reprise par Le Monde du 14 octobre 2011) s’inscrit en principe dans la logique de « la guerre globale contre le terrorisme » justifiée par l’attentat du World Trade Center à New-York, le 11 septembre 2001. Cependant, le « terrorisme » n’est pas un adversaire défini, mais une méthode de lutte ou de guerre. Les États-Unis et leurs satellites en ont fait une entité abstraite justifiant par avance l’usage d’homicides. La raison d’État légitime par définition les crimes d’État.

Nous avons retenu plusieurs grands exemples très différents de crimes pouvant entrer dans cette catégorie. Et pour commencer, nous avons demandé au professeur Yann Le Bohec, spécialiste de l’histoire romaine, d’éclaircir les causes de l’assassinat de César par une coalition aristocratique aux ides de mars de l’an 44 av. J.-C. (p. 38). Puis, c’est un double meurtre autour de Jean sans Peur qui permet à Bernard Fontaine d’expliquer la future guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons (p. 41). Au cœur des guerres de Religion, le grand moderniste qu’est Jean-Marie Constant dévoile les implications peu connues de l’assassinat du duc de Guise en 1588 (p. 44). C’est une autre page historique qu’évoque en connaisseur Jean-Christian Petitfils avec l’assassinat de Concini couvert par le jeune Louis XIII en 1617 (p. 47). Personne ne contestera le caractère de crime d’État que fut l’exécution du duc d’Enghien décidée par Bonaparte en 1804 et que restitue Jean-Joël Brégeon (p. 50). Et c’est bien la raison d’État qu’invoque le général de Gaulle pour justifier l’exécution de Pierre Pucheu à Alger en mars 1944, ainsi que le montre Dominique Venner (p. 52). C’est cependant sur une énigme que se referme notre dossier avec le récit que Charles Vaugeois fait de l’assassinat du président Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963 (p. 58). Dans cette dernière affaire, de multiples scandales sont au rendez-vous d’un crime. Mais fut-ce un crime d’État ?

La Nouvelle Revue d’Histoire

Les voeux de Dominique Venner pour 2012

Les voeux de Dominique Venner pour 2012

Le 1er janvier de cette année 2012 rappelle d’abord que, dans tous les pays d’Europe nous avons fêté Noël, autre nom pour le Solstice d’Hiver qui fut célébré en Europe des millénaires avant l’ère chrétienne. Cette fête nous fait souvenir que nous, Européens, fils des Hyperboréens de la légende apollinienne, venons de loin et que nous sommes indestructibles, en dépit des périls qui se dessinent à l’horizon et en dépit de la perversion des oligarchies dominantes.

N’ayant pas de civilisation de rechange, c’est à la mienne et à sa tradition que je m’attache. Elle m’a fait ce que je suis. Elle a façonné mon être, une certaine façon d’exister, de sentir, de penser, de me comporter devant la vie et devant la mort, l’amour et le destin.

Intimement conscient de ce que je dois d’essentiel à mes origines, je justifie et soutiendrai toujours le droit fondamental de tous les autres humains à posséder leur propre patrie, leur culture, un enracinement qui permet d’être soi, chez soi, et de ne pas être rien.

C’est aussi pourquoi je m’insurge contre ce qui me nie. Je m’insurge contre l’invasion silencieuses de nos villes, je m’insurge contre la négation de la mémoire européenne. Je dois à celle-ci de m’avoir transmis des exemples de tenue, de vaillance et de raffinement venus du plus lointain passé, celui d’Hector et d’Andromaque, d’Ulysse et de Pénélope. Menacé comme tous mes frères européens de périr spirituellement, cette mémoire est mon bien le plus précieux.

Il est nécessaire aussi, à l’aube de cette année 2012 de rappeler les fondamentaux de toute vie humaine au-delà des croyances de chacun. Dans leur diversité, les hommes n’existent que par ce qui les distingue, clans, peuples, nations, cultures, civilisations, et non par ce qu’ils ont en commun. Seule leur animalité est universelle. La sexualité est commune à toute l’humanité autant que la nécessité de se nourrir. En revanche, l’amour comme la gastronomie ou l’art du thé sont le propre d’une civilisation, c’est-à-dire d’un effort millénaire de création dans le mystère de la continuité de soi. L’amour entre deux personnes de sexe opposé, tel que le conçoivent les Européens, et qu’a magnifié l’amour courtois à partir du XIIe siècle, est déjà présent de façon implicite dans les poèmes homériques à travers les personnages contrastés d’Hélène, Hector, Andromaque, Ulysse et Pénélope. De même, la perception forte de ce qu’est une personne, l’existence politique de cités libres et en armes, l’idée fondamentale aussi que les hommes ne sont pas étrangers à la nature, qu’ils en épousent le cycle de renouvellement perpétuel incluant la naissances et la mort, qu’enfin du pire peut surgir le meilleur, ce sont là un ensemble de particularités constitutives qui s’affirment déjà dans les deux poèmes d’Homère qui nous offrent nos modèles.

Même quand ils ne le savent pas, les individus et les peuples ont un besoin vital de tradition et de civilisation propres, c’est-à-dire de continuités apaisantes, de rites, d’ordre intériorisé, et de spiritualité. Nous, Européens, avons tous besoin de beauté, notamment dans les petites choses. C’est le sens des fêtes familiales ou amicales que nous avons tous célébrées. Mais la perception que nous en avons change selon les civilisations, tissées elles-mêmes d’hérédités spécifiques aux sources mystérieuses.

Ayant ces réalités à l’esprit, on peut poser comme principe qu’il n’y a pas de réponse universelle aux questions de l’existence et du comportement. Chaque peuple, chaque civilisation a sa vérité et ses dieux également respectables. Chacun apporte ses réponses, sans lesquelles les individus, hommes ou femmes, privés d’identité, donc de substance et de profondeur, sont précipités dans un trouble sans fond. Comme les plantes, les hommes ne peuvent se passer de racines. Mais leurs racines ne sont pas seulement celles de l’hérédité, auxquelles on peut être infidèle, ce sont également celles de l’esprit, c’est-à-dire de la tradition qu’il appartient à chacun de retrouver.

 Dominique Vennner

 Notes

Pour orner la carte de vœux 2012 de La Nouvelle Revue d’Histoire, j’ai choisi l’autoportrait de Mme Vigée-Lebrun.
Le visage solaire de cette jeune femme de notre peuple nous accompagnera toute l’année. Il nous rappellera les raisons profondes pour lesquels nous vivons et parfois combattons.

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La Nouvelle Revue d’Histoire n°58

La Nouvelle Revue d’Histoire est en kiosque (n°58, janvier – février 2012) mais on peut aussi se procurer la revue par Internet, par exemple :
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Le dossier central est consacré à la collaboration de la gauche et des intellectuels. On peut y lire, notamment, un entretien avec Dominique Venner et des articles de  Francis Bergeron (« Du pacifisme de gauche à la collaboration »), de Julien Hervier (« Drieu la Rochelle et l’engagement de l’écrivain »), d’Alain de Benoist (« Quand Raymond Abellio s’appelait Georges Soulès »), de Philippe d’Hugues (« La littérature de 1942 ») et de Charles Vaugeois (« Otto Abetz et la collaboration politique »).

Hors dossier, on pourra lire, en particulier, des articles de Philippe Conrad (« 1912. L’apogée de la course aux pôles »), d’Aymeric Chauprade (« Mackinder, théoricien de la suprématie anglo-saxonne »), d’Yvonne Pagniez (« Hanna Reitsch, une aviatrice allemande ») et de Jean-Michel Baldassari (« Malraux : la grandeur et l’équivoque »).

 

Louis XIV admiré et contesté - La Nouvelle Revue d'Histoire N° 57, novembre 2011

Louis XIV admiré et contesté – La Nouvelle Revue d’Histoire N° 57, novembre 2011

Louis XIV admiré et contesté - La Nouvelle Revue d'Histoire N° 57, novembre 2011

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« Sur la grandeur et la gloire » éditorial de Dominique Venner

Nul souverain français n’a cultivé la jouissance et le spectacle de la puissance comme le Grand Roi. Suivant le mot qu’on lui prête, « le plus délicieux métier est celui de roi… » Par sa mère, Anne d’Autriche, princesse éduquée à la rigide cour d’Espagne, il avait appris les secrets de l’étiquette qui permettent de creuser une distance abyssale entre le Soleil et les astres de moindre rang. Tout jeune, il avait été initié par Mazarin au jeu des puissances et au maniement des hommes. Il pratiqua ensuite comme personne l’art de domestiquer la fière noblesse française par les chaînes de la vanité. Ainsi fut-elle condamnée à la futilité, un siècle avant d’être livrée à la guillotine.

De Versailles, Louis avait fait le temple permanent de sa gloire, sans économiser sur les extravagances (1). Au regard de la morale et de la simple bienséance, on sait que le Roi Très-Chrétien s’autorisait publiquement des écarts que Bossuet tenta de refreiner. En 1680, survint cependant l’affaire des Poisons dans laquelle fut compromise Madame de Montespan, mère de sept bâtards royaux, qui cherchait à conjurer son déclin de favorite par des excès de sorcellerie. Le traumatisme de cette affaire doucha les ardeurs d’un beau tempérament dont eut désormais à souffrir à peu près seule Madame de Maintenon peu portée sur la chose.

Que le faste et la majesté du souverain soient de puissants instruments de pouvoir est une évidence. Ce qui étonne, par comparaison, c’est l’idée toute différente de la grandeur que pratiquèrent à Rome les Antonins quinze siècles plus tôt, dans la période la plus glorieuse de l’histoire impériale. Pourtant, le pouvoir des empereurs romains était plus étendu et plus lourd que celui du Grand Roi. Ils ne régnaient pas seulement sur un grand royaume, mais sur l’univers. Quel contraste par exemple entre Louis XIV et l’extrême sobriété de l’empereur stoïcien Marc Aurèle. En guise de legs à la postérité, celui-ci n’a pas laissé les splendeurs d’un château sans égal, mais un petit livre qui tient aisément dans une poche, Pensées pour moi-même. Comme son titre le suggère, ce livre ne fut pas écrit pour épater le public, mais pour un usage strictement personnel. De ce fait, il n’a rien perdu de son actualité. Ce n’est en rien un traité du pouvoir, mais un ensemble de réflexions destinées à se gouverner soi-même, à s’améliorer par la maîtrise des passions et la pratique des trois disciplines stoïciennes du jugement, du désir et de l’action.

Ainsi que l’a souligné Pierre Hadot, ancien professeur au Collège de France, biographe de l’empereur et analyste averti de ses Pensées, dans l’Antiquité, un philosophe n’était pas un théoricien de la philosophie, un inventeur de concepts obscurs, mais quelqu’un qui mettait en pratique des principes de vie. Comme le disait Épictète, le stoïcien dont Marc Aurèle fut le disciple : « Mange comme un homme, bois comme un homme, habille-toi, marie-toi, aie des enfants, mène une vie de citoyen… Montre-nous cela pour que nous sachions si tu as appris véritablement quelque chose des philosophes (2) ». En bref, le philosophe antique est celui qui fait un choix de vie et qui, à la façon de Marc Aurèle, peut être donné en exemple.

Nombreux furent les hommes d’État et grands capitaines grecs ou romains qui vécurent ainsi « en philosophe », de Xénophon à Caton d’Utique, ou encore Arrien de Nicomédie, disciple et continuateur d’Épictète, général, proconsul et gouverneur de Cappadoce sous Hadrien.

Ainsi donc, dans notre histoire, il fut une époque où l’on pouvait concilier la puissance, la richesse et la gloire, mais aussi le souci d’une vie supérieure, c’est-à-dire d’une vraie noblesse. Celle-ci se distingue toujours par l’acceptation de devoirs supérieurs en proportion de pouvoirs plus grands.

Dominique Venner

[box] Notes :

1. Louis Dussieux, Le Château de Versailles. Publié initialement en 1885, cet ouvrage érudit a fait l’objet d’une nouvelle édition préfacée par Michel Déon, Editions Jean-Cyrille Godefroy, Paris 2011, 472 p., 39 €.
2. Pierre Hadot, La Citadelle intérieure. Introduction aux Pensées de Marc Aurèle, Fayard, Paris 1997. [/box]

L'imprévu dans l'histoire - La Nouvelle Revue d'Histoire N° 56, septembre 2011

L’imprévu dans l’histoire – La Nouvelle Revue d’Histoire N° 56, septembre 2011

L'imprévu dans l'histoire - La Nouvelle Revue d'Histoire N° 56, septembre 2011Le dossier de La Nouvelle Revue d’Histoire (NRH) N°56 de septembre-octobre 2011 est consacré à « L’imprévu dans l’histoire » (voir ci-contre l’image de couverture, cliquer dessus pour l’agrandir).

Les autres articles sont en particulier :

Editorial
L’imprévu, la Chine et l’occasion favorable

Portrait
Entretien avec Pascal Gauchon : l’enseignement, l’histoire et la géoéconomie

Découvertes :

Les sources historiques de Tintin
Tibère, l’empereur calomnié
La reine Victoria
France et Allemagne : économies comparées
Husseïn d’Egypte, un sultan francophile
Jeu, contrôlez vos connaissances – La Reine Victoria et son temps
Georges Valois : du Faisceau à la Résistance
Les métamorphoses du conservatisme américain
L’ébranlement de la puissance américaine
Malaparte, l’écrivain
Le choc de l’histoire, entretien avec Dominique Venner

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