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Nicolas Bonnal : "Kubrick reste un vieil humaniste enraciné à la viennoise"

Nicolas Bonnal : « Kubrick reste un vieil humaniste enraciné à la viennoise »

29/10/204 – PARIS (via Dualpha)
Nicolas Bonnal vient de publier aux éditions Dualpha un livre sur Stanley Kubrick (photo). Le livre fait le point sur des éléments nouveaux issus de la cyberculture qui a élu Kubrick « plus grand cinéaste de l’histoire ». Mais pour Bonnal Kubrick reste aussi un vieil humaniste enraciné à la viennoise. Nous lui avons demandé comment pouvait s’expliquer ce paradoxe… rétrofuturiste.


bonnal-mysteres-kubrickPourquoi un livre de plus sur Kubrick ?

J’adorais Kubrick ; il est vrai que j’aurais pu écrire ce livre il y a trente ans quand le monde des cinéphiles attendait chaque film de Kubrick comme un monolithe. A l’époque j’étais fasciné par son usage de la musique classique (Barry Lyndon) ou moderne (Shining) et bien sûr par le visuel, secondairement par le sujet. Aujourd’hui le soufflet est retombé, ce qui permet d’être parfois dur (Kubrick se répète, il a beaucoup emprunté – Aldrich, Walsh, Hitchcock, Welles…) et de se situer aussi par rapport à des sujets nouveaux comme la conspiration ou les Illuminati.

La conspiration ?

Par exemple sur 2001, l’odyssée de l’espace. La conquête spatiale apparaît maintenant comme une farce issue de la Guerre froide. J’ai montré aussi que Kubrick était très inspiré par les documentaires soviétiques de Klushantsev sur la question. Ceci dit, après les scandales de Folamour, 2001 raconte avant tout l’histoire d’une conspiration du silence entretenue par la NASA autour du monolithe tombé sur la lune.

Et qui est Hal 9000 ?

Un être hermaphrodite. Car 2001 explique aussi comment les ordinateurs vont nous désexualiser. Sur la conspiration, Eyes Wide Shut a passionné aussi les chercheurs car il retrace, sur fond viennois (un vieux et passionnant sujet de Schnitzler) l’attitude indécente et criminelle de notre élite mondialisée – qui n’a pas changé depuis les Romains -; et l’inertie, l’anesthésie spirituelle de ceux qui en sont les victimes. Kubrick, depuis Les Sentiers de la gloire ou Spartacus, a toujours dénoncé le rôle des élites et notre programmation militaire ou autre. Les femmes aussi sont formatées pour le plaisir macho dans son univers noir.

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Front national : On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs - par Javier Portella

Front national : On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs – par Javier Portella

02/09/2014 – PARIS (via Polémia)
Dans Boulevard Voltaire Nicolas Bonnal, favorable au Front national, explique qu’à tout prendre il ne faut pas souhaiter… sa victoire car les banques et le pouvoir américain dresseraient « un mur, plus haut et plus électrifié que le Mur de Berlin ». L’essayiste espagnol Ravier Portella ne partage pas ce point de vue. Pour lui « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs » et il faut accepter le principe d’un grand bouleversement. Au passage Portella rappelle que « toutes les révolutions que l’histoire a connues (qu’elles aient été vertueuses ou crapuleuses) se sont produites, d’abord, dans un seul pays qui, isolé, a dû faire face à des ennemis internes et externes ». Un texte à lire et à méditer. Polémia


Le 25 août – au lendemain de la Saint-Barthélemy, comme l’auteur le souligne avec intention– il est paru sur Boulevard Voltaire un article signé Nicolas Bonnal et intitulé « La victoire du Front national est-elle souhaitable ? » dont l’importance me paraît incontestable… même s’il me faut contester tout à fait ses conclusions.

Celles-ci mènent l’auteur, qui partage pourtant les vues du Front national, à souhaiter… sa défaite. Pour une seule raison : la crainte d’effaroucher nos puissants ennemis – les banques et le pouvoir américain –, qui dresseraient « un mur, dit-il, plus haut et plus électrifié que le Mur de Berlin » afin d’empêcher les bouleversements de politique, d’économie et de société qu’entraînerait la victoire du Front si celui-ci était conséquent, bien entendu, avec lui-même.

A suivre un tel raisonnement, nous sombrerions alors dans la paralysie la plus complète – pire : dans la servitude volontaire – jusqu’à la fin des temps. Ce n’est pas là l’intérêt de l’article. C’est dans ses prémisses.

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