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Mercedes Erra

Immigration : « 200 000 personnes par an, c’est finalement peu »

17/05/2015 — FRANCE — (NOVOpress)
Dans une interview accordée à Challenges, Mercedes Erra, présidente du conseil d’administration du musée de l’histoire de l’immigration, donne une bonne leçon de langue de bois.

Si vous doutiez que le discours immigrationniste soit aussi bien porté par la gauche « morale » que par la droite « de l’argent », allez faire un tour sur le site du magazine Challenges. Média des entrepreneurs et des milieux d’affaires, vous y trouverez le discours de la parfaite orthodoxie libérale. Ne soyez pas surpris d’y lire l’entretien complaisant de Mercedes Erra, présidente du conseil d’administration du musée de l’histoire de l’immigration. Au menu, tous les poncifs du genre, en mode « déconstruction » de la réalité.

Si l’on remonte à deux générations, un quart de la population est d’origine étrangère. L’immigration est une composante historique de la France.

Le chiffre est peut-être exact, mais depuis combien de temps ? Les années 1970 ? Un peu avant ? Quoi qu’il en soit, la « composante historique » est pour le moins un abus de langage. Pas un historien sérieux n’a quelque chose à dire sur l’immigration en France entre les grandes invasions des IVe aux VIe siècles et la révolution industrielle, les premières vagues d’immigration significatives numériquement intervenant après la Première Guerre mondiale.
À propos des difficultés d’intégration des vagues d’immigration récente, Mercedes Erra concède que c’est plus compliqué

Peut-être parce que les gens viennent de contrées plus lointaines, avec des cultures plus éloignées. Mais le principal problème, c’est la panne du système d’intégration, conjuguée à celle de l’ascenseur social.

Argument classique du discours immigrationniste en trois points :
1 — Minimisation du fait culturel, alors que l’on constate tous les jours la cristallisation de l’affirmation culturelle, religieuse, civilisationnelle, en opposition frontale avec l’identité du pays d’accueil.
2 — Culture de l’excuse pour l’immigré : ce n’est pas de sa faute, c’est la crise. Et il est en partie vrai que la crise économique est un facteur aggravant
3 — Culpabilité pour le pays d’accueil, qui ne sait plus intégrer. Sur ce dernier point, nous serions plutôt d’accord avec elle, pour des raisons sans doute opposées aux siennes. Comment intégrer qui que ce soit à une culture dont les « élites » ne cessent de dévaloriser à coups de repentance et de discours xénophile ?
Au sujet du contrôle des flux migratoires, nous vous laissons juges :

L’immigration aujourd’hui est déjà régulée, on ne fait pas n’importe quoi en France… Il faut espérer que l’Europe, face à ces questions, puisse prendre une position digne des hautes valeurs humaines qu’elle défend.

Alors que l’immigration clandestine explose, que le système de demande d’asile est dévoyé et croule sous son propre poids, on ne fait pas n’importe quoi… et l’on attend de l’Europe qu’elle ouvre encore plus grand les vannes, car…

200.000 personnes par an, c’est finalement peu…

Et si cela ne vous suffit encore pas, vous pourrez suivre le lien « à lire aussi », qui nous donne un bilan objectif de l’immigration en France. « Spoiler » : le bilan en question est positif… on s’en serait doutés…

Crédit photo : Pierre Metivier via Flickr (CC)