Tag Archives: Moyen-Orient

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Le christianisme menace de disparaitre de régions entières du globe

15/10/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)
Selon le rapport de la fondation internationale Aide à l’Eglise en détresse, les chrétiens sont les croyants les plus persécutés dans le monde.
L’AED aide les chrétiens, menacés, persécutés, réfugiés ou dans le besoin. Elle constate qu’ils sont en train de disparaître de régions entières.

Quelles en sont les raisons ?
Dans le détail, le rapport constate que les difficultés auxquelles sont confrontés les chrétiens ont empiré dans quinze des dix-neuf pays étudiés.
Les chrétiens sont « fortement » persécutés dans dix pays dans le monde contre six sur les deux années précédentes.
Le christianisme est avant tout menacé par l’islamisme, mais aussi par des régimes communistes athées comme celui de la Corée du Nord ou de la Chine.

Quelles sont les régions les plus touchées ?
Les chrétiens sont « chassés de l’ancien cœur biblique de l’Eglise au Moyen-Orient » et sont menacés de disparition en Irak d’ici à cinq ans. 120 000 chrétiens ont fui Mossoul et Ninive en Irak depuis l’été 2014.
En Afrique, la montée de groupes militants islamiques dans certains pays comme le Nigeria, le Kenya ou le Soudan déstabilise la présence chrétienne. 100 000 catholiques ont quitté en mai 2015 le nord du Nigéria, à la suite des attaques de Boko Haram.

Depuis un an, les chrétiens font l’objet d’une intense campagne de persécutions en Chine
Dans la province côtière du Zhejiang, très christianisée, la Chine a mené une campagne d’abattage des croix et de lieux de culte chrétiens. Bilan : plus de 1 200 croix démontées et une quarantaine de lieux de culte rasés en moins d’un an.
Le Parti communiste suspecte le christianisme d’être un « agent de l’étranger » visant à saper sa mainmise idéologique… Ce danger apparaît d’autant plus grand que le nombre de chrétiens est en forte croissance. Il dépasserait aujourd’hui les 80 millions.


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Bouleversement géopolitique : Obama prêt à travailler avec la Russie et l’Iran pour combattre l’État Islamique

29/09/2015 – MONDE (NOVOpress)
Avec une certaine réticence, Barack Obama a accepté à la tribune des Nations Unies l’idée de travailler avec l’Iran, la Russie – et donc Bachar El-Assad — pour lutter contre Daesh. Le résultat d’un bouleversement des équilibres géostratégiques majeur… et lourd de menaces. Par Charles Dewotine

C’est un revirement qui laisse – une fois de plus — la diplomatie française sur le carreau.
Obama a admis l’idée de travailler avec la Russie et l’Iran et donc avec leur allié Bachar El-Assad, contre l’État Islamique en Syrie. Bien sûr, le président américain a dénoncé le président syrien, traité de « tyran » et accusé de « massacrer des enfants innocents », mais le Département d’État a déjà accepté de revoir « le calendrier de son départ ». En clair, le renversement d’Assad n’est plus à l’ordre du jour… Sauf pour Hollande, ce dont tout le monde se moque.

Obama, en avalant des couleuvres de la taille d’un boa constrictor – collaborer avec la Russie, Grand méchant devant l’éternel et l’Iran, naguère encore sur la liste des États-voyous — répondait ainsi au vœu de Poutine, formulé le jour même, à la même tribune des Nations Unies.
Le président russe plaidait la nécessité de former une vaste coalition anti-djihadiste qui serait « semblable à celle contre Hitler » dans laquelle Russie, Iran, États-Unis, mais aussi pays arabes et le gouvernement légal syrien auraient tous un rôle à jouer. Il a insisté sur le fait que refuser de coopérer avec le gouvernement syrien et son armée dans cette lutte serait « une énorme erreur » et a sévèrement taclé -sans les nommer bien sûr- les USA, leurs alliés et leur politique de «révolutions démocratiques» dont on subit les conséquences :

Sous la forme de vagues de migrants fuyant les régions ravagées par la guerre et cherchant une vie meilleure en Europe.
[…]
Est-ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? Personne n’y répondra. Au lieu du triomphe de la démocratie, nous voyons la violence et le désastre social, personne ne pense aux droits de l’Homme et aux droits à la vie.

Au vu des résultats bien minces de l’US Air Force dans la lutte contre l’État islamique… et des preuves du soutien yankee, turc et saoudien – au grand minimum passif ou involontaire — à ce même « Califat » qui s’accumulent, Obama n’avait d’autre choix que de manger son chapeau. Il ne peut en effet laisser la situation pourrir ou lui échapper totalement alors que l’opinion américaine pense à près de 70 % que l’EI est la principale menace pour leur pays et que les élections présidentielles approchent. Même s’il ne sera pas candidat, Obama doigt en tenir compte.

Pourtant, les enjeux de ce spectaculaire rebondissement vont toutefois bien au delà du sort de Daesh ou d’Assad. Il suffit pour s’en convaincre de regarder de plus près les acteurs en scène.
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Poutine : « les USA sont responsables de la crise migratoire en Europe »

07/09/09/2015 – MONDE (NOVOpress)
Vladimir Poutine pointe du doigt la responsabilité des Américains dans la définition d’une politique migratoire qui s’opère au « mépris des particularités historiques, religieuses, nationales et culturelles » de l’Europe, qui suit aveuglément cette ligne. On ne saurait mieux dire.

Crédit photo : Capture d’écran de l’intervention de Vladimir Poutine au Forum économique oriental, qui s’est tenue à Vladivostok du 3 au 5 septembre 2015, traduction et sous-titres : RT


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Des « Monuments Men » au secours des vestiges antiques menacés par l’État islamique

29/08/2015 – MONDE (NOVOpress)
D’après le journal The Times, des archéologues de Harvard et d’Oxford vont inonder le Moyen-Orient d’appareils photo 3D afin de faire un recensement numérique de tous les objets menacés.

Outre faciliter la traque des trafiquants internationaux, l’objectif serait aussi de pouvoir utiliser, à terme, la technologie de l’impression 3D afin de les reconstruire dans un style identique aux antiquités originales.


Grand Moyen-Orient : une accélération du redécoupage prévu. Par François Montgisard

Grand Moyen-Orient : une accélération du redécoupage prévu. Par François Montgisard

Le Moyen-Orient, chacun le sent bien, est la zone géographique d’où la prochaine guerre mondiale pourrait éclater.

L’actualité dans cette région nous a montré une avancée étonnamment rapide des forces armées de l’ « Emirat islamique de l’Irak et du Levant » (EIIL en français). L’événement rappelle un peu la rapidité soudaine et « inexpliquée » de l’avance des troupes croato-musulmanes en Bosnie, dans les années 1990 face aux Serbes, jusqu’à des lignes que l’on a su peu après avoir été négociées pour laisser la moitié du pays à chaque belligérant.


L’on sait les Américains très attentifs au Sud-Ouest asiatique, région comprenant Israël et le golfe Persique. Afin d’y maintenir et d’y développer leur influence, ils y ont envisagé, ce n’est pas nouveau, la vieille idée romaine du « divide ut regnes » (diviser pour régner). De nouvelles frontières ont été planifiées par les services de Washington pour fractionner ce grand Moyen-Orient. Dans cette optique, deux cartes ont été portées à la connaissance du public. Ces deux cartes partent de la même logique : faire éclater les Etats musulmans les plus puissants de la région en des unités plus petites, utilisant pour cela les clivages religieux, ethniques, tribaux, etc. :

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« L’islamisme est une menace pour les Chrétiens », déclare le prince Charles

« L’islamisme est une menace pour les Chrétiens », déclare le prince Charles

20/12/2013 – 19h00
LONDRES (NOVOpress) –
Les ponts entre chrétienté et islam sont en train de s’effondrer par l’augmentation des menaces, des récriminations et des persécutions, a affirmé le Prince de Galles. Dans une interview centrée sur les souffrances des chrétiens au Moyen-Orient, le prince Charles indique que les relations entre ces religions sont à un point de rupture et appelle à chasser « l’ignorance et l’incompréhension » qu’il a tenté lui-même de repousser depuis plusieurs décennies. « Nous ne pouvons plus ignorer que les chrétiens au Moyen-Orient sont de plus en plus délibérément attaqué par les fondamentalistes musulmans. La chrétienté est pourtant née au Moyen Orient ».

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Les patchs et tatouages "Croisés mangeurs de porc" et "Infidèles" font fureur auprès des troupes américaines au Moyen-Orient

Les patchs et tatouages « Croisés mangeurs de porc » et « Infidèles » font fureur auprès des troupes américaines au Moyen-Orient

23/11/2013 – 09h00
WASHINGTON (NOVOPress) –
Chez les militaires américains, la rébellion gagne aussi du terrain avec une forme de résistance et de « désobéissance » originale au sein des unités en « opex » (opération extérieure).

De nombreux militaires portent sur leurs uniformes ces « Morale Patchs » lors des missions dans les pays islamiques, car ils ne se font aucune illusion sur les ennemis et leurs « alliés » musulmans. Cette sous-culture des « croisés » ne se limite plus maintenant à des forums et blogs sur Internet mais est aussi présente « IRL » – in real life (dans la vraie vie) – très en vogue dans les différentes armées.

Le succès est tel que de nombreuses boutiques en ligne proposent ces produits et qu’il existe même une ligne « infidel » chez Sears, un important distributeur grand public américain.

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Aymeric Chauprade : “Où vont la Syrie et le Moyen-Orient ?”

Aymeric Chauprade : “Où vont la Syrie et le Moyen-Orient ?”

Conférence donnée par Aymeric Chauprade à Funglode, Saint Domingue, le 27 novembre 2012. Texte intégral.

Comprendre la géopolitique du Moyen-Orient c’est comprendre la combinaison de multiples forces.

Nous allons voir qu’il faut faut envisager au moins la combinaison de 3 logiques :

les forces intérieures qui s’affrontent à l’intérieur d’un même État, comme la Syrie, l’Irak ou la Libye. Des conflits ethniques (Kurdes et Arabes), ou confessionnels anciens (chiites, sunnites, Alaouites, chrétiens…).

les logiques d’influence des grands acteurs de puissance régionaux (l’Iran, l’Arabie Saoudite, le Qatar, Israël, la Turquie, l’Égypte…) et la façon dont ces acteurs utilisent les logiques communautaires dans les États où ils essaient d’imposer leur influence (Liban, Syrie, Irak)

le jeu des grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, UK…) et en particulier la géopolitique du pétrole et du gaz.

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“Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord” (3ème partie) [vidéo]

« Une présentation complète et structurée des grands enjeux géopolitiques et géoéconomiques du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord, à l’heure de la mondialisation.”

(Troisième et dernière partie) – Philippe Conrad recevait Florian Louis le 21 juin dernier pour une présentation de l’ouvrage “Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord”, sous titré “du Maroc à l’Iran” (PUF, coll. Major, 192 pp.)

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“Géopolitique : un manuel précieux” par Georges Feltin-Tracol

“Géopolitique : un manuel précieux” par Georges Feltin-Tracol

15/07/2012 — 16h00
PARIS via Europe Maxima Sous la direction avisée de Pascal Gauchon, les P.U.F. lancent une nouvelle collection géopolitique destinée à l’enseignement supérieur. Après avoir traité de la France, du Brésil, de l’Inde, des pays émergents et du domaine maritime et océanique, un nouveau manuel s’intéresse à un ensemble géographique qui fait souvent l’actualité : l’Afrique du Nord, le Proche-Orient et le Moyen-Orient.

Rédigé par Tancrède Josserand, turcisant prometteur, auteur d’un remarquable essai sur La nouvelle puissance turque, Florian Louis, historien, et l’arabisant Frédéric Pichon (un homonyme à ne pas confondre avec l’avocat et président d’Europæ Gentes), Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord apporte d’une manière précise et synthétique une foule d’informations raisonnées sur cette partie du monde aux contours flous.

L’aire distinguée se singularise en effet par des dénominations variées. « Appellation forgée par la diplomatie française (p. 10) », le Proche-Orient désigne les territoires riverains de la Méditerranée. « Moyen-Orient » est une « appellation forgée par la géopolitique anglo-saxonne […] popularisée par le stratège Alfred T. Mahan dans un célèbre article de 1902 (p. 10) » qui correspond à la Péninsule arabique et au Golfe arabo-persique. Quant à l’expression « Extrême-Orient » qui tend à être remplacée par « Asie orientale », elle « regroupe les pays situés à l’extrémité orientale du continent eurasiatique (p. 10) ». Ce dernier cadre sort au champ d’analyse des auteurs.

À cette complexité sémantique interviennent des distinctions internes durables entre le Maghreb et le Machrek, l’Afrique du Nord et l’Asie occidentale. Les géostratèges étatsuniens préfèrent maintenant parler de M.E.N.A. « pour Middle East and North Africa (Moyen-Orient et Afrique du Nord) [… ce qui serait la signification] la plus pertinente pour aborder les problématiques actuelles d’une région en pleine reconfiguration (p. 10) ». Pour les auteurs, cette absence de définition claire prouve que « toute la singularité de l’Orient tient au fait qu’on l’associe instinctivement à la complexité. […] Ce qui rend l’Orient compliqué, c’est d’abord bien souvent le regard que nous posons sur lui (p. 3) ».

Il est indéniable que l’espace étudié dans cet ouvrage ainsi délimité se caractérise par un pluralisme ethno-linguistico-religieux foisonnant, une instabilité politique fréquente, un désir ambigu d’unité. Il suscite maintes convoitises de la part de l’extérieur et connaîtrait un début timide de normalisation. Par ailleurs, à part le Maroc, l’Iran et le Sud-Est de l’Arabie, son point commun principal est une longue histoire commune sous le férule de l’Empire ottoman et, auparavant, des tribus turques. Il en ressort que la domination des « peuples de la steppe » sur les « peuples du désert » a agi « comme un conservatoire de la diversité culturelle et cultuelle (p. 12) ».

La région détient dans son sous-sol de vastes gisements d’hydrocarbures qui font à la fois sa richesse et son malheur. Les auteurs n’hésitent pas à parler de « la malédiction de la rente (p. 77) ». Dans le même temps, le tourisme stagne, l’agriculture demeure guère performante et les politiques publiques montrent leur défaillance. Elle pâtit par conséquent des déficiences économiques majeures. Convoité en raison de sa manne pétrolière et gazière, cet ensemble de 12 M. de km2 et de 450 M. d’habitants est aussi une « région carrefour par excellence, située à la jonction entre Asie, Europe et Afrique (p. 28) » avec, en plus, des contraintes naturelles spécifiques : elle doit composer avec la montagne, le désert, les mers et les océans. Il en résulte une densité humaine élevée dans les vallées et sur les littoraux, et un risque accru de surpopulation.

L’espace mentionné se situe en outre au cœur d’un arc de crises afro-asiatiques qui s’étend du Cachemire au Sahel en passant par le Yémen et le conflit israélo-arabe. Les auteurs insistent sur le fait que « le Moyen-Orient est organisé autour d’un centre de gravité formé par l’Irak, la Syrie, la Jordanie, le Liban, Israël et la Palestine (p. 28) ». De ce fait, il est devenu le terrain de manœuvres des grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, Union européenne, Amérique latine même !) et, aussi, des acteurs régionaux (l’Iran, la Turquie, Israël, l’Égypte, l’Arabie Saoudite, le Maroc, l’Algérie…). De vieilles logiques géopolitiques replacent ces territoires « sous le signe de Mars (p. 125) » avec une multiplication des contentieux (Chypre, Palestine, Irak, Kurdistan, Sahara occidentale…) qui en font un vrai « épicentre de la géopolitique mondiale (p. 149) ». Le basculement de l’axe régional s’est opéré en 1920 avec le calamiteux traité de Sèvres. Le télescopage des rivalités franco-britanniques et le réveil nationalitaire arabe, kurde, juif et turc bouleversèrent durablement la zone. Les auteurs exposent les idéologies en vogue (le sionisme, l’islamisme et les panarabismes baasiste et nassérien) qui l’affectèrent. Ils ignorent en revanche le nationalisme pan-syrien d’Antoun Saadé, bien trop méconnu en France. Cette absence est l’une des quelques – rares – erreurs factuelles relevées comme, en page 23, citer Olivier Todd au lieu de son fils Emmanuel, le célèbre démographe. À ce contexte explosif s’ajoutent des tensions sociales intérieures, car l’opulence tirée des hydrocarbures côtoie la pauvreté la plus criante.

Il importe cependant de prendre en considération cette aire qui constitue une puissance financière, foncière et médiatique non négligeable. L’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar achètent des pans entiers de l’économie et de l’immobilier en Occident. La colonisation financière de l’Europe suit l’invasion migratoire du continent et sa déseuropéanisation. Mais cette puissance n’est-elle pas viciée par une trop grande hétérogénéité du fait de la coexistence ambivalente et chaotique des nombreuses tendances chrétiennes et musulmanes ? Rappelons aussi que les émirats pétroliers de la Péninsule arabique abritent une population immigrée, souvent de confession chrétienne, qui, quoique majoritaire en nombre, est opprimée et sans aucun droit. On attend toujours que les « Grandes Consciences » médiagogiques et les ligues de petite vertu subventionnées s’élèvent contre les discriminations et le racisme pratiqués dans la région…

Les auteurs remarquent que les États regroupent des « mosaïques linguistico-religieux (p. 49) », d’où une plus grande fragilité depuis les révolutions du « Printemps arabe » parce que « faute d’une réelle tradition étatique dont l’autorité serait légitimée par une profondeur historique, l’État n’est pas tant ici un instrument de gouvernement dont on chercherait à s’emparer pour réformer le pays, que l’enjeu d’une lutte d’influence entre factions rivales (p. 74) ». La faiblesse des structures étatiques s’explique largement par la prégnance de l’islam. « Dans la civilisation islamique les structures de base sont la famille, le clan et la tribu, d’une part, la religion, de l’autre. L’islam permet en effet de souder des groupes aux intérêts souvent antagonistes […]. Dans l’islam, la tribu et la communauté confessionnelle sont les principaux catalyseurs du sentiment de loyauté. L’État-nation arrive très loin derrière. Dans le monde musulman, les constructions étatiques font face à un déficit de légitimité parce qu’elles sont souvent le fruit arbitraire des ingérences européennes et parce que leurs frontières ne recoupent pas celles des groupes humains qu’elles abritent. d’autre part, le concept d’État-nation unitaire et souverain entre en collision avec le dogme de la souveraineté exclusive d’Allah et de la supériorité de l’Umma sur toute autre instance humaine (p. 32). »

On aura compris que cet ouvrage accorde une belle place à la géographie physique et à la géopolitique. Avec de nombreuses citations puisées un très large éventail décrits, de Fernand Braudel à Oswald Spengler, de Lamartine au talentueux géopoliticien non-conformiste Robert Steuckers, du géographe – historien Xavier de Planhol à T.E. Lawrence, cette Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord comporte des cartes en couleur, un glossaire des termes arabes, hébreux et turcs et des annexes qui, intégrées au corps de l’ouvrage, étayent, illustrent et expliquent les démonstrations. Bref, c’est un excellent manuel plaisant à lire. À savourer sans modération !

Tancrède Josserand, Florian Louis, Frédéric Pichon, Géopolitique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Du Maroc à l’Iran, P.U.F., coll. « Major », Paris, 2012, 192 p., 25 €.

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