Tag Archives: Moyen Âge

1214, la naissance de l'unité nationale

1214, la naissance de l’unité nationale, par Philippe Conrad

Éditorial de la Nouvelle Revue d’Histoire n°73 (juillet-août 2014) – Il y a huit siècles, l’année 2014 voit la naissance, le 25 avril, du futur Saint Louis, puis la victoire, remportée le 27 juillet à Bouvines, par son grand-père Philippe Auguste, à l’aube d’un siècle qui verra l’apogée de note « Moyen Âge ». Engagée un dimanche – malgré les interdits de l’époque – la bataille livrée à Otton IV de Brunswick Ferrand de Flandre et Renaud de Dammartin se conclut sur une victoire sans appel du souverain capétien, un succès qui fait écho à celui remporté contre Jean sans Terre à La Roche aux Moines par le prince Louis.

L’empereur germanique en déroute, les comtes félons faits prisonniers, le retour triomphal à Paris font de cette journée l’un des épisodes fondateurs de la puissance française, perçu ultérieurement comme la manifestation d’une élection propre au royaume des lys. Les chroniqueurs exaltent les prouesses du roi, qui fut un moment sur le point de succomber sous les coups de l’ennemi. Une épopée, La Philippide, inspirée du modèle virgilien, raconte ses exploits.

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Pierrefonds, une leçon d’architecture médiévale

14/07/2014 – VIDÉO CNRS – Lorsque l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, entreprend la rénovation du château de Pierrefonds en 1857, sur la demande de Napoléon III, celui-ci est à l’état de ruine. Cette forteresse remarquable fut pourtant un des plus grands châteaux du XVe siècle. L’historien Jean-Paul Midant nous fait découvrir les différentes parties restaurées de la place-forte et nous révèle la conception singulière de la restauration envisagée par Viollet-le-Duc, entre restitution et innovation.
En effet, pour l’architecte, restaurer un monument, c’est aller plus loin que la simple reconstitution. Ainsi, guidé à la fois par son imagination et ses savoirs en matière d’architecture militaire, il tente de reconstruire un château idéalisé, vibrant témoignage du meilleur de l’histoire de l’architecture française à cette époque.

Ce film a été réalisé à l’occasion du bicentenaire de la naissance d’Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) et dans le cadre de l’exposition « Viollet-le-Duc [Trait pour trait] » présentée par le Centre des monuments nationaux (CMN) à la Cité de Carcassonne (13 juin – 21 septembre 2014). Un film réalisé par Hervé Colombani et produit par CNRS Images et CMN (9 min, 2014)

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Le Moyen Âge comme vous ne l’avez jamais vu

14/07/2014 – VIDÉO CNRS – Depuis quelques années, dans le Languedoc-Roussillon, on redécouvre régulièrement dans de vieilles demeures médiévales, des plafonds peints. Ces peintures, datant de la fin du Moyen Âge, se trouvent principalement dans des bâtiments ayants appartenu à l’élite ecclésiastique, aristocratique ou encore à de riches marchands. Les historiens Monique Bourin (Université Paris 1) et Pierre-Olivier Dittmar (EHESS), nous font découvrir le sens et la fonction sociale de ces images dans l’univers domestique médiéval. Un film de Paul Rambaud, produit par CNRS Images (2014, 6 min).

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Hôtellerie et restauration jadis : de l’auberge du Moyen-Âge au grand restaurant du XIXe siècle

Hôtellerie et restauration jadis : de l’auberge du Moyen-Âge au grand restaurant du XIXe siècle

Fluctuant de façon arbitraire et excessive en dépit des ordonnances royales qui tentaient de le fixer, le prix des gîtes et des repas s’entendait de surcroît pour jouir d’une cuisine d’aubergistes peu élaborée, et il faut attendre les années 1770 pour voir apparaître les premiers restaurants : bientôt des enseignes célèbres offrent à leurs clients un choix des plus conséquents de mets et vins fins, pour une somme avec laquelle, deux siècles plus tard, on devra se contenter d’un modeste repas dans une banale taverne.


Un proverbe du Moyen-Âge disait que, lorsqu’on se mettait en voyage, il fallait se défier des brigands et des « hosteliers ». Il est vrai qu’en ce temps-là maintes auberges des grandes routes avaient le plus terrible renom. On contait d’effrayantes histoires sur les « hostelleries sanglantes » ; mais c’étaient le plus souvent de pures légendes. Les hôteliers se contentaient généralement d’écorcher les voyageurs au figuré.

Le prix des gîtes et des repas augmentait parfois de façon si arbitraire et si excessive que plus d’un monarque d’autrefois décida d’en fixer le tarif. Au temps de saint Louis, on était nourri pour deux liards dans les auberges de Paris. Au siècle suivant, les prix avaient renchéri ; si bien que le roi Jean, estimant que les hôteliers abusaient, rendit, le 30 janvier 1351, une ordonnance suivant laquelle une journée et une nuit, repas compris, ne pourraient être payées plus de trois sols. Il s’agissait là du sol parisis, du sou d’argent.

Lire la suite : france-pittoresque.com

Crédit photo : Spiterman via Flickr (cc)

Photo du jour : le château fort de Murol

Photo du jour : le château fort de Murol

28/12/2013 – 19h00
CLERMONT-FERRAND (NOVOpress) –
Tout près du Lac Chambon, dans le Puy-de-Dôme, se dresse le château fort de Murol, au milieu d’un paysage de collines et de vallons boisés. Les buttes qui l’entourent portent souvent un reste de tour, une chapelle… restes de notre passé médiéval. Les ruines du château sont évoquées par Guy de Maupassant dans son conte Humble drame (1883) : « Elle surprend plus qu’aucune autre ruine par son énormité simple, sa majesté, son air antique puissant et grave. Elle est là, seule, haute comme une montagne, reine morte, mais toujours la reine des vallées couchées sous elle. On y monte par une pente plantée de sapins, on y pénètre par une porte étroite, on s’arrête au pied des murs, dans la première enceinte au-dessus du pays entier. Là-dedans, des salles tombées, des escaliers égrenés, des trous inconnus, des souterrains, des oubliettes, des murs coupés au milieu, des voûtes tenant on ne sait comment, un dédale de pierres, de crevasses où pousse l’herbe, où glissent des bêtes. J’étais seul, rôdant par cette ruine. » (Wikipédia)

Crédit photo : lesmontsdore via Flickr (cc)

La Dame à la Licorne rentre au bercail

Culture : « La Dame à la Licorne » rentre au bercail

17/12/2013 – 15h30
PARIS (NOVOpress) – Il aura fallu des mois de patience et de savoir-faire aux cinq restauratrices qui ont remis à neuf La Dame à la Licorne, chef-d’œuvre médiéval constitué de six tapisseries. Les premières représentent les cinq sens, la dernière, ornée de l’inscription énigmatique « Mon seul désir », n’a pas encore livré tous ses secrets…

Découverte en 1841 par Prosper Mérimée au château de Boussac (Limousin), la tenture a rejoint dès 1882 le musée de Cluny. Les couleurs chatoyantes, la beauté éthérée et hiératique du personnage-éponyme, mis en scène dans un monde onirique de fleurs, d’animaux et de créatures mythologiques, inspirèrent George Sand et Rainer Maria Rilke. Dépoussiérée, consolidée, sublimée dans le respect des techniques de l’époque, la gente Dame a regagné ses pénates dans une salle spécialement réaménagée, en attendant un prochain agrandissement du musée.

« La Dame à la Licorne », à partir du 18 décembre au musée de Cluny, 6 place Paul Painlevé 75005 Paris – www.musee-moyenage.fr

Photo du jour : la fontaine des Nibelungen

Photo du jour : la fontaine des Nibelungen à Tulln (Autriche)

26/11/2013 – 19h00
VIENNE (NOVOpress) – Culture – Les Nibelungen sont, au même titre que la Chanson de Roland ou Perceval ou le Conte du Graal, l’une des plus importantes chansons de geste médiévales. Ce texte fondateur de la mythologie germanique met en scène différents personnages issus des vieilles tribus européennes aux alentours du Vème siècle : Francs, Burgondes, Germains, et même les Huns, présents sur les rives du Danube… Le plus connu d’entre eux est Siegfried, roi des Nibelungen, valeureux héros tué traitreusement au cours d’une partie de chasse par Hagen.

S’en suit un bain de sang à l’issue duquel tous les personnages, pris dans un engrenage fatal, meurent tragiquement à l’exception d’un vieux chevalier, Hildebrand. Tombé dans l’oubli à la Renaissance, redécouvert et popularisé à l’époque romantique en Allemagne, les Nibelungen donnèrent à Wagner le sujet d’un de ses opéras les plus connus.

Plusieurs monuments ont été érigés à la mémoire des Nibelungen au cours du XIXème siècle en Allemagne et en Autriche. Notre photo, la « fontaine des Nibelungen » (il en existe plusieurs à travers l’Europe) a ainsi été prise à Tulln, sur les bords du Danube, et représente la reine Kriemhild, veuve de Siegfried, rencontrant le roi des Huns, Attila, qu’elle prend pour second époux. Cette rencontre se serait en effet située, selon la légende, aux environs de Tulln.

Crédit photo : dugspr via Flickr (cc)

Photo du jour : Galerie des armes et armures au Musée de l'armée

Photo du jour : Galerie des armes et armures au Musée de l’armée

Dans la riche collection des armures de guerre et de parade, on est accueilli par quatre chevaliers fièrement carapaçonnés, décorés de scènes légendaires comme David et Goliath. L’armure d’Henri VIII, roi d’Angleterre, révèle bien combien il était corpulent. On trouve aussi, dans les petites salles adjacentes, l’armure du roi de France Henri II, véritable œuvre d’art décorée de la tête aux pieds. Source : Projet 1080 via Flickr (cc)

Cet été : retour vers le passé !

Cet été : retour vers le passé !

06/07/2013 – 08h00
PARIS (NOVOpress) –
Chaque année, lors de la période estivale, de nombreux spectacles médiévaux sont mis en scène à travers toute la France. Comme ceux du Puy du Fou, de Castillon-la-Bataille, ou encore Josselin et La Couvertoirade, allant de la bataille épique réunissant des centaines de figurants ou plus sobre jusqu’à la simple animation dans des petits villages de campagne. Nous avons rencontré Richard, médiéviste, forgeron et pratiquant des AMHE (Arts martiaux historiques européens).

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Tournoi médiéval les 27 & 28 octobre 2012 à la Forteresse de Montbazon

21/10/2012 – 14h30
TOURS (NOVOpress) —
La Forteresse de Montbazon, dite « du Faucon Noir », située à seulement quelques minutes au sud de Tours, célèbre pour sa vierge Marie de cuivre de 9 mètres surplombant le donjon, verra débarquer le weekend du 27 et 28 octobre des hordes de chevaliers et autres gens d’armes en quête de gloire.

Tournoi médiéval les 27 & 28 octobre 2012 à la Forteresse de Montbazon

Tournoi médiéval les 27 & 28 octobre 2012 à la Forteresse de Montbazon

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Découvrez la construction d’un château fort du Moyen-Âge au cœur de la Bourgogne

Découvrez la construction d’un château fort du Moyen-Âge au cœur de la Bourgogne

28/08/2012 – 08h00
DIJON (NOVOpress) –  Vous avez adoré le livre de Ken Follett, Les piliers de la terre ? Alors, vous allez aimer Guédelon ! Dans le département de l’Yonne, entre les villages de Saint-Sauveur-en-Puisaye et Saint-Amand-en-Puisaye, l’aventure a commencé le 20 juin 1997. Cette fois, il ne s’agit pas de construire une cathédrale du XIIème siècle comme dans le roman de l’écrivain gallois, mais d’élever un château fort médiéval, au XXIème siècle, au cœur de la Bourgogne !

Quarante-cinq passionnés (carriers, tailleurs de pierre, maçons, bûcherons, charpentiers, forgeron, charretiers, tuiliers, cordier, vannier,etc.) bâtissent l’édifice selon les techniques du XIIIème siècle. Un chantier vivant puisque les visiteurs sont les bienvenus. L’année dernière, Guédelon a reçu près de 310.000 visiteurs. Les visites sont possibles jusqu’au 4 novembre prochain (fermeture les mercredis, sauf en août). Plus de renseignements en cliquant ici.
Crédit photo : Duul58/Flickr (cc)

[Culture d'Europe] Légendes du Moyen-Âge : Roncevaux (1/4)

[Culture d’Europe] Légendes du Moyen-Âge : Roncevaux (1/4)

D’après les Légendes du Moyen-Âge, de Gaston Paris. Hachette, 1903. Texte sous licence Creative Commons

Le 15 août 778, l’arrière-garde de l’armée que le roi des Francs, Charles, ramenait d’Espagne après une expédition à moitié heureuse fut surprise, dans les Pyrénées, par les Basques navarrais, — avec lesquels les Francs n’étaient pas en guerre ouverte, — et entièrement détruite. Le roi, qui avait déjà franchi les ports [on entend par « ports » les passages qui existent dans la chaîne pyrénéenne], retourna en toute hâte sur ses pas ; mais la nuit tombait quand il parvint au lieu du désastre : les montagnards s’étaient dispersés, et on ne pouvait même savoir où les poursuivre. Charles — que rappelait un soulèvement des Saxons — dut reprendre le chemin de France sans avoir vengé son arrière-garde ni reconquis le bagage qu’elle escortait et qui avait été complètement pillé.
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Les chevaliers teutoniques, sur Arte [vidéo]

Les chevaliers teutoniques, sur Arte [vidéo]

Voyage à la découverte de l’ordre Teutonique, qui construisit ses bastions depuis le Liban jusqu’à la mer Baltique.

C’est en 1190, en Terre sainte, que fut créé l’ordre Teutonique, confrérie hospitalière de marchands et d’artisans allemands destinée à soutenir les chrétiens au cours de la troisième croisade, partie reconquérir Jérusalem à la demande du pape Innocent III. C’est la première fois qu’une frange de la société autre que la noblesse accède à la chevalerie. Très vite, cependant, l’ordre quitte la Terre sainte et se consacre à la christianisation de l’Europe balte, plus précisément de la Prusse. Il deviendra bientôt une puissance respectée de ses voisins. Filmé avec des moyens dignes d’un film de fiction, ce docudrame historique allie reconstitutions et évocation documentaire pour retracer les grands moments de l’histoire des chevaliers Teutoniques au cours du Moyen-âge. Au centre du récit, la bataille de Tannenberg, en 1410, qui marque l’apogée de l’ordre et le début de son déclin.

(France, Pologne, 2011, 53mn) ARTE / TVP

Archéologie : des sépultures médiévales visitées pour de surprenantes raisons

Archéologie : des sépultures médiévales visitées pour de surprenantes raisons

04/11/2011 – 08h45
VIENNE (NOVOpress) — De récentes fouilles archéologiques ont démontré que de nombreuses sépultures de l’Europe médiévale, principalement datées d’entre le milieu du 5ème et le milieu du 8ème siècle, ont été systématiquement visitées, à de rares exceptions près. Jusqu’à présent, les archéologues s’accordaient pour accuser les pilleurs de tombes à la recherche des richesses enterrées avec leurs occupants. Pour Edeltraud Aspöck, chercheuse post-doctorante à l’académie autrichienne des sciences, il se pourrait qu’une toute autre raison, plus complexe, ait poussé des individus à « fouiller les tombes ». Explications.

Objets disparus, corps déplacés, crânes manquant… Des similarités existent d’un bout à l’autre de l’Europe dans les cimetières étudiés par Edeltraud Aspöck. Le premier d’entre eux est un cimetière autrichien du 6ème siècle, où il apparaît que seuls certains types d’objets ont été récupérés. Le second, un cimetière anglais un peu plus récent, où quelques corps furent découverts dans des postures étranges. La similarité qui existe dans la façon dont les corps ont été manipulés indiquerait qu’il s’agit plus qu’un simple pillage.

Comment reconnaître une tombe visitée après plus de 1000 ans ?

Les archéologues fouillant les sites savent reconnaître une tombe rouverte lorsqu’ils la comparent avec les contours d’un autre trou, dont la terre est souvent plus foncée, aux alentours de la tombe originale. Ils trouvent parfois d’autres indices dans les couches supérieures de la terre, comme des bouts d’os, de la céramique ou des coquilles d’escargots. Les sédiments fins accumulés au fond de la tombe indiquent que celle-ci est restée ouverte, permettant aux éléments de remplir le trou au fur-et-à-mesure.

Les corps peuvent aussi fournir des indices, mais ceux-ci ne sont pas évidents à interpréter. La position des os, par exemple, peut indiquer la progression de la décomposition lorsque la tombe fut rouverte. Peu de temps après l’enterrement, alors que les os sont encore reliés entre eux par les tendons, les tissus et les vêtements, le corps peut être changé de place sans tomber en morceaux. Mais à mesure que la décomposition avance et que ces connexions se désintègrent, les différentes parties du corps se désolidarisent si le corps est manipulé et certains os s’éparpillent, explique Edeltraud Aspöck dans un article du Oxford Journal of Archaeology.

C’est la raison pour laquelle il est si important d’être précautionneux lorsque l’on recherche des signes d’intervention humaine car, selon notre archéologue, les processus naturels (tels que la libération de gaz, la pression de la terre, l’effondrement du corps et l’action de petits animaux) peuvent aussi déplacer les os.

Le cimetière du haut moyen-âge, théâtre des luttes de pouvoir ?

Brunn-am-Gebirge est un cimetière situé en Autriche datant du 6ème siècle, qui a été laissé par une tribu germanique, les Langobards (ou Lombards). Il contient 42 tombes dont toutes, sauf une, ont été visitées. Selon les relevés et constatations réalisés sur place, la plupart des tombes auraient été retournées avec un outil, remuant les os dans les cercueils. Plutôt que des pilleurs, Edeltraud Aspöck soupçonne les Langobards eux mêmes. “Certains chercheurs pensent qu’au haut Moyen-Âge, les cimetières étaient les théâtres de jeux de pouvoir, servant à faire apparaître les morts avec de riches objets. Ce pouvait être un facteur important entre familles ou clans rivaux” explique-t-elle.

À Brunn-am-Gebirge, les archéologues ont trouvé des grenats, éléments faisant partie des broches laissées dans les tombes, des anneaux de bronze et d’argent, et divers éléments de pendentifs et de ceintures. En se basant sur les restes découverts, il fut rapidement possible d’identifier les tombes féminines (broches, pendentifs et colliers) des tombes masculines (armes et ceintures). Dans les deux cas, de la vaisselle ainsi que des peignes ont aussi été retrouvés. “Je pense que les objets dans les tombes n’avaient pas seulement une valeur matérielle mais aussi une valeur symbolique élevée et qu’ils faisaient partie de l’identité de ce peuple”, explique notre chercheuse, avançant même que les Langobards auraient pu emporter ces objets avec eux comme souvenirs des individus décédés, lorsqu’ils ont quitté la région au milieu du 6ème siècle.

La façon dont les corps ont été manipulés est aussi révélateur. Le cas des crânes est particulièrement notable puisque c’est la partie du corps qui manque le plus souvent dans les tombes. Dans plus d’un tiers des tombes rouvertes après la décomposition du corps, il manque le crâne. De plus, deux tombes dans lesquelles les corps n’étaient certainement pas entièrement décomposés lors de leur réouverture, contiennent deux crânes chacune. Ces crânes supplémentaires semblent avoir été déposés là après la réouverture de la tombe.

« Les fouilleurs de tombe ont peut-être séparé les crânes des corps décomposés afin d’empêcher les morts de revenir ou de se mettre en colère. Il est probable que les crânes aient été conservés en tant que reliques par les Longobards lors de leur départ de la région », écrit Edeltraud Aspöck. La raison pour laquelle une seconde tête a été placée dans deux des tombes reste toutefois un mystère.

Des postures étranges

Un second cimetière, Winnall II, dans le sud de l’Angleterre, daté du milieu du 7ème siècle, contient 45 tombes. Aucun indice ne laissait penser aux chercheurs que les tombes avaient été visitées d’autant plus que les squelettes (à part 2) avaient été retrouvés avec leurs os « en place ».

Mais en analysant les résultats des fouilles, Edeltraud Aspöck a repéré des similarités avec les tombes de Brunn-am-Gebirge, notamment la présence de coquilles d’escargots ou d’os étrangers aux corps enterrés.

Certains corps du cimetière de Winnall II furent découverts dans des positions étranges : leurs jambes pliées ou tordues, leurs pieds liés, les têtes décapitées ou leurs bras placés sur leur tête. Au départ, les archéologues pensèrent qu’ils avaient été enterrés de cette façon. Cependant, Edeltraud Aspöck a trouvé de nombreux indices laissant à penser que les tombes furent rouvertes afin de manipuler les corps.
Étant donné qu’à cette époque ces peuples n’enterraient pas de biens matériels avec leurs morts, il est peu probable que les fouilleurs de tombes cherchaient des richesses à voler. D’après elle, certains évènements ont pu poussé les vivants à croire que les morts les hantaient (en provoquant de la malchance). En bougeant les corps, ils espéraient probablement confiner les morts dans leur tombe.

Le travail d’Edeltraud Aspöck éclaire d’un nouveau jour l’étude des tombes médiévales et donne quelques éléments clés quant aux traditions funéraires méconnues des vieux peuples européens.

Photo en Une : Desiderius, dernier roi des Lombards (8ème siècle). Crédit : historyfiles.co.uk

L’Épée : usages, mythes et symboles - Exposition au Musée de Cluny, Paris

L’Épée : usages, mythes et symboles – Exposition au Musée de Cluny, Paris

L’épée est sans doute l’objet le plus emblématique du Moyen Âge, d’une singularité sans pareille. L’extrême simplicité de sa forme en fait un véritable concentré de technique et de technologie, poussées à un rare degré d’excellence. Ses usages et ses fonctions relèvent en revanche d’une infinie complexité. Arme bien connue de l’affrontement et de la chasse, elle peut également être un objet d’apparat ou un signe de pouvoir.

La charge symbolique très forte dont elle est investie dès ses origines, a nourri l’imaginaire collectif et a fait accéder l’épée à la dimension de la légende et du mythe, dont notre époque connaît encore les échos.

De Durandal à Excalibur en passant par Joyeuse, le nom des épées mythiques résonne encore et toujours dans notre imaginaire. L’exposition, à travers une centaine d’objets parmi lesquels de très prestigieux, met en lumière les usages et les sens de l’épée mais aussi sa place dans l’imaginaire médiéval.

Musée de Cluny jusqu’au 26/09/2011

En lien avec l’exposition « L’épée », le musée de Cluny organise des démonstrations d’escrime médiévale dans sa cour d’honneur le samedi et le dimanche après-midi. Elles sont ouvertes à tous gratuitement.
Renseignements au 01 53 73 78 00 (standard et serveur vocal) et au 01 53 73 78 16 (accueil)

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