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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (11 et fin)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (11 et fin)

24/10/2014- LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La dixième partie des lettres de Paul Vaseux

A la fin de l’année 1914, le 131ème régiment d’infanterie se bat autour de deux villages dont les noms, désormais historiques, rappellent des combats sanglants : Vauquois, observatoire d’où l’on domine 30 kilomètres de terrain, et Boureilles, clef de la route qui contourne l’Argonne.


Le 27 février 1915, le sous-lieutenant Paul Vaseux écrit une courte lettre à sa famille. Le régiment vient d’être relevé des tranchées de première ligne par le 82ème RI et cantonne autour de la Maison-Forestière.

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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (10)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (10)

20/11/2014 – LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La neuvième partie des lettres de Paul Vaseux


A la fin de l’année 1914, le 131ème régiment d’infanterie se bat autour de deux villages dont les noms, désormais historiques, rappellent des combats sanglants : Vauquois, observatoire d’où l’on domine 30 kilomètres de terrain, et Boureilles, clef de la route qui contourne l’Argonne.

31 janvier 1915

« Que de choses à vous dire depuis mon dernier mot. Que d’émotions et que de tristesses ! Que de deuils la mort a encore semés autour de moi sans m’atteindre !
Commençons par le commencement et suivons la marche des événements qui se sont succédés pendant cette huitaine de tranchées que nous venons de passer.

Si je me souviens, j’avais écrit le 21 ou 22 courant un lettre assez longue. C’était la veille de notre départ. Quelques heures après, à minuit exactement nous partions pour la tranchée. Six heures de marche sous la neige d’abord. Sous nos toiles de tentes, nos sacs de couchage et tout ce que nous avions pu nous mettre sur le dos pour nous protéger contre ce mauvais temps, nous aurions été traversés. Ces petits abris de fortune nous ont protégé au moins les épaules ; le reste du corps et principalement les jambes et les pieds étaient trempés. Mauvaise arrivée dans la tranchée. Enfin dès que le jour apparut, nous échangeâmes notre linge de corps contre celui contenu dans notre sac et que ce fameux « As de carreaux » quoi qu’on dise, avait conservé bien sec. Quelques jours de dégel, nuits très froides, surtout les premières, et voilà la moitié de notre séjour passé.

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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (9)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (9)

11/11/2014- LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La huitième partie des lettres de Paul Vaseux


A la fin de l’année 1914, le 131ème régiment d’infanterie se bat autour de deux villages dont les noms, désormais historiques, rappellent des combats sanglants : Vauquois, observatoire d’où l’on domine 30 kilomètres de terrain, et Boureilles, clef de la route qui contourne l’Argonne.

Neuvilly, 27 décembre

« Je suis parti précipitamment lors de notre dernier repos et je n’ai pu vous écrire comme je vous l’avais annoncé. Il s’agissait de faire une nouvelle attaque sur Vauquois et Boureuilles.

Nous avons d’abord reçu une pluie torrentielle pendant une journée et une nuit complètes. Nos toiles de tente qui nous tiennent lieu de capuchon pendant la marche ou à proximité des lignes ennemies étaient traversées.

Le lendemain attaque violente sur tout le front. Violente réplique de l’ennemi qui nous a envoyé une mitraille infernale, tant balles, que schrapnels. Devant, derrière, tout autour de nous, les balles sifflaient et les obus éclataient. Dès que les balles nous tombaient trop près ou qu’une marmite se faisait entendre, plat ventre par terre et sac sur la tête. Puis, reprise du mouvement en avant et de nouveau, par terre, derrière le moindre abri que nous avions pu repérer pendant notre petit bond en avant. Nous arrivons enfin à la première ligne de feu occupée déjà par des marsouins enfouis dans leurs tranchées. Fusillade plus vive. Nous n’hésitons pas. A quelques mètres de nous des tranchées inoccupées avec 80 centimètres d’eau. Nouveau bond dans ces trous. Nous sommes enfin un peu à l’abri ; de l’eau jusqu’à la ceinture c’est vrai, mais les balles ne nous atteignent plus. Il faut souffler quelques instants car au signal donné, l’attaque va se déclencher.

C’est fait, il fait partir plus loin encore. Nous sommes trempés mais qu’importe, peut être allons-nous enlever ces fameuses positions. A 200 mètres des tranchées ennemies impossible d’avancer davantage. Les mitrailleuses installées sur les crêtes crachent tout ce qu’elles peuvent, les canons de Montfaucon nous envoient leurs marmites et les habitants des tranchées d’en face ne nous ménagent pas leurs pruneaux. Il est évident qu’il y a réciprocité de notre côté.
J’ai mis mon sac sur la tête le visage dans une petite cavité et je regarde les insectes qui sortent de terre pendant qu’au dessus de nous c’est un véritable enfer de feu. Un, deux, trois, dix obus nous tombent à quelques mètres à peine des extrémités, les balles ricochent à quelques centimètres de nous.

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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (8)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (8)

29/10/2014 – LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La septième partie des lettres de Paul Vaseux


A la fin de l’année 1914, le 131ème régiment d’infanterie se bat autour de deux villages dont les noms, désormais historiques, rappellent des combats sanglants : Vauquois, observatoire d’où l’on domine 30 kilomètres de terrain, et Boureilles, clef de la route qui contourne l’Argonne. Paul Vaseux et ses camarades vivent sous la pluie et le vent très froid. L’attaque sur Vauquois est fixée pour le 8 décembre. Les Allemands se sont retranchés formidablement sur les hauteurs. Paul Vaseux raconte dans une longue lettre l’attaque du village le 9, sous une pluie battante et par une nuit très noire.

Clermont-en-Argonne, 18 décembre.

« Nous venons encore de tirer douze jours en pleine forêt et en première ligne et je suis bien content de venir prendre de venir prendre un repos de quelques jours bien gagné.

Si je me souviens bien, mon dernier entretien vous avait renseigné sur ma reconnaissance et les félicitations qu’elle m’avait values. Depuis nous avons fait l’attaque de Vauquois, malheureusement sans obtenir le succès complet. C’est un nid d’aigle presque imprenable et il faudra encore y tenir le siège pendant quelque temps avant de l’emporter. La veille au soir j’avais avec mon commandant de compagnie et mes camarades reconnu l’emplacement à occuper et les dispositions à prendre autant qu’il est possible de faire d’après les prévisions et le résultat du premier choc. J’étais décidé, j’envisageais très bien ma petite affaire, lorsque, à 9 heures du soir, je fus appelé au téléphone près du colonel qui me désigna comme chef de liaison entre lui même et le général de brigade, si bien que j’ai passé trois jours au poste de faveur. Après cette fameuse attaque, ma mission étant terminée, je suis resté dans les tranchées jusqu’à mon arrivée ici.

Comme c’est pénible par ces temps-ci ! Il pleut presque tout le temps. On a du mal à vider l’eau des tranchées assez vite pour ne pas être trop mouillé. Malgré tous nos efforts il faut rester constamment dans la boue et l’eau jusqu’à la cheville. On en arrive bientôt à n’y plus faire attention. On installe rondins, faseines, claies, tout ce qui peut nous rendre le séjour plus supportable.

Évidemment, toutes ne sont pas comme celle-là.

Tout dépend de la position du terrain, du temps, de l’importance qu’il y a à occuper plutôt telle tranchée moins bonne que telle autre pour des raisons de manœuvre et de combat. Je me suis trouvé à occuper une mauvaise tranchée qui commandait un point très sérieux et qu’il fallait tenir à tout prix, demain ce sera un autre, à côté de moi des camarades sont plus favorisés. Et puis, j’avais passé trois jours au poste d’honneur, je pouvais à mon tour en passer 4 ou 5 au poste le plus pénible. Malgré tout, ça va, et très bien je ne manque de rien. Je sais qu’il y a plus malheureux que moi autour de moi et cela m’aide à supporter courageusement mes petites misères.

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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (7)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (7)

29/10/2014 – LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La première partie des lettres de Paul Vaseux

La deuxième partie des lettres de Paul Vaseux

La troisième partie des lettres de Paul Vaseux

La quatrième partie des lettres de Paul Vaseux

La cinquième partie des lettres de Paul Vaseux

La sixième partie des lettres de Paul Vaseux

A la fin de l’année 1914, le 131ème régiment d’infanterie se bat autour de deux villages dont les noms, désormais historiques, rappellent des combats sanglants : Vauquois, observatoire d’où l’on domine 30 kilomètres de terrain, et Boureilles, clef de la route qui contourne l’Argonne. Il fait très froid et le sol est blanc de gelée. Paul Vaseux est nommé adjudant à compter du 18 novembre 1914.


Forêt de Hesse, 26 novembre.

« Toutes tes lettres m’ont fait bien plaisir ainsi que ta carte. Elles m’ont trouvé dans les tranchées de la forêt de Hesse comme je te l’avais indiqué sur un de mes derniers mots. Quelle vie ! Quelle vie ! Il y fait un froid de chien d’autant plus qu’il est interdit de faire du feu en première ligne, de peur de faire connaître notre présence aux voisins d’en face. Et pourtant ces premiers froids sont probablement des douceurs encore en comparaison de ceux qui suivront. Depuis deux jours, la neige a fait son apparition. Toutes les collines sont blanches. C’est beau, mais c’est froid. Lorsque le dégel va commencer, nous serons propres dans cette terre argileuse. Déjà dans nos petits sentiers où nous sommes obligés de marcher continuellement pour observer, il y a une boue qui pénètre les chaussures et les effets, au moment de la fusillade ou à un passage plus découvert, faire un plongeon et ramper jusqu’au premier abri. Et pour pénétrer dans nos petites maisons, car nous sommes devenus industrieux comme des castors, il nous faut encore faire des marches d’approches courbés. De l’eau, nous n’en avons pas, et pour aller en chercher à l’arrière, il faut beaucoup de précautions si bien qu’en raison de danger constant, nous nous contentons simplement d’organiser les corvées indispensables pour faire cuire la soupe. Alors chaque matin au réveil qui sonne souvent de bonne heure car le froid se fait sentir dans nos cabanes dès 2 heures du matin, nous sortons de notre niche comme les chiens, nous nous secouons un peu la tête et nous nous mettons au travail pour nous réchauffer, à moins que comme depuis deux jours, nous nous passions un peu de neige sur la figure et les mains.

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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (5)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (5)

14/10/2014 – LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La première partie des lettres de Paul Vaseux

La deuxième partie des lettres de Paul Vaseux

La troisième partie des lettres de Paul Vaseux

La quatrième partie des lettres de Paul Vaseux

Le mercredi 16 septembre 1914, la 18ème brigade reçoit l’ordre d’attaquer le front Epinonville/Ivoiry dans la Meuse. Les bataillons subissent des pertes sérieuses. Le lendemain, les camarades de Paul Vaseux occupent les villages de Cheppy et Véry, non loin de Vauquois.


16 septembre

« Je ne sais si nous en avons encore pour longtemps mais les nouvelles qui se succèdent continuent à être bonnes. Depuis quatre jours nous avons avancé de 60 kilomètres et le mouvement paraît devoir continuer encore pendant quelques temps. La joie que nous procurent nos succès nous fait oublier un moment nos misères et cependant quoique le moral soit devenu meilleur qu’au début, le physique se fatigue. Les pluies ont commencé et nous n’arrivons pas à nous sécher complètement. Les nuits que nous sommes obligés de passer le long des routes ou dans les champs sont bien pénibles. Les petits approvisionnements personnels que nous avons pu trouver à peu près jusqu’à présent chez l’habitant commencent à s’épuiser, et il nous est impossible pour longtemps de les reconstituer, puisque nous ne traversons que pays dévastés, inhabités et brûlés.

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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (4)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (4)

29/09/2014 – LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La première partie des lettres de Paul Vaseux

La deuxième partie des lettres de Paul Vaseux

La troisième partie des lettres de Paul Vaseux

A l’issue du second combat de Cierges du 2 septembre 1914, le 131e régiment d’infanterie va être engagé dans ce que l’on va nommer le « miracle » de la Marne. Depuis fin août les soldats font retraite sous la chaleur et la pagaille. Le 8 septembre, c’est à Louppy que l’unité reçoit l’ordre du jour du général Joffre portant à la connaissance des troupes que l’ennemi a été battu dans les plaines de la Marne et que la marche en avant va commencer. Le sergent Paul Vaseux est enthousiaste devant le sursaut français.


8 septembre

« Je ne peux contenir ma joie et j’éprouve la nécessité de vous en faire part. Vous savez en effet que nos premiers combats furent des plus durs et ne donnèrent pas toujours le résultat souhaité. Malgré nos grands efforts l’ennemi avait commencé à envahir notre belle France. Depuis le premier jour les forces ennemies que nous avions à combattre nous étaient de beaucoup supérieures et pour éviter des luttes trop sanglantes et inutiles, la tactique fut de défendre notre sol sacré pied à pied, en attendant des renforts. Ceux-ci sont arrivés ces jours derniers et depuis hier, nous avons repris l’offensive. L’ennemi s’enfuit à toute vitesse devant nous. Depuis hier matin, nous avons avancé de 25 kilomètres. Aussi, tout le monde est dans la plus grande joie aussi bien le monde civil que le monde militaire. Hier, de nombreux convois d’émigrés sont retournés chez eux.

Dans notre petit camp, bivouac en plein air, c’était une joie délirante qui régnait hier soir à la nouvelle de nos succès. Le moral qui s’affaiblissait un peu à cause de la situation générale qui commençait à nous inquiéter est redevenu comme au départ. Les marches, les privations, les fatigues de toutes sortes ne comptent plus pour rien. Nous voulons continuer à marcher en avant coûte que coûte et à rejeter le plus tôt possible l’Alboche au delà de nos frontières. Après nous réfléchirons et nous nous reposerons. Jusque là point de repos. De l’avant, encore de l’avant, toujours de l’avant. La victoire finale nous aura coûté cher, mais qu’importe si le résultat est atteint.

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La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (4)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (2)

15/09/2014 – LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise…

La première partie des lettres de Paul Vaseux

Alors que la 18e brigade d’infanterie doit garder les débouchés de St-Mihiel, le 131e régiment d’infanterie reçoit le 7 août 1914 la mission de tenir le pont de la ville. L’unité y stationne jusqu’au 9 puis prend la direction d’Haudainville et Troyon. Le 13 août, le régiment de Paul Vaseux continue sa marche en avant. On franchit Etain, Billy-sous-Mangiennes, Romagne-sous-les-Côtes. Voici ce qu’écrit le jeune sergent.


Saint-Mihiel, 8 août 1914 (21h00)

« Aujourd’hui encore nous sommes revenus coucher à Saint-Mihiel et Dieu sait si nous sommes heureux de pouvoir ce soir encore, coucher dans un lit laissé par le 161e d’infanterie.

…J’espère bien moi aussi revenir, mais qu’importe s’il le faut, nous saurons mourir en luttant vaillamment jusqu’à notre dernier souffle pour assurer la victoire et la paix et la liberté à notre cher pays.

Il me semble qu’il serait préférable de mourir sur le champs de bataille que de revenir avec un ou deux membres de moins. Je ne puis me faire à l’idée que je pourrais retourner à Beaumont avec une jambe ou un bras de moins. La mort me paraîtrait désirable et pourtant la vie à tout prix, c’est bien ce que demande chacun de nous.

Enfin pour le moment tout va bien. Jusqu’à aujourd’hui nous avons eu à souffrir en aucune façon, ni des marches trop pénibles, ni de provisions faisant défaut, ni même de coups de fusil emportant quelques-uns d’entre nous. Nous sommes en ballade. Et cette ballade finira quand ? Je l’ignore. »

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A tombeau ouvert...

A tombeau ouvert…

19/10/2012 — 20h45
BERLIN (NOVOpress) —
Que quatre fourgonnettes disparaissent nuitamment d’un parking à l’est de Berlin n’a en soi rien d’exceptionnel. L’absence de contrôles aux frontières facilite largement la tâche de bandes bien organisées qui fournissent les marchés parallèles de l’Est en matières premières, en gros matériel de travaux publics, en tracteurs agricoles et en véhicules en tout genres. Ils se fournissent dans toute l’Europe, mais ont évidemment, par facilité, une certaine prédilection pour le territoire de l’ancienne RDA. Cette activité bien rodée peut toutefois avoir des retombées inattendues, dignes d’un film de série B comme le rapporte le Berliner Zeitung (copie d’écran en Une).

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Une centaine d'enfants français mourraient chaque année à cause de la viande halal

Viande halal : plus d’une centaine d’enfants en meurent chaque année en France

Et souvent les parents de savaient pas que la viande qu’ils donnaient à leurs enfants était halal.

En refusant d’étiqueter la viande halal et en accordant une dérogation aux normes d’hygiène européennes pour l’abattage, le gouvernement français est responsable de morts qui pourraient être facilement évités… s’ il écoutait les scientifiques plutôt que les islamistes.

Documentaire de France 5 ‘La vérité si je mange’ du 11/03/2012 :

 

Extraits de ce documentaire :

« Selon la législation européenne, l’abattage doit se faire après étourdissement de la bête et la tête en bas, l’œsophage est ligaturé justement pour éviter que le contenu de l’intestin ne se répande sur la viande. Mais il y a une dérogation européenne pour l’abattage rituel. Un rapport d’expert avait déjà attiré notre attention et souligne les risques liés à l’abattage rituel. Il est mis en évidence que « l’impossibilité matérielle de ligaturer l’œsophage des animaux est très préjudiciable à la salubrité des produits obtenus, car elle se traduit par une souillure massive du bas des carcasses (dont la tête) occasionné par l’abondant épanchement à travers la section béante de l’œsophage des matières stercoraires en provenance de l’estomac« .

Dans le documentaire, commentaire du toxicologue Jean-Louis Thillier : « Cette augmentation de la contamination des steaks hachés par l’Escherichia coli (NDLR : bactérie pouvant être mortelle) me parait [corrélée] avec l’augmentation de la consommation de la viande halal ou casher (…) avec toutes les bactéries susceptibles d’être pathogènes pour l’homme. »

Il ajoute: « ça atteint les jeunes, soit définitivement, soit ce sont des infections mortelles, soit des transplantation rénales, c’est inadmissible. On a eu 26 décès de la vache folle, ou de la variante Creutzfeldt-Jakob chez nous en France. Et chaque année on a plus d’une centaine d’enfants qui meurent de ces beefsteaks hachés« .

Question du documentaire: « Mais comment à l’heure de la traçabilité ces viandes à risque se retrouvent-elles commercialisées sans aucune mention spéciale et sous la forme de steaks hachés ? » A cause de la soumission de l’UMP aux islamistes, dont la direction demande d’abandonner aux députés qui voudraient l’étiquetage..

Selon la Fédération vétérinaire européenne: « l’abattage des animaux sans étourdissement préalable est inacceptable en toute circonstance ».

[box class= »info »] Source : Observatoire de l’islamisation. [/box]

“Incident mine” en Afghanistan

« Incident mine » en Afghanistan [Exclusivité]

Le texte ci-dessous nous a été envoyé par un lecteur qui a combattu en Afghanistan pendant l’été 2004 dans l’armée française.

Cet extrait de son journal de bord, écrit pendant cette période, relate un « incident » dans lequel un soldat a perdu un pied et un autre a été gravement blessé, nous avons pu vérifier les faits relatés. Les propos sont crus et reflètent la réalité du terrain.

Dans la lettre accompagnant ce texte notre lecteur explique l’envoi de cet extrait par les réflexions que lui inspirent les nouvelles morts de soldats français en Afghanistan en Juillet dernier et par la campagne du Bloc Identitaire pour le retrait des forces françaises de cette guerre américaine.

Cette lettre est sans concessions : « morts pour rien », « il existe un rapport de blessés par rapport aux morts de 3 à 4 », « 70 morts aujourd’hui mais combien de soldats mutilés ? », « 14 juillet, véritable mascarade », « vent de colère dans les régiments », « armée 2000, livre blanc… », « énergie gâchée », « matériel obsolète, manque de moyens » …

Les noms des personnes citées ont été remplacés par Novopress par leur initiale. Les indications en italique et entre [  ] ont été ajoutées par nos soins pour une meilleure compréhension.

[box class= »info »]La photo (pour la voir en entier cliquer dessus) : prise pendant l’action relatée dans le texte ci-dessous. Un groupe de combat monte dans un hélicoptère Black Hawk Turc de l’ISAF (International Security Assistance Force, coalition militaire intervenant en Afghanistan sous l’égide de l’OTAN) au milieu d’un champ miné et pollué [pollué : contenant des munitions non explosées]. On peut observer une roquette non explosée à quelques dizaines de centimètres du deuxième soldat. Les autres soldats que l’on devine en arrière-plan à gauche, sont également dans une zone polluée. Le drapeau turc est-il une protection contre les balles musulmanes afghanes ?[/box]

Extrait du journal :

Mardi 29 juin [2004] : On est montés dans le Black Hawk vers 9h30. Le vol et les capacités opérationnelles de cet engin sont géniaux. Nous avons survolé les vignes où nous avions patrouillé tant bien que mal et là, c’était un plaisir à 40m au dessus du sol, rien ne peut échapper à l’œil. La vitesse de déplacement est assez dingue surtout qu’on coupe au plus court. Au bout d’un quart d’heure, nous sommes arrivés sur la DZ [Drop Zone (zone de largage)] tout émoustillés. J’étais avec 13, parce qu’on m’avait oublié sur la liste la veille avec 2 autres gars. Nous avons débarqués en colonne derrière G. casque sur la tête. Une fois l’hélico parti, nous nous sommes relevés et avons découvert la situation.

La première rotation était là sauf 14 qui était allé remplacer un groupe de la S5 en jalonnement jusqu’aux camions à 45 minutes à pied dans la montagne. Nous nous sommes tous déplacés vers le lieut. [lieutenant] qui nous attendait à 100 mètres sur un chemin. Et là, il y avait du monde partout ! Moi, j’étais sur le chemin, ayant très peu bougé. Tout à coup, hors de mon champ de vision, j’entends une explosion assez proche et me dis : « tiens, un tir contrôlé ou un exercice ». Je tourne la tête vers l’origine et vois à 10 mètres une colonne de fumée noire et de terre. J’entends des débris tomber au sol, je prends de la terre (un peu) sur la tête et j’entends hurler. Des membres de mon stick [groupe de largage] s’étant dirigés à gauche ont voulu couper et N. a sauté sur une mine à action locale type PM2. Son pied, enfin le morceau, est monté à plusieurs mètres et on a retrouvé des petits bouts à 15 mètres. J. qui était à coté a pris des éclats dont un de 5 centimètres dans le bras droit et des petits à la tête. Celui-ci est tombé au milieu du champ de mines soit à 6 mètres du chemin, avec tout son équipement. L. s’est retrouvé sain et sauf debout au milieu, juché sur un caillou.

Tout le monde a bien réagi et nous avons évité le sur accident. Tout le monde a stoppé sur place, puis l’adjudant D. et le caporal-chef M. se sont occupés du blessé qui n’a pas trop hurlé. Il a eu de la chance de retomber sur le talus au bord du chemin car on a pu lui administrer les premiers soins soit 2 piqûres de morphine plus soutien psychologique. Sinon il aurait du se démerder tout seul avec son moignon pourri. Pas d’hémorragie car la plaie est cautérisée instantanément. G. était détruit et racontait des conneries tout fort. Du coup je me suis mis au travail alors que je n’aurais pas du bouger. D’autres n’ont pas bougé le petit doigt, restant avec leur groupe. Je me suis occupé de l’environnement direct du blessé. J’ai fait évacuer les autres gars présents sur le chemin beaucoup plus bas (au moins 100 mètres). Puis j’ai évalué les besoins de L. qui allait très bien et de J. blessé. J’ai récupéré le matos de L. qui ne devait pas bouger jusqu’à l’arrivée des EOD [Elimination d’Objets Détonants], flingue, casque, musette. Je lui ai balancé de l’eau. On a pas arrêté de parler à J. en surveillant son état de santé. Il avait le moral mais avait mal et était gêné par sa musette et sa Minimi [mitrailleuse légère en 5,56 mm]. J’ai récupéré tout le matériel qui traînait (armes, casques, musettes) et l’ai stocké plus bas sur le chemin. J’ai effectué les mesures de sécurité et ai gardé les chargeurs. Je faisais des va et viens sur le chemin qui était censé être clair. J’ai apporté des seringues de morphine et on s’est aperçu qu’elles n’avaient pas d’aiguilles. Bravo ! J’ai passé mon bob à N. qui avait la gueule au soleil. Il faisait chaud là-haut. Il y avait deux bouts de bidoche que j’ai fait recouvrir d’un caillou. L. a joué avec un, d’ailleurs. On a libéré ce dernier car il n’était qu’à 2 mètres du chemin. On a posé une frag. [gilet pare-balle] dépliée au sol, on s’est tous barrés et il a pris un appui sur la frag. et a sauté sur le chemin. Il a d’ailleurs failli sauter trop loin avec l’élan.

Un hélico est arrivé et l’adjudant, M. et D. ont chargé le blessé dedans en urgence. R. qui venait d’apporter ses seringues de morphine les a aidé mais il devait être affolé car il est parti avec en laissant son groupe. C’est le seul qui a couru d’ailleurs. Charité chrétienne… Il ne restait plus que J. au bout de 20 minutes après le flash. N. a été évacué par hasard parce qu’un hélico passait par là. Sinon, on attendait les san. [équipe sanitaire] et les EOD. Ils sont arrivés au bout d’une heure car il y avait des problèmes avec les pilotes d’hélico qui étaient aux fraises. C’était des p… de turcs. Nous soutenions J. avec G. qui était choqué. Moi, c’était RAS [Rien A Signaler], très zen. Il faut dire que je suis un peu blindé à force de me frotter à la vie ! J. s’est fumé deux clopes. Pour la deuxième, il a fait tomber sa boite d’allumettes par terre. Heureusement il en avait une deuxième. Les EOD sont arrivés en hélico avec une équipe san. Ils ont été très efficaces. Avec leur détecteur, ils ont tracé un cheminement jusqu’à J. en délimitant en bleu et en marquant la ferraille en vert. Il y avait du vert partout ! Une à 10 centimètres du cul et à coté de son pied. Ils l’ont évacué avec l’hélico. On a failli avoir deux problèmes avec eux car en manœuvrant, le rotor est passé à trois fois rien de la tête des gars.

Bref, il ne restait plus qu’à évacuer une cinquantaine de personnes de la zone. La moitié s’est fait héliporter et nous, nous sommes descendus par le chemin précédés par un EOD, un russe que j’ai trouvé très sympathique, à moitié loup. Le chemin s’est avéré être miné antichar donc de l’antipersonnel en protection. On a tracé pendant une heure. Les gars n’avaient plus d’eau, certains n’avaient même pas pris de musette. L’adjudant et l’adjudant-chef EOD du 2ème REG [2ème Régiment Etranger de Génie] eux, sont partis chercher le reste du groupe 14 en jalon. Ceux-ci n’avaient compris qu’au bout d’une heure et demie qu’il y avait un problème mine. Eux-mêmes étaient postés isolément en plein champ miné. Ils ont récupéré tout le monde à la vitesse record de 150 mètres en 15 minutes. Ils ont relevé trois mines autour de B., repéré cinq pour D. … Les gars ont eu du mal quand ils ont réalisé la folie de leur situation. Après beaucoup d’attente, nous avons pu embarquer et rentrer par Bottle. Notre VLRA [camion de transport de troupe] est tombé en panne sèche et c’est le camion de 11 dont une batterie venait d’exploser qui nous a tiré jusqu’au camp. La misère ! Voilà pour l’aventure. Maintenant il reste la procédure. Nous aurions tous pu y passer. Moi, j’ai toujours fait confiance en nos dieux, donc ça va. B. la grande gueule, est en réalité une petite merde qui s’est dégonflé, il est très choqué.

La zone choisie était, paraît il, la plus sure. Les EOD [Elimination d’Objets Détonants] ne sont pas de cet avis, surtout que l’organisateur du merdier n’a pas cru bon de les faire venir sur zone avant notre arrivée. J’espère qu’ils pourront faire croquer des mecs. Tout le monde essaye de se couvrir et je pense qu’il n’y aura personne de mis en cause. Le système militaire est ainsi fait que la responsabilité est diluée dans les services. Il existe tout de même des connards qui ont signé la viabilité de la DZ. La responsabilité civile existe et je pense que le capitaine ou l’officier qui lui a refilé le bébé doivent manger. Un GV [Grenadier Voltigeur, soldat] s’est fait virer pour un poing dans la gueule et là, rien. Ça n’est pas normal. Mise en danger de la vie d’autrui, cela existe aussi. Et envoyer une section jalonner un itinéraire dans la verte sans prendre de précaution, c’est criminel. Le capitaine commence à se couvrir en rappelant que c’était une opération et non pas un exercice. Moi je dis que c’était un tour en hélico et que l’exercice a été préparé à la va-vite. Comme d’habitude, on comptait sur la qualité d’adaptation des cadres pour que tout finisse bien. G. a déjà été entendu par un colonel pour savoir si ses mecs avaient leur casque, s’il leur avait donné des ordres… L’arbre G. va cacher la forêt incompétence. Le pit. [capitaine], dans son discours vespéral démagogique a dit qu’il était fier du professionnalisme de la section alors que la veille nous étions des incapables.

Mercredi 30 juin [2004] : Nous avons effectué des patrouilles mais l’affaire a suivi son cours. J. va bien. Je lui ai apporté une boite d’allumettes en souvenir de celle qu’il a fait tomber hier. Ça l’a fait rire. Il a le moral. N. est parti en avion cet après midi. On l’a tous vu rapidement. Il avait l’air bien. Il faisait des blagues et m’a fait coucou de la main. Il y avait là tout un tas de connards qu’on ne voit jamais normalement sauf pour nous casser les couilles. L’ambassadeur était là mais c’était pour la forme. N. part pour Douchanbé et prend l’avion présidentiel jusqu’à Istres où il sera accueilli par sa famille. Comme je l’avais vu hier, il y a deux affaires. La DZ pourrie et le jalonnement à travers la montagne. Les EOD sont sur la deuxième et ils ont l’air à cran. L’enquête démarre demain et je tiens à être entendu. Des têtes vont tomber, tant mieux car le système militaire est vraiment stupide. Le problème du jalonnement c’est que la S5 n’a pas pu joindre la DZ en véhicule pour on ne sait quelle raison (loose topo ?). Du coup, vu qu’ils étaient pressés par le temps, l’adjudant B. chef de section, a décidé de jalonner l’itinéraire en coupant tout droit. Avait-il rendu compte au commandant d’unité ou initiative privée malheureuse ? L’affaire promet d’être intéressante…

À Morieux (Côtes-d'Armor), nouveaux cas de sangliers décédés sur la plage©photos-passion

À Morieux (Côtes-d’Armor), nouveaux cas de sangliers décédés sur la plage

27/07/2011  14h00
MORIEUX (NOVOpress Breizh)
– Près de trente sangliers sont morts depuis le début du mois de juillet sur la plage de Morieux (Côtes-d’Armor) envahie par les algues vertes. L’endroit abonde en cochons, mais il est clair que ces bêtes ne sont pas toutes mortes à cause de la vase, comme l’avait d’abord déclaré la préfecture des Côtes-d’Armor.

Deux cadavres le 7, huit le 24, dix-huit le 26… L’anse de Morieux, à quelques kilomètres de Saint-Brieuc, est devenue le lieu de tous les dangers pour les sangliers des environs. La préfecture des Côtes-d’Armor, on s’en souvient, s’était empressée d’attribuer la mort des deux premiers animaux à un étouffement par la vase.

Mais depuis le temps que les sangliers fouissent pour trouver leur nourriture, on a peine à croire à un hasard aussi massivement fatal. Beaucoup soupçonnent donc que l’hécatombe a d’autres causes : les algues vertes, ou peut-être un empoisonnement de l’eau du Gouessant, le fleuve côtier qui traverse l’anse. Dans un cas comme dans l’autre, une pollution d’origine humaine serait à incriminer.

“Si ça n’est pas bon pour les cochons, ça n’est sûrement pas bon pour l’homme”, note un chasseur de la région. En fait, le sangliers courent plus de risques que les humains car ils fouissent pour trouver leur nourriture. Fourrer sa hure dans des algues en décomposition n’est sans doute pas une bonne idée…

La photo aérienne ci-dessous permet de mieux comprendre pourquoi les sangliers abondent sur la plage de Morieux. L’estuaire du Gouessant, au Sud, est une zone de protection renforcée au sein de la réserve naturelle de la baie de Saint-Brieuc. Dans cette zone boisée, les sangliers prolifèrent depuis quelques années. Il n’est pas rare de voir adultes et marcassins arpenter la plage de Saint-Maurice, à l’Est de l’embouchure.

Des analyses sont en cours. On imagine que la préfecture des Côtes-d’Armor tournera sept fois sa plume dans l’encrier avant de déclarer, comme au début du mois, que les sangliers sont morts de mort naturelle.

Anse de Morieux

Anse de Morieux

70 Français morts en Afghanistan : nos gars doivent rentrer !

70 Français morts en Afghanistan : nos gars doivent rentrer !

[box class= »info »]Le Bloc Identitaire nous communique[/box]

Il y a un an les identitaires lançaient leur campagne pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, notamment à travers l’action spectaculaire des « fontaines sanglantes ». Le nombre de soldats français tués pendant leur service en Afghanistan était alors de cinquante.

Aujourd’hui ce chiffre vient de grimper brutalement à soixante-dix, et de nombreuses autres voix – parmi lesquelles plusieurs dirigeants de partis politiques ou candidats à l’élection présidentielle comme Frédéric Nihous ou Marine Le Pen – se joignent désormais à nous pour réclamer le retour immédiat de nos gars au pays.

Comme un symbole, il y a une semaine, des racailles se permettaient d’attaquer la caserne du 8ème RPIMA, à Castres. Ici, chez nous, nous avons aussi des insurgés à mater !

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70 Français morts en Afghanistan : nos gars doivent rentrer !