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Média Transports: une éthique à géométrie variable ?

Média Transports: une éthique à géométrie variable ?

26/09/11 – 13h00
PARIS (NOVOpress)
– La censure de l’affiche de l’exposition de Jacques Tati et celle des affiches de France Nature Environnement ne sont pas les seules occasions où l’entreprise qui, dans l’affaire du site pro-adultère Gleeden, prétend aujourd’hui cyniquement « ne pas avoir à faire l’arbitre de élégances », a usé de ses prérogatives pour écarter une campagne qui ne lui convenait pas.

En effet, en 2006, la régie publicitaire avait refusé une publicité de Télérama sur laquelle était écrit : « Dimanche 15 janvier. Vivement dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C’est déjà la troisième fois qu’il invite Michel Drucker dans son émission » .

Cette publicité humoristique, sans agressivité et sans vulgarité, avait été écarté, au nom de la « neutralité », sans doute pour ne pas déplaire au futur président de la République, déjà grand favori des sondages.

Qu’attend donc la régie publicitaire pour se montrer aussi scrupuleuse et utiliser à nouveau son « droit de réserve » face à une campagne de promotion de l’adultère, racoleuse et indécente ?

 

Média Transports censure la pipe de Jacques Tati mais promeut l’adultère

Média Transports censure la pipe de Jacques Tati mais promeut l’adultère

24/09/11 – 08h30
PARIS (NOVOpress)
– Souvenons-nous : au début de l’année 2009, les affiches d’une exposition consacrée au grand réalisateur Jacques Tati (Les vacances de Monsieur Hulot, Mon oncle, Trafic, Playtime…) sont censurées et leur visuel modifié pour faire disparaître la pipe arborée par Tati roulant sur son vélo (remplacé par un moulin à vents).

Raison de cette manipulation de l’image ? Selon la régie publicitaire de la RATP, Média Transports, il s’agissait d’être en conformité avec la loi Evin qui interdit toute publicité, directe ou indirecte, pour la cigarette depuis 1991.

Une argumentation pourtant rejetée d’un revers de la main par le créateur même de cette loi, Claude Evin, ancien ministre de la santé, qui déclarait : « C’est ridicule. La loi que j’ai fait adopter a pour objet d’interdire la propagande, et la publicité directe ou indirecte. Indirecte parce qu’en 1991, il y avait de la publicité pour des produits dérivés du tabac comme des boîtes d’allumettes qui portaient le nom d’une marque de tabac. Dans le cas présent, on n’est pas dans la publicité indirecte. Il s’agit d’un patrimoine culturel. La reproduction de Monsieur Hulot avec sa pipe est une traduction de son personnage dans ses films et s’inscrit dans notre histoire, dans notre culture cinématographique. Et l’exposition, à ma connaissance n’a aucun lien avec l’industrie du tabac ».

En réalité, la régie publicitaire s’était donc bornée à faire un excès de zèle bien pensant, prouvant par là, contrairement aux assertions de la responsable de sa communication dans l’affaire Gleeden, que la régie se permet bien parfois de faire « l’arbitre des élégances », quand il s’agit de se soumettre au politiquement correct et aux plus grotesques excès de l’hygiénisme contemporain.

Par contre, quand il s’agit de protéger la famille, les plus jeunes usagers et la simple décence face à des incitations à l’infidélité et l’adultère, c’est, semble-t-il, une toute autre histoire…