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[Tribune] La crise de l’Eglise

Églises et mosquées : faux débat et vraie invasion

10/07/2015 – TRIBUNE (NOVOpress)
Transformer les églises en mosquées ? Ce n’est pas le danger le plus immédiat. L’abandon de nos lieux de culte et de notre identité charnelle l’est bien d’avantage, un péril que laisse soigneusement de côté le manifeste crypto-sarkozyste contre la proposition de Dalil Boubakeur. Par Flavien Blanchon.

Que cherchait exactement Dalil Boubakeur en évoquant par avance, le mois dernier, la phase suivante de l’islamisation de la France – les églises transformées en mosquées ? Il a permis, en tout cas, aux fauteurs et collaborateurs de l’islamisation de se donner à bon compte des allures de résistants. Politiciens qui subventionnent la construction des mosquées, journaleux chantres du vivre-Ensemble, évêques qui souhaitent un bon ramadan, ont été nombreux à expliquer que, bien sûr, il fallait encore plus de lieux de culte pour les musulmans, mais que la transformation des églises n’était pas la bonne solution. Et le bon peuple droitard d’applaudir à tant d’héroïsme.

La manœuvre a si bien marché que Valeurs Actuelles, le magazine de la récupération sarkozyste, vient de la relancer en publiant à grand fracas un appel à la défense des églises, signé des premiers par Sarkozy en personne, le même Sarkozy qui avait fait rentrer chez nous plus de musulmans que jamais et dont on sait la responsabilité criminelle dans l’actuel déferlement migratoire. Rien de plus plat et de plus terne, du reste, que ce manifeste dû à je ne sais quel écrivaillon chiraquien : quelle différence, de pensée, de sentiment, de style, avec l’appel jadis lancé pour les mêmes églises de France par Maurice Barrès ! Dans La grande Pitié des églises de France, Barrès, il y a juste un siècle, était allé avec sûreté aux vrais enjeux. Il avait su – alors que l’Église de France était certes autre chose que ce qu’elle est devenue – placer le débat sur son vrai terrain, non confessionnel, mais identitaire.
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Renaud Camus : "Huntington doit bien rire dans sa tombe" (2ème partie)

Renaud Camus : « Huntington doit bien rire dans sa tombe » (2ème partie)

20/12/2013 – 16h00
PARIS (NOVOpress) – Auteur prolifique aux affinités sélectives, diariste infatigable depuis les années 1970, Renaud Camus a basculé il y a quelques années du monde reconnu de la « culture » à l’enfer des bien-pensants où doit être plongé quiconque blasphème contre la religion officielle des droits-de-l’homme, du mélangisme et du remplacisme. Et en ces différentes matières, Renaud Camus a beaucoup pêché. Convaincus, pour notre part, qu’il lui sera beaucoup pardonné, nous sommes allés à sa rencontre.

Vous avez été solidement épinglé au mur des infréquentables par les commissaires de la bien-pensance, au milieu de Richard Millet justement, Alain Finkielkraut ou même Jean-Claude Michea, comment vivez-vous cette situation ?

Ma réponse à cette question dépend des jours, de mon humeur, de la couleur du temps. Il m’arrive de percevoir cela comme une terrible et révoltante injustice, comme une preuve non seulement de la Grande Déculturation mais aussi de la dictature de masse, de la dictature sans dictateur sous laquelle nous vivons. Songez qu’un Barrès, s’il vivait parmi nous, ne serait invité nulle part, médiatiquement. À cet égard, je me permets de vous faire remarquer que mon statut n’a évidemment rien à voir avec celui de Finkielkraut ou de Michéa, qui n’ont pas encore tout à fait, eux, brûlé leurs vaisseaux. Pour ce qui est de Millet je ne sais pas, mais lui semble bien près, en effet, de rejoindre le cercle des tout à fait exclus.

D’un autre côté il y a des jours où l’on se dit que c’est une chance et un honneur de ne pas participer à tout cela, de ne pas y appartenir, d’en être exclu. Souvenez-vous du Maître de Santiago : « Quand on voudra honorer un homme, plus tard, on dira : “il n’a pris aucune part aux affaires des Indes” ». Je n’ai pris aucune part à la dictature remplaciste.

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