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Salah Abdeslam

Molenbeek, le laboratoire belge du terrorisme islamique

21/03/2016 – EUROPE (NOVOpress)

Le seul survivant responsable de la tuerie du 13 novembre à Paris, Salah Abdeslam, était recherché par toutes les polices de France, d’Europe, voire du monde, puisque, dit-on, le FBI s’intéressait à lui. Où se cachait-il ? Dans quel repaire secret ses frères l’avaient-ils dissimulé ? S’était-il envolé pour la Syrie ? A moins que ce ne fût pour l’Irak ou bien l’Afghanistan ? Non, il était tout simplement retourné chez lui, ses crimes accomplis. La police le soupçonnait si peu qu’ils n’ont découvert son refuge qu’à la faveur d’une visite de routine pour vérifier une adresse. Sans vouloir déprécier l’action des policiers, on doit convenir que le hasard leur a été un précieux allié, c’est pourquoi, cette fois, le gouvernement français – pas plus que celui de Belgique – n’essaie d’exploiter la situation à son bénéfice.

On ne saurait dire que les forces de l’ordre ont découvert sa « planque » puisqu’il était chez lui depuis 120 jours, il ne se « planquait » pas. Il était retourné à la maison, c’est-à-dire à Molenbeek, la cité de son enfance, une des 19 communes de Bruxelles-Capitale, qui est aussi la capitale du terrorisme islamiste en Europe. Tous les tueurs du Bataclan en sont issus ou en recevaient leurs consignes, c’est là aussi qu’ils allaient chercher leurs armes. C’est également à Molenbeek qu’avaient séjourné en 2001 les assassins du commandant Massoud, en Afghanistan, tout comme Hassan El Haski, condamné pour avoir été l’un des instigateurs des attentats de 2004 à Madrid (191 morts et 1 800 blessés), ou encore Mehdi Nemmouche, qui abattit quatre personnes au Musée juif de Bruxelles en mai 2014. Avant de prendre le train, l’agresseur du Thalys Amsterdam-Paris, Ayoub El Khazzani, venait de chez sa sœur à Molenbeek.

Tous les musulmans de ce quartier ne sont pas des terroristes islamistes mais ces derniers y sont comme un poisson dans l’eau, c’est une enclave salafiste en terre bruxelloise, il y a 40 % de musulmans, un peu moins qu’à côté, à Saint-Josse, 50 %. Les islamistes radicaux se fondent dans le décor ; dans la population, il y a ceux qui les soutiennent et ceux qui font comme s’ils ne les connaissaient pas et ne les dénonceront jamais. La commune vit au rythme de l’islam. Au point qu’en 2011, l’ancien bourgmestre socialiste demandait à ses administrés d’éviter la voiture dans le centre de Molenbeek le soir pendant le ramadan car, écrivait-il, « les achats sont effectués quelques heures avant de rompre le jeûne, au coucher du soleil. Cette année, ce sera entre 20 h 30 et 21 h 30 ». Un couvre-feu pour les autochtones !

Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi les autorités, n’ignorant rien de ce bouillon de culture islamiste, ont-elles laissé faire ? La réponse, c’est le nouveau maire, Françoise Shepmans, qui nous la livreElle date le laisser-faire de 2012 : « A cette époque, Molenbeek intéressait peu les autres et certains politiques locaux considéraient que c’était un laboratoire multiculturel et que ça ne posait pas de problème », ajoutant qu’à Molenbeek « beaucoup d’exigences communautaires avaient été acceptées d’année en année (mosquées…)  pour acheter la paix sociale ». Communautarisme, multicultarisme et puis terrorisme. Le laboratoire des apprentis-sorciers à Molenbeek a explosé en larmes de sang à Paris le 13 novembre.

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent n° 8571 daté du mardi 22 mars 2016 sous le titre « Il faut raser Molenbeek ».