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Quand les demoiselles disparaissent à Cesson Sévigné (35)

Quand les demoiselles disparaissent à Cesson-Sévigné (35)

07/01/2012 – 10h00
RENNES (NOVOpress Breizh) –
L’usage de l’appellation « mademoiselle » n’a désormais plus cours à Cesson-sévigné (Ille-et-Vilaine). Ainsi en a décidé le maire de cette importante commune de l’agglomération rennaise. Depuis le 1er janvier, aucune demoiselle ne pourra donc figurer sur les documents administratifs de la commune. Arrêt sur une question typiquement sociétale dont raffole une certaine classe politico-médiatique boboïsante. Une question plus simple à régler, il est vrai, que les dégâts sociaux causés par la mondialisation.

Michel Bihan, le maire (PS) de cette cité bretonne de 15.000 habitants,  a donc pris sa décision afin de se conformer aux dispositions de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale. « Il s’agit d’éliminer toutes mentions susceptibles d’être discriminatoires ou indiscrètes. L’existence de deux termes différents pour désigner les femmes mariées et celles qui ne le sont pas constitue une discrimination à l’égard des femmes puisqu’une telle différenciation n’existe pas pour les hommes. » explique l’élu, qui est par ailleurs membre du comité de soutien à François Hollande.

cesson féminismeEn septembre 2011, une campagne visant à supprimer le terme de « mademoiselle » dans les formulaires administratifs avait été lancée par plusieurs organisations féministes. «Ca peut paraître un détail mais c’est très symbolique des inégalités», expliquait sans rire Julie Muret, de l’association « Osez le féminisme ! », qui menait l’offensive en compagnie  des célèbres « Chiennes de garde ».

Brigitte Grésy, auteur d’un Petit traité contre le sexisme ordinaire (Ed. Albin Michel), n’hésitait pas de son côté à affirmer que même si cela est «moins important que les écarts de salaires (entre les sexes), les violences ou les difficultés d’accès à l’avortement (sic)», cette question n’est pas un détail car «le langage reflète la réalité du monde» – ce que personne ne saurait en effet contester. « Mais supprimer le mot ne supprimera pas la réalité et, dans le cas des demoiselles, c’est tant mieux ! » fait remarquer un (mauvais) esprit de Cesson-Sévigné.

Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités (UMP), s’est empressée de récupérer le sujet en demandant mi-novembre au Premier ministre François Fillon que le terme de « mademoiselle » disparaisse des documents administratifs au profit du seul « madame ». Tout cela  au nom de l’égalité entre les sexes. « On demande dans les documents administratifs de choisir « madame » ou « mademoiselle ». C’est donc une intrusion dans la vie privée puisqu’on demande à la personne de s’identifier comme mariée ou non mariée », s’était  indignée la ministre, invitée de l’émission « Preuves par 3 Public Sénat-AFP ».

La décision du maire de Cesson-Sévigné devrait donc plaire aux organisations féministes, à Madame Bachelot et à tous les tenants des idéologies à la mode. Michel Bihan aurait pu aussi recueillir l’avis d’Anne-Marie Pourhiet, professeur de Droit public à Rennes 1, mais il s’en est bien gardé.

A contre courant, celle-ci déclarait en effet dans un entretien accordé à Riposte Laïque  « Je pense beaucoup de mal du féminisme que j’appelle le « gynécocentrisme ». Je ne comprends pas que l’on puisse se soucier davantage d’un groupe humain que d’un autre au motif que l’on en fait partie (…) Peu m’importe le nombre de femmes à l’Assemblée nationale, ce que je souhaite c’est qu’il y siège une majorité de gens qui aient de bonnes idées et le souci réel du bien commun. Je me moque du sexe des députés ou des dirigeants d’entreprises comme de celui des anges. »

Mais à la mairie de Cesson-Sévigné, la question du sexe des anges – pardon, de la façon de désigner les célibataires de sexe féminin – était manifestement de la plus haute importance. A défaut d’améliorer réellement la vie de ses administrées, Michel Bihan aura donc bien mérité du « gynécocentrisme ». Ce qui était, sans aucun doute, le but de l’opération.

Crédits photos : Pymouss/Wikipédia sous licence CC – phoPiechjo licence CC

« Mademoiselle » proscrit dans l’Université française

« Mademoiselle » proscrit dans l’Université française

07/11/2011 – 12h30
PARIS (NOVOpress) — Le lobby du féminisme militant a donc eu gain de cause, en tout cas à l’Université. Après la dernière campagne pour la suppression de « Mademoiselle », le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a dressé une circulaire officielle, qui vient d’être diffusée, quant à l’« utilisation des éléments de l’état-civil dans la gestion des ressources humaines ».

Voici donc les instructions du ministre, qui n’a manifestement rien de mieux à faire. « La formule “Madame X épouse Y” est à proscrire » ; « nom d’épouse » doit être remplacé par « nom d’usage » et « nom patronymique » (terme odieusement patriarcal, bien sûr) par « nom de famille ». Et surtout, « l’appellation “Madame” doit être systématiquement utilisée pour désiger les agentes, à l’exception des [sic] ces dernières qui auront expressément demandé à être désignées comme “Mademoiselle” ».

« À l’exception des ces dernières qui auront demandé »… En français, on disait autrefois : « à l’exception de celles d’entre elles qui auront demandé ». Mais, en nos temps éclairés, le ministre de l’enseignement supérieur et « gestionnaire des ressources humaines » de l’Université n’en est plus à la syntaxe française.

Ce qui est grave, c’est que le ministre ose encore écrire que « seul constitue un élément de l’état-civil la référence au sexe, homme ou femme. À ce titre, devrait être privilégié dans les documents administratifs comme dans les registres informatiques des ressources humaines, le choix de cocher entre deux cases, MASCULIN ou FEMININ ». Quand on pense que, de l’autre côté de la Manche, on travaille à « stopper l’exclusion des personnes trans-identifiées et non-binaires de genre », en supprimant toutes les cases « homme/femme » à cocher sur les formulaires, pour les remplacer par un blanc à remplir au gré de chacun (pardon, de chacun*)!

Bref, le ministre, en fait de progressisme, a au moins deux ou trois trains de retard.

Crédit photo : DR

Que l’on m’appelle Mademoiselle…

Que l’on m’appelle Mademoiselle…

…jusqu’à l’heure du mariage.

La récente polémique relayée à grands renforts par les médias français sur la revendication des féministes visant à faire abolir des fiches administratives – mais aussi du langage courant- l’utilisation du “Mademoiselle” a inspiré à la rédaction de Belle et Rebelle quelques réflexions.

“Mademoiselle”, affreux synonyme d’un patriarcat fasciste et liberticide ? Hum…

D’abord, nous, à B&R, nous aimons -nous aimions, pour les femmes mariées- nous faire appeler Mademoiselle. Déjà, parce que ça change de cet horrible “Miss” ou pire “la Miss” terriblement symptomatique de cette société en déliquescence, sans repères et sans destin.Ensuite, parce que c’est joli, élégant et courtois.

Aussi, parce que c’est initiatique. Un jour on vous appelle Mademoiselle, un autre, Madame, parce que vous aurez juré amour à un homme, que vous vous serez donnée entière à celui que vous aimez et qui vous aime. Celui pour qui vous perdrez le nom de votre père et votre “Mademoiselle”, cet homme vous devra beaucoup. La promesse d’un amour pour toujours… Allez, si certaines bataillent pour les avancées du féminisme, je ne vois pas pourquoi nous, à B&R nous ne bataillerions pas pour l’amour pour toujours…

Sur le blog d’un odieux connard (sic!), on peut trouver à peu près tout ce qui peut être dit sur le sujet. N’hésitez pas à jeter un œil à cet article charnu et fort amusant.

Et surtout, donnez-nous votre avis. Tenez-vous à ce qu’on vous nomme Mademoiselle ? Détestez-vous cela ? Cela nous intéresse.

Louise Demory

[box class= »info »] Les lectrices de Novopress peuvent aller donner leur avis sur le site du webzine féminin Belle et Rebelle qui est la source de cet article.[/box]