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De Calais à Athènes, la crise migratoire s’amplifie chaque jour

03/03/2016 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Depuis début 2016, 130 000 « migrants » sont arrivés en Europe depuis la Méditerranée, selon le haut-commissariat aux réfugiés. Soit davantage que lors des six premiers mois de 2015.

Après l’Autriche, la Slovénie, la Hongrie, la Croatie et la Macédoine, c’était au tour de la Belgique, il y a dix jours, de rétablir le contrôle aux frontières pour empêcher un éventuel afflux de clandestins lié au démantèlement de la « jungle » de Calais. Depuis, 619 personnes ont été refoulées.

Où en est-on du démantèlement à Calais ?
Après les échauffourées de ces derniers jours, il se poursuit dans la partie sud et devrait durer un mois. Mais un quart des clandestins transférés dans les centres d’accueil seraient déjà retournés dans la « jungle », rejoignant la partie nord, pas encore concernée par le démantèlement.

À Athènes, la situation est autrement plus préoccupante
La fermeture des frontières sur la route des Balkans aggrave l’engorgement en Grèce. Actuellement, plus de 20 000 migrants y sont coincés. Et la Commission européenne évalue à 100 000 le nombre de réfugiés qui risquent d’être bloqués en Grèce sachant qu’il en arrive entre 1 000 et 3 000 par jour.

Dans le même temps, l’Europe entend réaffirmer le principe de libre-circulation dans l’espace Schengen, mis à mal par ces fermetures de frontières. Hier, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé qu’un retour à Schengen « est une condition préalable à la solution européenne à la crise des migrants ».

Après la crise financière, c’est une crise migratoire que vit la Grèce
Un nouveau plan d’aide pour la Grèce, c’est ce qu’a annoncé hier la Commission européenne. Mais ce n’est plus pour pallier la crise économique, c’est un fonds « humanitaire » d’urgence de 300 millions d’euros.

Le sommet UE-Turquie consacré à la crise des migrants le 7 mars va-t-il arranger la situation ?
En novembre, Ankara s’était engagé à ralentir le flux migratoire qui traverse la mer Égée depuis ses côtes jusqu’en Grèce, en échange d’une aide de 3 milliards d’euros et d’une accélération de sa procédure de candidature à l’Union européenne. Vu le flux incessant de populations et l’impatience manifestée par Bruxelles, force est de constater que cet accord tarde à produire ses effets.

La police macédonienne défend sa frontière avec la Grèce aux gaz lacrymogènes

02/03/2016 – EUROPE (NOVOpress)
La police macédonienne a tiré lundi des gaz lacrymogènes contre un groupe de 300 Syriens et Irakiens qui tentaient de forcer la barrière frontalière entre la Grèce et la Macédoine, au poste d’Idomeni. « Des tirs de gaz lacrymogènes directement sur le visage de ces réfugiés désespérés », précise la correspondante d’iTELE en Grèce Alexia Kefalas. Les images montrent pourtant des grenades lacrymogènes lancées au sol, devant la foule qui tentait de défoncer une clôture. La journaliste poursuit en expliquant que « les réfugiés veulent continuer à forcer cette frontière car leur seule envie est d’aller en Europe, de fuir la guerre ». Au vu des images, on constate surtout qu’ils importent en Europe la violence dont ils disent souffrir chez eux.

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La situation en Grèce sur le front de l’immigration clandestine se tend

29/02/2016 – EUROPE (NOVOpress)

Le ministre grec de la Politique migratoire, Yiannis Mouzalas, affirme que 22 000 « réfugiés et migrants » se trouvent actuellement en Grèce.

Un chiffre qui devrait selon lui tripler au mois de mars
Toujours selon le ministre ils devraient en effet être en 50 000 et 70 000 d’ici un mois. Plusieurs facteurs expliqueraient cette hausse. Sous le double effet des contrôles aux frontières et des quotas mis en place unilatéralement par les pays des Balkans, la Grèce se retrouve une impasse pour bon nombre des migrants qui cherchent à rejoindre les pays européens les plus accueillants. Six pays de l’espace Schengen ont rétabli provisoirement — mais pour combien de temps ? — les contrôles à leurs frontières. L’Autriche a décidé la semaine dernière de limiter l’accès à son territoire. Elle ne laisse plus rentrer que 80 demandeurs d’asile par jour et laisse transiter 3 200 personnes. La Macédoine refuse depuis une semaine l’accès aux Afghans et renforce les contrôles pour les Syriens et les Irakiens.

Quatre autres pays ont emboîté le pas des quotas vendredi
La Slovénie et la Croatie, membres de l’U.E. ainsi que la Macédoine et la Serbie ne laissent désormais plus transiter désormais que 580 personnes par jour. Athènes se sent de plus en plus isolée face à ces mesures prises unilatéralement par ses voisins. Le gouvernement grec compte sur la communication en Turquie sur la fermeture du poste-frontière d’Idomeni avec la Macédoine ainsi que sur le déploiement de navires de l’OTAN en mer Égée pour diminuer l’afflux de ces masses migratoires. L’Italie craint à son tour un effet ricochet et une recrudescence de flux, bloqués sur la route grecque. L’espace Schengen semble se craqueler de plus en plus face au poids sans précédent de l’immigration clandestine.

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Europe centrale : durcissement des mesures contre l’immigration

17/02/2016 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Alors que la Commission européenne prévoit l’arrivée d’au moins 3 millions d’immigrés supplémentaires dans l’Union européenne, d’ici 2017, les pays d’Europe centrale se montrent de plus en plus réticents à l’idée d’en accueillir chez eux.

Dernièrement, l’Autriche s’est ajoutée à la liste…
Hier, le ministre de l’Intérieur autrichien conservateur, Johanna Mikl-Leitner, a, en effet, annoncé le rétablissement des contrôles aux frontières avec la Slovénie, la Hongrie et l’Italie ainsi que l’instauration de diverses mesures. Parmi ces dernières, la mise en place de grillages dans le but d’endiguer l’arrivée de clandestins. Toutefois, pour le moment, il est difficile de dire si ces annonces relèvent d’un coup de communication ou d’une volonté politique de mettre fin à l’immigration.

Les pays du groupe de Visegrád se montrent quant à eux de plus en plus offensifs…
Ils envisagent, en effet, de fermer leurs frontières dans les Balkans. Le groupe de Visegrád regroupe 4 pays, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie. Lundi, ses dirigeants se sont réunis, à Prague, pour notamment examiner la crise migratoire. La Bulgarie et la Macédoine étaient également invitées pour la première fois à cette rencontre. La réunion avait pour but d’appuyer une fermeture des frontières dans les Balkans pour afin de bloquer l’arrivée de clandestins venant de Grèce en direction vers l’Allemagne ou la Suède. Viktor Orbán a annoncé que la Hongrie était prête « à fournir des gardes-frontières et d’autres ressources humaines et matérielles aux pays qui seraient prêts à bâtir une deuxième ligne de défense au sud de la Hongrie ».

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Invasion migratoire: un sommet européen ferme… en façade

26/10/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Réunion au sommet pour les Etats des Balkans, convoqués par Jean-Claude Juncker pour parler invasion migratoire. Un sommet de plus avec fermeté affichée face à la crise migratoire… un sommet de plus qui montre qui est à la manœuvre en Europe.

Nouveau sommet de la dernière chance pour arrêter le flux migratoire. Dix jours après un Conseil européen déjà consacré au sujet, qui n’a donc pas eu le temps de produire le moindre résultat, cette édition rassemblait hier tous les pays concernés de près ou de loin par la « route des Balkans ». Ceux qui sont en première ligne -Bulgarie, Croatie, Grèce, Hongrie, Roumanie, Slovénie- mais aussi les pays de destination : Allemagne, Autriche, Pays-Bas et Suède. De plus, trois pays non membres (Albanie, Macédoine et Serbie) étaient conviés. Notons l’absence de la France, le pays étant juste bon à accueillir les réfugiés de second ordre dont l’Allemagne ne veut pas, il est logique que le vice-chancelier n’aie pas été convié.

A croire que l’invasion migratoire finit par affoler Angela Merkel, qui a convoqué ce sommet par l’intermédiaire de son homme lige, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne et non par Donald Tusk, le président du Conseil, habituel maître de cérémonie des réunions de leaders européens. Dans des cénacles aussi épris de protocoles et de procédures, le procédé cavalier en dit long…
Peut-être Merkel est-elle d’accord avec la prophétie du Premier ministre slovène Miro Cerar : « Si nous ne prenons pas d’actions immédiates et concrètes sur le terrain dans les jours et semaines à venir, je pense que l’UE va commencer à s’effondrer »

Convocation qui sera d’ailleurs la principale mesure de fermeté que l’on retiendra de ce sommet… animé par les querelles entre pays se renvoyant la responsabilité de la crise : la Slovénie, qui a vu affluer plus de 60.000 réfugiés en quelques jours, accuse la Croatie de laisser passer tout le monde sans contrôle. De leur côté, la Serbie, la Roumanie et la Bulgarie ont menacé de fermer leurs frontières si l’Allemagne ou l’Autriche faisaient de même sur une longue période. Personne n’a toutefois eu l’outrecuidance de pointer du doigt la responsable majeure, Angela Merkel, pour avoir ouvert la boîte de Pandore que tout le monde s’efforce maintenant de refermer, avec le succès que l’on sait.
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La Macédoine doit faire face à un énorme afflux de clandestins

09/10/10/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Alors que le 11 septembre dernier, la Macédoine enregistrait un pic de 7 600 clandestins, ce sont hier jeudi quelque 10 000 clandestins qui sont arrivés sur son sol. Cet afflux massif provient principalement de Grèce, après avoir traversé la mer Égée depuis la Turquie. La masse de ces « réfugiés » (guillemets de rigueur) vise ensuite la Serbie, puis la Hongrie, laquelle est rattachée à l’espace Schengen.

Mais la Hongrie a rendu ses frontières quasiment hermétiques…
À l’heure actuelle, entre 3 000 et 5 000 clandestins en moyenne pénètrent quotidiennement en Macédoine. Selon Mitko Chavkov, le ministre de l’Intérieur macédonien, les futures vagues pourraient atteindre 10 000 par jour. Face à ces dizaines de milliers de « migrants », les scènes de chaos se multiplient, et la Macédoine est désemparée. Dans une vidéo tournée par une chaîne allemande, on peut voir les forces de l’ordre macédoniennes diriger les clandestins vers la Serbie, sans la moindre vérification.

Crédit photo : Capture d’écran d’un reportage de la RTBF en Macédoine

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Deux islamo-terroristes présumés arrêtés à la frontière hongroise

27/09/2015 – EUROPE (NOVOpress avec le Kiosque Courtois)

Après l’arrestation voici une semaine, à la frontière bulgaro/Macédonienne de 5 hommes qui tentaient de la traverser avec des vidéos de décapitation et de propagande pour l’État islamique sur leur smartphone, deux meneurs des affrontements ayant eu lieu à la frontière serbo hongroise ont été identifiés par la police comme des terroristes s’apprêtant à frapper sur notre sol. L’un d’entre eux, proche du groupe Al Nosra, aurait sévi en Syrie où il aurait participé au meurtre de plus de 50 personnes. Au moment de son arrestation, il était en possession de 7 passeports syriens, tous munis de visas Schengen. Ce qui confirme les propos des responsables de Frontex sur les faux passeports syriens.

Quelque 30% des personnes se disant de nationalité syrienne lors de leur enregistrement en vue de l’obtention du statut de réfugié en Allemagne ne le sont pas. C’est ce qu’a indiqué vendredi le ministère de l’Intérieur, en se basant sur ce que constatent les autorités sur place, en particulier la police et Frontex, l’agence chargée de la surveillance des frontières de l’Union européenne.
Posséder cette nationalité présente, en effet, des avantages : Berlin a décidé de ne plus renvoyer les Syriens vers le pays dans lequel ils sont entrés dans l’Union européenne, comme le prévoit la législation européenne. Les réfugiés bénéficient en outre d’un examen accéléré de leur dossier.

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Débordée par le nombre, la Macédoine rouvre sa frontière aux clandestins

24/08/2015 – MONDE (NOVOpress)
Après trois jours de tensions, la Macédoine a renoncé à empêcher le passage sur son territoire des milliers de migrants, notamment syriens, qui se massaient à sa frontière avec la Grèce.

Les forces de l’ordre n’étant plus en capacité de faire face à l’aggravation de la situation humanitaire et des tensions, elles ont laissé entrer sur le territoire des milliers de candidats à l’exil et leur ont affrété des bus pour les acheminer en Serbie. Ils sont ainsi plus de 7.000 clandestins à avoir franchi la frontière avec ce pays dans la nuit de samedi à dimanche après avoir traversé la Macédoine, a indiqué dimanche le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (ONU), alors que la Fédération internationale de la Croix-Rouge s’attend à une « hausse dramatique ».

Le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, s’est dit inquiet de cette aggravation de la crise migratoire et a déclaré dans une interview publiée dimanche par le quotidien romain Il Messaggero qu’

Aujourd’hui, c’est sur cette question (de l’immigration, NDLR) que l’Europe soit redécouvrira son âme soit la perdra pour de bon.

Itinéraire des clandestins

Trajet des clandestins transitant par la Macédoine. Capture d’écran d’un reportage d’Euronews.

L’objectif est pour la plupart des clandestins de passer jusqu’en Hongrie et, de là, en Allemagne, mais la clôture à la frontière serbo-hongroise que le gouvernement d’Orban est en train d’ériger devrait les freiner.
Crédit photo : Capture d’écran d’une reportage d’Euronews en Macédoine.


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L’ami américain ! Tribune libre de François Revel

L’ami américain ! Tribune libre de Vincent Revel

En cette période de tensions, où le choc des civilisations nous ramène à la dure réalité des relations internationales, l’Union européenne a fait le choix de l’exception, de la différence en abdiquant toute volonté de puissance. Niant les rivalités et les conflits ancestraux, soumises à l’utopie du bien vivre ensemble et à la nouvelle religion des droits de l’hommisme, obéissant en bons petits soldats aux injonctions de leur maître américain, les têtes pensantes de Bruxelles vivent dans un monde où seule la pensée néo-libérale est perçue comme idée de progrès.

Sur ce principe, toutes les compromissions sont justifiées, aussi bien celles qui mènent aux pires atrocités comme celles qui compromettent sérieusement les intérêts de notre continent.

Depuis les bombardements sur Belgrade en 1999, le Kosovo en est l’exemple le plus flagrant.

Dans le seul but de servir la géostratégie américaine, la France ainsi que l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni n’ont pas hésité un seul instant à s’associer à la plus grande épuration ethnique effectuée sur le continent européen depuis la Seconde Guerre mondiale. En mettant la nation serbe à genoux, Washington, Paris et Bruxelles ont sciemment participé au déplacement de plus de 200.000 Serbes, Tziganes et Goranis au Kosovo.

En créant volontairement une zone de conflit dans les Balkans avec la question albanaise, les Etats-Unis ont endossé le rôle du partenaire inévitable.

Comme le dit Aymeric Chauprade, le but de l’opération fut soigneusement planifié pour atteindre des objectifs multiples. Entre l’éviction de la Russie d’une de ses anciennes zones d’influence, l’installation sur le long terme du complexe militaire Camp Bondsteel, le contrôle de l’énergie entre la mer Caspienne et l’Adriatique, la mainmise sur l’exploitation des ressources minérales du Kosovo, le soutien indirect aux minorités susceptibles d’affaiblir les adversaires de l’oncle Sam et la « déstabilisation des Européens », le Kosovo « moderne », régie d’une façon mafieuse, avec une forte identité islamique, est devenu le symbole premier de l’échec politique de l’Union européenne. En abandonnant les Serbes à leur triste sort, en fermant les yeux sur les exactions de l’UCK albanaise et en laissant les Etats-Unis prendre en main les opérations dans le sud-est de l’Europe, Bruxelles a donné un signal fort d’impuissance et de renoncement.

 

De ce fait, ne soyons pas étonnés, comme fait mine de le faire le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, de voir aujourd’hui la Macédoine confrontée au risque de connaître à son tour une terrible guerre ethnique.

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« Serbes, pardonnez-moi  » Entretien avec l’ex-officier de la KFOR au Kosovo, Kristian Kahrs

La vérité sur les événements au Kosovo, ou, comme disent les Serbes, dans la province du Kosovo et Metohija est rarement révélée au grand public en Occident. L’un des rares qui se soit engagé à dire la vérité sur le sort difficile des Serbes du Kosovo est Kristian Kahrs, un Norvégien d’origine. Retour sur son histoire :

Il était une fois un membre de la KFOR. Comme  officier du contingent norvégien, il a travaillé dans le service d’information des forces internationales. Après sept mois au Kosovo, Kahrs a terminé son travail en tant que major de la KFOR, et ne voulait plus renouveler son contrat. Une des raisons pour laquelle il aurait quitté la KFOR est notamment la dissimulation de l’information sur la persécution des Serbes. Aujourd’hui, il admet qu’il a été très naïf en 2000, lorsque l’OTAN a attaqué la Serbie. A cette époque, il croyait toujours que l’OTAN avait recouru à de telles mesures pour protéger les droits de l’homme au Kosovo et Metohija.

Après avoir terminé son travail dans le service d’informations de la KFOR, Kristian Kahrs a été actif pendant de nombreuses années comme correspondant de guerre en ex-Yougoslavie et dans d’autres points chauds à travers le monde. Il vit aujourd’hui en Serbie, qu’il considère comme sa seconde patrie.

« En tant qu’ancien officier de l’OTAN, je dois m’excuser auprès du peuple serbe, parce que nous n’étions pas en mesure de protéger les minorités au Kosovo et Metohijia”, a-t-il indiqué dans un enregistrement de télévision célèbre en Serbie.

“Sous la résolution 1244 de l’ONU et l’accord technico-militaire nous devrions protéger les Serbes de représailles des Albanais, mais nous y avons complètement échoué”, a déclaré Kahrs.

Je savais que la mafia albanaise était impliquée dans le commerce de la drogue, des armes et des personnes, mais je ne m’attendais pas à une telle haine de leur part. En outre, il y avait une campagne albanaise pour la purification ethnique des Serbes. Par conséquent, je m’excuse. J’ai été trop naïf et j’ai cru que nous pouvions créer une société multiethnique.

À propos du développement actuel des événements dans le nord du Kosovo Kristian Kahrs n’est pas surpris : “C’est un résultat direct de la politique occidentale dans les Balkans, qui n’accepte que l’indépendance du Kosovo et n’offre aucune autre solution. La division possible de la province serbe méridionale de Kosovo et Metohija n’est pas imaginable pour eux.”

Kristian Kahrs travaille sur un livre dont le titre provisoire est “Désolé Serbie. Un ancien officier de l’OTAN s’excuse” – avec l’espoir qu’il puisse au moins réveiller la responsabilité morale de ceux qui ont pris les décisions politiques sur le Kosovo et Metohija.

Rencontre avec son auteur

• Derrière ce livre, quelle est votre intention ?

Les peuples de l’ex-Yougoslavie, les Serbes, Albanais, Croates, etc, sont à maintes et maintes reprises interpellés par la communauté internationale afin de contribuer à la réconciliation et au pardon, mais on entend en revanche très rarement l’OTAN et l’Occident  s’excuser pour les erreurs qui ont été faites ici. Présenter des excuses au peuple serbe et admettre que nous avons été incapables de protéger les minorités au Kosovo était pour moi une réelle préoccupation et c’est ce que je souhaite faire passer dans mon livre. Si je peux amener certains de nos politiciens à réfléchir la prochaine fois avant de s’engager dans une guerre dévastatrice, alors le livre aura atteint son but.

• Comment êtes-vous devenu un officier de presse de la KFOR ?

J’ai travaillé comme officier de presse au siège de la KFOR de janvier à juillet 2000.

En fait, j’ai été appelé comme réserviste dans un exercice, à savoir l’exercice de l’OTAN “Bataille Griffin” en février et mars 1999. Je suis devenu officier de presse parce que j’avais auparavant travaillé comme pigiste pour l’agence Associated Press (AP) et parce que je parlais anglais.

J’ai été envoyé au commandement de la KFOR à Pristina. Initialement, il avait été prévu que je sois nommé porte-parole de presse, mais  cette position a été prise par mon commandant allemand, le colonel Horst Pieper et on m’a finalement délégué la responsabilité de la construction du site web officiel de la KFOR et du service de nouvelles en ligne.

Mon travail consistait principalement à défendre les positions de la KFOR et l’OTAN dans l’opinion publique et à répondre aux questions des journalistes .

Le service de nouvelles en ligne que j’ai lancé a été un  succès et a donné un visage différent à la KFOR, parce que beaucoup de choses pouvaient être représentés efficacement avec un impact public avec le site Web. Le premier message que nous avons publié était celui d’une attaque contre un bus serbe qui était en route entre la ville divisée de Mitrovica, au nord du Kosovo, et Pec, à l’ouest, et qui a été attaqué par des extrémistes albanais dans une embuscade avec des grenades propulsées par des roquettes . L’escorte française avait alors été incapable de prévenir l’attaque et ne pouvait pas suivre les criminels albanais, parce qu’ils étaient couverts par des champ de mines. Quand j’ai fini mon service en juillet 2000, nous avons compté, sur kforonline.com, 130 000 visites tous les jours.

Il était naturellement assez clair que je ne pouvais pas me comporter ici comme un journaliste indépendant, que je ne pouvais pas développer ma propre opinion. Cela a  eu pour conséquence de m’empêcher la critique nécessaire à évaluer l’activité de ma propre organisation. À cette époque, j’ai donc défendu le bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN, et j’ai attribué le blâme exclusif  à Slobodan Milošević. Quand je repense aujourd’hui aux déclarations que j’ai faites comme officier de presse, elles me semblent avoir été trop optimistes mais c’était juste mon travail de présenter tous les événements dans une lumière aussi favorable que possible.

Aujourd’hui, je souhaiterais n’avoir pas été aussi naïf et optimiste pour croire en la possibilité d’une société multi-ethnique au Kosovo.

• Quelles ont été les erreurs de la KFOR?

De mon point de vue, nous avons commis deux erreurs majeures dans la KFOR :

1) Nous aurions dû appliquer la loi martiale dès le premier jour où nous sommes arrivés au Kosovo, c’est à dire à partir de 12 juin 1999. Là, il n’y aurait pas eu de discussion possible à propos de notre responsabilité. Quiconque se serait montré dans la région après la nuit  aurait été arrêté et enfermé dans un camp avec des barbelés pour une ou deux semaines, indépendamment du fait qu’il soit serbe, albanais, ou autre. Cependant, nous étions beaucoup trop soucieux de jouer le rôle de libérateurs envers les Albanais.

2) Nous avons été trop laxistes avec la soi-disant Armée de libération du Kosovo (UÇK) qui  s’est intégrée en août 1999, initialement dans le Corps de protection du Kosovo, puis dans la Police du Kosovo (Kosovo Police Service, KPS). Des éléments criminels de l’UÇK ont donc acquis une légitimité au sein des institutions officielles du Kosovo. Le gouvernement serbe a très bien enregistré ces faits dans son Livre blanc sur la criminalité organisée et le terrorisme au Kosovo-Metohija. Parmi les officiers KFOR il y en avait beaucoup qui étaient opposés à ce développement, mais nous lui avons finalement donné libre cours pour protéger nos propres forces de l’attaque par des extrémistes albanais.

• Quel est le Livre blanc serbe sur le terrorisme et le crime organisé au Kosovo, que vous publiez sur votre site Web?

Ce Livre blanc a été initialement publié en Septembre 2003 par le gouvernement serbe. Le document est très complet, et aussi loin que je puisse dire, l’information est factuelle, même si bien sûr seul le point de vue serbe est présentée.

J’ai publié ce document pour la première fois en 2005, quand il y avait très peu d’informations concrètes sur le Kosovo y compris dans les milieux du renseignement occidental, alors que les forces de sécurité serbes possédaient naturellement une très longue et bonne expérience dans la région.

Il faut accepter le document pour ce qu’il est : une information très unilatérale. On ne peut pas l’utiliser pour une légitimation de la politique serbe contre les Albanais kosovars dans les années 90 et les crimes commis à cette époque. Le document y décrit toutes les activités de la soi-disant Armée de libération du Kosovo (UÇK) comme relevant du terrorisme, bien qu’il ai eu, pendant ce conflit, des activités terroristes émanant de toutes les parties impliquées. Il n’y a donc aucune excuse pour l’ancien dirigeant serbe Slobodan Milošević et sa tentative en 1999 de faire un nettoyage ethnique parmi la population albanaise du Kosovo.

Je ne pense pas que l’on puisse regarder l’UÇK comme un mouvement de libération, même si peut-être certaines de leurs activités peuvent être interprétées comme une lutte de libération contre un régime serbe d’oppression. Le Livre Blanc serbe a démontré très bien que derrière l’UÇK se trouvaient des intentions clairement criminelles, avec des liens vers le haut de la politique kosovo-albanaise et les institutions officielles d’aujourd’hui telles que le Corps de protection du Kosovo et la Police du Kosovo. Le crime organisé est l’un des plus grands problèmes au Kosovo et le restera à l’avenir.

Il ne faut pas négliger que le Livre Blanc serbe est obsolète d’une certaine façon, et qu’à ce jour, beaucoup de matériaux nouveaux et intéressants ont été dévoilés comme les études de Dick Marty sur le trafic d’organes humains au Kosovo. Il a travaillé en étroite collaboration avec les agences de renseignement occidentales et a des informations très récentes. Je recommande la lecture de cet entretien avec Dick Marty, Witness Safety Could Hamper Kosovo Organ Trafficking Investigation (“Les services de protection des témoins sont susceptibles d’affecter l’enquête sur le trafic d’organes au Kosovo”).

• Quelles sont les conséquences à long terme de la reconnaissance du Kosovo comme un Etat indépendant (2008)?

Le dernier chapitre de ce drame se déroulera en Bosnie-Herzégovine, et ce chapitre n’est pas encore écrit. L’indépendance du Kosovo n’était certainement pas une bonne chose pour la stabilité dans les Balkans, et je pense qu’une des conséquences principales sera la croissance des mouvements séparatistes dans tout le monde.

• Avez vous eu écho des  derniers convois d’aide humanitaire envoyés par la Russie et par l’ONG française “Solidarité Kosovo”?

Je suis impressionné de voir que il y a des gens en dehors de la Serbie qui veulent aider la minorité serbe du Kosovo. Il me semble que la tâche la plus importante est de trouver une solution supportable pour les deux-tiers des Serbes qui vivent au sud du fleuve Ibar. Cette région est de facto sous le contrôle du gouvernement de Pristina, ce qui signifie que les convois humanitaires doivent mener systématiquement des pourparlers avec les autorités locales afin d’être en mesure d’entrer dans cette région, indépendamment de la position qu l’on prend sur la question de l’indépendance du Kosovo.

• De nombreux partis identitaires européens soutiennent la Serbie . Êtes vous surpris par l’ampleur de ce soutien ?

Mon impression est que de nombreux européens, comme beaucoup de Serbes, sont sceptiques quant aux institutions européennes, qui apportent, à leurs yeux, une restriction de l’autodétermination nationale. Il est évident que la Serbie se trouve mise sous pression par l’UE sur la question du Kosovo, bien que cette dernière ne puisse pas demander officiellement une reconnaissance formelle d’un Kosovo indépendant, car cinq Etats membres de l’UE n’ont pas encore reconnu le Kosovo.

Si le peuple serbe veut que la Serbie adhère à l’UE, alors ce doit être après un débat libre et démocratique sur les avantages et les inconvénients d’une adhésion à l’UE, mais pas par une décision des politiciens serbes. Il doit s’agir d’un référendum. En Croatie, par exemple, il n’y a pas eu de débat sur les avantages et les inconvénients de l’adhésion à l’UE et je crains donc que le peuple croate n’ai pas pleinement conscience des conséquences de l’adhésion à l’UE. Au printemps, il y aura des élections parlementaires en Serbie et il sera intéressant de voir quel rôle jouent les perspectives européennes dans cette élection. Je ne pense pas qu’on donnera à la Serbie le statut de pays candidat à l’UE en 2012 ce qui augmentera le scepticisme des serbes sur la question.  Je crois que sur ces questions, le peuple serbe et les partis identitaires européens ont beaucoup de positions communes.