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Musée du textile de Lyon : l’État laisse détruire la mémoire industrielle française

10/12/2015 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

C’est l’histoire d’un hold-up
L’État a pris 15 millions d’euros dans les caisses de la Chambre de commerce et d’industrie de Lyon. Cela menace le musée des textiles, une référence mondiale et un lieu de mémoire essentiel dans une ville connue pour ses tissages de soie et l’histoire ouvrière des canuts.

Et rien n’a été fait pour sauver ce musée
Les Chambres de commerce disent qu’il est plutôt bien géré pour un musée. Un rapport indigent du ministère suggère des économies qui ne résoudront pas l’essentiel du problème. Le Louvre est intéressé, mais n’a pas d’argent et l’idée de nationaliser le musée n’a pas été suivie par le ministère. La ville de Lyon a dépensé des millions pour construire un bâtiment laid et prétentieux autour de son musée des sciences naturelles. Elle n’a plus d’argent pour son héritage culturel.

En quoi est ce révélateur ?
Les hommes politiques disent qu’ils luttent contre le chômage, mais quand il s’agit de sauver ce qui peut nourrir la mémoire et la créativité d’une industrie majeure, ils se défilent, alors que les touristes viennent du monde entier pour voir les tissages de Lyon sur les murs du château de Versailles et que la mode est un secteur essentiel de l’industrie française.

Qui réagit ?
Le site la Tribune de l’art dénonce ce scandale. Par ailleurs, des étudiants de Sciences-Po relancent cette année l’opération leplusgrandmuséedefrance.com pour la sauvegarde du petit patrimoine français.

Crédit photo : patrick janicek via Flickr (CC) = METIER A LA GRANDE TIRE, Musée du textile, Lyon

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Interview exclusive de Julie Astic à propos de l’ouvrage « Chaque 8 décembre à Lyon »

08/12/2015 – CULTURE (NOVOpress)
Maintenir vivace la tradition et ne pas se contenter d’un folklore vide de sens et mercantile, tel est le combat de toute personne soucieuse son identité locale ou régionale. C’est dans cet esprit que Julie Astic a écrit « Chaque 8 décembre à Lyon », pour donner à nos enfants le sens profond de cette tradition.

— Votre ouvrage « Chaque 8 décembre à Lyon » est sorti il y a quelques semaines aux Éditions Idées. Pourquoi avoir voulu écrire sur cette fête religieuse et populaire lyonnaise ?
Je me suis rendu compte en discutant avec différentes personnes de mon entourage que beaucoup ne connaissent pas les origines de cette fête religieuse et populaire lyonnaise. Qu’ils soient ados ou bien adultes, certains n’ont jamais entendu parler de l’origine de cette tradition. Pour eux, illuminer les fenêtres semble une mode. Pire, d’autres « l’ont su passé un temps puis ils ont oublié ». Comment peut-on oublier une tradition ? Entendre cela me fend le cœur. Les autres ne prennent même plus la peine d’illuminer leurs fenêtres. J’ai écrit ce livre dans le but que tous ceux qui illuminent leurs fenêtres à Lyon et ses alentours sachent pourquoi ils le font et qu’ils n’oublient pas. Aussi, j’aimerais que ce livre soit un réveil pour ceux qui ne le font, mais sont d’ici.
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— Même si les parents prendront du plaisir à le lire, ce livre est à destination des enfants. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous adresser prioritairement à ce jeune public ?
Je voulais pouvoir l’expliquer avec des mots simples et de jolis dessins. Je pense que nous sommes là pour transmettre les traditions à nos enfants. Étant moi-même maman d’une petite fille de 3 ans, j’avais envie d’écrire un livre destiné aux enfants et à elle plus particulièrement.
Je pense aussi que les parents fiers de leur tradition seront heureux de pouvoir partager ce livre avec leurs enfants. Il est évident que les enfants se posent au moins une fois la question que l’héroïne de mon livre se pose, et je pense que des parents n’ont pas forcément la réponse adéquate, la véritable histoire. Plusieurs écoles l’ont déjà acheté pour le mettre dans leur bibliothèque.

— Emma, la fenotte héroïne de cet ouvrage, « s’endort les yeux pleins d’étoiles » de voir sa ville illuminée par les lumignons. Ce sont vos souvenirs d’enfance ?
Il est vrai qu’aussi loin que ma mémoire puisse remonter, je me souviens de ces petites bougies qui brillaient sur le rebord de la fenêtre de ma chambre. C’était toujours une grande fête. Certainement comme d’autres, je choisissais les couleurs de mes lumignons. Je pense que nous avons tous essayé de rester éveillés plus longtemps que les bougies ne s’éteignent, sans succès. Et chaque matin, la première pensée était et reste : vivement l’année prochaine !

— Que pensez-vous justement de la fête des Lumières organisée par la mairie de Lyon ?
Les Lyonnais ne sont pas heureux lors de ces quatre jours de fiasco. Ils attendant de longues minutes pour prendre le métro alors qu’ils sortent du travail.
8_decembre_lyon_02 La plupart d’entre eux ne participent pas à cette fête. Ma grand-mère a 88 ans et vous savez, cette fête l’embête énormément. D’une part, la grande affluence de personnes la gêne dans ses déplacements et d’autre part, elle ne comprend pas du tout le sens de toute cette mascarade. Pour elle « c’est une tradition religieuse alors pourquoi illuminer tous ces bâtiments et faire tout ce bazar ? »
La fête des Lumières organisée par la mairie de Lyon me semble de la plus grande hypocrisie qu’il soit. Je veux dire par là que le seul but de cette fête est purement commercial et sert uniquement à l’économie de la ville. En revanche, elle dessert les Lyonnais dans le sens où elle leur vole une partie de leur identité. C’est avec des évènements comme celui-ci que l’on manipule et formate la société. Je ne suis pas pour la globalisation de l’identité. Sinon ce n’est plus une identité.
Chacun peut avoir son point de vue, mais mon point de vue est le suivant : entre l’argent et la tradition, je ne suis riche que de mon identité. Je me rappelle avoir posé la question de « pourquoi ? » à ma grand-mère. Sa réponse fut « c’est pour la Vierge Marie, elle nous a sauvés de la peste ». Voilà ma conception du 8 décembre, celle que mes grands-parents ont voulu laisser derrière eux, celle que mes parents m’ont transmise, et celle que je veux transmettre à ma fille et à tous les petits gones.

À commander : La Traboule, 5 montée du Change, 69005 Lyon

Crédit photo : LUDOVIC. R via Flickr (CC) = 8 décembre immaculée conception fete des lumieres
Crédit photo : Septentria via Flickr (CC) = 8 décembre 2009