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« Contre le féminisme “de maman”, pour un féminisme marrant et identitaire »

« Contre le féminisme “de maman”, pour un féminisme marrant et identitaire »

[box class= »info »]Interview reproduite avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire Minute.[/box]

« Belle et Rebelle », c’est le webzine qui monte en prônant un féminisme identitaire pour les femmes normales. C’est pêchu, insolent et drôle. Ça marche tellement que même les hommes en sont fans ! Rencontre avec sa directrice, Louise Demory.

[question]Minute : À quoi sert Belle et rebelle (B&R) ?[/question]

[answer]Louise Demory : Pour vous donner une image, B&R vous sert à choisir le bon vernis pour partir en manif’ ! C’est un subtil mélange de futilités toutes féminines et de sérieux, face à la dégradation de notre société. Et c’est avant tout une alternative, car le site a été crée par des filles et pour des filles qui ne se retrouvaient pas dans la presse féminine mais voulaient en – tendre d’autres sons de cloche que ceux fournis à travers les lignes éditoriales étriquées et identiques de titres pourtant surabondants. Nous pensons que le féminisme « de maman » et d’Elisabeth Badinter est totalement largué par les nouveaux enjeux. Les féministes de papier glacé ont une guerre de retard et s’aveuglent à bon compte sur ce qui pose vraiment problèmes aux femmes actuelles.[/answer]

[question]C’est-à-dire ?[/question]

[answer]C’est-à-dire que la prise en compte des nouveaux enjeux les obligerait à s’attaquer à des problèmes qui feraient imploser leur logiciel politique configuré sur la vieille opposition droite-gauche. Elles vivent dans un monde où le mondialisme a encore une connotation positive, alors que depuis dix ans, les classes moyennes et les plus pauvres en subissent les effets pervers – dans leur caddie comme dans leur quartier. Cela les forcerait à dénoncer, pêle-mêle, l’ultralibéralisme économique qui appauvrit les familles ; l’ultralibertarisme moral qui, sous couvert de modernité, bousille la vie des couples ; mais aussi l’islam et l’immigration de masse qui tentent de nous imposer, à travers le communautarisme, des modes de vie qui ne sont pas les nôtres. Et qui risquent de changer, c’est le moins que l’on puisse dire, la vision de la femme européenne traditionnelle ![/answer]

[question]Quel est votre public ?[/question]

« Contre le féminisme “de maman”, pour un féminisme marrant et identitaire »[answer]Ce sont toutes celles qui refusent d’ingurgiter la soupe actuelle. Celles qui pensent que la rappeuse Diam’s ne les représente pas ; celles qui ont sauté les quarante pages du dossier « minceur/ horoscope » dans le dernier « Elle » ou « Grazia » ; celles qui refusent que Clémentine Autain parle en leur nom ; celles qui ne veulent pas être converties aux idéaux féministes – dont on peut juger le bilan aujourd’hui – et encore moins aux religions venant d’ailleurs.[/answer]

[question]Quels sujets abordez-vous ?[/question]

[answer]Tous ceux qui peuvent intéresser les femmes « normales ». B&R, c’est d’abord un angle que l’on ne retrouve pas ailleurs, le porte-voix de ces femmes que l’on croit inexistantes parce qu’on ne les entend pas. On pourra s’y inquiéter de la montée de l’islam en France, y lire qu’une femme au foyer n’est pas la dernière des gourdes ou visionner des entretiens de femmes « rebelles » à leur époque : l’éventail est large, de la féministe laïque Christine Tasin à Fanny et Mathilde, les jeunes femmes qui ont fait le tour d’Europe à pied, en passant, bientôt, par Frigide Barjot, la plus dingue de toutes les catholiques traditionnelles… On parle de sexe aussi, mais de manière marrante et pas comme dans les médias habituels. Nous essayons de véhiculer une philosophie plus positive, moins mortifère que dans le reste de la presse dite « féminine ».[/answer]

[question]Que reprochez-vous à cette presse féminine ?[/question]

[answer]Cela tient en deux mots, justement : « presse » ET « féminine »… C’est la double peine ! Et lorsqu’ils disent féminine, comprenez féministes. La presse en France est moins crédible que le journalisme à Pyongyang !

Plus précisément, je lui reproche un conformisme malhonnête, teinté d’un consumérisme malsain ; je lui reproche d’être prisonnière du prêt-à penser généralisé en France aujourd’hui. Et je lui reproche surtout de répandre l’ennui à grande échelle. Après 30 ans de féminisme, on peut espérer meilleure condition pour les femmes que l’esclavage salarié, le look de Beauvoir et l’hystérie d’Isabelle Alonso.[/answer]

[question]Pensez-vous qu’il puisse exister une presse féminine à la fois commerciale et non conformiste ?[/question]

[answer]Je le pense, je le souhaite et je le fais ! On peut lire, sur B&R, des choses que l’on ne lit nulle part ail leurs. Et évidemment, ni pub, ni culpabilisation ! Notre magazine Internet est totalement gratuit : on ne va pas vous proposer d’acheter des crèmes de beauté à 900 euros simplement parce qu’un annonceur publicitaire nous paie pour cela.[/answer]

[question]Plus largement, que faire pour les femmes soucieuses de lire une presse les concernant tout en y trouvant une valeur morale, intellectuelle – voire politique – ajoutée ?[/question]

[answer]Ne plus se taire et agir. Internet montre qu’il existe un nombre considérable de femmes qui ne se retrouvent plus dans ce à quoi on veut les forcer à s’intéresser. Il faut exprimer son mécontentement de manière massive : les journaux les moins stupides comprendront qu’ils ne pourront faire l’impasse sur ce lectorat et en tireront une logique commerciale naturelle : ils leur donneront ce qu’elles veulent – ou à peu près… Pour le reste, Internet permet de grandes choses : un simple blog, quelques vidéos amateurs, un site, quelques réseaux sociaux. Toute rebelle peut et doit participer. Et surtout, arrêter de consommer la presse dite « grand public » qui, à proprement parler, « corrompt la jeunesse » – et aussi la vieillesse, si je puis me permettre ![/answer]

Propos recueillis par Patrick Cousteau

[box class= »warning »]Article paru ce mercredi dans “Minute” du 31 août. En kiosque ou sur Internet.[/box]

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