Tag Archives: Loi sur le renseignement

Thalys

Autopsie de l’imposture « antiterroriste »

Source : Blog de Jean-Pierre Anselme
Alors même que l’encre de la loi scélérate, dite loi sur le Renseignement, n’est pas encore sèche, le gouvernement instrumentalise l’attaque du train Thalys Amsterdam-Paris pour promulguer de nouvelles mesures liberticides. Lesquelles promettent d’être aussi inefficaces que les précédentes. Autopsie d’une imposture.

Aveux d’impuissance

« Comme l’homme maîtrisé dans le Thalys, les derniers auteurs d’attentats en France avaient tous été fichés à un moment par les services de renseignement avant de passer à l’acte », affirmait l’AFP, le 27 août. Dans le même article, l’agence cite, « sous couvert d’anonymat, un commissaire proche des services de renseignement : “Clairement, on se pose la question de ce qu’on peut faire de plus, mais là on n’est pas loin d’être à la limite de ce que l’on peut faire.” » Même son de cloche, humour noir en plus, dans cette confession rapportée par Didier Hassoux dans Le Canard Enchaîné du 26 août ; « “Je ne sais pas ce qu’on peut faire de plus”, soupire un ponte du renseignement, “Prier peut-être ?” » Et aussi, entre autres propos édifiants cités par l’hebdomadaire : « Il n’est pas le seul à faire cet aveu d’impuissance. Un de ces collègues, plus défaitiste encore, prédit même “un prochain 11 septembre à la française où les services seront de simples spectateurs. Mais je ne veux affoler personne…” »

Fuite en avant

Depuis les attentats de janvier, le plan Vigipirate mobilise près de 20 000 hommes, selon le ministère de l’Intérieur. La moitié d’entre eux sont des militaires, soit, comme le rappelait Le Monde (avril 2015), « plus de militaires mobilisés sur le territoire français que partout ailleurs à l’étranger, où ils sont 9 500 ». Un dispositif qui n’a pas empêché l’attaque du train Thalys Amsterdam-Paris par un seul individu (déjouée par miracle grâce à l’intervention rocambolesque de passagers)… Adepte du « On en rajoute une couche, surtout quand ça ne marche pas », le gouvernement français, dans la foulée d’une réunion des « ministres européens des Affaires intérieures », samedi 29 août, vient d’annoncer « une batterie de mesures pour renforcer la sécurité des trains » : multiplication des patrouilles armées dans les gares et dans les trains, contrôle des bagages sur les Thalys et les TGV (de quelques-uns à ceux de tous les passagers d’un même train)… Gageons qu’une nouvelle « batterie de mesures » du même acabit serait prise si demain, par malheur, un attentat venait à être commis sur une piste cyclable, un des 30 000 ronds-points de l’hexagone ou dans un champ de tournesols. « Citoyens dormez tranquille, la police veille ! »
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24 h avant 1984, seconde édition

04/06/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
Mobilisation contre le projet de loi sur le renseignement, qui est présenté au Sénat

Bernard Cazeneuve réunira demain les opérateurs internet pour évoquer la censure du réseau

Bernard Cazeneuve va réunir les opérateurs internet pour évoquer la censure du réseau

21/04/2015 – FRANCE (NOVOpress via Bulletin de réinfromatioon)
Hier devait avoir lieu une réunion de la plus haute importance place Beauveau. Bernard Cazeneuve devait y rencontrer les patrons des grands opérateurs d’Internet. Suite à la mort des 700 clandestins en Méditerranée, cette réunion a été reportée à demain, mercredi 22 avril.

Cette réunion se place dans un contexte : celui du vote très prochainement à l’assemblée du projet de loi sur le Renseignement. Selon le ministre de l’Intérieur lui‑même, l’objectif est de trouver « Un accord sur une méthode d’action commune ». Bernard Cazeneuve sera accompagné d’Axelle Lemaire, le secrétaire d’Etat au numérique. De l’autre côté, tous les grands groupes du monde d’Internet devraient être présents : Google, Facebook, Apple, Twitter, Microsoft et l’Association française des fournisseurs d’accès et de services Internet.

Bernard Cazeneuve avait déjà rencontré ces interlocuteurs, il y a peu :

Le 21 février pour être exact. Bernard Cazeneuve s’était à l’époque rendu dans la Silicon Valley. A l’époque, un mois et demi après les attentats islamistes de Paris, le ministre s’était félicité du zèle mis en œuvre par ces grands groupes pour retirer les contenus « extrémistes ».

Des grands groupes privés qui pourraient confisquer à terme la liberté d’expression, comme l’Etat en fait

C’est en effet ce que ce genre de rencontres peut laisser prévoir. Dans ce cas, l’Etat semble avoir un rôle, si ce n’est dominant tout du moins moteur. Dans certains cas, les groupes privés s’accordent ce droit de censure. C’est le cas de Facebook, qui a récemment changé ses règles d’utilisation, en se réservant le droit de supprimer les contenus dits « inappropriés ». Contenus, dont la définition reste finalement assez floue…

Renseignement : le flicage pour tous

Renseignement : le flicage pour tous

16/04/2015 – FRANCE (NOVOpress via Présent)
Le texte de loi sur le renseignement qui entend répondre aux tueries de janvier ne concerne en réalité que très partiellement la question terroriste. Et plus partiellement encore la menace islamiste
. C’est pourtant bien elle (et elle seule) qui devrait être ciblée.

Renseignement : le flicage pour tousLe texte est débattu en procédure accélérée devant un hémicycle quasiment vide.

Alors que la France est devenue le premier fournisseur de tueurs islamistes pour l’Etat islamique comme le soulignent les derniers rapports (avec le doublement du nombre de nos ressortissants enrôlé dans les filières djihadistes syriennes ou irakiennes) le gouvernement ne fait preuve d’aucune volonté politique particulière de cibler l’islamo-terrorisme sur notre sol. Par contre il met en avant les morts de Charlie pour étendre les champs d’action du renseignement jusqu’à la surveillance politique. Après « Je suis Charlie », « Je suis sur écoute ».

Le projet de loi se révèle au final beaucoup plus « dangereux pour nos libertés individuelles » selon les propres mots du juge anti-terroriste Marc Trévidic, que pour les islamistes.

« Je pense au mouvement identitaire »

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Christiane Taubira désavouée à l'assemblée sur son refus du renseignement pénitentière

Christiane Taubira désavouée sur le renseignement pénitentiaire

15/04/2015 – PARIS (NOVOpress)
Mardi 14 avril, en fin d’après-midi, les députés ont débattu pour déterminer si le bureau du renseignement pénitentiaire devait ou non utiliser les techniques de renseignement prévues par le nouveau texte.

La garde des Sceaux, Christiane Taubira, a estimé que le ministère de la Justice ne devait pas « ordonner directement des mises en œuvre de technique de recueil de renseignement ». Visiblement, il ne faudrait pas contrevenir à l’intimité de « ses protégés ».

C’est sans surprises que Cécile Duflot, la députée écologiste de Paris a abondé dans le sens de la ministre de la justice.

Pouvoir avoir recours à des techniques extrêmement intrusives met à mal même la capacité de pouvoir exercer ses fonctions au personnel pénitentier, selon elle.

Aurélie Filippetti s’est indignée, comme à son habitude.

Ainsi donc, le « flicage » pourrait être de masse à l’extérieur des prisons, ces lieux de prédilection pour les futurs terroristes (Mohammed Merah, Mehdi Nemmouche, les frères Kouachi, Coulibaly sont des musulmans qui y sont tous allés et s’y sont parfois radicalisés). Mais, il ne faudrait surtout pas entraver la liberté des délinquants qui hantent nos geôles françaises avec un service spécial de surveillance.

Les députés UMP Jacques Myard, Guillaume Larrivé et Pierre Lellouche ont signifié leur désaccord à la garde des sceaux.

Jean-Jacques Urvoas, le rapporteur PS du texte, s’est, lui aussi, posé en contradicteur de Christiane Taubira, du moins, sur ce point.



Intervention de Marion Maréchal-Le Pen à propos de la loi sur le Renseignement

Intervention de Marion Maréchal-Le Pen à propos de la loi sur le Renseignement

14/04/2014 – PARIS (NOVOpress)
Marion Maréchal-Le Pen a pris la parole à l’Assemblée nationale pour faire un inventaire complet de la loi sur le renseignement et dénoncer la mise en place d’une surveillance de masse de la population française.

Marion Maréchal-Le Pen a également fait référence aux propos de Bernard Cazeneuve sur la mouvance identitaire, mais aussi aux saillies verbales outrageantes, hors réalité et répétées du Premier ministre à l’encontre du Front national en France comme à l’étranger.



Le juge Marc Trévidic estime la loi sur le renseignement (qui doit être votée) dangereuse

Loi sur le renseignement : le juge Marc Trévidic l’estime dangereuse

12/04/2015 – PARIS (NOVOpress)
Marc Trévidic, le juge antiterroriste s’est exprimé sur le projet de loi concernant le renseignement qui doit être débattu à l’Assemblée nationale à partir du 13 avril au micro de RTL.

Selon lui, « L’État peut être tenté, à un moment donné, de surveiller ses opposants, des mouvements sociaux, des mouvements de contestation ; faire du renseignement politique. Il y a le renseignement criminel et il y a le renseignement politique. (…) Or, le renseignement politique revient, à tout moment, dans l’histoire parce que l’État veut tout savoir, tout contrôler, qu’il n’aime pas que l’on s’oppose à lui. Et, les critères sont tellement flous dans cette loi. (…) En l’état, une loi de ce type, si elle tombe entre de mauvaises mains, si elle est mal utilisée, on est en danger. »

Marc Trévidic ajoute :

Je pense qu’une loi sur le renseignement doit être pensée, réfléchie. Ce peut être une arme redoutable entre de mauvaises mains. Et là, c’est tout le problème de cette loi sur le renseignement. Une loi sur le renseignement doit protéger le citoyen contre le crime organisé, le terrorisme, mais aussi protéger contre l’État. Et là, sur ce verset : protection du citoyen contre l’État ; on n’y est pas du tout. Il y a une absence totale en ce qui concerne cette loi. On est très en dessous de ce qu’il faudrait.

Le juge antiterroriste se dit donc très inquiet :

Je suis inquiet, vous savez, les libertés individuelles, je suis juge de l’ordre judiciaire, c’est quelque chose qui est ancrée en moi. Et quand il y a une loi qui me parait dangereuse, je suis inquiet pour la démocratie qui est, quand même, un bien très précieux.



Entretien de Laurent Obertone pour l'Ojim sur « La France Big Brother »

Loi sur le renseignement : les opposants organisent une manifestation le 13 avril

11/04/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Alors que le projet de loi sur le Renseignement sera examiné à partir du 13 avril 2015 à l’Assemblée nationale, un certain nombre de structures lancent un appel à manifester ce jour-là, à 12h30 place Edouard Herriot à Paris.

Parmi les principaux opposants au texte, on trouve notamment l’Observatoire des libertés et du numérique qui regroupe des acteurs comme la Quadrature du Net, Attac ou encore Amnesty International France. Cette manifestation doit permettre aux citoyens de montrer qu’ils refusent de céder à la logique de surveillance généralisée et sans garantie présentée comme indispensable par le gouvernement.

Dans un communiqué de presse, la Quadrature du Net pointe du doigt ce projet de loi liberticide :

Les méthodes de surveillance sont massives, le contrôle inconsistant. Le texte issu de la Commission des lois porte un déséquilibre liberticide : l’usage des techniques de surveillance est entre les mains de l’exécutif, sans contrôle solide. La Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement, soi-disant garante des libertés, ne disposera ni des pouvoirs ni des moyens nécessaires pour accomplir sa mission. Le Premier ministre pourra toujours passer outre son avis, et elle ne pourra rien interrompre par elle-même. Le gouvernement se refuse à assurer un contrôle systématique et indépendant a priori des demandes des services et organise un contrôle a posteriori illusoire. La saisine du juge administratif restera aléatoire et la procédure asymétrique, les principes processuels fondamentaux cédant devant le secret défense.

Tous les citoyens sont concernés : non seulement parce que les méthodes relèvent de la surveillance de masse, mais aussi parce que le texte étend dangereusement le champ d’action des services spécialisés. La surveillance pourra s’abattre sur les mouvements sociaux et politiques, au titre de la « prévention des violences collectives » et sur tout citoyen ou mobilisation qui, dénonçant des pratiques industrielles néfastes, porterait atteinte aux « intérêts économiques ou industriels essentiels de la France ». Ce projet est une menace pour les libertés politiques et les mobilisations à venir.

Pour rappel, le 3 avril dernier, les opposants au texte avaient adressé aux parlementaires une « lettre ouverte aux traîtres à la République ». Dans ce texte, Laurent Chemla s’adressait aux élus de la République qui vont tentés d’autoriser, sans contrôle, la surveillance de chaque citoyen :

Mesdames, messieurs, vous qui, en théorie, représentez la voix du peuple, c’est ce même peuple que vous vous apprêtez à trahir. En mettant (quel que soit l’enrobage sur le pseudo-anonymat des données recueillies) la totalité de la population sur écoute, en traitant chaque citoyen de ce pays comme un terroriste en puissance, c’est le peuple que vous vous apprêtez à dénoncer comme votre ennemi.

Un site dédié permet encore aux internautes contacter directement leur député pour l’inciter à ne pas voter cette loi.