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Frédéric Pichon

Me Frédéric Pichon : « La gauche, depuis 1793, est intrinsèquement totalitaire »

26/02/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Me Frédéric Pichon, président du Collectif des avocats libres et avocat de Christine Tasin, présidente de Résistance républicaine, qui fait l’objet de multiples poursuites judiciaires, a accordé un entretien au quotidien Présent sur la restriction de la liberté d’expression en France. Il demande l’abrogation des « lois liberticides » comme la loi Pleven. C’est cet entretien, réalisé par Louis Lorphelin, que nous publions ci-dessous.

Frédéric PichonPrésent : En quoi l’éventuelle condamnation de Christine Tasin, présidente de Résistance républicaine et convoquée le 1er mars prochain devant la 17e chambre, serait-elle un cap franchi dans la restriction de la liberté d’expression en France ?

Me Frédéric Pichon : Jusque-là, la loi Pleven n’était censée réprimer que la provocation à la haine supposée contre les personnes à raison de leur religion ou de leur race. On pouvait en revanche critiquer les religions. Mme Tasin est poursuivie pour avoir critiqué l’islam. On franchit donc un cap dans cette affaire puisque c’est la possibilité même d’émettre des avis critiques sur l’islam qui pourra être poursuivie. Ce qui est particulièrement grave.

Vous parlez de l’arsenal juridique comme du « harcèlement » et « d’une arme de guerre contre toute pensée alternative. » N’est-ce pas un peu fort ?

Lorsque votre client est convoqué quatre fois dans la même semaine chez les policiers ou dans le bureau du juge, je n’hésite pas à appeler cela du harcèlement ou de l’intimidation. Quand on perquisitionne votre client pour une caricature de Mme Hidalgo, ça n’est pas tellement Charlie. Lorsqu’on menace une cliente qui habite au fin fond de la Normandie de la faire venir de force dans le bureau du juge pour une caricature de Cazeneuve, je dis qu’on perd le sens de la mesure.

D’autant que, encore une fois, le parquet n’était pas obligé de poursuivre dans certains cas puisque ce sont des plaintes simples qui ont été déposées. Or, en matière de presse, seule une plainte avec constitution de partie civile ou une citation directe peut lancer l’action publique. En choisissant de poursuivre sur la base de plaintes bancales sur le plan juridique, la section AC4 du parquet, qui pourtant connaît parfaitement le droit de la presse, agit en connaissance de cause.

Vous parlez d’un « deux poids deux mesures » dans le processus judiciaire, et d’une collusion entre la justice et certaines associations. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Il suffit de voir la jurisprudence qui concerne le racisme anti-français et anti-chrétien et la comparer avec les autres types de discrimination pour s’en rendre compte. Quand Jean-Paul Agon ou Anne Lauvergeon se sont vantés d’avoir fait de la discrimination positive, non seulement ils n’ont pas été condamnés, mais la 17e chambre a même condamné l’Agrif (association qui lutte contre le racisme anti-français et anti-chrétien) pour procédure abusive. A l’inverse, il suffit que la Licra fasse le moindre signalement pour que le Parquet, tel un bon élève, engage immédiatement des poursuites permettant ainsi d’économiser des frais de consignation aux « ligues de vertu ».

Quelles seraient les solutions pour un débat plus serein en France ?

La solution n’est pas judiciaire. Ça n’est pas en cassant le thermomètre que l’on va arrêter la fièvre. Une société multiculturelle est une société multiconflictuelle. Or, je crois à la phrase de Saint-Exupéry : « Aimer, c’est regarder ensemble dans la même direction. »

Pour construire un véritable avenir, il faudrait que la France n’ait pas peur de son ombre, qu’elle assume fièrement son passé, qu’elle l’enseigne aux nouveaux arrivants en imposant le respect. Or, la gauche n’a cessé de dévaloriser notre histoire aux yeux de ces populations nouvelles. Comment imposer le respect, quand Macron déclare que la colonisation française a été un crime contre l’humanité ?

Qu’est-ce qui justifie aujourd’hui, selon vous, le maintien de ces lois liberticides ?

La gauche, depuis 1793, est intrinsèquement totalitaire. Quant à la droite libérale, elle reste sur une posture défensive lorsqu’elle ne prend pas les devants de peur de passer pour réac ou ringarde. C’est sous la droite que la plupart des lois liberticides ont été votées.

Il y a derrière tout ça un manque réel de courage politique. A cela s’ajoute le puissant poids politique des lobbies que peu d’hommes politiques ont le courage de dénoncer. Il faut donc changer de paradigme et abolir ces lois.

Entretien paru dans le quotidien Présent

Frédéric Pichon

Appel aux candidats pour rétablir la liberté d’expression, par Frédéric Pichon

En France il est permis de dire que « les immigrés sont une chance pour la France ». Il est aussi possible d’affirmer  que  » l’islam est une religion de paix ». Ce sont des opinions: il est normal qu’elles  puissent être exprimées. A une condition toutefois : que les opinons contraires aient un égal accès au débat public.

Or ce n’est pas que le cas : quiconque affirmerait – mêmes avec des arguments solides – que les immigrés, majoritairement extra-européens, sont une catastrophe pour la sécurité, l’école, l’économie ou l’identité du pays et que l’islam est une religion de guerre prendrait le risque d’être poursuivi et d’être condamné par les tribunaux au titre de la loi Pleven. Et ce pour incitation à la haine ou à la discrimination a raison de la religion ou de l’origine.

Cela rend impossible tout débat libre et serein sur la politique migratoire ou l’islamisation des banlieues. Cela rend impossible une approche  réelle des faits qui suppose une libre confrontation de opinions. Cela fragilise la démocratie dont le socle est la liberté  d’expressions contradictoires.

En France, la parole était très libre, dans les années 1970, et certains proclamaient même qu’il était « interdit d’interdire ». C’était avant une accumulation de lois très restrictives, et les prérogatives exorbitantes accordées à des associations dites antiracistes, par ailleurs gavées de subventions publiques, pour ester en justice contre des particuliers.

Philippe Nemo à la fin de son opuscule La Régression intellectuelle de la France, paru en 2011, suggère : « Si un jour le pays se ressaisit et se donne un gouvernement et un parlement connaissant la valeur vitale des libertés intellectuelles et le tort qu’une société se fait à elle-même en les diminuant, un des premiers projets de loi à déposer sur le bureau de l’Assemblée sera celui-ci :

“Article unique. Les lois du 1er juillet 1972, 13 juillet 1990, 21 mai 2001, 30 décembre 2004, ainsi que l’article R.625-7 du Code pénal et l’article 475 du Code de procédure pénale sont abrogés.” »

« Par cette réforme, la France pourra de nouveau se représenter son avenir. Et de ce seul fait, elle sera en meilleure position pour s’y préparer. » 

Dans cet esprit, nous vous demandons si, une fois élu, vous rétabliriez la liberté d’expression en supprimant dans une première étape les délits d’opinion prévus par la loi du 1er juillet 1972 (appelée loi Pleven).

Frédéric Pichon,
 avocat,
Président du Collectif des Avocats Libres

Appel repris du site de la Fondation Polémia

Bûchers liberté

Anastasia Colosimo appelle à ne pas avoir peur du blasphème

« Aux âmes bien nés, la valeur n’attend pas le nombre des années. » Telle est la remarque que je me suis faite en remarquant qu’Anastasia Colosimo a 26 ans. Elle vient de s’attaquer de manière à la fois très tranchée et très large à l’une des questions les plus difficiles qui se posent à nos sociétés : que fait-on avec le sacré et en particulier avec le sacré des autres ?

La position d’Anastasia Colosimo est simple et peut-être est-elle la seule tenable en théorie, la seule rigoureuse : chacun est libre d’attaquer la religion, en fourbissant de bons arguments. Les personnes peuvent et doivent se défendre juridiquement contre toutes formes d’injure, mais les religions se défendent elles avec leurs propres armes – non pas les armes du droit, mais en répondant aux mises en cause dont elles sont l’objet.

Jusque dans la Bible, Anastasia Colosimo remarque que, trop souvent, les accusations de blasphème permettent de défendre non seulement la divinité outragée mais le croyant chatouillé dans ses convictions. Signe que la dimension purement religieuse n’est jamais réalisée : cette défense apparaît chaque fois comme immédiatement collective. Elle s’exerce au détriment de la société réelle et au profit de communautés fantasmées.

Ainsi Anastasia Colosimo juge-t-elle sévèrement les catholiques traditionalistes de l’Agrif ou de Civitas et elle blâme la concurrence mémorielle qui ne manque pas de surgir de procès foncièrement hostiles à la liberté d’expression. Tous les procès y passent et toutes les législations européennes sont examinées de près, y compris celle de la Cour européenne des droits de l’homme. Pour notre auteur, pas de doute : il suffirait, pour lever toute ambiguïté, d’en revenir au premier amendement de la Constitution américaine et d’affirmer clairement et inconditionnellement la liberté d’expression. Voilà la seule porte de sortie qui soit digne de l’esprit humain.

Et de déplorer le mouvement à travers lequel, après la proclamation de la Déclaration des droits de la personne, en 1948, certains envisageaient (à l’époque) une sorte de Parlement mondial des religions : « Il s’agissait de rendre partout obligatoire, face à l’esprit d’ignorance, l’enseignement de tous les corpus religieux existants, sous l’égide des autorités compétentes, mais aussi de rendre parfaitement solidaires face à l’esprit de profanation tous les credos et textes religieux fondateurs, réunis sous l’intitulé d’Ecritures, ou encore de rendre parfaitement impossible face à “l’esprit d’hostilité“, tout dénigrement de toutes religions dans les médias et les lieux d’enseignement ». Tel était l’esprit législatif des années 1950.

Dans un tel schéma protectionniste, on peut se demander où est la recherche de la vérité. Les communautés se referment chacune en elle-même mais cela n’a plus d’importance, elles sont protégées par l’Etat… De telles pratiques sont non seulement liberticides mais destructrices de la société.

L’auteur met en cause, avec une honnête intransigeance, la loi Pleven et la loi Gayssot, et elle prêche en faveur d’une liberté véritable au-delà de tous les blasphèmes, blasphèmes que l’on ne peut pas soumettre à la justice humaine. Mais elle souligne que d’une certaine façon il est trop tard pour la liberté : « Qui sera celui qui portera au Parlement le projet de loi visant à abolir la loi sur la provocation à la haine, à la discrimination ou à la violence en raison de l’appartenance raciale ethnique ou religieuse ? » Et de l’autre côté de la barrière, « quelle serait la réception qu’en ferait le peuple et y verrait-il non pas un permis de donner libre cours aux discours les plus haineux, mais un pari pour retisser des liens oubliés entre des citoyens bien réels et non plus des communautés imaginaires ? Ces lois-là personne ne pourra les défaire. Le piège s’est déjà refermé ».

Une véritable réflexion, sans tabou, qui souligne que le progrès est toujours du côté de la liberté, ne serait-ce que parce qu’elle permet d’échanger les manières de voir loin de la terreur du blasphème. A lire d’urgence pour ne pas se laisser immobiliser par les faux problèmes.

Entretien avec Jacques Bompard : À l’heure du Grand Remplacement

16/09/2015 – FRANCE (Présent 8441)

— Si vous étiez le maire socialiste d’Orange, combien de migrants logeriez-vous dans le théâtre antique ?
Jacques Bompard : Les mairies socialistes ont répondu qu’elles étaient favorables à l’accueil… mais pas sur leur territoire. Tout comme les autres maires, je n’ai aucun pouvoir d’empêcher les gens de venir à Orange s’ils le veulent. Par contre, j’ai le pouvoir, et le devoir, de ne pas dépenser l’argent municipal. Toute cette histoire d’accueil est étonnante, le pays se comporte comme lorsque des gens recueillent un petit chat ou un petit chien. Le petit chien fait pipi dans le salon, le petit chat s’accroche aux rideaux, au bout de quelque temps on se débarrasse de l’animal. Or les migrants, ou les réfugiés, ou les clandestins – on ne sait plus très bien comment les nommer – ne sont pas des petits chiens ou des petits chats. Ils ont des droits, à défaut de devoirs. Mais l’État français va se débarrasser d’eux et ce sera aux collectivités locales de s’en occuper. Pendant ce temps, d’autres États, milliardaires ceux-là, ne prennent personne. Nous prend-on pour des imbéciles ? J’aurais tendance à le penser, d’autant plus que les sondages montrent que les Français sont majoritairement hostiles à « l’accueil ».

8441-Une

— Vous avez déposé en juin deux propositions, lutte contre l’immigration, lutte contre le Grand Remplacement. Pourquoi distinguer les deux alors que, comme vous le soulignez dans ces textes, ils sont liés ?
J.B. : Le projet de loi de lutte contre l’immigration vise à établir qu’on a le droit de demander à la République de stopper l’immigration. Celui de lutte contre le Grand Remplacement est plus philosophique. Il considère qu’il y a des primo-occupants de l’Europe qu’on doit défendre et non remplacer. Or il y a bien un remplacement organisé par nos politiques.

— Organisé activement ou toléré, passivement ?
J.B. : Tout le mandat de François Hollande prouve qu’il existe une volonté de casser le pays. Comment expliquer ce Grand Remplacement sinon par la haine des gouvernants pour leur peuple ? Cette détestation de soi est telle qu’elle tend au suicide. Lorsque j’évoque la philosophie chrétienne dans l’hémicycle, il faut voir les moues dégoûtées que certains députés prennent… Quand j’ai déposé une proposition de loi concernant l’avortement, juste pour qu’on laisse aux femmes un délai de réflexion – juste cela, ce que j’estime être le minimum avant un acte lourd de conséquences pour l’enfant comme pour la mère –, les réactions ont été violentes. C’est pour cela qu’il est vain de s’en remettre à des partis politiques, de voter et de laisser la main à des élus. Une élection n’est pas un blanc-seing. Il faut s’impliquer personnellement, voter et suivre ce que fait le député ou le maire. Je promeus une école de la responsabilité dans le domaine politique.

— Quel est l’avenir de ces différentes propositions que vous avez déposées ?
J.B. : Le gouvernement choisit ce qu’il met à l’ordre du jour. Lutter contre l’immigration, le Grand Remplacement et la christianophobie n’est évidemment pas sa priorité ! Il préfère qu’on parle d’autre chose. En tout cas mes propositions, qu’elles concernent la famille, le travail ou l’immigration, ont un lien et une cohérence : elles sont un projet de gouvernement. Le député n’est pas élu pour discourir devant ses pairs, mais pour légiférer, ne l’oublions pas.

— Vous souhaitez introduire la christianophobie dans la loi Gayssot, au même titre que le racisme et l’antisémitisme. Utilisez-vous la loi Gayssot ou la bonifiez-vous ?
J.B. : Pourquoi punir un discours contre l’islam tout en laissant attaquer le christianisme ? Même le diable peut porter Pierre. Vu les conditions dans lesquelles nous nous battons, nous avons peu le choix des armes. Je fais du judo, d’une certaine façon : j’utilise la force de l’adversaire à mes propres fins. Et, en ce qui concerne la loi Gayssot, le raisonnement par l’absurde n’est pas dénué d’intérêt ni d’humour.

— Vous souhaitez que « la France interdise le financement public d’actions christianophobes ». Une pratique qui a déjà cours à Orange ?
J.B. : À notre arrivée à la mairie d’Orange, nous avons trouvé un patrimoine chrétien en déshérence. Nous l’avons relevé peu à peu. N’est-ce pas là l’utilisation normale de subventions municipales ? Le patrimoine est une richesse à la fois économique et culturelle, plus que cela : identitaire et spirituelle. Mais nous n’avons pas fait que défendre ou promouvoir cet héritage. Nous avons consacré Orange au Sacré-Cœur et, du haut de la colline Saint-Eutrope, la Sainte Vierge veille sur la ville. Ce n’est pas inutile, je crois.

Propos recueillis par Samuel Martin