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[Tribune] Prix Nobel de littérature, promotion de la laideur. Par Anatoly Livry

[Tribune] Prix Nobel de littérature, promotion de la laideur. Par Anatoly Livry

Depuis des décennies déjà, le prix littéraire le plus prestigieux du monde a cessé de récompenser une parcelle de cette beauté stylistique qui sauvera le monde comme l’a supposé Dostoïevski et n’est là que pour marquer les tendances idéologiques du gouvernement planétaire en cours d’installation accélérée. Le lauréat du Prix Nobel n’est plus un artiste de la plume – je suis sûr que l’Académie suédoise ne lit même plus les œuvres de ceux qu’elle promeut –, mais ne constitue qu’une idole, totalement interchangeable comme le veut la marchandisation de l’humain, dressée sur un piédestal en plastique jusqu’à l’année suivante.

Le 8 octobre 2015, à Stockholm, était rendu public le nom de la lauréate, Svetlana Aleksievitch, dont les produits auraient stupéfait Alfred Nobel. En effet, durant l’ère soviétique, cette bonne apparatchik de ce système qui a engendré le Goulag était une fonctionnaire docile, lauréat du Prix du Komsomol (1986), décorée d’ordres créés par Staline. C’est à ce moment-là qu’elle a publié, obéissant à la commande sociale, son unique bouquin connu rédigé dans la langue banale exigée par l’Union d’écrivains dont elle était membre. L’URSS a implosé et sa gamelle idéologique s’est vidée. Tous les plumeux ex-Soviétiques qui ne se respectaient pas se mirent à la recherche d’autres maîtres. Le Prix Nobel littéraire de 2015 a eu beaucoup de chance, ayant réussi à se vendre à la Fondation Soros. Ses parutions sont devenues de plus en plus triviales, indignes du qualificatif de « littéraire » : le mondialisme est là pour fabriquer une idiocratie sans frontières, des Alexievitchs en étant les instituteurs. Pour cette raison, un lecteur de Nabokov ou même de Tchékhov ne peut supporter ces publications indigestes, cependant financées par toute sorte de Soros, grands ou petits. C’est également pour cela qu’un lecteur de langue russe, idiome dans lequel s’exprime cette citoyenne biélorusse, ne connait absolument pas le nom de cette baudruche gonflée en Occident.

Bien sûr, le salaire obtenu par l’heureuse ex-Soviétique exige une totale adhésion aux thèses de ses chefs, thèses qu’elle est censée répéter sans cesse. Pire encore pour la littérature : ce psittacisme médiatique du politiquement correct est son unique « œuvre » ! Le Poutine actuel avec son allié réservé Loukachenko sont des résistants à abattre. Or, nous trouvons dans les médias occidentaux ou chez leurs confrères russes stipendiés par de célèbres officines la doxa habitant les discours de la nouvelle nobelisée : « Poutine est l’envahisseur de l’Ukraine et de la Crimée », sa Russie étant comparée à la Corée du Nord (que cette dame ne connaît bien sûr pas). Durant l’un de ses séjours payés par Soros en Italie, ce génie des lettres s’est même joint aux généreux élans d’Italiens visant à soutenir l’installation d’Africains dans les Apennins ! Et naturellement, chaque mouvement de résistance d’Européens est comparé par cette bonne élève au NSDAP hitlérien : née dans un univers poststalinien, cette graphomane maîtrise tous les instincts des despotes actuels et sait les flatter.
Ce qui est insupportable naturellement, c’est que par cette nouvelle décision de l’Académie suédoise, Big Brother dresse de futures vagues humaines incapables de générer de nouveaux Rembrandt, Claudel ou Mozart.

Anatoly Livry

Anatoly Livry, docteur de l’Université de Nice-Sophia Antipolis, Professeur-invité à l’Université d’État de Russie, Envoyé spécial de la « Gazette littéraire »

pierre-drieu-la-rochelle-et-chat

Portrait d’un preux : Drieu la Rochelle

Source : ARCHAÏON, les tablettes de Christopher Gérard

De Pierre Drieu la Rochelle (1893-1945), Mauriac disait justement qu’il était « au centre magnétique des attractions et des tentations d’une génération ».
Ce déclassé magnifique, cet homme inassouvi qui finit — sans une once de bassesse — par céder à la tentation de la mort volontaire, cet écrivain « trop intellectuel, pas assez artiste » comme il se décrivait lui-même, le Liégeois Frédéric Saenen, lui-même écrivain et critique, a tenté de le cerner dans un stimulant essai où l’homme et l’œuvre sont scrutés sans complaisance ni a priori.

Frédéric Saenen, Drieu la Rochelle face à son œuvre, Infolio, 24,90€

Frédéric Saenen, Drieu la Rochelle face à son œuvre, Infolio, 24,90€

Saenen voit bien que Drieu feinte et se dérobe sans cesse, lui qui pratique jusqu’au bout, jusqu’à son suicide pour « ne pas être touché par des pattes sales », un impeccable noli me tangere. Il y a quelque chose de très anglo-saxon (les racines normandes ?) dans ce refus hautain. Voilà sans doute l’une des raisons pour lesquelles Drieu fascine : cette distance, ce dandysme quasi monastique tempéré par l’activisme. Saenen réévalue l’écrivain : occultées, les fulgurances du poète Drieu sont étudiées avec une grande finesse.

Mieux : son parti-pris de relire chaque œuvre en la replaçant dans la biographie comme dans l’époque, la subtile étude de thèmes (Drieu et le sport, Drieu et les surréalistes, Drieu et Céline, Drieu et Barrès…) permettent à Saenen d’affiner le regard porté sur l’écrivain, qui se révèle l’un des grands des années 30. Rêveuse bourgeoisie demeure en effet l’un des grands romans de formation de l’époque. Sans conteste, l’antimoderne Drieu dépasse de loin Nizan, Arland et quelques autres…

Saenen a mille fois raison de mettre en avant La Comédie de Charleroi, Le Feu-follet, de même que Récit secret. Même le Journal doit être considéré comme essentiel. Reste donc un témoin essentiel des turbulences de l’entre-deux-guerres, doublé d’un écrivain de haut parage, un homme aussi exaspérant qu’attachant, hanté par la décadence et participant à cette dernière, un preux happé par le nihilisme, mais sauvé par sa noblesse d’âme.

Christopher Gérard

Frédéric Saenen, Drieu la Rochelle face à son œuvre, Infolio, 24,90€

Politiquement correct : faut-il arrêter de lire les livres écrits par des hommes blancs ?

13/07/2015 – CULTURE (NOVOpress)
Le politiquement correct a encore frappé : une tribune dénonçant leur surreprésentation chez les auteurs agite la sphère littéraire américaine… Comme si Hemingway, George Sand, Confucius, Léopold Sédar Senghor ou Marcel Proust n’avaient de valeur littéraire qu’en tant que mâle américain, femme française, homme chinois ou sénégalais ou encore homosexuel…

moran nimier

Paul Morand, Roger Nimier – Correspondance (1950-1962)

09/06/2015 – CULTURE (NOVOpress)

Grâce, entre autres, à l’enthousiasme de mon jeune éditeur et ami Bertrand Lacarelle, les éditions Gallimard viennent de publier, après le monument Morand-Chardonne, la Correspondance (1950–1962) entre Paul Morand et Roger Nimier. Le bandeau de couverture qui annonce le guide du parfait hussard est pleinement justifié. Pas de philosophie ici, mais quelques galops, de franches bourrades et une célébration sans arrière-pensée des plaisirs de la vie.correspondance
Ces lettres rapides, simples, pratiques, amicales ou médisantes, cette farandole de cartes postales, de prospectus, de bouts de nappe en papier, d’en-têtes d’hôtel biffées, ce catalogue d’éloges, d’instructions éditoriales, de prescriptions boursières, de menus, de réclames, sont un bain de jouvence. On s’y replonge dans un monde encore récent qui était déjà vieux, mais tellement plus jeune que le nôtre. Un monde où l’on pratiquait encore la désinvolture ! On y discute boutons de manchette, prix littéraires, alcools et bagnoles, on y feint de se tancer pour trois litres de Vouvray ou pour du deux cents à l’heure, on y aligne sans y penser les piques à l’emporte-pièce sur les femmes, les nations, les idées à la mode et les moeurs bizarres.
Bref, l’on y foule gaîment à pieds nus — enfin, en espadrilles et pantalons de toile — des prés verts désormais devenus des champs de mines.
Et, surtout, ces deux écrivains de race, le jeune lévrier Nimier emporté trop tôt dans son Aston Martin et le vieux lion Morand qui aura traversé le siècle, nous ravivent la nostalgie d’un mâle asile que nous avons tant de peine à retrouver : la confiance, la complicité et l’abandon parfait qui caractérisent le lien entre un père et un fils d’élection. A l’ère des PACS, des « mariages pour tous » et autres inventions juridico-puritaines, contempler un pur et candide amour d’hommes est aussi jouissif que d’allumer un cigare dans une maternité.

Slobodan Despot

Quelques perles

«Il est vrai que le XVIIIe commence par Fontenelle, Voltaire, les soupers du Régent […], et finit par le sang, l’ordure, Sade, la démocratie, etc.» (Morand à Nimier, 24.4.1952)
«On vous reprochera votre Jaguar toute la vie; ce qui est très bien. On oubliera même votre beauté et votre talent, mais la Jaguar, jamais.» (Morand à Nimier, 6.1.1954)
«On n’écrit, en Andalousie, qu’avec du rouge à lèvres.» (Nimier à Morand, 10.9.1956)
«Puis-je vous dire, puisqu’il est deux heures du matin, heure sans femme, donc sans pudeur pour les hommes, que votre amitié me fait tout le plaisir que ces dernières années de Paris ne m’ont pas beaucoup donné…» (Nimier à Morand, octobre 1956)
«Vous n’êtes pas un auteur de la série blonde.» (Nimier à Morand, 4.2.1957)
«Casanova, c’est plus important que Voltaire, à beaucoup de points de vue.» (Morand à Nimier, 20.6.1958)

Le salon du livre à l'heure du numérique

Le salon du livre à l’heure du numérique

24/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
Les Français lisent de moins en moins, surtout les plus jeunes. Les maisons d’édition voient leur chiffre d’affaires baisser chaque année. Les librairies ferment. Le Salon du Livre de Paris s’est clos lundi 23 mars 2015 sur d’amers constats statistiques autant que sur des raisons d’espérer.

Le salon a ainsi été l’occasion de présenter des innovations qui pourraient séduire de nouveaux lecteurs dans les années à venir. « La manière de lire ne change pas beaucoup. Les gens lisent encore majoritairement chez eux, avant de se coucher, ou dans les transports en allant au travail, constate Rémi Gaucher, président d’une société de conseil spécialisée dans l’édition. En revanche, la manière dont les lecteurs entrent en contact avec les livres évolue très vite. »

Le récent rapport ministériel Engel les juge illégales. Les offres d’abonnement de lecture en illimité ont contre-attaqué au Salon du Livre. La société Youscribe y organisait un colloque.

L’objectif était de démontrer que le streaming est une bonne réponse à l’évolution des usages. La lecture doit se battre. Convaincre les éditeurs, les auteurs et les libraires de l’utilité du streaming en illimité ne sera pas chose aisée.

« Notre modèle est celui d’une bibliothèque publique, explique Juan Pirlot de Corbion. Quinze millions de Français empruntent 200.000 millions de livres chaque année dans les bibliothèques. Et tout le monde reconnaît que ça encourage la lecture. Le streaming payant, c’est pareil. »

La maison d’édition numérique ePoints, en partenariat avec Twitter, a lancé l’application #MerciduRetard. Le service, payant, permet d’offrir à ceux qui vous attendent, un peu de lecture. L’échange se fait par smartphone et vous pouvez choisir le type d’ouvrage en fonction de votre retard. ePoints est par ailleurs spécialisée dans les offres de lecture courte.
Crédit photo : ActuaLitté via Flickr (cc)


Vendredi 6 février : soirée dédicaces de la revue "Livr'Arbitres"

Vendredi 6 février : soirée dédicaces de la revue « Livr’Arbitres »

02/02/2014 – PARIS (NOVOpress)
A l’occasion de la sortie de son nouveau numéro comportant un portrait consacré à André Fraigneau, ainsi qu’un dossier intitulé de la critique en littérature, la revue littéraire non-conforme « Livr’Arbitres » organise sa désormais traditionnelle soirée “apéritif et dédicaces” le vendredi 6 février, à partir de 20 heures, au restaurant “Ratatouille”, 168 rue Montmartre, Paris 2ème, métro : Bourse ou Grands-Boulevards.

Dans une atmosphère conviviale, les lecteurs et les curieux sont invités à rencontrer à cette occasion les écrivains qui collaborent à la revue ou dont les ouvrages ont été évoqués dans ses colonnes. Ils pourront également acheter des livres neufs ou d’occasions, les faire dédicacer et échanger autour d’un verre
de vin…

affiche soirée-dédicace 1

Philippe Conrad : "Le Coeur rebelle est un livre admirable de Dominique Venner"

Sortie d’un numéro de « Livr’arbitres » spécial Dominique Venner

12/05/14PARIS (NOVOpress)
A l’occasion du premier colloque consacré à Dominique Venner “écrivain et historien au coeur rebelle” (Samedi 17 mai, Maison de la Chimie,28 bis, rue Saint-Dominique 75007 Paris , à partir de 14h30), sortira le nouveau numéro de la revue littéraire non-conforme « Livr’arbitres » largement consacré à la figure du « samouraï d’Occident ».

Numéro de « Livr’arbitres » spécial Dominique Venner

Dans les colonnes de la revue, le lecteur pourra ainsi retrouver les témoignages et réflexions de nombreuses personnalités ayant côtoyé Dominique Venner ou ayant été influencées par son œuvre. On retrouvera ainsi les contributions d’Alain de Benoist, Jean-Yves Le Gallou, Philippe Conrad, Adriano Scianca (Casapound Italia), Laurent Schang… A noter également une bibliographie complète des œuvres de Dominique Venner établie par Alain de Benoist.

Un second dossier, consacré au grand et courageux éditeur Roland Laudenbach, complète ce numéro exceptionnel. (avec les participations notamment de Gabriel Matzneff et Christopher Gérard)

Pour se procurer le numéro :
Livr’Arbitres
chez Patrick Wagner
36 bis, rue Balard
75015 Paris

www.livr-arbitres.com
Le numéro : 6 euros + 2 euros de frais de port
Abonnement : 22 euros (soutien : 50 euros)

Gabriel Garcia Marquez, Nobel de Littérature, est décédé

18/04/2014 – VIDÉO EURONEWS – Disparition de l’un des plus grands écrivains de langue espagnole : âgé de 87 ans, l’écrivain colombien Gabriel Garcia Marquez est mort ce jeudi à son domicile de Mexico. Admirateur de Fidel Castro et Che Guevara, qu’il louait pour la façon dont ils défiaient les États-Unis, prix Nobel de Littérature en 1982, il est décédé auprès de son épouse et de ses deux fils. Il avait été hospitalisé une semaine jusqu’à ce mardi pour une infection pulmonaire. En 1999, il avait survécu à un cancer du système lymphatique.

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Vendredi 21 mars : 9e soirée des amis de "Livr'arbitres"

Vendredi 21 mars : 9ème soirée des amis de « Livr’arbitres »

16/03/14 – PARIS (NOVOpress)
A l’occasion de la sortie de son nouveau numéro comportant deux dossiers principaux, l’un consacré à Marcel Aymé, l’autre au dandysme, la revue littéraire non-conforme « Livr’arbitres » organise sa désormais traditionnelle soirée « apéritif et dédicaces » le vendredi 21 mars, à partir de 20 heures, au restaurant « Ratatouille », 168 rue Montmartre, Paris 2ème.

Dans une atmosphère conviviale, les lecteurs et les curieux sont invités à rencontrer à cette occasion les écrivains qui collaborent à la revue ou dont les ouvrages ont été évoqués dans ses colonnes. Ils pourront également acheter des livres neufs ou d’occasion, les faire dédicacer et échanger autour d’un verre de vin… Seront notamment présents Francis Bergeron, Solange Bied-Charreton, Christopher Gérard, Alain Paucard, Olivier Meyer, Slobodan Despot, Patrick Weber…

www.livr-arbitres.com

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Sophie Chauveau (Noces de charbon, Gallimard) sur Radio Courtoisie

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Les Grands Entretiens de Novopress - Bruno Favrit : "Partir sac au dos pour aller s’expliquer avec le monde" (1/3)

Les Grands Entretiens de Novopress – Bruno Favrit : « Partir sac au dos pour aller s’expliquer avec le monde » (1/3)

14/01/2013- 11h00
PARIS (NOVOpress) –
Homme des hautes cimes, qu’elles soient minérales ou intellectuelles, Bruno Favrit (photo, à Brociélande) a construit patiemment une œuvre réellement originale. Brillant par ses nouvelles, qui concentrent un certain élixir de l’âme européenne, il s’est également distingué par ses essais sur le paganisme ou plus récemment par la publication de Midi à la Source 1980-2011. En 2002, il rend hommage à celui qu’il considère comme un grand éveilleur en signant une biographie de Friedrich Nietzsche dans la collection Qui suis-je ? des éditions Pardès. C’est à la rencontre de l’homme de montagne, de l’écologie radicale et des plus profondes racines, que nous sommes allés.


Votre paganisme est incontestablement un trait majeur de votre personnalité, de votre œuvre. Qu’est-ce être païen aujourd’hui ? Le paganisme est-il pour vous un éclairage, une énergie ou une charpente ?

Je vois le paganisme avant tout comme une philosophie qui ne doit rien à un dogme ou un système. Il participe d’une évidence « instinctive » qu’il faut parfois aller chercher au rebours des injonctions, en tout cas régulièrement au contact d’une nature, comme réceptacle d’enseignements majeurs.

Dans ce que vous reprochez au catholicisme, ne trouve-t-on pas simplement les « idées chrétiennes devenues folles » selon la formule de Chesterton ?

Il y aurait beaucoup à dire sur le christianisme. À commencer par le dogme qui le régit et qu’il est difficile de relativiser sous peine de se mettre en dehors de l’Église. Bon, je conçois qu’aujourd’hui, celle-ci a lâché du lest et que le croyant peut s’autoriser pas mal d’accommodements. Mais ce qui va à l’encontre des préceptes et de la philosophie boréenne, c’est cette aptitude qu’a montré le christianisme de tout ramener à l’un. Nous en payons aujourd’hui plus que jamais le prix et il est élevé. On voit que l’expression des différences qui sont supposées nous enrichir ne sont qu’un biais qui mène droit à l’universalisme, celui-là même qui dépossède les peuples et les êtres de leurs spécificités.

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Camille Galic : "C’est après être devenue directeur de Rivarol que j’ai vraiment approfondi l’œuvre d'Agatha Christie".

Camille Galic : « C’est après être devenue directeur de Rivarol que j’ai vraiment approfondi l’œuvre d’Agatha Christie ».

08/01/2014 – 18h00
PARIS (NOVOpress) –
Directrice de l’hebdomadaire Rivarol et du mensuel Ecrits de Paris de 1983 à 2010, Camille Galic est une figure incontournable du journalisme de dissidence et de ré-information. Elle nous propose, dans l’esprit de la collection Qui suis-je ?, une biographie brève mais d’une grande précision, qui dénote une connaissance approfondie et une fréquentation amoureuse de l’œuvre de « l’Impératrice du crime ». Le lecteur fidèle des enquêtes d’Hercule Poirot ou de Miss Marple y trouvera son miel à l’égal du novice, tous deux étonnés de nombreux aspects méconnus de la personnalité de Christie ou des nombreux rebondissements de sa propre existence. Un livre à mettre dans toutes les mains, sans risque de déception, pour découvrir ou mieux connaître Dame Agatha aux 4 milliards de volumes vendus.

Nous vous connaissions fine analyste de la vie politique et médiatique – notamment avec la publication récente de votre essai Les médias en servitude, signé Claude Lorne, sous l’égide de la Fondation Polémia – nous avons désormais le plaisir de découvrir votre veine de biographe; pourquoi débuter avec Agatha Christie ? Dans quelles circonstances avez-vous rencontré son œuvre ?

Qui suis-je ? Agatha Christie par Camille Galic

Qui suis-je ? Agatha Christie par Camille Galic

Camille Galic : Tout simplement parce que je la fréquente depuis longtemps. Fillette, j’avais fait sa connaissance à travers deux romans, L’Homme au complet marron et Rendez-vous avec la mort qui m’avaient fait découvrir de grands espaces, l’Afrique australe pour le premier, la Jordanie pour le second. Je me suis ensuite aperçue que ses livres ancrés dans le terroir anglais étaient tout aussi « exotiques ».

Mais, curieusement, c’est après être devenue directeur de Rivarol que j’ai vraiment approfondi l’œuvre de Christie. A l’époque, j’étais la seule permanente de la rédaction avec mon amie Renée Versais, qui ne venait toutefois qu’à mi-temps, et les journées étaient très longues. Lorsque je rentrais chez moi le soir, il était plus de neuf heures et je devais encore lire les quotidiens, unique forme d’information pour nous, trop pauvres pour avoir l’AFP. Du coup, quand venait l’heure du coucher, je restais obsédée par l’actualité. Il fallait décompresser. Ma mère me conseilla Agatha Christie comme sédatif, mais cela ne marchait pas à tous les coups. J’ai donc racheté ses romans en anglais et l’univers christien, comme le passage à une autre langue, constituèrent un sas idéal vers le sommeil — que je continue à pratiquer, avec d’autres auteurs. Mais c’est là, aussi, que j’ai commencé à souligner certaines de ses réflexions, très justes et souvent iconoclastes, sur les races et la société contemporaine. Cette vieille dame si digne pouvait-elle donc être indigne ?

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Louis-Ferdinand Céline : correspondance avec Gallimard

30/12/2013 – 13h00
PARIS (NOVOpress) –
Extrait des correspondances Céline / Gaston Gallimard / Jean Paulhan. Fabrice Luchini interprète Céline, Denis Podalydès Gaston Gallimard et Jean Paulhan.

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Un jour un livre : Langue fantôme, de Richard Millet

Un jour un livre : Langue fantôme, de Richard Millet

26/12/2013 – 11h00
PARIS (NOVOpress) –
À l’occasion des fêtes de fin d’année, les rédacteurs de Novopress vous proposent de découvrir une sélection de livres à travers des extraits choisis. Dans Langue fantôme, sous-titré Essai sur la paupérisation de la littérature suivi de Éloge littéraire d’Anders Breivik, l’écrivain Richard Millet s’attaque à la grande déculturation contemporaine et à l’appauvrissement du langage. La fabrique à crétins contemporaine trouve quelques opposants, et c’est tant mieux !


En quoi le rasage d’une barbe est-il donc un événement, dans un monde post-historique où il n’y a sans doute plus de littéraire que des événements vides de littérature, donc de sens ?

En vérité ce rasage ne serait pas un événement si Eco (Ndlr : Umberto) n’avait également rasé son roman le plus célèbre (et nonobstant rasoir), Le Nom de la Rose, vendu à trente millions d’exemplaires dans plus de quarante langues, et dont il vient de donner une version modernisée, « plus fluide et accessible », débarrassée des citations latines, avec des descriptions « allégées », mais sans toucher à l’ « intrigue ». Loin de moi l’idée de contester à un écrivain le soin de revoir un de ses livres ; avec le rasage du Nom de la Rose, il s’agit cependant de tout autre chose : « Rafraîchir l’œuvre et se rapprocher des technologies et des générations nouvelles », c’est, pour filer une métaphore qui suggère l’accointance du notaire avec un garçon coiffeur reconverti en intervenant culturel, ce qui serait tout à fait dans l’ordre de la post modernité, c’est donc débarrasser de le roman des mots anciens, des digressions philosophiques et du latin, soit de tout ce qui donnait une dimension ou une apparence littéraire à un roman qu’on qualifiera au mieux de populaire, au pire de best-seller international, et qui, aujourd’hui rasé, appartient à cette zone où la sous-littérature historico-occultiste anglo-saxonne de Dan Brown et consorts, dont Eco est devenu le prototype, avec Dumas et Conan Doyle pour ancêtres (…)

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Renaud Camus : "Parlons d’un art de mettre les pieds dans le plat"

Renaud Camus : « Parlons d’un art de mettre les pieds dans le plat » (première partie)

18/03/2013 – 09h00
PARIS (NOVOpress) – Auteur prolifique aux affinités sélectives, diariste infatigable depuis les années 1970, Renaud Camus a basculé il y a quelques années du monde reconnu de la « culture » à l’enfer des bien-pensants où doit être plongé quiconque blasphème contre la religion officielle des droits-de-l’homme, du mélangisme et du remplacisme. Et en ces différentes matières, Renaud Camus a beaucoup pêché. Convaincus, pour notre part, qu’il lui sera beaucoup pardonné, nous sommes allés à sa rencontre.

Vos premiers lecteurs sont, pour certains, désarçonnés par vos derniers ouvrages (essais comme journaux) et les plus récents s’étonnent de découvrir Tricks parmi la liste de vos œuvres. Quel regard portez-vous sur votre désormais longue production littéraire ? Quels fils directeurs y apercevez-vous ?
Oh, le problème, si c’en est un, a toujours existé. Il ne se pose pas seulement dans le temps, entre telle ou telle période de mes petits travaux, mais aussi, et plutôt, à l’intérieur de chaque période, entre les styles, entre les genres, entre les types d’écriture. Pour dire les choses différemment le phénomène n’est pas seulement diachronique mais aussi synchronique. Comme Pessoa je ne souhaitais pas être un écrivain mais aurais voulu en être dix, vingt, cent, une littérature à moi tout seul (la littérature d’un petit pays, tout de même…). Mon meilleur ami prétend néanmoins, à la lecture récente du Changement de peuple, que tout était déjà dans Passage, mon premier roman, il y a quarante ans : un livre de littérature “expérimentale”, comme on disait alors, constitué pour une grande part de citations, de phrases empruntées ici ou là. J’ai été ravi de cette remarque, bien entendu, mais elle m’a tout de même beaucoup étonné. À un mouvement fortement centrifuge, une production totalement éclatée, s’opposerait donc la résistance archaïque, au centre de cette nébuleuse, d’un auteur constitué, d’une personne véritable, de quelques obsessions majeures, qui sait. Mais les lecteurs de Passage et des premières Églogues ont été très étonnés et désarçonnés par Tricks, ceux de Tricks par Manières du temps ou par Éloge moral du paraître, ceux de Travers par Roman Roi, ceux de Buena Vista Park par La Dictature de la petite bourgeoisie, et ainsi de suite. Rien qu’à l’intérieur du journal les genres et les thèmes d’intérêt les plus éloignés coexistent, parfois sur une même page. J’ai dans mon lectorat de charmantes vieilles dames aux cheveux bleus qui adorent mes jolies descriptions de paysage et de châteaux et que certaines scènes de sexe, jadis, menaient au bord de l’apoplexie et de la fureur. Des jeunes gens intellectuels, passionnés de littérature à contrainte et de recherche formelle, qui ne jurent que par L’Amour l’Automne ou par L’Inauguration de la salle des Vents, ne peuvent pas croire que j’aie pu écrire des romans aussi traditionnels de facture que Roman Roi, déjà nommé, L’Épuisant désir de ces choses ou même Loin. Des puristes de la langue, épris de Syntaxe ou de mon Répertoire des délicatesses du français contemporain, n’entendent mot à Vaisseaux brûlés ou à mes divers hypertextes. Etc. Il me semble — mais est-ce bien à moi de le dire ? — que je me suis toujours intéressé à ce dont une société ne voulait absolument pas que ce fût dit, à ce que j’ai appelé pas trop euphoniquement le reste des opérations comptables du réel. En ce sens-là il n’y a rien d’étonnant que l’auteur de Tricks soit aussi celui du Grand Remplacement. Parlons d’un art de mettre les pieds dans le plat, si vous voulez.

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Vendredi 11 octobre : 8ème soirée des amis de Livr'Arbitres

Vendredi 11 octobre : 8ème soirée des amis de « Livr’Arbitres »

01/10/2013 – 23h40
PARIS (NOVOPress) –
Vendredi 11 octobre, aura lieu la 8ème soirée des amis de Livr’Arbitres. Au programme de cette soirée : présentation et vente du dernier numéro de la revue consacré à Jacques Chardonne, ainsi qu’à la tauromachie. Il y aura des ventes-dédicaces de Christopher Gérard, Alain Paucard, Patrick Gofman et de plusieurs autres auteurs. La soirée aura lieu à partir de 20 heures au restaurant « Ratatouille », 168 rue Montmartre dans le 2ème arrondissement de Paris (métro Grands-Boulevards).

Méridien Zéro, vendredi 19 juillet, "Et vous serez comme des dieux..."

Méridien Zéro, vendredi 19 juillet, « Et vous serez comme des dieux… »

19/07/2013 – 15h00
PARIS (NOVOPress) –
Ce vendredi de 21 heures à 23 heures, Méridien Zéro reçoit Bruno Favrit, essayiste et écrivain méditatif, porteur de l’esprit boréen et adepte de la course aux cimes pour son ouvrage : « Midi à la source ».

A la barre : PGL accompagné par Jean-Louis Roumégace et Pascal Esseyric. Lord Sergueï à la technique.

Pour écouter Méridien Zéro : ici

"Les exercices d’admiration de Christopher Gérard" - par Georges Feltin-Tracol

« Les exercices d’admiration de Christopher Gérard » – par Georges Feltin-Tracol

12/06/2013 – 16h00
PARIS (via Europe Maxima) –
Dans le langage courant, le quolibet est un propos plaisant, ironique ou injurieux, lancé à quelqu’un. En fin lettré pétri par les classiques gréco-romains, Christopher Gérard utilise ici le mot dans son acception étymologique. Le sous-titre est plus explicite puisqu’il s’agit d’un « journal de lectures ». L’exercice n’est pas nouveau. Il y a peu, Bruno de Cessole sortait Le Défilé des réfractaires, une approbation très remarquée pour des écrivains originaux.

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