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Jacques Terpant : "Il y a une parenté entre Jean Raspail et Hugo Pratt" 1/3

Jacques Terpant : « Il y a une parenté entre Jean Raspail et Hugo Pratt » 1/3

10/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Né en 1957, Jacques Terpant est un enfant du Dauphiné, même si c’est dans le Forez, plus précisément à Saint-Etienne qu’il suivra les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Débutant sa carrière au sein de l’équipe de Métal hurlant, il vivra de ses illustrations pour la publicité ou la grande presse avant de se faire connaître par ses séries de bande dessinée : Messara, Pirates et plus récemment Sept Cavaliers. Avec cette dernière, il entre dans l’oeuvre du grand romancier des causes perdues Jean Raspail (photo). Magnifique travail d’interprétation qu’il poursuit avec dernièrement Les Royaumes de Borée.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Question usée, mais pourtant incontournable : comment est née votre vocation de dessinateur ?

La bande dessinée est le refuge du dessin, l’Art du XXème siècle l’a abandonné, le livre fut son refuge, d’abord avec l’illustration, puis la bande dessinée. Pour ma génération, enfant des années soixante, adolescent des années 70 à 80, la bande dessinée était formidable, nous sommes passés de Tintin et Spirou à Pilote qui a évolué avec ses lecteurs. Pour un enfant qui dessinait, ce qui était mon cas la bande dessinée était une évidence, elle était depuis peu (à peine, une génération) un métier, je m’y suis précipité.

Vous avez consacré au dessin plus de trente années de votre existence, quel regard portez-vous sur votre œuvre, quel fil directeur y apercevez-vous ?

J’ai débuté dans Métal Hurlant qui fut sans doute le meilleur journal de son époque et ce, même au-delà de nos frontières, mais lorsque je suis arrivé, c’était déjà une période finissante. J’ai connu les grandes années de la publicité qui avait des moyens, ce fut une carrière de mercenaire, de prestataire ; je voulais dessiner, j’ai donc dessiné. J’en ai vécu, plutôt pas mal. Je me suis satisfait « d’en être ».

Mais pendant mes dernières années dans cet état d’esprit, disons jusqu’à la quarantaine, cela m’a satisfait de moins en mois. Je dessinais la série d’un scénariste, intitulée Pirates chez Casterman et je n’aimais pas cela, je n’étais pas d’accord avec le récit. Etre juste un dessinateur était devenu frustrant. J’ai donc voulu écrire mes propres livres et ai choisi d’adapter Jean Raspail.

Avec Sept Cavaliers puis Les Royaumes de Borée, vous avez en effet poussé la porte de l’univers raspalien, ce qui ne devait pas paraître chose facile. Comment est né ce projet ? Raspail est-il venu à vous ou vous à lui ?

J’étais un lecteur de Jean Raspail, j’avais poussé la porte de son œuvre avec ce que je considère comme son chef d’œuvre Qui se souvient des hommes. Ensuite, j’avais tiré le fil et remonté ses autres livres. Lorsque j’ai voulu travailler seul, je me suis tourné vers son monde. Tout d’abord vers Qui se souvient des hommes, mais il était difficilement adaptable en bande-dessinée. J’ai relu Sept Cavaliers et cela m’a paru une évidence… Je suis parti.

Sept Cavaliers

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