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Renaud

Renaud traite Hollande, Valls et Macron de « grands incapables » voire de « criminels »

06/04/2016 – BRUXELLES (NOVOpress) : Dans une interview au quotidien belge Le Soir, Renaud est interrogé sur François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron. Réponse du chanteur en forme de tir groupé :

« Ce sont de grands naïfs, de grands imbéciles ou de grands criminels. Je ne le sais pas encore mais de grands incapables en tout cas. Sous le couvert de libéralisme économique et de lois du marché, ils nous imposent des lois que même la droite n’aurait pas osé voter. Hollande, il a une tête et un discours de parfait honnête homme mais il se trompe de politique.

 Dans ce même entretien, Renaud confesse des erreurs politiques. Comme celle « d’être allé à Moscou et à Cuba où je pensais voir des gens libres » et où il a vu « un pays de flics, une dictature ».

Renaud est-il encore de gauche ? Assurément et c’est même pour cela qu’il est désabusé. « Si, au deuxième tour, on a le choix entre Marine et Juppé, j’irai voter Juppé car c’est un honnête homme, un homme droit dans ses bottes comme il a dit lui-même. Mais si c’est Sarkozy et Marine, j’irai à la pêche à la ligne. Je ferai partie de ces désespérants abstentionnistes. »

Il ajoute :

« Où est notre Jean Jaurès ? Notre Mitterrand ? Les écolos me déçoivent. Il n’y a pas de relève… Ce qui me fascinait chez Mitterrand, c’était sa culture, plus que sa politique. J’étais admiratif et amoureux de cet homme qui était un puits de culture, qui avait lu Chateaubriand, Voltaire… »

[Tribune libre] Jean Jaurès : plus proche des Identitaires que des socialistes - par Julien Fortezza

[Tribune libre] Jean Jaurès : plus proche des Identitaires que des socialistes – par Julien Fortezza

31/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Aujourd’hui 31 juillet 2014 est commémoré le centenaire de la mort de Jean Jaurès. L’homme politique français était un élu du Parti socialiste (à l’époque Section française de l’internationale ouvrière [SFIO]), mais également un historien, un philosophe et un journaliste. Il avait fondé en 1904 le quotidien L’Humanité dans lequel il n’hésitait jamais à manier la plume pour exprimer ouvertement son point de vue.

Jean Jaurès a marqué l’Histoire, et plus particulièrement l’Histoire de l’Europe, en étant l’homme qui s’est opposé à la Grande Guerre et qui a tout fait pour stopper la marche à la guerre. Lors de son dernier discours du 25 juillet 1914 à Lyon-Vaise, il mettait en garde son auditoire de la tragédie qui pointait à l’horizon avec le langage des visionnaires qui ont raison avant tout le monde : « Songez à ce que serait le désastre pour l’Europe: ce ne serait plus, comme dans les Balkans, une armée de trois cent mille hommes, mais quatre, cinq et six armées de deux millions d’hommes. Quel massacre, quelles ruines, quelle barbarie ! » Il souhaitait organiser une grève générale en Europe et préparait une manifestation contre la guerre qui aurait dû avoir lieu le 9 aout 1914.

Hélas, sa parole ne porta pas dans une France gagnée par la fièvre nationaliste, soigneusement excitée par les médias et les intellectuels de l’époque qui poussaient à la revanche sur l’Allemagne suite à la perte de l’Alsace-Lorraine en 1870. À 21h30, alors qu’il dînait au Café du Croissant, rue Montmartre à Paris (dans le 2ème arrondissement), il fût assassiné de deux coups de revolver par Raoul Villain, un nationaliste membre de l’association des Jeunes Amis de l’Alsace-Lorraine. « L’assassinat de Jaurès survient au moment où l’engrenage infernal s’est mis en route de manière implacable. La Russie a décrété la mobilisation générale, l’Allemagne a proclamé « l’état de danger de guerre » avant de passer à son tour à la mobilisation générale. Dans les 48 heures qui suivent, des fausses nouvelles, savamment distillées, suscitent les réactions bellicistes d’une partie grandissante de l’opinion », explique le professeur d’Histoire Maurice Martin dans le numéro hors série de La Nouvelle Revue d’Histoire actuellement en kiosque (« Eté 1914, pourquoi le suicide de l’Europe ? »).

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[Mémoire ouvrière] Les émeutes de Draveil (1908) par Pierre Taburet

[Mémoire ouvrière] Les émeutes de Draveil (1908) par Pierre Taburet

15/05/2014 – DRAVEIL (NOVOpress)
A compter de cet article, Novopress va consacrer une série de publications à la mémoire ouvrière et aux luttes sociales comme éléments structurants de notre identité.


On a du mal à s’imaginer aujourd’hui que la « Belle Epoque » fut une période d’intenses manifestations ouvrières et d’émeutes sanglantes. De bien étrange manière, cette mémoire ouvrière à presque totalement disparue hormis au sein de petits groupes restreints. Pourtant, entre 1902 et 1913, il y aura en moyenne 1.254 grèves par an, intéressant tous les secteurs de l’industrie : métallurgie, mines, chaussures, textile, dockers et surtout bâtiment. Le nombre de syndiqués explose entre 1902 et 1912 : la CGT compte environ 700.000 adhérents pour 120.000 dix ans plus tôt. Lors des manifestations du 1er mai 1906, pas moins de 100.000 grévistes occupent le pavé parisien. Il se crée alors « une véritable armée de la révolution » (Georges Valois).

La confédération ouvrière dirige toutes ces luttes et son aura auprès des travailleurs est chaque jour grandissante. La raison de son succès tient sans doute au fait qu’à ce moment de son existence, la CGT est toute acquise au syndicalisme révolutionnaire (concept apparu en 1903/1904) qui refuse toute compromission avec les organisations socialistes. Une grande majorité de ces cadres sont des anarchistes d’origine : Emile Pouget, Georges Yvetot, Paul Delesalle ou encore Léon Jouhaux viennent du courant libertaire. Par ailleurs, la CGT organise la solidarité lors des grèves en créant des soupes populaires et en lançant des souscriptions. La résistance prend forme ainsi autour d’elle.

Il ne faut pas minorer non plus l’influence auprès des ouvriers d’autres « acteurs » anarchistes comme Gustave Hervé et son journal La Guerre Sociale qui représente au sein de la SFIO la branche insurrectionnaliste. Les journaux La Voix du Peuple (organe officiel de la confédération dont le secrétaire de rédaction est Emile Pouget) et Le Père Peinard (feuille anarchiste à laquelle collabore Pouget) ont également beaucoup de succès parmi les masses laborieuses.

Toutes ces tendances ont en commun l’idée que la grève générale est le moyen d’action principal pour parvenir à une émancipation totale des travailleurs. En cela, les syndicalistes révolutionnaires s’opposent aux socialistes réformistes de la SFIO qui s’engagent peu à peu vers le chemin électoral et démocratique, ce que refuse catégoriquement la CGT. Commence alors à apparaître une certaine « séparation du prolétariat et du Parti socialiste » (Action Française).

Les émeutes de Draveil de 1908 sont symptomatiques des luttes engagées à cette époque. D’autres suivront, comme la révolte des boutonniers de Méru l’année suivante. Mais Draveil eut un retentissement à nul autre pareil. C’est une époque de feu et de sang, où certains manifestants n’hésitent plus à s’armer face au déchaînement des troupes de répression envoyées par le « briseur de grève » Clémenceau.

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