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Jamel Debbouze veut organiser un G20 des quartiers

Jamel Debbouze veut organiser un G20 des quartiers

04/04/2015 – PARIS (NOVOpress)
En pleine promotion de son nouveau film, Jamel Debbouze en a profité pour partager ses éminentes analyses sociologiques et politiques dans une entrevue accordée au JDD.

Extraits :

Vous parlez du meilleur des cités, mais que dire du pire, de la violence ?
Dans un sens comme dans l’autre, c’est clair, on est les meilleurs ! Pourquoi ne pas se servir de cette force ? Aujourd’hui, ce ne sont pas les banlieues le problème, ce sont les musulmans. Je n’avais jamais eu à affirmer ma religion, j’ai dû le faire ces derniers temps. Dire : « je suis un musulman des quartiers et j’en suis fier » . La majeure partie des médias, depuis des années, ne relaie que des choses pourries sur cette France. Il y a des endroits où il y a un manque de considération, de respect. La violence naît de la frustration.

Pourtant, sur le racisme, le gouvernement est intransigeant …
Disons que le respect est plus dans la sémantique depuis le gouvernement Hollande. Ça oui. On est moins insultés. On ne veut plus nous nettoyer au Kärcher et ça fait du bien. Mais c’est toujours les mêmes arguments électoraux : « On va vous débarrasser d’eux. On va se charger de votre sécurité » . C’est intolérable.

N’est-ce pas un peu réducteur ?
Ça progresse. Je dis « Vive la France » chaque fois que j’en ai l’occasion. J’adore ce pays et j’aime bien Manuel Valls. Il parle d’apartheid. On a besoin de mots forts pour dire que c’est la merde en bas.

Vous avez envie de crier plus fort ?
Absolument. Je veux parler aux hommes politiques, je me suis rarement adressé à eux, ça va changer. C’est au gouvernement que je crie ce proverbe africain que j’adore : « Fau pas di fau fai » . Vos mots n’ont plus aucun impact. Je connais la France par cœur.

Après le film et du temps pour ma famille, je veux organiser un G20 des quartiers. J’y pense depuis très longtemps. Avec des amis et des représentants associatifs avertis et concernés, des religieux musulmans, juifs, chrétiens. On veut trouver des réponses concrètes pour améliorer la vie quotidienne. On soumettra un projet à qui veut bien le lire et on cherchera le financement nous-mêmes. Je profite du JDD pour en parler.

En dépit de tout, vous restez un homme de gauche ?
Bien sûr. Et je suis fidèle à François Hollande. Il fait ce qu’il peut. Ce n’est pas le commandant de bord qui compte en ce moment, c’est l’état de la mer. Et elle est très agitée. Hollande est dans les remous du bateau d’avant. C’est chaud pour lui, le pauvre (Rires.) François, accroche-toi ! Mets ton gilet de sauvetage ! Je suis toujours de gauche. Et Taubira, j’ai un profond respect pour elle. C’est un ministre comme on n’en a jamais eu. Je la trouve belle, elle utilise la langue française comme personne, elle ne se départit jamais d’elle-même quand on l’attaque. Plus c’est odieux, plus elle reste au-dessus de la mêlée : je vous adore, Christiane.

Et Marine Le Pen ?
Jean-Marine ? Elle aussi, elle ne se départit jamais d’elle-même. Mais elle est où, Jean-Marine ? Il est où le raz-de-marée ? Intéressons-nous à nos voisins. Arrêtons d’avoir peur des autres. Voilà un acte politique. On passe le temps à nous faire flipper parce que c’est un bon argument de vente. Regardez la pub, ce n’est que ça ! Dans le film, la sorcière et Vladimir, à qui j’ai donné en forme d’hommage la voix de Louis de Funès, cristallisent toutes ces peurs.