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Jacques Terpant – Le questionnaire de Proust 3/3

Jacques Terpant – Le questionnaire de Proust 3/3

12/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Né en 1957, Jacques Terpant (photo) est un enfant du Dauphiné, même si c’est dans le Forez, plus précisément à Saint-Etienne qu’il suivra les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Débutant sa carrière au sein de l’équipe de Métal hurlant, il vivra de ses illustrations pour la publicité ou la grande presse avant de se faire connaître par ses séries de bande dessinée : Messara, Pirates et plus récemment Sept Cavaliers. Avec cette dernière, il entre dans l’oeuvre du grand romancier des causes perdues Jean Raspail. Magnifique travail d’interprétation qu’il poursuit avec dernièrement Les Royaumes de Borée.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Le principal trait de votre caractère ?
La nostalgie.

La qualité que vous préférez chez un homme ?
Le goût du l’histoire.

La qualité que vous préférez chez une femme ?
Les gros seins (celle-là je la pique à Jean Yanne).

Qu’appréciez-vous le plus chez vos amis ?
L’humour.

Un autre trait de votre caractère ?
La persévérance.

Votre principal défaut ?
La colère.

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Jacques Terpant : "Dans l'avancée du monde la principale perte est celle de la beauté" 2/3

Jacques Terpant : « Dans l’avancée du monde la principale perte est celle de la beauté » 2/3

11/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Né en 1957, Jacques Terpant est un enfant du Dauphiné, même si c’est dans le Forez, plus précisément à Saint-Etienne qu’il suivra les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Débutant sa carrière au sein de l’équipe de Métal hurlant, il vivra de ses illustrations pour la publicité ou la grande presse avant de se faire connaître par ses séries de bande dessinée : Messara, Pirates et plus récemment Sept Cavaliers. Avec cette dernière, il entre dans l’oeuvre du grand romancier des causes perdues Jean Raspail (photo). Magnifique travail d’interprétation qu’il poursuit avec dernièrement Les Royaumes de Borée.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Votre dessin se porte lui aussi vers la haute tenue de vos personnages, votre dessin pourrait lui-même être qualifié d’aristocratique : dans vos sagas historiques comme dans vos planches érotiques. Quel regard portez-vous sur la bande dessinée « mainstream », qui délaisse la qualité esthétique et la beauté du récit pour des considérations humoristiques, plus immédiatement commercialisables ?

Je vous laisse la responsabilité du mot aristocratique pour qualifier mes dessins, disons que j’ai une recherche de la beauté, d’un certain équilibre des choses. Cela dépasse le dessin d’ailleurs, un paysage que l’on dégrade me gêne beaucoup, une belle maison que l’on abime… Je crois que dans l’avancée du monde la principale perte est celle de la beauté. On n’imagine pas ce que nos ancêtres, il y a deux siècles voyaient, l’harmonie du monde, du paysage, rien qui ne le dénaturait. Ceci n’a pas de prix dans l’équilibre d’une vie.

Cela explique le goût actuel, pour le patrimoine, les villages restaurés et préservés. On entrevoit cela aussi en quelques endroits parmi les plus reculés de la terre, un village primitif construit avec les matériaux de la nature, une population qui ne s’habille pas encore avec les rebuts de l’Occident. C’est sans doute cette beauté perdue que Jean Raspail cherchait en courant le monde et les peuples disparus, c’est cela que je cherche en dessin. Le dessin est l’expression de soi, sans masque, j’ai personnellement du mal à abimer les choses en image.

Revenons un instant à votre œuvre érotique, pourquoi ce genre est-il si peu vivace en France ? Il pourrait constituer un noble pendant au déluge de la pornographie commerciale, qui abaisse tout ce qu’elle touche. L’érotisme est pourtant bien une constante de l’âme européenne. Comment expliquez-vous cette hypocrisie de nos sociétés dites « libérées » ?

C’est une œuvre bien mince puisqu’elle se borne à un seul livre – mais que je revendique volontiers – en fait une série d’illustrations sur un texte de Françoise Rey (La femme de papier). L’illustration est déjà un plaisir de dessinateur. La bande dessinée est une longue course de fond alors que l’illustration est une récréation.

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Jacques Terpant : "Il y a une parenté entre Jean Raspail et Hugo Pratt" 1/3

Jacques Terpant : « Il y a une parenté entre Jean Raspail et Hugo Pratt » 1/3

10/07/2014 – PARIS (NOVOpress)
Né en 1957, Jacques Terpant est un enfant du Dauphiné, même si c’est dans le Forez, plus précisément à Saint-Etienne qu’il suivra les cours de l’Ecole des Beaux-Arts. Débutant sa carrière au sein de l’équipe de Métal hurlant, il vivra de ses illustrations pour la publicité ou la grande presse avant de se faire connaître par ses séries de bande dessinée : Messara, Pirates et plus récemment Sept Cavaliers. Avec cette dernière, il entre dans l’oeuvre du grand romancier des causes perdues Jean Raspail (photo). Magnifique travail d’interprétation qu’il poursuit avec dernièrement Les Royaumes de Borée.

Propos recueillis par Pierre Saint-Servant


Question usée, mais pourtant incontournable : comment est née votre vocation de dessinateur ?

La bande dessinée est le refuge du dessin, l’Art du XXème siècle l’a abandonné, le livre fut son refuge, d’abord avec l’illustration, puis la bande dessinée. Pour ma génération, enfant des années soixante, adolescent des années 70 à 80, la bande dessinée était formidable, nous sommes passés de Tintin et Spirou à Pilote qui a évolué avec ses lecteurs. Pour un enfant qui dessinait, ce qui était mon cas la bande dessinée était une évidence, elle était depuis peu (à peine, une génération) un métier, je m’y suis précipité.

Vous avez consacré au dessin plus de trente années de votre existence, quel regard portez-vous sur votre œuvre, quel fil directeur y apercevez-vous ?

J’ai débuté dans Métal Hurlant qui fut sans doute le meilleur journal de son époque et ce, même au-delà de nos frontières, mais lorsque je suis arrivé, c’était déjà une période finissante. J’ai connu les grandes années de la publicité qui avait des moyens, ce fut une carrière de mercenaire, de prestataire ; je voulais dessiner, j’ai donc dessiné. J’en ai vécu, plutôt pas mal. Je me suis satisfait « d’en être ».

Mais pendant mes dernières années dans cet état d’esprit, disons jusqu’à la quarantaine, cela m’a satisfait de moins en mois. Je dessinais la série d’un scénariste, intitulée Pirates chez Casterman et je n’aimais pas cela, je n’étais pas d’accord avec le récit. Etre juste un dessinateur était devenu frustrant. J’ai donc voulu écrire mes propres livres et ai choisi d’adapter Jean Raspail.

Avec Sept Cavaliers puis Les Royaumes de Borée, vous avez en effet poussé la porte de l’univers raspalien, ce qui ne devait pas paraître chose facile. Comment est né ce projet ? Raspail est-il venu à vous ou vous à lui ?

J’étais un lecteur de Jean Raspail, j’avais poussé la porte de son œuvre avec ce que je considère comme son chef d’œuvre Qui se souvient des hommes. Ensuite, j’avais tiré le fil et remonté ses autres livres. Lorsque j’ai voulu travailler seul, je me suis tourné vers son monde. Tout d’abord vers Qui se souvient des hommes, mais il était difficilement adaptable en bande-dessinée. J’ai relu Sept Cavaliers et cela m’a paru une évidence… Je suis parti.

Sept Cavaliers

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