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Éléments N° 158 disponible !

16/01/2016 – CULTURE (NOVOpress)

Au sommaire de ce numéro d’Éléments : une interview exclusive de Jacques Sapir, qui interpelle notamment Jean-Luc Mélenchon, un entretien avec Pierre Manent sur la France face au défi de l’islam, une mise en cause de l’art contemporain par Jean Clair, de l’Académie française, et des articles sur le retour de la puissance russe, sur Carl Schmitt et l’état d’urgence, sur les guerres de François Hollande, etc.
Sans oublier le dossier central sur l’avenir et la démondialisation…

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Attentats : l’heure du bilan a sonné, par Jacques Sapir

Source : Sputnik
Les attentats qui ont endeuillé Paris le vendredi 13 novembre nous horrifient et nous révoltent. Certes, ce n’est pas la première fois que Paris est ainsi ensanglanté. Le souvenir de la tragédie qui s’était déroulée à la rédaction de Charlie-Hebdo et au magasin Hyper-Casher est encore frais dans nos mémoires.

Cependant, les carnages de ce 13 novembre marquent un saut qualitatif dans l’horreur et l’abjection. Le temps du deuil et du recueillement dû aux victimes et à leurs proches s’impose. Le temps de la réflexion viendra ensuite, et il sera suivi par le temps de l’action. La sourde colère qui anime aujourd’hui le peuple français ne s’éteindra pas. Ce crime exige un châtiment. Cependant, cette colère pourrait aussi se dévoyer ou être manipulée. Encore une fois, oui, la réflexion s’impose.
Le Président de la République, M. François Hollande, a appelé à l’Union nationale. Il a été suivi en ce discours par le gouvernement et la quasi-totalité de la classe politique. Fort bien ; mais cela ne doit pas nous empêcher de poser certaines questions. Car s’il entend jouer sur l’émotion pour fuir l’exigence légitime d’un bilan de ses actes, qu’il sache que cette Union nationale se déchirera alors rapidement.

Un bilan de la politique de sécurité
Il faut d’abord faire le bilan des actes de ces dernières années en matière de sécurité intérieure. Une priorité a été donnée aux moyens d’écoute et d’interception électroniques, et ceci au détriment du renseignement humain. Or, la collecte des informations ne vaut que si l’on se donne les moyens de les exploiter et de les corréler.

Il n’est pas sûr que même si un effort plus important avait été fait dans le domaine du renseignement humain, on aurait pu éviter la tragédie du 13 novembre. Il convient de savoir qu’en matière de renseignement il n’est jamais de certitudes à 100 %. Cependant, le fait que l’on ait sacrifié l’humain à l’électronique a probablement été une erreur. Les moyens du Parquet antiterroriste, le nombre et la formation des enquêteurs de terrain ont été insuffisants.
De ce point de vue, la « loi sur les écoutes » qui a été votée ce printemps dans la foulée des attentats de janvier dernier a probablement été un pas dans la mauvaise direction. Il faut entendre ce qu’a dit, sur diverses antennes et dans divers médias, le juge Trevidic. Les moyens humains n’ont pas été développés à la mesure des moyens de collecte électronique, et ce déséquilibre a fragilisé l’ensemble de la structure de notre renseignement.
Ceci peut être étendu à l’ensemble de notre effort de défense, comme l’indique le général Desportes. Sur ce dossier, il est clair que des réponses convaincantes devront être données par le gouvernement s’il veut espérer que se maintienne cette union nationale. Bien sûr, le présent gouvernement ne porte pas l’entière responsabilité de la situation. Les coupes drastiques ont commencé sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Mais le gouvernement est le gouvernement, et il assume, s’il n’a pu ou voulu les renier, les politiques de ses prédécesseurs.
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Jacques Sapir : «On ne peut plus nier que le FN ait changé»

Source : Libération
L’économiste hétérodoxe réaffirme son souhait d’une alliance de tous les partis anti-euro, jusqu’au Front national. Et revendique de parler en homme de gauche, «sans ambiguïté».

Figure bien connue parmi les économistes «hétérodoxes», Jacques Sapir a jeté un pavé dans la mare en appelant vendredi à la constitution d’un «front de libération nationale» anti-euro. Pour cet ancien soutien du Front de gauche devenu une référence des milieux souverainistes, cette alliance devra dépasser le clivage gauche droite et ne pourra se dispenser d’un rapprochement avec le Front national.

Comprenez-vous les réactions troublées à votre proposition d’un «front de libération nationale» comprenant notamment le FN ?
Je trouve qu’il y a beaucoup de mauvaise foi dans les cris d’orfraie qui sont poussés. D’abord, je ne dis pas qu’il faut faire une alliance maintenant avec le Front national : j’évoque même un possible parti «issu du FN». Le Front national peut continuer à évoluer ou pas, c’est cela qui déterminera une éventuelle alliance. Quand bien même celle-ci existerait, chaque membre conserverait évidemment son autonomie et sa personnalité.

En quoi le FN vous semble-t-il désormais un partenaire acceptable, ou proche de l’être ?
Il faut distinguer le comportement des militants et le discours officiel du FN. Dans ce dernier, voilà plusieurs années que l’on ne relève aucun caractère raciste ou xénophobe. Ce parti juge, certes, qu’il faut faire une distinction entre les Français et les autres. Aux Etats-Unis, une personne naturalisée ne peut être élue présidente, et personne ne s’en offusque. C’est une question d’appréciation. Au-delà, on ne peut plus nier que le FN ait changé ces dernières années. Cela ne veut pas dire que cette mutation soit achevée. Aujourd’hui, l’alliance que je préconise n’est d’ailleurs pas possible, il y aurait trop de divergences. Cela ne veut pas dire qu’elle ne le sera jamais. S’il y a une chose j’ai apprise, c’est à ne pas insulter l’avenir.

Quoi qu’il en soit, il n’est plus possible aujourd’hui d’ignorer un phénomène politique qui représente 25% des suffrages. Et je préfère que les militants du FN lisent Frédéric Lordon, Emmanuel Todd et Jacques Sapir plutôt que les vieux auteurs antisémites du XIXe siècle.
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Jacques Sapir – Sept thèses sur l’économie décentralisée

Publié le
Qu'est ce que la démondialisation ? Entretien avec Jacques Sapir

Qu’est ce que la démondialisation ? Entretien avec Jacques Sapir [audio]

22/09/2011 – 16h00
PARIS (NOVOpress) –
D’Arnaud Montebourg à Arnaud Gouillon, de la démondialisation à la détaxation de la proximité et à la décroissance, la thématique d’une mise à mort de la mondialisation semble porteuse. C’est d’ailleurs ce qu’avait confirmé un sondage de début d’année commandité par des écrivains et analystes comme Emmanuel Todd, Hervé Juvin ou encore Jacques Sapir. En effet, plus de 60% des sondés estimaient que la sauvegarde de l’Europe et la fin de la crise économique passait par un retour au protectionnisme, l’un des aspects de la démondialisation.

Qu’est ce que la démondialisation ? Qu’est ce qui la différencie de l’altermondialisme ? L’échelon européen est-il le plus approprié à la mise en place de ce véritable projet de société ? La démondialisation financière et politique peut elle se passer d’une démondialisation humaine, identitaire, culturelle, politique ? C’est à toutes ces questions qu’à bien accepté de répondre Jacques Sapir (photo), économiste français, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales, lors d’un long entretien (25min)

Propos recueillis par Yann Vallerie

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