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Le nouveau parti de l’intelligence - Tribune libre par Flavien Blanchon

Le nouveau parti de l’intelligence – Tribune libre par Flavien Blanchon

« Pour un parti de l’intelligence » : tel est le titre fameux du manifeste publié dans le supplément littéraire du Figaro en juillet 1919, au lendemain de la Première Guerre mondiale, par cinquante-quatre écrivains et intellectuels. Le texte, rédigé par Henri Massis, n’a pas toujours très bien vieilli, mais nul ne pouvait contester aux signataires – de Paul Bourget à Georges Valois en passant par Jacques Bainville, Daniel Halévy, Francis Jammes ou Charles Maurras –, leur qualité à s’exprimer sur le sujet.

Un siècle plus tard, voici que paraît « un appel à l’intelligence », [publié entre autres dans le Monde, le Figaro, Libération, La Croix, les Echos et Réforme] dont les souscripteurs sont, pour parler poliment, un peu plus inattendus. Le cardinal Vingt-Trois, par exemple, qui ouvre le ban, n’a pas précisément la réputation d’une lumière… La disposition des noms a du moins été soigneusement étudiée. Apparaissent d’abord, en première ligne, rangées selon l’importance numérique de leurs adeptes, les notabilités religieuses : le cardinal Vingt-Trois donc, Dalil Boubakeur, le président de la fédération protestante, « le Grand Rabbin de France par intérim », et la présidente de l’union bouddhiste de France. Il est dommage que le CRIF, rédacteur et organisateur, n’ait pu, à un an près, faire figurer le grand rabbin Bernheim, qui, entre son titre d’ »agrégé » de philosophie (major de sa promotion, tant qu’à faire) et sa grande œuvre de penseur original, aurait été un peu plus plausible. Il est de ces malchances de calendrier.

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Fumer du cannabis rend c…

Fumer du cannabis rend con

29/08/2012 – 12h00
PARIS (NOVOpress) –  Difficultés de concentration, isolement social, cancers… Il faut ajouter un nouvel inconvénient à « la fumette » : le cannabis rend également con. Selon l’étude publiée par la revue scientifique américaine Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA, fumer régulièrement du cannabis provoque une baisse des capacités intellectuelles à l’âge adulte. La recherche effectuée sur 1.000 Néo-Zélandais portait sur une  période de 25 ans. Elle a permis de comparer leur quotient intellectuel (QI) à 13 ans puis à 38 ans. Certains candidats étaient des consommateurs réguliers de cannabis, les autres pas.
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TV lobotomie : cassez vos télévisions !

TV lobotomie : cassez vos télévisions !

23/07/2012 — 16h00
PARIS (NOVopress) — La nouvelle idée reçue concernant la télévision, serait que depuis l’avènement d’internet, les gens la regarderaient de moins en moins pour consacrer plus de temps à surfer sur la toile. Or, la dernière étude réalisée par Médiamétrie montre exactement le contraire : pour l’année 2011, un nouveau record vient d’être établi : les Français regardent en moyenne la télévision 3h47 par jour. Ce qui est beaucoup. Ce chiffre est en augmentation constante chaque année. En 1993, la moyenne était de 2h56 « seulement ». Les plus « accrocs » sont les personnes âgées qui passent en moyenne 4h59 par jour devant la télé, mais les plus jeunes ne sont pas en reste : les jeunes adultes (15-35 ans) y consacrent une moyenne quotidienne de 2h45 et les enfants (4-14 ans) 2h18 par jour. Ces chiffres ne comptent pas les visionnages de DVD, mais si l’on comptabilise tout, il s’avère qu’un enfant, en 2012, passe plus de temps annuel devant la télévision que dans une salle de classe. Les Français passent donc 11 années de leur vie à regarder la télévision : cela ne peut pas être sans conséquences.

C’est ce qu’a voulu montrer Michel Desmurget dans son livre « TV Lobotomie » (Ed. Max Milo). Directeur de recherche en neurosciences à l’INSERM, Michel Desmurget a compilé dans son livre les résultats des études scientifiques existantes sur les effets de la télévision sur l’être humain. Et le constat est bien plus effrayant qu’on ne l’aurait cru de prime abord, les effets de la télévision aussi bien sur la cognition et l’apprentissage, la santé ou la sociabilité se révélant hautement nocifs.

La première conclusion que l’on peut tirer de « TV Lobotomie » est que regarder trop la télévision rend idiot et provoque d’énormes retards de développement chez les enfants. Détaillons l’étendue du désastre. Une étude des pédopsychiatres allemands Peter Winterstein et Robert. J. Jungwirth a montré sans appel que l’abus de télévision éteignait la créativité chez l’enfant. C’est le « test du bonhomme » : on fait dessiner un bonhomme à deux groupes d’enfants de cinq ans, les premiers ne regardent presque pas la télé, les autres 3 heures par jour en moyenne. Le résultat parle de lui même :

test du bonhomme télévision

D’autres études ont montré qu’une heure de télévision par jour en primaire accroissait de 43% les chances de sortir de l’école sans diplôme. Le lien entre l’échec scolaire et le temps passé devant l’écran est corrélé par une autre étude qui a suivi des adolescents pendant trois ans : ceux qui au cours de la période ont diminué leur « consommation », ont vu leur risque d’échec scolaire diminuer de 50% ; à l’inverse si la consommation augmente, le risque d’échec scolaire double.

La télévision détruit également le mécanisme cérébral qui permet l’attention et la concentration. Explication : il existe deux sortes d’attention, l’attention captée et l’attention dirigée. L’attention captée est innée, elle existe chez les animaux aussi, elle relève du réflexe : quand quelque chose apparaît dans l’environnement l’attention se porte dessus. C’est ce type de réflexe attentionnel que la télévision capte chez l’enfant avec des images rapides et colorées. Mais il faut savoir qu’un réflexe, si il est constamment sollicité, use le potentiel cérébral. Hormis le fait qu’à court terme, il est très difficile pour un enfant de se concentrer sur une autre tâche après avoir regardé la télévision, la mobilisation constante de l’attention captée empêche le développement du circuit cérébral de l’attention dirigée, qui elle doit s’apprendre. Ce mécanisme se développe tout au long de la vie , il permet la concentration, et pour parler clairement, le développement de l’intelligence (hiérarchisation et ordonnancement des informations dans le cerveau). Or une étude a mesuré les effets de la télévision sur l’attention dirigée. Ces effets sont cumulatifs : 1 heure par jour de télévision à trois ans induit une multiplication par deux de probabilités de troubles attentionnels à 8ans ; 1 heure par jour à 8 ans augmente de 50% cette probabilité ; 1 heure par jour à 14 ans augmente ce risque de 44%. Et si un enfant montre des troubles attentionnels à 16 ans, son risque d’échec scolaire est multiplié par 4.

Une autre étude réalisée sur des enfants de 0 à 3 ans a montré que le fait de simplement placer un enfant dans un environnement dans lequel une télévision est allumée (même si il ne la regarde pas), provoque chez l’enfant tous les symptômes de ce que les pédopsychiatres considèrent comme un retard de développement (changement fréquent de jouet, schémas ludiques moins riches, plages de jeu raccourcies, manque de concentration pendant les plages de jeu).

La télévision se révèle également hautement nuisible pour l’acquisition du langage. Le lien entre les troubles du langage et la télévision a été réalisé par une étude aux Etats-Unis. Elle se base sur la moyenne obtenue au test SAT (entrée à l’université) concernant l’épreuve du langage depuis les années 60. Avant l’arrivée de la télévision dans les foyers américains, la moyenne au test était de 550. A la fin des années 60, 30% des foyers sont équipés, la moyenne chute à 540. Vers le milieu des années 70, 93% des foyers possèdent une télévision, la moyenne tombe à 510. Depuis le milieu des années 80, quasiment 100% des foyers sont équipés, la moyenne est tombée à moins de 500. Depuis, elle ne bouge plus.

L’effet nocif des écrans sur l’acquisition du langage concerne également les DVD ou les émissions dites éducatives. Cela a été démontré de la façon suivante. On a pris trois groupes de foyers avec des enfants entre 12 et 18 mois : au premier groupe, on n’a donné aucune consigne, au deuxième on a demandé au parents d’apprendre à l’enfant une liste de 25 mots, au troisième groupe on a donné un DVD éducatif contenant les mêmes mots qui devaient être visionné cinq fois par semaine pendant un mois. Résultat édifiant : les plus performants sont ceux du deuxième groupe qui ont appris par une interaction avec les parents, les enfants qui ont regardé le DVD ont appris moins de mots encore que le groupe témoin, qui pourtant n’a rien fait de particulier. En effet, une autre étude a montré que les programmes éducatifs appauvrissaient le champ lexical de l’enfant d’environ 10%. Car sans interaction avec les parents, un enfant entend 25% de mots en moins chaque jour. Ce retard se cumule pour devenir par la suite impossible à rattraper.

La télévision ne se contente pas de rendre idiot, elle rend aussi agressif

Toutes les publications scientifiques sur la question montrent une corrélation entre la consommation d’images violentes et l’agressivité d’un individu. Il est bon de savoir que 60% des émissions de télévision contiennent des actes de violence. Un téléspectateur moyen voit environ 2600 crimes et 13 000 actes violents par an. Ceux qui veulent minimiser l’effet induit de la violence à l’écran mettent en avant un soit-disant effet catharsis. Les images violentes nous purgeraient des pulsions agressives. Or il n’en est rien. Non seulement aucune étude dans le monde, sur les 3500 réalisées sur la question, ne prouve l’existence de cet effet catharsis mais toutes les études prouvent un lien direct entre ce qui est reçu via l’écran et le développement des pulsions agressives. Il est démontré que le visionnage de programmes violents 1 heure par jour multiplie par quatre les probabilités de comportement asociaux chez l’enfant (mentir, tricher, indiscipline, vandalisme, etc.). L’étude Centerwall a, quant à elle, montré le lien direct et indiscutable entre la violence à la télévision et le taux de criminalité (même si la télévision n’est bien entendu pas le seul facteur à prendre en compte, mais son rôle est réel) : « Si la technologie télévisuelle n’avait jamais été développée, il y aurait aujourd’hui aux USA chaque année, 10 000 homicides de moins, 70 000 viols de moins et 700 000 agressions avec blessures de moins. ».
De plus, visionner quotidiennement des images violentes facilite le passage à l’acte. La zone qui inhibe le passage à l’acte violent se trouve dans le cortex orbito-frontal. Cette zone se développe tardivement, à partir de l’adolescence. Or les enfants qui ont été exposés de manière continue à des images violentes, ont cette zone du cerveau complètement atrophiée. Il n’existe quasiment plus d’inhibiteur cérébral au passage à l’acte.

Bêtisme, langage pauvre, agressivité… Le tableau de l’homme moderne gavé de télévision n’est pas brillant. Heureusement il n’aura pas à subir cela très longtemps. Il est en effet également prouvé que la télévision regardée trop souvent diminue l’espérance de vie. Tout d’abord par des effets périphériques : obésité (la télévision inhibe les mécanismes de satiété), tabagisme (malgré l’interdiction de la publicité, la répétition de scènes dans lesquelles la consommation de tabac est vue de manière positive a pour conséquence que la moitié des adolescents qui fument l’ont fait par un effet à long terme de la télévision), sexualité (comme pour le tabac, la répétition affecte les mécanismes neuronaux du choix, l’abus de télévision multiplie par trois les risques de grossesse précoce chez les adolescentes, et les chances de contracter des MST selon nombre d’études épidémiologiques). Cela paraît exagéré ? On croit toujours avoir son libre choix. Et pourtant…

Une étude réalisée aux îles Fidji est très parlante. On a introduit la télévision sur une île de l’archipel. Avant cela, les rondeurs (des femmes) étaient vues positivement, personne n’était au régime, les troubles du comportement alimentaires n’existaient pas. Au bout de trois ans, les chercheurs ont constaté que 70% des adolescentes étaient au régime et 11% présentaient des troubles graves du comportement alimentaire (boulimie, anorexie…). Mais mieux encore. Une étude épidémiologique australienne très sérieuse montre que par ses effets nocifs en terme de sédentarité, regarder la télé coûte entre 2,5 et 3 ans d’espérance de vie. Regarder la télévision pendant une heure, soit à peu près la durée d’un épisode de série, diminue la vie de 22 minutes. Prouvé scientifiquement, la télé tue ? Littéralement. Toujours envie de regarder Game of Thrones ?

Spoutnik, pour Novopress

Crédit photo : DR