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Une lecture européenne du Trône de Fer (1/3)

Une lecture européenne du Trône de Fer (1/3)

Source : institut-iliade.com — Une lecture européenne du Trône de Fer ou « De la permanence et de la vitalité des représentations européennes dans un phénomène littéraire et télévisuel mondial ». Pourquoi s’intéresser, en tant qu’Européen, aux raisons du succès de George R.R. Martin ? Première partie.

Série télévisée désormais culte, « Game of Thrones » est inspirée d’une série littéraire (toujours inachevée à ce jour) imaginée par l’Américain George R.R. Martin, A Song of ice and fire – traduite en français sous le titre de Le Trône de fer.

La série télévisée (produite par la chaîne de télévision américaine HBO) mérite à ce jour tous les superlatifs : série la plus téléchargée, série la plus récompensée [1] et la plus attendue par les téléspectateurs, devenue un référent incontournable pour le choix des prénoms des nouveaux-nés (les prénoms des personnages Arya et même Khaleesi sont donnés aux enfants !), se déclinant en nombreux jeux (Monopoly, Risk, jeux de rôle, jeux de cartes) et dérivés (Les Cartes du monde, Les Origines de la saga, les recettes de Game of Thrones, etc.).

La série littéraire, commencée en 1996, a été quant à elle traduite dans plus de quarante langues et vendue à plus de soixante-huit millions d’exemplaires (pour les cinq premiers tomes), avec des groupes d’admirateurs dans le monde entier [2].

Mais comment expliquer ce véritable phénomène de société ? Certains s’y sont essayés, avec un succès parfois relatif, comme l’hebdomadaire Le Point faisant un parallèle entre le monde politique français et les familles nobles de Westeros…

En revanche – et cet essai se fonde en partie sur celles-ci – des analyses pertinentes ont été réalisées par Frédéric Lemaire (Comment Bourdieu éclaire Game of Thrones – et vice-versa), par Stéphane Rolet dans le hors-série du magazine Lire du printemps 2015 (Le trône de fer décrypté) ou par le magazine Slate sous le plume de Alix Baptiste Joubert. La page Wikipedia sur le Trône de Fer est aussi particulièrement complète et intéressante.

Plus qu’une analyse précise du monde du Trône de Fer ou un essai dressant hypothèses et explications aux nombreuses zones d’ombres de la série, ce travail est d’abord une lecture – engagée – de l’œuvre littéraire de Martin et de son adaptation télévisée.

Beaucoup ont tenté d’expliquer le succès de la série par la « profondeur » de l’œuvre, les éléments se rapportant à l’histoire, la science politique ou même les thèses de Bourdieu – le lecteur/spectateur étant attiré et fasciné par les messages quasi-subliminaux. D’autres ont souligné le style « moderne » de l’auteur renouvelant le genre de l’heroic-fantasy. Certains enfin, critiques voire cyniques, ont ramené le succès de la série à sa violence, aux scènes de sexe, aux (trop) nombreux revirements de situation, à l’esthétique cinématographique servant de piètres valeurs mercantiles et égoïstes…

Cependant, comme le souligne Alix Baptiste Joubert, « la fascination généralisée pour cette série pourtant basée sur un triptyque assez basique inceste/mains coupées/morts vivants est un mystère qui résiste à toutes les tentatives d’explication ».

Comment expliquer en effet la fascination d’un monde médiéval-fantastique, de ses personnages si éloignés des « élites » actuelles, d’une intrigue épique, chez des lecteurs et des spectateurs englués dans un monde matériel, se désintéressant de l’Histoire, méconnaissant la civilisation européenne, se détournant de la spiritualité et se méfiant de l’identité – notion dépassée voire dangereuse ?

La réponse est peut-être tout simplement culturelle, même civilisationnelle, et les clefs d’explication, n’en déplaise sans doute à Martin lui-même et aux réalisateurs américains de la série, se trouvent dans la tradition telle que l’entend Dominique Venner : « la tradition n’est pas le passé, mais au contraire ce qui ne passe pas et qui revient sous des formes différentes. Elle désigne l’essence d’une civilisation d’une très longue durée ».

C’est de ce « murmure » que naît le succès d’un Chant de glace et de feu.

En somme, la série nous parle parce qu’elle se réfère à notre histoire, à nos mythes, à nos légendes. Par la puissance évocatrice de la littérature, d’une part, et celle du cinéma, d’autre part, les représentations de la civilisation européenne plurimillénaire retrouvent leur place dans une nouvelle dynamique de réenchantement du monde.

Ainsi, dans notre lutte pour faire renaître chez nos compatriotes endormis la conscience de leur culture charnelle, attachée aux pierres, aux forêts et aux fleuves, de nos mythes et de notre si riche histoire, retrouver dans le Trône de fer et dans Game of thrones des éléments authentiquement européens participe à une réappropriation de ses propres origines et du sens de sa civilisation.

Ce travail présente ainsi deux niveaux de compréhension intimement liés pour expliquer le succès de la série en Occident, mais montre aussi (il est intéressant de noter qu’au Canada, l’université de Colombie-Britannique a instauré un cours de littérature intitulé : « Notre Moyen Âge moderne, un chant de glace et de feu » ! ) à quel point cette série prend racine dans l’univers européen (au sens temporel, spatial mais aussi métaphysique) pour le renvoyer, de manière forte et originale, à nous-mêmes.

Réalisée dans le cadre de la « mission » et des travaux de l’Institut Iliade, cette lecture doit permettre de retrouver et de dévoiler, de mettre en lumière, des enseignements allant du souffle épique d’Homère à la critique du monde moderne de Julius Evola, et de porter un regard nouveau sur la situation que vit (ou subit) l’Europe aujourd’hui.

Médias à la fois facile d’accès et riche, les versions télé et papier de Game of Thrones peuvent ainsi être utilisés pour éveiller les lecteurs et autres aficionados de ce « Chant de glace et de feu » à l’Histoire européenne et à ses mythes enracinés, à des valeurs oubliées, galvaudées ou moquées par notre époque.

Une plongée dans « la matière » de la fantasy, le renouveau de l’imaginaire européen et de ses mythes fondateurs

La fantasy est un vaste champ littéraire développé à partir de la tradition légendaire européenne. A Song of ice and fire appartient pleinement à ce genre hérité de la vaste tradition légendaire européenne, des épopées d’Homère à Beowulf, des Eddas aux Chansons de geste, de la saga arthurienne aux contes de fées. La fantasy est un moyen d’expression moderne de l’imagination populaire – le filtre du fantastique permettant de mieux appréhender certaines réalités. L’œuvre de Martin n’y fait pas défaut.

Genre littéraire aujourd’hui reconnu, la fantasy a obtenu ses quartiers de noblesse avec (notamment) Robert E. Howard (Conan, Kull le roi barbare, Solomon Kane), J.R.R. Tolkien (Le Silmarillon, Le Hobbit, Le Seigneur des anneaux) et compte aujourd’hui de nombreux sous-genres et autant d’auteurs de renom. Martin reconnaît d’ailleurs l’influence sur son œuvre de grands messieurs comme Homère et Tolkien bien sûr, mais aussi de Lovecraft, Roger Zelazny, Jack Vance, aux côtés de Shakespeare, Sir Walter Scott et Maurice Druon (pour ses Rois maudits).

Ainsi, le lecteur/spectateur, amateur averti ou néophyte du genre, se retrouve plongé dans un univers qui lui parle d’une manière presque inconsciente lorsqu’apparaissent dragons, morts-vivants, sorciers, elfes (le Peuple de la Forêt), géants et autres loups monstrueux.

Mais l’originalité de Martin tient sans doute à sa manière de jouer avec les règles du genre. Il parvient en effet à rendre crédible son univers, en le dotant d’une vraie géographie et d’une histoire fouillée, en donnant par exemple forces détails sur les armées en déplacement et leur logistique, sur les villes et les villages, sur la vie quotidienne à Westeros, à Dorne, chez les Fer-Nés, sur le Mur, à Braavos, chez les Dotraakis, sur la côte des esclaves… Bien entendu, la série littéraire est plus précise que la série télévisée, mais le spectateur reste malgré tout fasciné par la réalité de cet univers.

Martin se rapproche en cela d’un Tolkien et peut-être (et surtout) d’Homère chez qui le surnaturel (les dieux et leurs actions), s’ils ne représentent pas le cœur de l’action, font intimement partie à la fois du monde et de l’intrigue.

Par ailleurs, la présence de la magie, ou plutôt sa réapparition dans l’univers, permet de le « réenchanter » et en retour d’offrir une autre vision au lecteur/spectateur de ce qu’il est possible d’imaginer.

La place de la mort, de la violence et le refus de toute dichotomie « bien/mal » est un autre point fondamental chez Martin.

Martin joue ici avec l’une des normes de la fantasy moderne : le héros gagne à la fin. Or, chez Martin, nul ne peut deviner qui sera le prochain roi (ou reine) sur le trône de fer et encore moins qui survivra. Là aussi il se rapproche de Tolkien (surtout dans le Silmarillon) et d’Homère (dans L’Iliade) : les Stark, alors qu’ils incarnent des héros archétypaux, sont décimés ; les Lannister, malgré leur puissance, vacillent ; les Tyrell, qui représentent une puissance montante, trébuchent ; ce qui reste des Targaryen, malgré leurs dragons, ne sont assurés de rien…

Ensuite, aucun des personnages n’est totalement bon ou totalement mauvais. Martin se rapproche là aussi de la tradition homérique, du Tolkien du Silmarillon, des héros des mythes antiques comme Héraclès, Persée, Jason, Thésée, qui possèdent tous leur part sombre.

A l’inverse, les Lannister, que l’on pourrait a priori aisément qualifier de méchants, ne personnifient en aucun cas le Mal : Tawin, le chef de sa maison, prône la fidélité des siens à leur sang et leur rang ; Jaime, vaniteux et détestable au début de l’intrigue, connaît une évolution, presqu’une initiation, après avoir eu la main coupée. Le lecteur/spectateur peut se retrouver en eux parce qu’ils sont suffisamment complexes et capables de bon comme de mauvais.

Certains autres personnages sont complètement abjects, comme Ramsay Bolton ou Joffrey Baratheon qui incarnent une hybris maladive et dégénérée.

La place de la violence (à laquelle on peut ajouter celle du sexe) choque et fascine à la fois chez Martin. La série de HBO va même encore plus loin – la puissance des images et des scènes filmées étant dans ce domaine supérieure aux mots et à l’imagination. Martin explique qu’il utilise la violence pour se rapprocher de la réalité des guerres, donnant moult détails sur les cadavres puants, les villages détruits, les tortures, les viols… La scène des « Noces pourpres » reste sans doute l’une des scènes les plus dures de la série, voire de l’histoire des séries télévisées ! Mais Martin ne fait que renouer avec, par exemple, les descriptions d’Homère, fort prolixe pour décrire la mort des guerriers troyens ou grecs. Et comment ne pas songer à « Barbe Bleue » quand on découvre les agissements de Ramsay Bolton, à « Vlad Tepès » lorsqu’on nous décrit la bannière de son père lord Bolton dit « l’Ecorcheur »…

La référence à des temps légendaires, la puissance évocatrice du mythe agite également l’univers de Game of Thrones. Martin a doté son monde d’une histoire qui lui donne cohérence et profondeur. Et qui fait à nouveau écho à nos propres mythes. Ainsi, l’histoire de Westeros remonte à plus de 10.000 ans, le continent se forgeant au gré de diverses migrations de peuples venant « de l’autre côté du détroit ». Le premier âge se nomme l’Age de l’Aube et voit les Premiers Hommes débarquer sur Westeros. Cette première migration fait clairement écho aux premières grandes migrations indo-européennes, les Premiers Hommes arborant des armes et armures en cuivre dont la description rappelle celle des premiers peuples celtes.

Entrant en lutte avec les Enfants de la Forêt, le Petit Peuple autochtone, les Premiers Hommes finissent après plusieurs siècles de combat par signer un pacte et adopter leurs dieux, fondant leurs sanctuaires au cœur des forêts autour d’arbres séculaires, les barrals. Puis vient l’Age des Héros, qui couvre 4.000 ans, période tout aussi mythique (la connaissance ne passe pas encore par l’écriture), qui voit les dieux se mêler aux hommes pour façonner le continent, créer les premiers royaumes et bâtir le Mur. C’est durant cette période que se déroulent les premiers affrontements avec les Autres, les Marcheurs blancs, des revenants qui apportent mort et destruction – ils seront vaincus une première fois grâce à l’aide des Enfants de la Forêt, lors d’une bataille marquant la fin de l’Age des Héros.

« L’histoire écrite » de Westeros débute avec une nouvelle migration, celle des Andals, peuple au teint clair, maîtrisant le fer et apportant de nouveaux dieux (les Sept). Les Andals entrent en conflit avec les Premiers Hommes mais finissent par se mêler avec eux pour ne former plus qu’un seul peuple – le Nord restant toutefois constitué majoritairement par les descendants des Premiers Hommes.

Enfin, dernière migration légendaire, celle du peuple des Roynars qui s’établissent dans le sud, à Dorne. Menés par leur reine qui brûle ses vaisseaux en accostant, ils se mêlent aux autochtones et leurs chefs fondent une nouvelle dynastie débouchant sur une civilisation à part entière qui rappelle celle de l’Espagne des Omeyades.

Parallèlement à la construction des royaumes de Westeros, s’érige de l’autre côté du Détroit, sur le continent d’Essos (qui rappelle la Perse antique) l’empire de Valyria, dont la puissance repose sur des dragons. Dominant toutes les nations voisines, dont certaines vieilles civilisations, les Valyriens chutent à la manière de l’Atlantide à cause du Fléau de Valyria, qui, si sa nature exacte est inconnue, ne laisse qu’une seule famille échapper à l’anéantissement : la maison Targaryen. Ce sont ses héritiers, à la beauté légendaire, aux yeux clairs et aux cheveux d’argent ou d’or, qui se lanceront sur leurs dragons à la conquête de Westeros.

Il est intéressant de noter que si les familles nobles de Westeros se mélangent, au gré des alliances, à l’image des familles royales européennes, le continent est avant tout façonné par le peuple qui reste attaché charnellement à ses terres, ses villages et ses villes. Les seuls moments où l’on assiste à des « migrations », ce sont les périodes de troubles qui jettent sur les routes aussi bien des armées de paysans que des réfugiés fuyant les destructions et les combats. A nouveau, un parallèle peut se faire avec les peuples européens, assez peu touchés (même en France) par les migrations extra-européennes jusqu’à l’ère industrielle.

Jouant avec les codes du genre de la fantasy, s’inspirant plus ou moins librement des mythes et légendes européens, alliant descriptions détaillées et références plus générales, Martin assoit son monde sur une matrice qui ne peut que parler à tout Européen – voire à tout Occidental.

A suivre.

Notes

[1] Game of Thrones a obtenu 12 prix en septembre 2015 lors de la 67e édition des Emmy Awards, cérémonie qui récompense les meilleurs programmes de l’industrie télévisuelle américaine, après avoir été nominé 24 fois aux Creative Emmy Awards de la même année. Record à nouveau dépassé en septembre 2016…

[2] Telle « La Garde de nuit » (voir leur site www.lagardedenuit.com), association de fans français, dont l’expertise et les analyses de l’œuvre de Martin sont régulièrement saluées par l’auteur.

Crédit photo : Global Panorama via Flickr (cc)

Droite/Gauche : pour sortir de l’équivoque

04/10/2016 – FRANCE (NOVOpress avec Institut Iliade)

L’Institut Iliade propose une recension du livre « Droite/Gauche : pour sortir de l’équivoque » d’Arnaud Imatz, par l’écrivain Christopher Gérard.

Basque de France, Arnaud Imatz est un spécialiste pointu des courants politiques non-conformistes qui fait sienne la fameuse sentence de son maître Ortega y Gasset : « Etre de gauche ou être de droite, c’est choisir une des innombrables manières qui s’offrent à l’homme d’être un imbécile. Toutes deux sont en effet des formes d’hémiplégie morale ».

Déjà auteur d’une somme définitive sur un personnage tabou de l’histoire espagnole, le chef phalangiste José Antonio Primo de Rivera (fusillé en 36), Arnaud Imatz a beaucoup étudié l’histoire de la Guerre d’Espagne, qu’il a libérée des dogmes de l’historiographie marxiste. Il publie aujourd’hui une volumineuse synthèse sur le clivage droite/gauche, qui se révèle à la lecture une histoire bienvenue des idées dissidentes en Europe depuis 1945. Par clivage droite/gauche, Imatz entend un artifice créé pour renforcer l’idéologie dominante, mixte de matérialisme et de multiculturalisme dogmatiques, car répondant aux besoins d’une oligarchie techno-marchande qui hait d’instinct tout ce qui s’oppose à l’homogénéisation forcenée du monde et au règne sans partage de ce que le Duc de Guise appelait en son temps « la fortune anonyme et vagabonde ».

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Colloque de l’Institut Iliade : Face à l’assaut migratoire, le réveil de la conscience européenne !

06/03/2016 – CULTURE (NOVOpress)
Le prochain colloque de l’Institut Iliade se tiendra le 9 avril prochain à la Maison de la Chimie, dans le VIIe arrondissement de Paris. Consacré à la nécessaire affirmation de l’identité européenne menacée par l’invasion migratoire, il devrait intéresser nos lecteurs au plus haut point.

Les exactions de masse commises le soir du Jour de l’An dans de nombreuses villes d’Allemagne et d’Europe annoncent les risques que représente l’immigration massive pour nos peuples et notre civilisation. Le rouleau compresseur est en marche ! Celui, implacable, et mortel, du Grand Remplacement de population, facilité par l’effacement de notre mémoire, de notre identité et de notre légitime fierté d’Européens.

L’Iliade appelle à un sursaut intellectuel et moral afin de réaffirmer nos valeurs, nos libertés et nos droits sur la terre de nos ancêtres.

La matinée est consacrée à l’analyse de l’assaut migratoire, avec notamment Bernard Lugan : (« La grande invasion des années 2000, un phénomène sans précédent dans l’histoire de l’Europe et du monde »), François Bousquet (« L’idéologie ‘Big Other’ : les autres avant les nôtres », un diaporama consacré à « Un exemple de submersion migratoire islamique : la situation au Kosovo » ou l’évocation du Camp des Saints avec une discussion entre Christopher Gérard et Jean Raspail.

L’après-midi vise à définir, face à la menace, les conditions et leviers du nécessaire réveil de la conscience européenne, avec Ivan Blot [« L’Être des nations contre l’avoir des marchands »], Renaud Camus [« La fierté contre la repentance »], Jean — François Gautier [« La pérennité de l’âme européenne »] et Jean-Yves Le Gallou [« Pour la préférence de civilisation »]. Une table ronde animée par Patrick Pehele réunira des représentants de la « Génération 2013 », jeunes engagés dans la Cité dont les initiatives sont autant de « signes du réveil » européen.

• Samedi 9 avril à partir de 10 h
• Maison de la Chimie, 28 rue Saint-Dominique 75 007 Paris
• Entrée simple : 10 €
• Tarif de soutien : 30 €
• Tarif bienfaiteur : 100 €
• Inscription sur https://www.weezevent.com/colloque-institut-iliade-2016

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Le colloque 2016 de l’institut Iliade sera consacré au réveil de la conscience européenne, face à l’assaut migratoire

28/01/2016 – CULTURE ([NOVOpress avec le bulletin de réinformation]

Il s’agit du colloque annuel de l’institut pour la longue mémoire européenne, créé suite à la mort sacrificielle de Dominique Venner.
Pour faire face au rouleau compresseur du Grand Remplacement de population, l’institut entend empêcher l’effacement de notre mémoire, de notre identité et de notre fierté d’Européens.
L’Iliade annonce des orateurs de premier plan pour décrypter les mécanismes démographiques et idéologiques de ce choc migratoire — et pour explorer les voies et manifestations du nécessaire réveil de la conscience européenne.
Il aura lieu le samedi 9 avril à Paris à la maison de la chimie : vous pouvez réserver la date et même vos billets ! Plus d’informations sur le site internet de l’institut Iliade.

L'Institut ILIADE met en ligne les 12 premiers numéros d'Enquête sur l'histoire

Enquête sur l’histoire : les premiers numéros mis en ligne par l’Institut ILIADE

27/08/2015 – PARIS (NOVOpress) – L’Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne, association dirigée par l’historien bien connu Philippe Conrad, a mis en libre téléchargement depuis son site internet les 12 premiers numéros de la revue trimestrielle de haute volée Enquête sur l’histoire, publiée de 1991 à 1999 par Dominique Venner.

Enquête sur l'histoire : les premiers numéros mis en ligne par l'Institut ILIADEL’objectif ? Contrer le révisionnisme mémoriel engagé ces dernières années par l’Éducation nationale visant à faire oublier aux Français leur histoire.

Selon les termes mêmes de l’Institut ILIADE, « parents, pédagogues et étudiants trouveront dans cette collection les cartouches nécessaires à une vision renouvelée de notre histoire, affranchie de la culpabilisation systématique et de la doxa du moment. Notre vision du passé détermine l’avenir. Et sa connaissance est créatrice de liens : entre générations comme entre membres d’une même communauté souhaitant rester elle-même dans le chaos des temps présents. »

« Il est impossible de penser le présent et le futur sans éprouver derrière nous l’épaisseur de notre passé, sans le sentiment de nos origines. Il n’y a pas de futur pour qui ne sait d’où il vient, pour qui n’a pas la mémoire du passé qui l’a fait ce qu’il est. Mais sentir le passé, c’est le rendre présent. Le passé n’est pas derrière nous comme ce qui a été autrefois. Il se tient devant nous, toujours neuf et jeune ». Dominique Venner

Voici les liens directs pour télécharger ces douze premiers numéros :

Colloque Iliade

Institut Iliade : la reconquête culturelle en marche

Source : Présent n°8344 du 28 avril 2015 via l’institut Iliade — L’institut Iliade pour la longue mémoire européenne organisait son colloque annuel samedi 25 avril sur le thème de l’univers esthétique des Européens. Hommages appuyés à Dominique Venner, scène placée sous le signe de Diane chasseresse, les organisateurs et intervenants n’ont pas caché leur inspiration païenne. L’Iliade n’en reste pas moins un acteur majeur de la défense de notre identité et de nos traditions. Jean-Yves Le Gallou, l’un des trois fondateurs avec Bernard Lugan et Philippe Conrad, nous a livré ses impressions sur la tenue de cet événement. Les débats peuvent être vus ici.

Etes-vous satisfait de l’affluence et de l’organisation du colloque ?

Absolument. Nous avons rempli le grand amphithéâtre de la Maison de la Chimie, à savoir l’orchestre plus le balcon, soit 800 places. Par ailleurs, beaucoup de jeunes sont venus, alors même que le sujet est assez difficile. A la fois philosophique et historique, l’univers esthétique des Européens n’est pas une thématique facile. Ce sujet fait travailler les neurones mais aussi le sentiment, puisque nous sommes dans l’esthétique. Je crois donc que c’est un grand succès.
C’est aussi, je pense, un signe des temps parmi d’autres qu’il est en train de se passer quelque chose en France et en Europe. Il y a dans l’âme de toutes ces personnes qui sont présentes, de tous âges, hommes et femmes, un grand désir de ressourcement face au déracinement, à l’effacement de notre mémoire. Je crois que c’est une source d’espoir.

La reconquête culturelle vous paraît-elle possible ? Parce nous partons de très loin, tout de même. Le monde moderne ayant tout envahi, c’est une véritable gageure.

Effectivement, nous partons de loin. Ils ont tout, par conséquent nous ne pouvons que conquérir des positions. Il y a évidemment beaucoup de réponses possibles. Il y a la réponse par la volonté de retrouver
le beau alors qu’on nous impose la laideur, notamment avec ce qu’on appelle l’art, qui est plutôt un « non-art », contemporain. Face à l’immonde monde moderne, le recours, et le retour à la nature s’imposent, comme nous l’a rappelé Slobodan Despot [NDLR : suisse d’origine serbe, écrivain et photographe]. Et puis il y a enfin la redécouverte de nos sources anciennes, de notre mémoire.

Quels sont les prochains rendez-vous de l’Institut Iliade ?

La vocation principale de l’Institut Iliade est la formation et la transmission. Donc nous avons entamé au mois de janvier un premier cycle de formation. Un cycle, c’est cinq week-ends de deux jours, là aussi très exigeant, à la fois par les sujets traités et le travail qui est demandé aux stagiaires. Nous allons avoir également un deuxième cycle de formation, pour 20 personnes, à partir du mois de septembre. Et puis, bien sûr, un nouveau colloque l’année prochaine sur un thème qui reste encore à déterminer. Vous pouvez suivre toute notre actualité sur notre site internet et notre page Facebook.

Crédit photo : Institut Iliade


« L’univers esthétique des Européens » : revoir le colloque de l’Institut Iliade en vidéo

01/05/2015 – PARIS (NOVOpress) – L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne organisait samedi dernier 25 avril son premier colloque, réunissant 900 personnes à la maison de la Chimie à Paris. Retrouvez en vidéo les interventions d’Alain de Benoist (« L’art européen, un art de la représentation »), Slobodan Despot (« L’art européen et le sentiment de la Nature »), Christopher Gérard (« La beauté et le sacré »), Jean-François Gautier (« La polyphonie du monde »), Javier Portella (« La dissidence par la beauté ») et des présentations de hauts lieux européens (Duarte Branquinho, Adiano Scianca, Philip Stein, Marie Monvoisin).

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Entretien avec Grégoire Gambier, de l’Institut Iliade : « Il y a urgence à décoloniser notre imaginaire »

21/04/2015 – PARIS (NOVOpress) – L’Institut Iliade organise le 25 avril prochain un colloque, « l’univers esthétique des Européens ». Novopress est allé interroger son porte-parole, Grégoire Gambier.

Rien ne nous oblige à accepter « la loi du pognon », et pire encore la « soumission » à une culture étrangère à nos valeurs.


NOVOpress : L’Institut ILIADE organise son colloque annuel le 25 avril prochain à la Maison de la Chimie, avec pour thème « l’univers esthétique des Européens ». Pourquoi un tel choix ?

Grégoire Gambier : Parce que la réaffirmation de notre univers esthétique, et donc éthique, nous apparaît impérieuse. L’art européen est fondamentalement un art de la représentation, celle de l’homme et du divin. Il est à la fois le terreau et le vecteur d’une vue du monde où la beauté et le sacré sont indissociables. Et où notamment la figure de la femme, de Diane chasseresse à la Vierge Marie, de la Dame de Brassempouy à la Vénus de Botticelli, occupe une place essentielle. Or cette spécificité plurimillénaire est aujourd’hui attaquée, voire niée par deux formes de totalitarisme.

Celui de l’islam radicalisé, bien sûr, dont la fureur iconoclaste et fortement misogyne apparaît au grand jour partout où il peut se déployer sans limites : en Afghanistan hier, en Irak et en Syrie aujourd’hui – en Europe demain ? Mais aussi le totalitarisme du marché, la prétention de « l’avoir » à supplanter « l’être », qui nous impose une forme de dictature de la laideur, dont les provocations dérisoires de « l’art contemporain » ne constituent qu’un des aspects. Dans les médias comme dans nos villes, les zones commerciales et jusque dans nos champs et sur nos rivages avec la prolifération des éoliennes, c’est bien notre univers esthétique, mental, qui est agressé par le règne de la vulgarité, de la consommation et de l’utilitarisme « technicien ». Or rien ne nous oblige à accepter « la loi du pognon », et pire encore la « soumission » à une culture étrangère à nos valeurs !

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"L’univers esthétique des Européens" - Colloque de l’Institut ILIADE le 25 avril. Présenté par Jean-Yves Le Gallou

« L’univers esthétique des Européens » – Colloque de l’Institut ILIADE le 25 avril. Présenté par Jean-Yves Le Gallou

Entretien avec Jean-Yves Le Gallou, un des co-fondateurs de l’Institut Iliade.

« Il peut y avoir choc de civilisations : la charia n’est pas compatible avec les valeurs européennes et la burka peut difficilement cohabiter avec la minijupe ».


"L’univers esthétique des Européens" - Colloque de l’Institut ILIADE le25 avril. Présenté par Jean-Yves Le Gallou

Institut Iliade

L’ILIADE organise son deuxième colloque samedi 25 avril 2015 à Paris sur le thème de « L’univers esthétique des Européens ». Vous êtes avec Bernard Lugan et Philippe Conrad le co-fondateur de cet Institut pour la longue mémoire européenne, pourquoi ?

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Alain de Benoist

Cet institut de formation et de transmission de la mémoire européenne a été voulu par Dominique Venner. L’écrivain au cœur rebelle nous a chargés de sa création avant d’accomplir son geste sacrificiel en mai 2013 : créer cet Institut était pour nous un engagement d’honneur. Le 21 juin 2014 l’ILIADE a été fondé au sommet du mont Olympe. Notre analyse est la suivante : le Grand Remplacement (de population) est rendu possible par le grand effacement (de notre mémoire) ; nous devons y faire face par le grand ressourcement (dans notre culture et nos traditions).

Le thème de ce deuxième colloque « L’univers esthétique des Européens » n’est-il pas excessivement intellectuel ?

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Slobodan Despot

Je ne crois pas. Bien sûr on se bat contre ce qui nous menace. Mais on se bat mieux quand on a une claire conscience de son identité, une vue du monde, et quoi de plus fort que l’esthétique pour la traduire ? Notre colloque sera « total » : des communications fortes, bien sûr, mais aussi des images de hauts lieux européens (Brocéliande, le Mont Palatin, la Tour de Belem, le Château de la Wartbourg), bref, une évocation des univers celte, latin et germanique. Et une salle décorée notamment d’une grande tenture représentant Diane, la gardienne de la nature. Il s’agit d’un grand panneau décoratif réalisé en Anjou par des artistes françaises. Nous avons aussi fait appel à des peintres et des graphistes pour réaliser des affiches illustrant le thème du colloque. Elles seront en vente sur place. Ce colloque est une pièce majeure dans le dispositif de reconquête culturelle, donc également artistique, qu’il nous faut bâtir.

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L’univers esthétique des Européens, colloque de l’Institut Iliade le 25 avril à Paris. Bande-annonce

08/04/2015 – PARIS (NOVOpress)  – Samedi 25 avril 2015, à partir de 14 heures, à la Maison de la Chimie (28 Rue Saint Dominique, 75007 Paris) se tiendra un colloque organisé par l’Institut Iliade.

Comme le rappelle l’islamologue René Marchand, « les grandes civilisations ne sont pas des régions sur une planète, mais des planètes différentes ». Car pour Dominique Venner, « elles sont faites de valeurs spirituelles qui structurent les comportements et nourrissent les représentations » (entretien avec Laure d’Estrée, 01/09/2011).

En consacrant son deuxième colloque (et le premier sous son nom) à « l’univers esthétique des Européens », l’Institut Iliade entend affirmer la singularité et la richesse de notre patrimoine commun. Pour y puiser la source et les ressources d’une affirmation sereine, mais déterminée, de notre identité européenne, aujourd’hui menacée par des civilisations autres.

Avec les interventions d’Alain de Benoist (« L’art européen, un art de la représentation »), Slobodan Despot (« L’art européen et le sentiment de la Nature »), Christopher Gérard (« La beauté et le sacré »), Jean-François Gautier (« La polyphonie du monde »), Javier Portella (« La dissidence par la beauté ») et des présentations de hauts lieux européens (Duarte Branquinho, Adiano Scianca, Philip Stein, Marie Monvoisin).

Réservations en ligne : weezevent.com/colloque-institut-iliade

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La fête de Pâques et du Printemps

La fête de Pâques et du Printemps

Source : Institut Iliade Pâques est en quelque sorte la fête de l’équinoxe de printemps. C’est le retour du soleil, le soleil fécondant sans lequel rien ne naîtrait. L’hiver meurt, les neiges fondent, les rivières sont en crue, la nature retrouve sa verdure, les plantes leurs boutons, les arbres leurs bourgeons, le soleil est redevenu suffisamment puissant pour réchauffer la terre et lui apporter la vie. Jonquilles, primevères, jacinthes fleurissent dans les jardins et les jachères.

A l’avènement du christianisme la fête de Pâques – qui est la célébration de la résurrection du Christ (rappelons que la fête de Pâques a longtemps été la plus importante de la tradition chrétienne et qu’elle marquait le début de l’année, et cela jusqu’en 1563) – remplaça la fête d’Ostara ou fête du printemps, qui est la fête du renouveau, de la fécondité et de la fertilité dont les origines sont très anciennes. Cette fête porte le nom d’une déesse lunaire, Ostara, qu’un héros solaire aurait délivrée de la captivité au moment de l’équinoxe de printemps. On retrouve là un mythe très présent dans les mythologies européennes et même dans les contes (qui ne sont qu’une retranscription de ces mythes) auxquels Dominique Venner faisait souvent référence (*voir en encart : texte inédit). C’est Ariane délivrée par Thésée, Andromède délivrée par Persée, Brunhilde délivrée par Siegfried ou la Belle au bois dormant et Cendrillon de Charles Perrault, Blanche Neige et Raiponce des frères Grimm…

Pâques est un mot d’origine hébraïque qui se dit en allemand Ostern et en anglais Easter.

A Pâques c’est l’œuf qui symbolise la renaissance de la nature, la fécondité, la vie qui s’apprête à éclore. Symboliquement, l’aube du jour et l’aube de la renaissance de la vie sont intimement liées à Ostara, comme le blanc et le jaune de l’œuf qui vont donner la vie.

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Philippe Conrad : « Dominique Venner : un regard inspiré sur l’Histoire »

Philippe Conrad : « Dominique Venner : un regard inspiré sur l’Histoire »

11/03/2015 – PARIS (NOVOpress)
En amont du premier rendez-vous public de l’Institut Iliade qui se tiendra à Paris le 25 avril prochain, nous publions le texte ci-dessous. Il s’agit de l’intervention de Philippe Conrad, historien, Directeur de La Nouvelle Revue d’Histoire (NRH), au Colloque Dominique Venner, qui se déroulait le 17 mai 2014.


Quand j’ai fait sa connaissance au début des années 1960, rien ne semblait destiner Dominique Venner à un parcours intellectuel au long duquel l’Histoire allait prendre une place toujours plus grande. Engagé à dix-huit ans dans l’armée avant d’être entraîné très tôt dans l’action politique, il milite pour l’Algérie française et contre la politique d’abandon alors mise en œuvre par le général De Gaulle, avant de faire l’expérience de la clandestinité et d’effectuer deux longs séjours en prison pour reconstitution de ligue dissoute.

La « critique positive » et l’expérience du terrain

Quand se tourne la page du conflit algérien, il formule sa « critique positive » de l’échec que vient de connaître son camp et s’efforce de créer un mouvement politique porteur d’un « nationalisme » européen qu’il juge nécessaire dans le nouvel ordre du monde en train de s’établir. Les limites de l’action politique lui apparaissent toutefois rapidement et, soucieux de préserver sa pleine indépendance, il y renonce quelques années plus tard. Spécialiste des armes et amoureux de la chasse, de son histoire et de ses traditions, il va dès lors vivre de sa plume en conservant ses distances vis à vis d’un monde dans lequel il ne se reconnaît plus guère.

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Le réveil de la civilisation européenne - par Javier Portella

Le réveil de la civilisation européenne – par Javier Portella

22/12/2014 – MADRID (via Boulevard Voltaire)
Pourquoi faudrait-il que notre civilisation soit réveillée ? Serait-elle à ce point endormie, en train peut-être de « se suicider », comme dit l’autre ? Que nous sommes endormis, en état de léthargie, que nos principes les plus profonds sont en proie à une déliquescence qui risque de nous faire disparaître en tant que civilisation : voilà ce que pense Dominique Venner – c’est là, d’ailleurs, la raison dernière pour laquelle il s’est sacrifié.

Mais voilà également, bien que développé sur un registre différent, le fond de la pensée d’un Éric Zemmour. Ni lui ni Venner ne sont pourtant les seuls à tirer sur la sonnette d’alarme. C’est tout un courant de plus en plus large de pensée qui fait ainsi vaciller l’hégémonie culturelle… de la gauche, certes, mais de la droite aussi : de cette droite libérale, mondialiste, matérialiste et individualiste qui nous mène autant que « les forces du progrès » au déclin.

Or, ce qui au début n’était qu’une affaire d’intellectuels ne l’est plus. Les gens commencent à être réceptifs à un tel malaise ; davantage : à la sensibilité, à l’imaginaire que tout cela implique, même s’il faut rappeler que de tels changements ne se font jamais du jour au lendemain, même s’il est évident que rien n’est encore joué et que nous n’en sommes qu’au début d’un tel réveil.

Les gens commencent à être réceptifs à un tel malaise ; davantage : à la sensibilité, à l’imaginaire que tout cela implique, même s’il faut rappeler que de tels changements ne se font jamais du jour au lendemain, même s’il est évident que rien n’est encore joué et que nous n’en sommes qu’au début d’un tel réveil.

C’est dans ce cadre qu’une nouvelle initiative vient d’être lancée. Elle s’appelle Institut Iliade pour la défense et le réveil de la civilisation européenne. L’initiative est doublement nouvelle : par le fond – par l’appel qui est lancé hors des vieilles ornières « droite-gauche » – et par la forme – par le recours, à travers une grande beauté, aux moyens les plus modernes de diffusion.

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Philippe Conrad : "L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles"

Philippe Conrad : « L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles »

24/08/2014 – PARIS (NOVOpress)
Annoncé lors du colloque en hommage à Dominique Venner le 17 mai dernier, l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne a été fondé à la veille du solstice d’été sur les hauteurs du Mont Olympe en Grèce. L’objectif de cet institut est de « faire connaître au plus grand nombre l’histoire de la civilisation européenne par tout moyen (conférences, randonnées, formations, ateliers, stages, visites d’exposition, etc.) ». Nous avons interrogé Philippe Conrad (photo de Une), son président – qui a pris la suite de Dominique Venner à la tête de la Nouvelle Revue d’histoire – , sur les raisons de la fondation de l’Institut Iliade et les buts de cet institut.

L’Institut Iliade est présent sur les réseaux sociaux. Sur Facebook et sur Twitter.

NB : A compter du 1er septembre, vous pourrez écrire à l’Institut Iliade à cette adresse : ILIADE BP 75225 – 49052 ANGERS cedex 2. Jusqu’à cette date, pour écrire à l’institut, vous ne pourrez utiliser que l’adresse courriel : contact@institut-iliade.com

Propos recueillis par Arnaud Naudin


Au début de l’été a été fondé l’Institut Iliade sur les hauteurs du Mont Olympe. S’agissait-il de rappeler nos racines grecques ou de manifester une certaine prise de hauteur par rapport au monde actuel ?

La référence aux racines grecques de la civilisation européenne – tout comme le nom de l’Institut le suggère – est en effet manifeste, mais elle n’est pas exclusive. L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne vise en effet à promouvoir et transmettre cette mémoire dans toute la richesse de ses formes historiques, culturelles et civilisationnelles. Dominique Venner avait exprimé le souhait que son œuvre puisse être poursuivie, à savoir un travail d’historien méditatif sur la longue histoire et la mémoire de l’Europe. C’est ce que nous entreprenons aujourd’hui. Non par nostalgie bien sûr, mais parce que nous sommes persuadés, comme l’était Dominique Venner, que cette histoire et cette mémoire sont à la fois la matrice et levier de la prise de conscience du nécessaire réveil civilisationnel des peuples européens. Nietzsche ne déclarait-il pas que « le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire » ? L’enjeu est de faire face au phénomène de « grand remplacement » justement dénoncé par l’écrivain Renaud Camus, et que Dominique Venner estimait être, dans sa dernière lettre, la menace principale pesant sur l’avenir des peuples européens : « Alors que je défends l’identité de tous les peuples chez eux, je m’insurge aussi contre le crime visant au remplacement de nos populations ». Nous souhaitons donc inciter les peuples européens à un « grand ressourcement », à une reconquête de la fierté de leurs origines, de leurs racines, en un mot de leur identité afin de refuser leur sortie de l’histoire, leur « grand effacement » – prélude à leur « grand remplacement » par des populations autres sur le sol de leurs ancêtres.

Or la réponse au défi du risque de dilution de l’identité et de la mémoire européennes est moins politique – au sens étroit du terme – que préalablement culturelle, voire spirituelle. Lorsque Dominique, toujours dans sa dernière lettre, s’élève « contre les poisons de l’âme et contre les désirs individuels envahissants qui détruisent nos ancrages identitaires et notamment la famille, socle intime de notre civilisation multimillénaire », et contre « la métaphysique de l’illimité, source néfaste de toutes les dérives modernes », il en appelle à un sursaut qui est d’abord intérieur. La réappropriation de notre identité est un défi personnel autant que collectif, car c’est la qualité de l’Etre qui est en jeu. Dès lors, l’ascension du Mont Olympe peut être certes interprétée comme une prise de hauteur. Mais peut-être davantage comme une forme de « recours aux forêts », au sens où l’entendait Ernst Jünger, avec lequel Dominique partageait de nombreuses affinités.

Le Mont Olympe

Le Mont Olympe

Choisir « Iliade » comme nom, est-ce se placer dans les pas de Dominique Venner qui voyait l’œuvre d’Homère comme une des œuvres fondamentales pour les Européens ?

Effectivement, le choix du nom de l’Institut est un hommage explicite au texte homérique, ce « poème de la destinée » très bien décrit par Dominique. Mais avec lui, il faut y voir « la source oubliée de notre tradition, l’expression grecque de tout l’héritage indo-européen, celte, slave ou nordique, avec une clarté et une perfection formelle sans équivalent ». L’Iliade reste donc d’une brûlante actualité pour qui cherche les sources et les ressources nécessaires au réveil des peuples européens. L’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne s’inscrit dans cette filiation afin de promouvoir et maintenir le patrimoine éthique et esthétique commun à l’ensemble des peuples de la « Vieille Europe », dans la diversité de leurs cultures particulières.

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