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Corse : Valls recule

19/01/2016 – POLITIQUE (Présent 8527)

Lundi, Valls recevait à Matignon les deux indépendantistes Simeoni et Talamoni, respectivement présidents du « conseil exécutif de Corse » et de « l’Assemblée de Corse », afin de discuter d’une éventuelle révision de la Constitution qui permettrait à l’île d’acquérir l’autonomie. Une rencontre lors de laquelle le Premier ministre, tout en affichant son désaccord, a quand même concédé la création de trois « groupes de travail » portant sur la langue corse, les questions foncières et les institutions de l’île.
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Provocations incessantes

Une décision qui constitue une première victoire pour ces gens qui, même s’ils s’en défendent officiellement, visent ni plus ni moins que l’indépendance de l’île et multiplient depuis des semaines les provocations à l’égard de la capitale. On se souvient en effet que, le 17 décembre dernier, lors de la double élection du président de « l’Assemblée de Corse » et du patron du « conseil exécutif », Talamoni n’avait pas hésité à prononcer une bonne partie de son discours en corse et avait évoqué le « premier gouvernement national depuis le XVIIIe ».
Invité lundi matin sur France Info, il est revenu à la charge, expliquant tranquillement à des milliers d’auditeurs que la France est… « un pays ami » ! Et au journaliste qui lui demandait s’il n’était pas un élu de la République française, Talamoni, qui a retiré le drapeau français de son bureau, de répondre : « Je suis un élu de la Corse. »

Une reculade de plus

Bref, venus lundi avec des revendications auxquelles l’exécutif avait déjà dit non, Simeoni et Talamoni auraient, selon toute logique, dû se voir opposer une fin de non-recevoir de la part de Valls qui rappelait, pas plus tard que le 30 décembre, qu’« il n’y a qu’une seule nation, la nation française » et qu’« il est hors de question de revenir là-dessus ».

Or, non content d’accorder près de deux heures d’entretien à ces compagnons de route des assassins du préfet Erignac, Valls est donc allé jusqu’à accepter la création de trois groupes de travail devant marquer « l’ouverture d’un dialogue ».

Les fameuses « lignes rouges » qui « ne peuvent pas être discutées » évoquées par le Premier ministre lors de son passage sur TF1 le 23 décembre dernier semblent donc bien parties pour l’être. Et les indépendantistes l’ont bien compris, qui avertissent déjà que, si l’amnistie de leurs terroristes n’est pas accordée, ils s’adresseront directement à Bruxelles.

Franck Delétraz

Régionales : Qui est Gilles Simeoni, le nouvel homme fort de Corse

18/12/2015 – POLITIQUE (NOVOpress)
À 48 ans, Gilles Simeoni devient le nouveau président du conseil exécutif corse, l’équivalent du président de région, avec 35,34% des voix aux élections territoriales. Célèbre en Corse pour avoir défendu Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Érignac, Gilles Simeoni a connu une ascension politique fulgurante. Elu maire de Bastia lors des élections municipales de 2014, il est dorénavant l’une des figures politiques fortes de l’île.

Publié le
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La destruction des États-nations par le régionalisme européen

12/12/2015 – EUROPE (NOVOpress)
À l’heure où nous allons voter pour les élections régionales, il n’est pas inutile de prendre un peu de recul sur la question « régionale » et de se rappeler que l’Union Européenne pousse le régionalisme contre les États-Nations.

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Catalogne indépendante ? un vote dans la bonne direction

28/09/2015 – MONDE (NOVOpress)
Lors du scrutin régional dont les résultats sont tombés hier soir, les Catalans ont donné une nette victoire – en sièges, pas en voix — à la coalition indépendantiste. Mais pour une indépendance réelle, de la région, il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

Aux élections régionales, la participation a atteint le score record de 77 %, dépassant de 10 points celle du dernier scrutin en 2012. C’est donc légitimement que le président indépendantiste sortant Artur Mas a clamé la victoire de sa coalition « Junts pel si » (Ensemble pour le oui), qui regroupe indépendantistes de gauche et nationalistes de droite.

Nous avons un mandat démocratique (…) nous avons une énorme légitimité pour aller de l’avant avec notre projet.

A-t-il déclaré à l’issue du scrutin.

De fait, la coalition remporte 62 sièges et devrait avoir la majorité absolue si elle s’allie avec les 10 députés de la CUP, favorable à la sortie de l’UE et de l’euro, qui s’oppose en tout point à la formation d’Arthur Mas, libérale de centre-droit.
Pour autant, l’onction démocratique n’est pas si nette, le camp indépendantiste dans son ensemble recueillant au 47,8 % des suffrages, la différence voix/sièges s’expliquant par le mode de scrutin qui favorise les cantons ruraux plus favorables à l’indépendance. Un point que n’ont pas manqué de souligner les tenants du « Non ».

Mais il en faudra plus pour arrêter Artur Mas, qui avait déjà organisé en 2014 un référendum sans valeur légale, qui avait obtenu 80 % de « oui » pour l’indépendance, pour 40 % de participation et avancé la date du scrutin régional, qu’i présentait comme un plébiscite en faveur de l’indépendance.
Si la coalition applique son programme, elle devrait réaliser une déclaration institutionnelle dès l’investiture de ses élus afin d’exposer officiellement son intention de déclarer l’indépendance. Après une première phase de la législature qui sera consacrée à la construction de « structures d’État » permettant un transfert de souveraineté — (justice, fisc, ambassades, parlement autonome…). Les indépendantistes ont promis la tenue d’élections constituantes dans un délai maximal de 18 mois.
À l’issue de ce processus, deux options principales sont possibles.
Forts d’un succès au référendum d’autodétermination, la Catalogne déclare son indépendance, avec la forte probabilité d’un bras de fer avec le gouvernement central.
Plus prudemment, les indépendantistes pourraient signer avec Madrid un accord d’autonomie élargie, comprenant notamment les pleines prérogatives fiscales.

Crédit photo : Ivan McClellan via Flickr (CC) = Catalan National Day