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Docteurs arméniens pendus à Alep en 1916. (par M. Hanay, CC via Wikimedia)

Il était une fois un génocide, par Hélios d’Alexandrie

Source : Poste de Veille – Hélios d’Alexandrie revient sur le génocide des arméniens et autres populations chrétiennes en Turquie. des rappels historiques précieux sur sur le sort des dhimmis en terre d’islam, qui trouve une résonance particulière avec l’actualité de cette région. Le même Etat qui hier perpétrait ce génocide soutient aujourd’hui DAESH dans sa volonté de « purification religieuse » de la région. 

Ils étaient de bons et loyaux sujets du Sultan ottoman, calife de son état, siégeant à la « Sublime Porte » dans la ville de Constantinople. Ils étaient chez eux, dans leur pays, ils appartiennent à une nation trois fois millénaire, fidèlement chrétienne depuis le quatrième siècle. Dans cet empire multiculturel, multiethnique et multiconfessionnel, ils parvinrent malgré leur foi qui leur interdisait l’accès aux postes de commandement, à réussir et à prospérer à force de sérieux et de travail. Comme ailleurs dans le monde islamique ils furent, de par leur statut de chrétiens, les pionniers et les accoucheurs de la modernité.

La résistance à l’oppression

Ils, ce sont les Arméniens, mais également, quoiqu’en nombre à peine moins grand, les syriaques, les Assyriens, les Chaldéens et les Grecs. Si les minorités chrétiennes opprimées réussissent beaucoup mieux que leurs oppresseurs musulmans, c’est que l’injustice et l’oppression sont comme un aiguillon qui les pousse à surmonter les obstacles, à relever les défis, à passer outre aux humiliations et à regagner leur fierté. Les minorités chrétiennes savent se rendre indispensables, leur secret c’est le savoir, la culture, l’ouverture à la modernité, les habiletés manuelles et techniques, le travail dans le silence, l’endurance, l’art précieux de produire la richesse, l’honnêteté, la droiture et la loyauté. Citoyens de seconde zone, mais exemplaires, que peut-on leur reprocher, si ce n’est de résister à leur manière contre le mépris ?

Survivre est également une autre facette de la résistance. Survivre à la haine religieuse et aux persécutions, rester fidèle à sa foi chrétienne, l’approfondir, la célébrer, répliquer à la haine par l’amour en suivant le chemin difficile tracé par les évangiles : « aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous persécutent ! » Dans un empire où ils ne détiennent aucun droit, où ils subissent des brimades au quotidien et sont soumis à l’arbitraire du Sultan, ils savent que rien ni personne ne les protégera le jour où l’autorité politique suprême donnera l’ordre de les annihiler. Ils auraient pu s’affranchir de cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes durant cinq siècles, il leur suffisait de céder sur l’essentiel, de cesser d’être eux-mêmes, de s’identifier à leurs persécuteurs, de devenir musulmans comme eux. Quelques-uns cédèrent et obtinrent finalement la paix, mais une majorité écrasante est restée fidèle à la religion de ses ancêtres.

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