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De Calais à Athènes, la crise migratoire s’amplifie chaque jour

03/03/2016 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Depuis début 2016, 130 000 « migrants » sont arrivés en Europe depuis la Méditerranée, selon le haut-commissariat aux réfugiés. Soit davantage que lors des six premiers mois de 2015.

Après l’Autriche, la Slovénie, la Hongrie, la Croatie et la Macédoine, c’était au tour de la Belgique, il y a dix jours, de rétablir le contrôle aux frontières pour empêcher un éventuel afflux de clandestins lié au démantèlement de la « jungle » de Calais. Depuis, 619 personnes ont été refoulées.

Où en est-on du démantèlement à Calais ?
Après les échauffourées de ces derniers jours, il se poursuit dans la partie sud et devrait durer un mois. Mais un quart des clandestins transférés dans les centres d’accueil seraient déjà retournés dans la « jungle », rejoignant la partie nord, pas encore concernée par le démantèlement.

À Athènes, la situation est autrement plus préoccupante
La fermeture des frontières sur la route des Balkans aggrave l’engorgement en Grèce. Actuellement, plus de 20 000 migrants y sont coincés. Et la Commission européenne évalue à 100 000 le nombre de réfugiés qui risquent d’être bloqués en Grèce sachant qu’il en arrive entre 1 000 et 3 000 par jour.

Dans le même temps, l’Europe entend réaffirmer le principe de libre-circulation dans l’espace Schengen, mis à mal par ces fermetures de frontières. Hier, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé qu’un retour à Schengen « est une condition préalable à la solution européenne à la crise des migrants ».

Après la crise financière, c’est une crise migratoire que vit la Grèce
Un nouveau plan d’aide pour la Grèce, c’est ce qu’a annoncé hier la Commission européenne. Mais ce n’est plus pour pallier la crise économique, c’est un fonds « humanitaire » d’urgence de 300 millions d’euros.

Le sommet UE-Turquie consacré à la crise des migrants le 7 mars va-t-il arranger la situation ?
En novembre, Ankara s’était engagé à ralentir le flux migratoire qui traverse la mer Égée depuis ses côtes jusqu’en Grèce, en échange d’une aide de 3 milliards d’euros et d’une accélération de sa procédure de candidature à l’Union européenne. Vu le flux incessant de populations et l’impatience manifestée par Bruxelles, force est de constater que cet accord tarde à produire ses effets.

La police macédonienne défend sa frontière avec la Grèce aux gaz lacrymogènes

02/03/2016 – EUROPE (NOVOpress)
La police macédonienne a tiré lundi des gaz lacrymogènes contre un groupe de 300 Syriens et Irakiens qui tentaient de forcer la barrière frontalière entre la Grèce et la Macédoine, au poste d’Idomeni. “Des tirs de gaz lacrymogènes directement sur le visage de ces réfugiés désespérés”, précise la correspondante d’iTELE en Grèce Alexia Kefalas. Les images montrent pourtant des grenades lacrymogènes lancées au sol, devant la foule qui tentait de défoncer une clôture. La journaliste poursuit en expliquant que “les réfugiés veulent continuer à forcer cette frontière car leur seule envie est d’aller en Europe, de fuir la guerre”. Au vu des images, on constate surtout qu’ils importent en Europe la violence dont ils disent souffrir chez eux.

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La situation en Grèce sur le front de l’immigration clandestine se tend

29/02/2016 – EUROPE (NOVOpress)

Le ministre grec de la Politique migratoire, Yiannis Mouzalas, affirme que 22 000 « réfugiés et migrants » se trouvent actuellement en Grèce.

Un chiffre qui devrait selon lui tripler au mois de mars
Toujours selon le ministre ils devraient en effet être en 50 000 et 70 000 d’ici un mois. Plusieurs facteurs expliqueraient cette hausse. Sous le double effet des contrôles aux frontières et des quotas mis en place unilatéralement par les pays des Balkans, la Grèce se retrouve une impasse pour bon nombre des migrants qui cherchent à rejoindre les pays européens les plus accueillants. Six pays de l’espace Schengen ont rétabli provisoirement — mais pour combien de temps ? — les contrôles à leurs frontières. L’Autriche a décidé la semaine dernière de limiter l’accès à son territoire. Elle ne laisse plus rentrer que 80 demandeurs d’asile par jour et laisse transiter 3 200 personnes. La Macédoine refuse depuis une semaine l’accès aux Afghans et renforce les contrôles pour les Syriens et les Irakiens.

Quatre autres pays ont emboîté le pas des quotas vendredi
La Slovénie et la Croatie, membres de l’U.E. ainsi que la Macédoine et la Serbie ne laissent désormais plus transiter désormais que 580 personnes par jour. Athènes se sent de plus en plus isolée face à ces mesures prises unilatéralement par ses voisins. Le gouvernement grec compte sur la communication en Turquie sur la fermeture du poste-frontière d’Idomeni avec la Macédoine ainsi que sur le déploiement de navires de l’OTAN en mer Égée pour diminuer l’afflux de ces masses migratoires. L’Italie craint à son tour un effet ricochet et une recrudescence de flux, bloqués sur la route grecque. L’espace Schengen semble se craqueler de plus en plus face au poids sans précédent de l’immigration clandestine.

+600 % de clandestins en Grèce en janvier. Vers le renvoi en Turquie des « réfugiés » secourus en mer ?

29/02/2016 – EUROPE (NOVOpress)
Va-t-on enfin venir à des solutions de bon sens ? Des voix s’élèvent en Allemagne pour que les navires européens raccompagnent les naufragés ou « réfugiés » à leur point de départ plutôt qu’en Europe.

L’ampleur sans cesse croissante de l’invasion migratoire par mer — Plus de 100 000 clandestins ont déjà traversé la Méditerranée depuis le début 2016, soit plus que le total des six derniers mois de 2015 — devient alarmante, même pour les bonnes âmes. Le nombre de clandestins arrivant en Grèce en janvier est 600 % plus élevé qu’il y a 12 mois, selon Frontex. Des statistiques qui dessillent les yeux les mieux clos.

Les « réfugiés » secourus en Méditerranée par Frontex et l’OTAN sont systématiquement amenés sur les côtes européennes (principalement grecques), facilitant et encourageant d’autant la submersion migratoire. Pourtant, en Allemagne, certains réclament une reconduite en Turquie.
Ainsi, Hans-Peter Friedrich (CSU) a appelé Frontex à cesser d’emmener des migrants illégaux sur le territoire européen. Il a ajouté que le droit maritime international stipulait que les personnes secourues devaient être envoyées dans un endroit « sûr », et que cela pouvait être la Turquie, comme le stipulerait Frontex. Il a demandé à ce que la réglementation de l’UE, qui ne classe actuellement pas la Turquie parmi les destinations « sûres », soit modifiée le plus vite possible.
Une position appuyée par la ministre allemande de la Défense, Ursula Von der Leyen, qui considère aussi que la Turquie est un pays « sûr ». La ministre pense donc que les navires de l’OTAN devraient être autorisés à renvoyer des migrants en Turquie.

Pour autant, Frontex, dément avoir accordé ce statut de pays sûr à la Turquie.
Contrairement à de récentes déclarations, Frontex n’a jamais classé la Turquie dans les pays « sûrs », et ce n’est pas près de changer a rappelé Ewa Moncure, porte-parole de l’agence européenne de surveillance des frontières.

Naturellement, en plus des ces points juridiques, il faudra vaincre la résistance des associations et groupements immigrationnistes, qui n’ont pas manqué de monter au créneau. « Envoyer en Turquie des réfugiés secourus dans la mer Égée reviendrait à sonner le glas du droit d’asile », a par exemple déclaré Karl Kopp, de l’organisation d’aide humanitaire Pro Asyl.

Crédit photo : Kripos NCIS via Flickr (CC) = Overføring til “Peter Henry von Koss”

Nouvelle compagnie méditerranéenne de ferries : Frontex

19/02/2016 – EUROPE (NOVOpress)
Un bateau de la mission de « surveillance des frontières » de Frontex a recueilli hier 900 clandestins. En raison du mauvais temps, c’est maintenant tous les migrants qui sont pris à bord des navires de Frontex.

Hier, le bateau bulgare « Obzor », en mission au large de l’île grecque de Lesbos pour le compte de Frontex, a recueilli en mer quelque 900 migrants. Ce n’est plus une mission de douane, c’est un véritable service de ferry qu’a organisé l’agence de surveillances des frontières européennes. En effet, l’Obzor a fait trois tournées ce jeudi entre le port de Mytilène, dans l’île de Lesbos, et la côte turque, distante de quelque 8 km. Ce navire de 43 mètres peut embarquer beaucoup plus de migrants que les vedettes de patrouille de Frontex, d’une capacité maximale de 50 personnes.

En raison du mauvais temps et du froid, nous embarquons maintenant tous les migrants que nous trouvons, car les risques sont beaucoup plus grands qu’en été

explique Ewa Moncure, porte-parole de l’agence européenne des frontières.

Et plutôt que de faire courir des risques aux migrants sur les premiers kilomètres de leur parcours, pourquoi ne pas aller directement les chercher à quai, en Turquie ? S’il n’est évidemment pas question de laisser mourir de froid des naufragés, la seule solution pour décourager les passages clandestins et dangereux serait des les ramener à leur point de départ, non de destination.


L’espace Schengen en grand danger

05/02/2016 – EUROPE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

La situation n’est plus tenable : face à l’invasion migratoire subie par l’Europe l’an passé, la Commission Européenne a été contrainte de réagir en se retournant contre la Grèce. Celle-ci constitue le trou béant par lequel transite la marée humaine. Un rapport de l’organisme Frontex, destiné à protéger les frontières, pointe du doigt la négligence des autorités grecques dans les contrôles aux frontières. Une procédure a été enclenchée le 2 février par la commission européenne ; le gouvernement grec dispose de 3 mois pour reprendre le contrôle des frontières.

En cas d’échec, la Grèce ne sera pas directement exclue de l’espace Schengen : mais l’article 26 du code de Schengen sera appliqué : il prévoit le rétablissement du contrôle frontalier dans certaines zones de libre-circulation pour une durée de deux ans. Cela voudra dire que le pays sera isolé pendant toute cette durée.

Il est manifeste qu’il est impossible pour un pays harcelé par les créanciers de mettre en place le dispositif sécuritaire nécessité par le contrôle des frontières, la reconduite des clandestins, etc. Les milliers d’îles ioniennes constituent un obstacle infranchissable au contrôle de l’immigration. Bernard Cazeneuve est hier venu visiter un hotspot : ce dispositif permet de prendre les empreintes, et d’examiner la situation des immigrés. Il en existe 5 pour l’instant, que le gouvernement grec s’est engagé à rendre opérationnels.

L’espace Schengen semble donc vivre ses derniers mois : pourtant, dans une tentative de sauvetage désespérée, la grande presse publie unanimement une étude publiée mardi de façon fort opportune : réalisée par France Stratégies, elle fixe le coût de départ de l’espace Schengen à 10 millions d’euros par an.

Le problème, c’est que personne ne désigne les avantages potentiels octroyés par un départ de l’espace Schengen : notre politique actuelle d’immigration, par exemple, représente un coût exorbitant. Or, dans un budget, on compare toujours les coûts avec les recettes ; ici, il n’y a que les coûts de la sortie de l’espace Schengen qui semblent dignes de l’attention de nos économistes et, partant, des journalistes.

Tuer latin et grec pour enterrer la France – par Natacha Polony

11/10/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Les professeurs assistent, impuissants, à la raréfaction de l’enseignement des langues anciennes. Pourtant, aujourd’hui plus que jamais, il serait vital auprès des jeunes générations, estime Natacha Polony.

Pour la journaliste :

Les professeurs de lettres classiques incarnent sans doute plus que les autres tout ce que détestent les modernes penseurs de l’école, ceux qui, depuis trente ans, ont imposé dans l’indifférence complaisante ou la complicité enthousiaste des politiques un changement de civilisation.


Latin, Grec, philo : à Cannes, c’est la tournée du Maire !

15/09/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Plutôt que des ateliers rap, calligraphie arabe ou macramé, la mairie de Cannes met à profit les nouveaux rythmes scolaires pour offrir aux enfants des initiations aux humanités, si malmenées par les idéologues de la rue de Grenelle.

Bel exemple d’adaptation positive à la contrainte. Plutôt que de subir comme la plupart des ses collègues la réforme si décriée des rythmes scolaires, le maire LR de Cannes David Lisnard a décidé de mettre à profit les heures de « garderie » imposées aux mairies. Au menu : les humanités, passées au rouleau compresseur des ayatollahs de la rue de Grenelle. Grec, latin, philo sont proposés aux élèves dès la maternelle.

Pas de déclinaisons à mémoriser pour les enfants, mais des cours sur les noms de végétaux du potager, afin de les initier au latin. « Et en même temps, précise le maire, on lutte contre la malbouffe.

» 200 enfants sont d’ores et déjà inscrits. « On a fait le plein tout de suite », se réjouit David Lisnard.

Dès le CP, ce sont des cafés philo adaptés, qui permettent d’aborder avec les enfants quelques grands thèmes (liberté, respect, vérité…) de manière ludique.

Les plus grands (CM1/CM2) se familiarisent avec la cité antique grecque à travers les noms d’objets et de lieux qui les entourent, et sous forme de rébus et de jeux de rôles.

L’idée m’est venue en réaction à la politique de Madame le ministre de l’Éducation nationale, dit David Lisnard. C’est une manière de lutter contre la suppression des classes bilangues et la mise à mort du grec et du latin qui constituent le socle de notre langue et de notre civilisation.

Cette volonté de relier les enfants à un « corpus de valeurs, aux fondements de notre civilisation », bref, à leur identité, revient souvent dans le discours du maire. Une bonne initiative sur de bons fondements.

[À lire] Yanis Varoufakis sur l’Eurogroupe et sur sa démission

Source : blogs.mediapart.fr
Une passionnante interview-fleuve de l’ex-ministre des Finances Grec, qui donne un éclairage précieux car vraiment renseigné sur le fonctionnement dictatorial de l’eurogroupe et la volonté allemande de casser la Grèce. A lire, puis enchainer sur sa tribune expliquant pourquoi il a voté “non” à “l’accord” entre la Grèce et l’Eurogroupe et le même accord annoté par lui (liens dans les tweets ci-dessous).

Interview de Yanis Varoufakis (traduit par MONICA M. pour Mediapart) accordée à la revue Newstatesman avant que Tsakalotos et Tsipras ne partent à Bruxelles négocier avec les créanciers de la Grèce.
Cette interview est édifiante et instructive à plusieurs égards. Elle montre le fonctionnement proprement insupportable de l’UE et de la Zone Euro, et elle révèle que Varoufakis avait un autre plan que la majorité du gouvernement pour affronter l’Hydre, ce qui l’a conduit à démissionner après le référendum.

Harry Lambert : Alors comment vous sentez-vous ?

Yanis Varoufakis : Je me sens au dessus du monde – Je n’ai plus à vivre à travers un agenda de folie, qui est absolument inhumain, juste incroyable. J’ai dormi deux heures par jour pendant cinq mois. Je suis aussi soulagé de ne plus avoir à subir cette incroyable pression de devoir négocier pour une position que je trouve difficile à défendre, même si je me suis arrangé pour forcer l’autre partie à acquiescer, si vous voyez ce que je veux dire.

HL : A quoi cela ressemblait-il ? Aimiez-vous quelque aspect de tout ça ?

YV : Oh oui beaucoup de choses. Mais l’information qui arrive, qui confirme vos pires craintes…voilà qu’il est en votre “pouvoir” que cela vous soit dit directement, et que ce soit comme vous le redoutiez – la situation était pire que vous l’imaginiez ! Ainsi, ce fut bon après de n’être plus aux premières loges.

HL : De quoi parlez-vous ?

YV : L’absence complète de tous scrupules démocratiques, de la part des supposés défenseurs de la démocratie européenne. La très claire compréhension d’autre part que nous sommes sur la même course analytiquement – bien sûr cela n’arrivera plus à présent. Avoir ces vraies figures de pouvoir qui vous regardent dans les yeux et disent “Vous avez raison dans ce que vous dites, mais nous allons vous croquer de toute façon.”

HL : Vous avez dit que les créanciers vous contestaient parce que vous avez parlé économie dans l’Eurogroupe, ce que personne ne fait. Qu’est-il arrivé lorsque vous l’avez fait ?

YV : Ce n’est pas que ça n’allait pas – c’est qu’il y avait un refus total de s’engager dans des argumentations économiques. Refus total. … Vous avancez un argument sur lequel vous avez réellement travaillé – pour être sûr que c’est logiquement cohérent – et vous rencontrez des regards vides. C’est comme si vous n’aviez pas parlé. Ce que vous dites est indépendant de ce qu’ils disent. Vous auriez pu aussi bien chanter l’hymne national suédois – vous auriez eu la même réponse. Et c’est saisissant, pour quelqu’un qui est habitué aux débats académiques. … D’ordinaire l’autre partie participe toujours et là il n’ y avait aucune participation du tout… Ce n’était même pas de l’ennui, c’est comme si personne n’avait parlé.

HL : Quand vous êtes arrivé, début février, il n’a pas pu y avoir une position commune ?

YV : Il y avait des personnes qui étaient sympathiques à un niveau personnel – ainsi, vous savez, derrière les portes fermées, sur une base informelle, notamment avec le FMI [HL : “Aux plus hauts niveaux ?” YV : ” Aux plus hauts niveaux, aux plus hauts niveaux “]. Mais ensuite dans l’Eurogroupe, quelques mots gentils et c’est tout, retour derrière le parapet de la version officielle.
[Mais] Schäuble était d’une grande cohérence. Son option était “Je ne suis pas en train de discuter le programme – il a été accepté par le précédent gouvernement et nous ne pouvons pas permettre à une élection de changer quoi que ce soit. Parce que nous avons tout le temps des élections, nous sommes 19, si à chaque fois qu’il y a une élection quelque chose change, les contrats entre nous ne voudraient plus rien dire”.
Aussi à ce point il ne me restait plus qu’à me lever et à dire : “Bon peut-être que nous ne devrions plus jamais organiser des élections dans les pays endettés”, et il n’y a pas eu de réponse. La seule interprétation que je puisse donner c’est “Oui, ce serait une bonne idée, mais elle serait difficile à mettre en application. Donc soit vous signez sur la ligne en pointillé, soit vous sortez.”

HL : Et Merkel ?

YV : Vous devez comprendre que je n’ai jamais rien eu à faire avec Merkel, les ministres des finances parlent aux ministres des finances, les premiers ministres parlent aux chanceliers. De ce que je comprends, elle était très différente. Elle tentait d’apaiser le Premier Ministre (Tsipras) – elle disait “Nous trouverons une solution, ne vous inquiétez pas, je ne veux pas qu’il arrive quelque chose de d’horrible, faites juste votre travail et travaillez avec les institutions, travaillez avec la Troïka ; il ne peut pas y avoir d’impasse ici.”

Ce n’est pas ce que j’entendais de la part des mes interlocuteurs – à la fois de la tête de l’Eurogroupe et du Dr Schäuble, ils étaient très clairs. A un certain point il me fut signifié sans équivoque “C’est un cheval et soit vous l’enfourchez, soit il est mort”.

HL : Quand était-ce ?

YV : Au début, au tout début (ils se sont rencontrés la première fois début février)
Crédit photo : EFFER LECEBE via Flickr (CC) = Yanis Varoufakis persona non grata

Source : Lire la suite sur Mediapart


 

 

Référendum grec : c’est Oui… à la ligne Tsipiras !

06/07/2015 – EUROPE (NOVOpress)
Pari tenu : Alexis Tsipiras, lassé des diktats de la Troïka de créanciers (BCE, FMI, UE) a fait appel au peuple pour trancher. C’est « non » aux propositions bruxelloises à plus de 61 % des voix.

Malgré – ou en partie à cause de — la pression énorme qu’on fait peser sur le scrutin les instances européennes, les Grecs ont dit « Non » massivement au tour de vis supplémentaire exigé par les créanciers de la Grèce.

• C’est Martin Schulz qui explique deux jours avant le vote que tout est plié, que le oui va gagner et que le gouvernement Tsipiras n’aura plus qu’à démissionner pour céder la place à des technocrates.
• C’est Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui avertit qu’en cas de « non » au référendum, « la position grecque [serait] considérablement affaiblie ».
• Ce sont les sondages qui prédisaient un score serré, voire une victoire du “oui”.
• C’est l’asphyxie de l’économie qui risque bien de se poursuivre, le « non » ne poussant pas la BCE à accorder de prêts d’urgence qui permettraient aux banques grecques de rouvrir mardi.

C’est donc le courage des Grecs, qui, après avoir porté au pouvoir le premier gouvernement anti-austérité jamais élu en Europe, lui renouvelle sa confiance pour lutter contre la structure technofinancière qui impose sa volonté aux peuples.
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Réforme des collèges : ça ne passe pas !

12/06/2015 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Le 19 mai dernier, la grève des enseignants avait réuni des syndicats de tous bords comme la CGT ou le Snalc. Mais le ministre de l’Éducation n’avait pas jugé bon d’entendre ces protestations alors que 60 % des Français soutenaient cette grève. Les enseignants ne baissent cependant pas les bras. Hier, jeudi 11 juin, ils ont manifesté à l’appel d’une intersyndicale enseignante de l’Académie de Rennes « pour imposer la voix des personnels à une ministre qui refuse de les entendre ». Les banderoles sont claires : on peut y voir écrit en lettres capitales « Nivellement Volontaire par le Bas » ou « Massacre des humanités ». Le projet « collège 2016 » de la ministre de l’Éducation prévoit de laisser les équipes pédagogiques libres d’aménager 20 % de l’emploi du temps des élèves, afin de développer des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) censés rendre les disciplines plus accessibles. De plus, la suppression des classes bilingues dans un souci d’égalité provoque la colère du corps professoral et des parents d’élèves. C’est surtout l’absence de débat et la volonté de passer en force cette réforme avant la rentrée 2016 qui causent des remous et irritent les Français.

Crédit photo : Jean-Christophe Marmara


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Michel Winock : “L’histoire est aussi un enjeu idéologique”

26/05/2015 – SOCIÉTÉ (NOVOpress)
Un intéressant entretien avec un historien, qui pour être de gauche, perçoit bien la valeur de l’histoire dans la construction de l’identité nationale, son importance dans la formation de la jeunesse et qui livre une critique construite de la réforme des programmes scolaires.

Publié le
Alain de Benoist sur Boulevard Voltaire : « La liberté de s’exprimer et de rire ne se partage pas ! »

Réforme de l’éducation : la hantise des tenants du pédagogisme ? Le roman national !

Source : Boulevard Voltaire
Alain de Benoist livre son analyse de la réforme de l’Education nationale : comment les iconoclastes veulent détruire la mémoire pour créer un homme nouveau

La dernière réforme scolaire, associée à un énième projet de refonte des programmes, vaut en ce moment à Najat Vallaud-Belkacem une volée de bois vert. Outre l’abandon programmé du grec et du latin, la grande victime est l’enseignement de l’histoire. Il fut pourtant un temps où la gauche aimait l’histoire ; la sienne, tout au moins… Pourquoi cet acharnement ?

De quoi l’histoire est-elle le nom ? Elle est le nom du monde d’avant. Ceux qui veulent faire du passé table rase, ceux qui prétendent faire apparaître un « homme nouveau » n’aiment pas le monde d’avant. Pourquoi ? Parce qu’il témoigne d’un autre système de pensée, d’un autre modèle d’organisation politique, d’autres valeurs que celles dont ils se réclament. Aux premiers siècles de notre ère, les moines chrétiens battaient les campagnes pour abattre et mutiler les statues païennes, scier les colonnades, détruire et incendier les temples, pour la même raison que les djihadistes s’en prennent aujourd’hui aux chefs-d’œuvre de la culture pré-islamique : faire disparaître les témoignages du monde d’avant. Cet iconoclasme n’épargne pas l’Histoire.
Ceux qui se réclament aujourd’hui de la « République » ont apparemment oublié que les auteurs de la Révolution française avaient constamment à l’esprit l’exemple de Sparte et de Rome. Relisons Rousseau : « Quand on lit l’histoire ancienne, on se croit transporté dans un autre univers et parmi d’autres êtres. Qu’ont de commun les Français, les Anglais, les Russes avec les Romains et les Grecs ? […] Les fortes âmes de ceux-ci paraissent aux autres des exagérations de l’Histoire. Comment eux qui se sentent si petits penseraient-ils qu’il y ait eu de si grands hommes ? Ils existèrent pourtant » (Considérations sur le gouvernement de Pologne).
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