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La Fifa interdit le port du coquelicot le 11 novembre !

09/11/2016 – ROYAUME-UNI (NOVOpress) : La Fifa (la Fédération internationale de football) n’apprécie visiblement pas que les Fédérations anglaise et écossaise de football fassent porter le coquelicot sur les maillots des joueurs, en mémoire des morts de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre, jour anniversaire et de commémoration de l’armistice de la Grande Guerre.

L’association basée en Suisse prétexte qu’elle interdit tout message politique, religieux ou commercial sur les maillots des équipes engagées dans ses compétitions. Elle menace les deux fédérations de sanctions si celles‑ci maintiennent cet usage. Le Premier ministre britannique Theresa May a jugé que la position de la FIFA était « tout à fait scandaleuse » et une pétition contre l’interdiction de porter le « Poppy » a réuni plus de 300 000 signatures.

En 2011 déjà, la Fifa avait dû longuement débattre avant de finalement accorder le droit aux footballeurs anglais d’arborer le coquelicot sur leur maillot…

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (3)

La terre et les morts : notre devoir de mémoire 1914 – 1918 (1)

08/09/2014 – LAVAL (NOVOpress)
Il aura fallu cent ans pour que la société moderne, gangrenée par l’hyper-mobilité, la sur-consommation et le rejet pathologique du passé, se souvienne d’une guerre qui fut à l’origine d’un ethnocide sans précédent. Des générations de paysans et d’ouvriers ne reviendront jamais de quatre années d’un conflit indépassable dans l’horreur et l’héroïsme quotidien. Ceux-là mêmes qui eurent à affronter les sabreurs de Clémenceau le Rouge quelques années plus tôt lors des grandes grèves du début de siècle, fourniront sans rechigner les bataillons lancés dans la boue des tranchées. L’aristocratie française s’éteindra elle aussi dans les charges et les trous d’obus, « en casoar et gants blancs », sous le regard moqueur de l’industrie de l’armement. L’année 1918 verra naître la fin d’un monde.

Si notre attention est essentiellement dirigée sur la société de demain et les façons d’y parvenir, nous n’oublions pas que nous sommes les gardiens d’une tradition et d’une histoire. La Grande Guerre, par son ampleur folle, a touché chaque famille française, du plus petit village, à la grande métropole. Nos monuments aux morts en témoignent. Hors du consensus mou orchestré par l’Etat, il nous a paru indispensable d’évoquer cette tragédie humaine et la mémoire de nos ancêtres. Celle-ci nous appartient tout autant – et peut être même plus – qu’à d’autres.

Pour ce faire, nous avons choisi délibérément de suivre un de ces conscrits de 1914 à travers les lettres qu’il envoya quotidiennement à sa famille et ce jusqu’à son décès au front le 28 février 1915 (photo). Ces lettres furent publiées dans la presse locale pendant la période de guerre et restent inédites depuis. Si elles reflètent pleinement une époque (la propagande joue un rôle déterminant), on y découvre l’homme en arme avec toutes ses contradictions. Mais c’est surtout le quotidien effrayant des combattants que nous allons découvrir.

D’origine modeste – son père est journalier et sa mère femme de ménage –, Paul Vaseux naît le 6 janvier 1889 dans un petit village du Maine, sur les marches de Bretagne et Normandie. Incorporé à compter du 28 septembre 1907 comme engagé volontaire au 131ème régiment d’infanterie, le jeune homme se rengage successivement quatre fois et gravit les échelons de la hiérarchie militaire : caporal en 1908, sergent en 1911, sergent-major en 1913. Son état des services le décrit blond aux yeux bleus et d’une taille de 1,67 mètre. En décembre 1913 survient le décès de sa mère qui va marquer profondément le jeune sous-officier. Le 1er août 1914 on mobilise. Le 3 août c’est la guerre. Caserné à Orléans, le 131ème régiment d’infanterie rattaché à la 18ème brigade de la 9ème division, s’embarque le 5 août 1914 pour le front et débarque le lendemain à Lérouville.

Voici les premières lettres de Paul Vaseux.


2 août 1914 (minuit)

« L’heure grave a sonné et je serais peut être déjà loin lorsque vous recevrez ce petit mot. Les événements de ces derniers jours ont amené le conflit qui semblait inévitable depuis déjà quelques années, et c’est moi qui aurai l’honneur de vous représenter près du drapeau. Soyez certains que je ferai de mon mieux pour aider dans ma petite sphère à assurer la victoire.

Que Dieu nous assiste et couronne de succès cette gigantesque entreprise ! »

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Les secrets de la Grande Guerre : comment les Etats-Unis ont profité du conflit européen

Les secrets de la Grande Guerre : comment les Etats-Unis ont profité du conflit européen

04/05/2012 – 18h45
PARIS (NOVOpress) –
Ce qui intéresse Rémy Porte, dans son dernier ouvrage consacré aux « Secrets de la Grande Guerre », publié par la Librairie Vuibert, c’est de démontrer que le conflit de 1914/1918 qui ensanglanta l’Europe « est toujours à (re)découvrir et à raconter ».

Les secrets de la Grande Guerre : comment les Etats-Unis ont profité du conflit européenCe spécialiste de la Première Guerre mondiale s’attaque donc à plusieurs « idées reçues » sur cette période dramatique. Comment ? En mettant « en lumière des aspects peu ou mal connus du conflit ».

Au chapitre « L’armée américaine entre en ligne » en 1917, l’historien rappelle que les trente-deux premiers mois de guerre ont été « extrêmement lucratifs pour l’économie et la population américaines ». Ainsi, la flotte commerciale des Etats-Unis va augmenter de 74% en deux ans grâce au sang coulé sur le continent européen, « tandis que les commandes des belligérants en matières premières et produits finis de toutes sortes favorisent à la fois la croissance et la hausse des salaires » dans le pays du président Wilson, note l’auteur à la page 282 du livre.

Rémy Porte rappelle également la « piètre efficacité » de l’état-major américain sur le sol français. Bref, la Grande Guerre fut donc un tremplin économique pour les Etats-Unis qui ne remplirent aucun rôle stratégique à la fin du conflit. En février dernier, le magazine Guerres & Histoire faisait le même constat. 1918 ou 1944 en France ; 2012 en Afghanistan : les interventions militaires américaines, sous le couvert de la « défense de la liberté », ne sont jamais désintéressées…

Première Guerre mondiale : des combattants unis par des « traits culturels communs »

Première Guerre mondiale : des combattants unis par des « traits culturels communs »

28/04/2012 – 12h00
MUNICH (NOVOpress) –
Professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Aberdeen (Ecosse), Thomas Weber s’intéresse dans son ouvrage intitulé, « La Première guerre d’Hitler », au destin du 16ème régiment bavarois d’infanterie de réserve (16ème RIR), plus connu sous le nom de régiment List, où le futur dictateur national-socialiste servit durant la Grande Guerre.

Première Guerre mondiale : des combattants unis par des « traits culturels communs »Le récit plonge le lecteur dans l’apocalypse de la Première Guerre mondiale qui fut une horreur pour les Européens et une catastrophe pour l’avenir du continent. La boue, les rats, les tranchées inondées par la pluie, l’odeur des cadavres en décomposition, baignant « dans un jus d’organes liquéfiés », provoquant des effluves « intenses et écœurants, douceâtres mais sûrement pas comme les émanations des fleurs. Ils se situent quelque part entre les fruits pourris et la viande putréfiée », témoigne un combattant bavarois.

Thomas Weber s’attaque à la thèse orthodoxe de troupes galvanisées par un élan militariste et hypernationaliste dès 1914. Pour ce spécialiste des relations internationales et de l’Europe, « les traits culturels communs aux protagonistes, des deux côtés du front, étaient largement capables de contrebalancer les haines cultivées au fil de l’histoire ». L’auteur a épluché les cartes postales envoyées du front par les soldats du régiment List ou d’autres unités de l’armée allemande. Elles « ne comportent ni apologie de la violence guerrière, ni slogans patriotiques ». Leur motivation ? « Les soldats persistent à penser que la cause défendue par leur pays est juste », analyse l’historien.

L’auteur écossais remet en cause également l’image d’un Hitler héroïque pendant ces années de guerre. Certes, le futur maître du Troisième Reich a été décoré de deux croix de fer en 1918, médailles récompensant la bravoure. Mais pour Thomas Weber, ces distinctions relèvent de la proximité du soldat Hitler avec les officiers dans son rôle d’estafette pour l’état-major. Un pavé de 430 pages aux éditions Perrin qui se lit pourtant d’une traite grâce à une plume érudite et vivante.

Photo : Soldats allemands, guerre de 1914-1918. Crédit photo : Deutsches Bundesarchiv via Wikipédia, licence CC.
11 novembre : La mémoire de la France est davantage à Verdun qu'à Auschwitz

11 novembre : La mémoire de la France est davantage à Verdun qu’à Auschwitz – Par Jean-Yves Le Gallou

[box class= »info »] L’évocation d’Auschwitz est omniprésente : dans les programmes de l’Education nationale comme dans les séries télévisées et les films de fiction. Mais l’hypermnésie de certains événements peut conduire à la négation du souvenir des autres. Or le souvenir français, tel qu’il a été charnellement vécu par les familles françaises, se trouve plus souvent sur les champs de bataille que dans les camps de concentration. A Verdun ou à Saumur plutôt qu’à Auschwitz. [/box]

Explications :

Le ministre de l’Education nationale a choisi symboliquement le jour de la rentrée scolaire, le 1er septembre 2011, pour recevoir Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), et le cinéaste Claude Lanzmann, auteur du film Shoah. Luc Chatel leur a redit solennellement l’importance primordiale qu’il accordait à l’enseignement de la « Shoah », une importance telle qu’elle justifie d’ailleurs l’existence d’un site officiel dédié sur le portail de l’Education nationale.

La persécution dont les juifs ont été victimes durant la seconde guerre mondiale est naturellement un élément central de la mémoire juive. Et les souffrances des juifs français sont bien évidemment un élément important de la mémoire française. Nul ne peut oublier le souvenir de nos 25.000 compatriotes juifs français (et des 50.000 juifs étrangers présents en France) déportés dans les camps de concentration dont bien peu eurent, comme Simone Veil, la chance de revenir en France.

Hypermnésie de certaines souffrances, amnésie des autres

Mais ces souffrances-là ne doivent pas conduire à nier ou à minimiser les autres drames français. Or, l’hypermnésie de la souffrance des uns conduit souvent à l’amnésie de la souffrance des autres. A-t-on le droit d’oublier (chiffres donnés par Jacques Dupâquier dans Histoire de la population française) :

  • – les 123.000 militaires tués en 1939/1940 ; dans la bataille de France, en ce printemps 1940, c’est 3.000 hommes qui sont tombés chaque jour, le plus souvent en combattant, à l’instar des Cadets de Saumur ; – les 45.000 prisonniers de guerre qui ne revinrent jamais ;
  • – les 20.000 tués des FFI et des FFL ;
  • – les 27.000 résistants morts en déportation ;
  • – les 43.000 morts de l’armée de la Libération ;
  • – les 40.000 requis morts en Allemagne ;
  • – les 125.000 victimes des bombardements aériens (pas toujours justifiés militairement) et terrestres.

Oublier ces victimes, ce n’est pas seulement un déni de compassion, c’est les tuer une deuxième fois ; c’est aussi trahir la vérité historique.

Ce qui compte dans la mémoire d’un peuple c’est ce que ses ancêtres ont charnellement vécu

Et pourtant ces victimes furent honorées dans l’immédiat après–guerre : par les timbres-postes, les noms de rue, les livres, les films, les disques, et ce jusqu’au début des années 1970, avant de disparaître dans l’obligation de repentance et l’oubli officiel. Pourtant ces victimes-là sont encore très présentes dans la mémoire française : parce que, les événements qui ont provoqué leur mort, ceux qui ont survécu les ont aussi connus et pas seulement au… cinéma. Or ce qui se transmet dans la mémoire des familles et des lignées, c’est ce que les ancêtres ont vécu. La patrie, c’est la terre des pères.

Français de souche ? Avoir son patronyme inscrit sur un monument aux morts

11 novembre : La mémoire de la France est davantage à Verdun qu'à Auschwitz

Monument aux morts d’un village en Charente limousine, 540 habitants, 23 noms « Morts pour la France ».

C’est pourquoi dans chaque famille française la mémoire de 1914 est si vive. Chaque famille conserve le souvenir des 1.400.000 morts de la Grande Ordalie : 1.000 morts par jour pendant quatre longues années. Et les Français vivants ont tous un père, un grand-père, un arrière-grand-père ou un trisaïeul qui a combattu à Verdun. Dans cette guerre civile européenne, c’est le sang gaulois qui a coulé. La présence dans nos villes et nos villages des monuments aux morts est infiniment poignante.

Réfléchissons un instant à ce qu’est un Français de souche : un Français de souche, c’est un Français dont le patronyme est inscrit sur l’un de nos monuments aux morts.

Un Français de souche, c’est un Français qui a dans ses archives familiales les lettres ou les carnets d’un ancêtre qui raconte avec des mots simples le quotidien de la Grande Guerre. Alors qu’approche le centenaire du 2 août 1914, ces écrits simples, précis et sans emphase, trouvent le chemin de l’édition : pieuses autoéditions familiales ou publication chez de grands éditeurs comme le carnet de route du sous-lieutenant Porchon (1). N’oublions pas non plus le succès du Monument, livre de Claude Duneton, qui raconte la vie des hommes dont les noms sont inscrits sur le monument aux morts d’un village du Limousin. Comme le dit un lecteur sur le site d’Amazon : « Vous ne traverserez plus jamais un petit village de France sans chercher des yeux son monument aux morts et avoir une pensée émue pour ces hommes dont le nom est gravé. Quels auraient été leurs destins et celui de leurs villages sans cette guerre ? Un livre à lire et à faire lire pour ne pas oublier. »

Reprendre le fil du temps dans la fidélité à la longue mémoire

Le siècle de 1914 s’achève : après avoir vu disparaître le fascisme, le national-socialisme, le communisme, c’est le libre-échangisme mondialiste qui s’effondre sous nos yeux. Le centenaire de 1914 approche, et il sera, n’en doutons pas, profondément commémoré. Pour la France et l’Europe le moment est venu de reprendre le fil du temps et de la tradition. Un fil du temps interrompu il y a un siècle. Un fil du temps à reprendre dans la fidélité à la longue mémoire.

Jean-Yves Le Gallou
7/11/2011

(1) La précision de ces textes est admirable. J’ai eu la surprise de lire la narration des mêmes événements – attaques et contre-attaques aux Eparges en janvier/février 1915 – dans trois textes différents :
Carnet de route du sous-lieutenant Porchon, saint-cyrien, chef de section, tué au combat, commandant la section voisine de celle du sous-lieutenant Genevoix ;
Ceux de 14, admirable somme de Maurice Genevoix, blessé au combat ;
Mémoires d’Auguste Finet, mon grand-père, simple soldat, sorti de l’école à onze ans et écrivant bien le français, blessé au combat.
Ce sont les mêmes faits qui sont précisément décrits, presque avec les mêmes mots. A cet égard la belle reconstruction littéraire de Maurice Genevoix est d’une fidélité parfaite aux événements.

[box class= »info »] Source : Polémia. [/box]

Voir aussi :

Austerlitz : de la repentance à l’autoflagellation
Mémoire de la « Shoah », mémoire française et politique d’immigration
Contre l’historiquement correct
Entretien avec Dominique Venner, « Le Choc de l’Histoire. Religion, mémoire,identité » Propos recueillis par Laure d’Estrée
« Le Siècle de 1914 / Utopies, guerres et révolutions en Europe au XXe siècle » par Dominique Venner