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Le moujik de droite et le boyard de gauche, par Gabrielle Cluzel

Venant de terminer le livre La guerre à droite aura bien lieu, de Guillaume Bernard, je ne saurais trop en recommander la lecture. Clair, étayé, bien articulé, il offre une cohérence d’ensemble, un concept général pour résumer un sentiment confus que nous partagions tous sans parvenir à l’exprimer : n’est-ce pas le propre des essais réussis ? L’idée est donc que nous arrivons à la fin d’un cycle – vieux de deux siècles – celui du mouvement « sinistrogyre », caractérisé par des idées et des forces politiques novatrices arrivant par la gauche. Il serait désormais remplacé – retour de balancier – par un mouvement dextrogyre rigoureusement inverse : « C’est désormais à droite, explique Guillaume Bernard, que viennent l’innovation idéologique et la pression politique. »

« La pression politique », peut-être, mais pas la pression psychologique. Qui ne sent pas encore du tout sa fin de règne. L’homme de droite est toujours animé par le complexe du moujik face au boyard de gauche : non, s’il vous plaît, pas sur la tête ! Comme l’enfant du placard, il voudrait tellement que son bourreau l’aime.

Un intellectuel réactionnaire bon teint, répétant entre haut et bas à qui veut l’entendre que l’ostracisme médiatique dont il fait l’objet vaut légion d’honneur, citation et quartier de noblesse courra pourtant ventre à terre parler de son dernier livre au moindre organe de presse de gauche qui lui entrouvrira ses colonnes, et en fera, tout fier, grande publicité sur les réseaux sociaux : quelle victoire, quel gage de notoriété, de réussite sociale ! Quand il ne retwittera jamais, ô grand jamais, telle interview accordée avec inquiétude, en se rongeant les ongles, en se retournant dans son lit pendant de longues nuits d’insomnie – a-t-il bien fait d’accepter ? Ne va-t-il pas se griller ? se démonétiser ? se diaboliser ? – à une publication de ce qu’on appelle si affectueusement la « fachosphère ».

monde-et-vie-trumpEt tant pis si ladite « fachosphère » est infiniment plus prescriptrice, pour vendre un livre, que le canard de gauche en soins palliatifs, alimenté par subventions d’État en intraveineuse, et dont les abonnés tiendraient dans une cabine téléphonique si cet objet existait encore. Tant pis si Donald Trump a claironné qu’il avait gagné grâce à la presse alternative et aux réseaux sociaux, sans l’aide des médias mainstream. On veut bien sincèrement croire ce brave Donald, mais on se glorifie d’avoir obtenu une aumône, souvent longtemps quémandée, par les médias ayant pignon sur rue. Et si par hasard, ceux-ci, au milieu d’un océan de commentaires désagréables, vous concèdent une infime qualité, c’est le Graal, la queue de mickey, le tiercé dans l’ordre : vous n’avez de cesse de le répéter à qui veut l’entendre, sans vous demander plus avant si au fond, trouver (petite) grâce, de quelque façon que ce soit, aux yeux d’un sale type, n’est pas plutôt inquiétant. Les coups de knout ne s’oublient jamais et laissent des cicatrices indélébiles.

Et si, en plus d’être de droite, vous êtes catholique, le syndrome est décuplé, car évidemment vous avez pris jadis de ce simple fait, double-ration de knout. Pauvre moujik. Qui va, en plus, cacher ses vieilles hardes honteuses sous des beaux atours de charité : c’est tellement altruiste de porter la parole évangélique à gauche. C’est par pur amour du prochain qu’on leur fait des risettes, qu’on tente de les apprivoiser, qu’on fait montre de grande ouverture d’esprit, puisqu’on les félicite, qu’on leur tresse des couronnes de lauriers, qu’on chante Alléluia, qu’on fait donner des Te Deum, sitôt qu’un homme politique de gauche, qu’un chanteur de gauche, qu’un penseur de gauche, un journaliste de gauche, émet ce qui ressemble à une parole de bon sens.

Mais cette charité est hémiplégique. Qu’un politique de l’autre côté de l’échiquier politique, du FN par exemple, prononce la même vérité, on lui fera le coup du mépris. Vous ne voudriez pas que l’on se tire une balle dans le pied, quand même, en ayant l’air d’être un tout petit peu d’accord avec Baba Yaga, le Yéti, le monstre du Loch Ness ?

Une jeune journaliste de mes connaissances travaillant pour un site « alternatif » – dit de la réacosphère par ses amis, de la fachosphère par ses ennemis – avait lu avec intérêt une recension cinématographique profonde et spirituelle sur le blog de tel prêtre diocésain. Elle le contacte : pouvait-elle l’interroger une minute au sujet de ce film ? Les lecteurs de son site – beaucoup de jeunes n’ayant guère été catéchisés – en tireraient sûrement grand profit. Blanc au téléphone. Gêne palpable. Pour CE site ? Non, vraiment, il ne préférait pas. La jeune journaliste, légèrement excédée, raccrocha, non sans recommander à ce prêtre – au demeurant fort sympathique – de la rappeler le jour où il se souviendrait que ces lecteurs peu fréquentables étaient aussi dotés d’une âme. Aurait-il refusé de la même façon s’il avait été contacté – pure science-fiction – par L’ Humanité ?

Le mouvement dextrogyre est peut-être amorcé, mais les gueux, les intouchables, les dhimmis, sont toujours du même côté. Et en cela le paysage politique reste sinistre.

Gabrielle Cluzel

Article repris du numéro 932 du magazine Monde & Vie
consacré à Donald Trump ou la colère des peuples

Cluzel Adieu Simone

Le livre de Gabrielle Cluzel va, lui aussi, faire hurler les féministes

1/04/2016 – PARIS (NOVOpress) : Hasard du calendrier éditorial ou offensive concertée ? Le 8 avril 2016 sera un jour noir pour les féministes avec la parution simultanée de deux ouvrages prometteurs dans la déconstruction du discours féministe : celui d’Eugénie Bastié, Adieu Mademoiselle (éd. du Cerf), dont Novopress s’est déjà fait l’écho, mais aussi celui de Gabrielle Cluzel, au titre proche et encore plus explicite : Adieu Simone ! (Le Centurion), en référence bien sûr à la papesse de la « libération de la femme », Simone de Beauvoir.

Gabrielle Cluzel, connue pour ses chroniques dans les journaux Famille chrétienne et Monde et Vie, ou sur le site Boulevard Voltaire, signe là un ouvrage qu’on imagine à l’image de ses écrits habituels, vif et féroce. Sur le site de son éditeur, elle présente ainsi Adieu Simone !, sous-titré : Les Dernières Heures du féminisme :

« Je n’ai pas la prétention de faire une analyse du féminisme depuis des siècles à travers le monde. De remonter à l’âge de pierre pour étudier la condition de la femme dans les grottes préhistoriques. Je veux seulement évoquer ce que je connais. Ce féminisme en mini-jupe, mutin comme une parisienne de Kiraz, que l’on trouvait sur les barricades de Mai 68, devenu ce féminisme imposant et tyrannique, aux allures de rombière de Faisant, que l’on trouve à présent sur les ruines de Mai 68. Une rombière acariâtre et autoritaire avec sa moitié, l’homme occidental, faible et maigrelet, qu’elle morigène toute la sainte journée et fait avancer tête baissée… mais une rombière laxiste, aveugle et masochiste avec les enfants qu’en couchant avec l’amant de toujours, la gauche, elle a engendrés et réchauffés dans son sein : libération sexuelle, laxisme judiciaire et islam impérieux. »

 

Affiche-Le-Gallou

Succès mérité pour le premier forum de la Dissidence

24/11/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Environ 650 personnes se sont massées pour assister au premier Forum de la Dissidence organisé par Polémia et sont reparties galvanisées, car elles ont bien compris le message : les dissidents d’aujourd’hui sont l’avant-garde des victoires de demain.

Des journalistes de la réinfosphère, comme Gabrielle Cluzel ou Charlotte d’Ornellas. Des écrivains, comme Renaud Camus. Des hommes politiques comme Robert Ménard. Des figures de la manif pour tous comme Béatrice Bourges. Des militants de la génération 2013, comme Claire Chardon, de Génération Identitaire comme Damien Rieu ou étant passé par le FN comme Julien Rochedy. C’est un plateau de choix que Jean-Yves Le Gallou et la Fondation Polémia ont offert aux participants du premier Forum de la Dissidence qui s’est tenu samedi dernier à Paris.
Trois thèmes ont été abordés : la dissidence sur les valeurs et la rupture avec l’esprit de 1968 autour de Béatrice Bourges, la dissidence sur l’identité et le refus du grand remplacement avec Renaud Camus, l’art de la dissidence pratiqué par Robert Ménard.

Les dissidents sont maintenant partout, leurs idées, fustigées et combattues par le système ont pour elles la force de la vérité. Si les approches défendues par les participants sont différentes (après tout, nous ne prônons pas la pensée unique !), nous nous retrouvons sur l’essentiel :
• La nécessité de combattre un système d’autant plus dangereux qu’il est à bout de souffle.
• L’importance de placer l’homme, dans sa dimension spirituelle, historique, culturelle, au cœur de notre action.
• La réaffirmation de l’importance de l’enracinement et de l’affirmation des valeurs françaises et européennes.
• Le constat que tout combat implique des sacrifices, grands ou petits et que tout dissident sincère doit être prêt à les accomplir. L’un de ces sacrifices étant de mettre un mouchoir sur nos divergences et querelles intestines pour nous concentrer sur l’ennemi commun.

Signalons le compte-rendu détaillé et fidèle de la réunion par nos confrères de Riposte Laïque et invitons nos lecteurs à profiter de la percutant introduction au forum par Jean-Yves Le Gallou et de l’excellent discours de Michel Geoffroy, de la Fondation Polémia, qui est venu clore cette journée (en deux parties, ici et ).