Tag Archives: francophonie

Les alarmantes réflexions d’un poète sur la langue française

VIDÉO TV5MONDE – Entretien avec Alain Borer, auteur de De quel amour blessée aux éditions Gallimard. Dans son livre, le poète Alain Borer prend le contre-pied du « fracoptimisme » ambiant. Selon lui la langue française n’est pas en expansion, elle est en voie de disparition !

« La responsabilité des hommes politiques est gigantesque. Elle est énorme lorsqu’ils prennent des décisions (je vais en dire un mot) ; elle est énorme lorsqu’ils parlent mal, comme Le Foll, par exemple. Ou Valls, qui bredouille sur deux syllabes. Ou le Président de la République, qui ne parle que sur deux syllabes, comme les boîtes à rythme d’aujourd’hui… »

Publié le
Alain Borer : « Nous collaborons à la disparition du français » [extrait]

Alain Borer : « Nous collaborons à la disparition du français » [extrait]

Poète, essayiste, romancier, dramaturge et grand spécialiste de Rimbaud, Alain Borer déplore, en amoureux de la langue, notre soumission au modèle dominant de l’anglais. Un asservissement synonyme, selon lui, d’appauvrissement. Source : L’Express -21/10/2014


Est-ce votre éloignement — vous êtes « professeur invité » à l’université de Los Angeles — qui vous a poussé à proférer cet appel à la révolte contre l’invasion de l’anglais et ce cri d’amour pour la langue française ?

J’habite et travaille à Paris et en Touraine ; il est vrai que je suis, trois mois par an, le dernier des fantassins de la langue française sur la côte Ouest des États-Unis. Là-bas, tous mes compatriotes parlent la langue du maître. Mais, en réalité, je suis travaillé par cette question depuis toujours.

De façon ironique, vous rappelez l’apport de la langue française à l’anglais, soit quelque 37000 mots qui ont investi la Grande-Bretagne à partir du XIème siècle…

Les Anglo-Saxons ont deux grands problèmes. Le premier est de ne pas vouloir savoir qu’ils parlent français à 63% : somme toute, l’anglais est du français mal prononcé. C’est un véritable symptôme collectif, un gigantesque refoulement. Le second, qu’ils s’interdisent de parler français. Leur projet est explicitement hégémonique. On l’a vu lors des Jeux olympiques de Londres. A l’exception du prologue, le français en était totalement absent. Même constat dans les aéroports (« control passport »), ou dans les colloques internationaux, etc. : ils font perdre à la langue française sa visibilité. Le drame, c’est que nous collaborons à cette disparition -dans tous les domaines, et même entre nous.

Nous sommes passés, dites-vous, de l’enrichissement mutuel des langues à l’asphyxie de la langue française par l’ »anglobal ».

Oui, l’ »anglobal » est une forme de parasite. A la Renaissance, des milliers de mots italiens sont entrés dans la langue française, mais ils ont été rapidement absorbés, transformés, francisés. Aujourd’hui, et c’est une première dans l’histoire de la langue, les mots anglais qui s’implantent chaque jour dans notre vocabulaire ne sont plus de l’ordre de l’échange, mais de la substitution (« checker » à la place de « vérifier ») : ils font penser aux 30 000 flèches d’Azincourt. En France colonisée, c’est Halloween tous les jours. Mais, plus que de colonisation, nous devons parler d’autocolonisation. Nous n’avons pas d’ennemi. C’est l’effet Banania, le début de la déculturation. Regardez ce qu’il se passe avec Daft Punk, The Artist… Pour être reconnus du maître et obtenir la récompense majeure, il faut le mimer, abandonner, renoncer à ce que nous sommes.

Lire la suite

Conférence d’Aymeric Chauprade le 24 février dernier à Genève [vidéo]

05/03/2014 – VIDÉO REALPOLITIK.TV Le géopolitologue de renom Aymeric Chauprade – tête de liste Front National en Île-de-France pour les élections européennes – était invité à donner une conférence le 24 février dernier à Genève sur le sujet « Quel avenir pour la civilisation européenne et la francophonie dans le nouveau monde multipolaire ? ».

Publié le
Un jour un livre : Langue fantôme, de Richard Millet

Un jour un livre : Langue fantôme, de Richard Millet

26/12/2013 – 11h00
PARIS (NOVOpress) –
À l’occasion des fêtes de fin d’année, les rédacteurs de Novopress vous proposent de découvrir une sélection de livres à travers des extraits choisis. Dans Langue fantôme, sous-titré Essai sur la paupérisation de la littérature suivi de Éloge littéraire d’Anders Breivik, l’écrivain Richard Millet s’attaque à la grande déculturation contemporaine et à l’appauvrissement du langage. La fabrique à crétins contemporaine trouve quelques opposants, et c’est tant mieux !


En quoi le rasage d’une barbe est-il donc un événement, dans un monde post-historique où il n’y a sans doute plus de littéraire que des événements vides de littérature, donc de sens ?

En vérité ce rasage ne serait pas un événement si Eco (Ndlr : Umberto) n’avait également rasé son roman le plus célèbre (et nonobstant rasoir), Le Nom de la Rose, vendu à trente millions d’exemplaires dans plus de quarante langues, et dont il vient de donner une version modernisée, « plus fluide et accessible », débarrassée des citations latines, avec des descriptions « allégées », mais sans toucher à l’ « intrigue ». Loin de moi l’idée de contester à un écrivain le soin de revoir un de ses livres ; avec le rasage du Nom de la Rose, il s’agit cependant de tout autre chose : « Rafraîchir l’œuvre et se rapprocher des technologies et des générations nouvelles », c’est, pour filer une métaphore qui suggère l’accointance du notaire avec un garçon coiffeur reconverti en intervenant culturel, ce qui serait tout à fait dans l’ordre de la post modernité, c’est donc débarrasser de le roman des mots anciens, des digressions philosophiques et du latin, soit de tout ce qui donnait une dimension ou une apparence littéraire à un roman qu’on qualifiera au mieux de populaire, au pire de best-seller international, et qui, aujourd’hui rasé, appartient à cette zone où la sous-littérature historico-occultiste anglo-saxonne de Dan Brown et consorts, dont Eco est devenu le prototype, avec Dumas et Conan Doyle pour ancêtres (…)

Lire la suite

Le Qatar devient membre associé de l’Organisation internationale de la francophonie

Le Qatar devient membre associé de l’Organisation internationale de la francophonie

15/10/2012 — 16h00
KINSHASA (NOVOpress via le bulletin de Réinformation) — Samedi, le Qatar est devenu officiellement membre associé de l’Organisation internationale de la francophonie sans même être passé par le statut d’observateur. Pour s’imposer, le Qatar — qui n’est pas un pays francophone — a expliqué qu’il avait financé une radio publique de langue française et qu’il accueillait sur son territoire de nombreux expatriés francophones.

Selon certains participants au sommet, le Qatar pourrait utiliser son nouveau statut pour étendre son influence en Afrique de l’ouest musulmane. Il y finance déjà des écoles coraniques qui remplacent peu à peu des écoles de langue française.

Hollande : plus de Françafrique, "il y a la France, il y a l'Afrique"

Hollande : plus de Françafrique, « il y a la France, il y a l’Afrique »

13/10/2012 – 17h50
KINSHASA (NOVOpress) — Phrases « choc » pour François Hollande à l’occasion du sommet de la francophonie qui se tient à Kinshasa les 13 et 14 octobre. « Le temps de la Françafrique est révolu : il y a la France, il y a l’Afrique, il y a le partenariat entre la France et l’Afrique, avec des relations fondées sur le respect, la clarté et la solidarité », a-t-il déclaré vendredi, de passage à Dakar.

Un discours de rupture, voire même de paradoxe pour qui se souvient des très nombreux drapeaux africains brandis lors du second tour de l’élection présidentielle française.

Philippe Vardon, membre de la direction du mouvement identitaire a immédiatement réagi aux propos du Président de la République : « François Hollande prétend en finir avec la Françafrique, mais ne contribue-t-il pas chaque jour à créer un peu plus l’Afrance ? Dans ce nouveau siècle, c’est bien la présence africaine en France qui s’apparente à une nouvelle forme de colonisation. »

Crédit photo : Rodrigo Sepùlveda Schultz via Flickr (cc)