Tag Archives: François Fillon

presidentielle-macron-trouble-le-duel-fillon-le-pen-d-apres-un-sondage-588x330

L’échiquier de Machiavel : Macron, Fillon, Le Pen, la triangulaire qu’on nous prépare

L’élection présidentielle française est scénarisée, séquencée, rythmée avec ce qu’il faut de suspense et de rebondissements. Il y a d’abord eu le duel annoncé Juppé/Le Pen.Puis la séquence des primaires de la droite et du centre : avec la victoire surprise de Fillon terrassant « Ali » Juppé. Avec l’abandon de Hollande, on s’acheminait alors vers un duel Fillon/Le Pen. Fillon/Le Pen ? Une hypothèse médiatiquement insoutenable !

Un duel Fillon/Le Pen est une hypothèse médiatiquement insoutenable pour deux raisons :

*L’absence de suspense sur le résultat final : sauf événement majeur interprété avec hauteur historique par Marine Le Pen, Fillon l’emporterait avec 30 points d’avance ;

*L’aspect insupportable pour la bien-pensance d’avoir à arbitrer un duel entre le candidat de la « droite catholique réactionnaire » Fillon et la « candidate de l’extrême droite ».

Il est donc urgent de trouver un « troisième homme ». Le troisième homme est un marronnier de l’élection présidentielle : ce fut Chirac en 1981 ; Barre en 1988 ; Chirac à nouveau en 1995 ; Chevènement (qui finit à 5%) puis Jean-Marie Le Pen en 2002 ; Bayrou en 2007 ; Marine Le Pen en 2012. Il arrive que le troisième homme se hisse en finale (Le Pen en 2002), voire la gagne (Chirac en 1995).

Les médias ont trouvé le « troisième homme » de 2017 : Emmanuel Macron, le candidat des banques et des puissances étrangères (sauf la Russie) et donc… le candidat des médias. Il suffit d’attendre l’échec de la primaire socialiste – c’est-à-dire une faible participation au scrutin – pour voir le scénario se mettre en place.

Certes Macron – en provenance directe de la banque Rothschild et du secrétariat général de l’Elysée – paraît un peu hors sol. Mais il peut néanmoins coaguler un électorat non moins… hors sol :

*Les bobos des centres villes, bénéficiaires de la mondialisation ;

*Les minorités sexuelles et les immigrés dans la foulée de la stratégie de Terra nova.

A cela il faut ajouter la capacité des médias à mobiliser le marais de la bien-pensance et du centrisme mou (pardon du pléonasme !). Lors des dernières élections régionales, la campagne médiatique de diabolisation du FN a mobilisé contre ses candidat(e)s entre 5% à 7% d’abstentionnistes entre les deux tours. L’un des enjeux pour Macron et les médias de propagande qui le soutiennent est de mobiliser ces électeurs dès le premier tour. Pour cela il suffira de leur seriner qu’il faut à tout prix éviter d’avoir un choix limité, selon leur vocabulaire, entre « la droite et l’extrême droite ».

Ce match à trois sera meurtrier pour les autres candidats qui risquent de pâtir du « vote utile » : Nicolas Dupont-Aignan à droite, l’écolo et Mélenchon à gauche.

Ce match à trois sera aussi complexe ! Les enjeux en sont les suivants : pour Macron se hisser au deuxième tour ; pour Fillon arbitrer entre les centristes, les conservateurs et la France périphérique ; pour Le Pen écarter le péril du « vote utile ».

Macron ne peut se hisser au deuxième tour que s’il parvient à agréger à son électorat naturel les voix de ses concurrents qu’il aura préalablement asséchées : jouable, s’agissant du candidat socialiste s’il est mal élu ; plus difficile, pour Mélenchon.

Il lui faudra aussi choisir sur qui « cogner » le plus… sans le renforcer trop. Macron doit-il chercher à éliminer Fillon pour assurer sa victoire au deuxième tour et pour cela s’allier tactiquement à la présidente du FN pour passer Fillon à la centrifugeuse ? Ou bien viser l’élimination au premier tour de Le Pen si celle-ci reste derrière Fillon ? Au risque d’un deuxième tour plus difficile.

Pour Fillon, le risque majeur c’est… l’élongation. Il doit éviter de décevoir son socle conservateur tout en étendant son électorat vers les centristes et la France périphérique. La stratégie centriste qu’il suit depuis sa victoire à la primaire pourrait être mortifère : son porte-parole Apparu (« Ben » Apparu, selon les mauvais esprits !) a déjà contribué à faire perdre Juppé. Sa mise en avant ne peut que démoraliser les conservateurs et les catholiques alors qu’il s’agit d’un des rares députés Les Républicains à avoir voté la loi Taubira. Quant au discours immigrationniste du porte-parole Apparu c’est une provocation pour la France périphérique.

D’une manière ou d’une autre Fillon devra faire un choix : persister dans sa néo-ligne centriste avec l’espoir d’affronter Le Pen au deuxième tour mais aussi avec le risque d’en être éliminé, ce que pronostique Philippe de Villiers ; ou bien s’adresser à la France périphérique – le seul réservoir de voix populaires – au risque d’avoir à affronter Macron au deuxième tour. Cornélien !

Marine Le Pen ne manque pas de cordes à son arc pour conserver sa qualification au deuxième tour :

*Un discours médiatique rassurant, assez en retrait sur l’immigration, assez à gauche sur l’économique et le social, implicitement libertaire sur les valeurs. Une ligne officielle plutôt Philippot/philippotiste (Damien et Florian) ;

*Des visuels plus engagés sous la direction de son beau-frère Philippe Olivier à la sensibilité plus identitaire ;

*Le « sale boulot » étant pratiquement confié aux réseaux sociaux où la mobilisation électorale sur l’immigration est faite, et bien faite, indépendamment du FN – un FN-officiel qui peut toujours désavouer ce que les médias jugent comme des « dérapages ».

L’entrée de Macron dans le grand jeu est à la fois une chance et… une complication :

*Une chance parce qu’un deuxième tour contre Macron serait un deuxième tour FN/gauche, ce qui est électoralement toujours plus favorable au FN qu’un deuxième tour FN/droite, comme on l’a encore observé aux élections départementales de 2014 ;

*Une complication aussi car le dispositif de campagne de Marine Le Pen a été conçu pour recueillir (ou tenter de recueillir, car ce schéma ne s’est jamais vérifié lors des scrutins précédents) un électorat de gauche.

Face à Macron, la ligne Marion, plus identitaire sur l’immigration, plus conservatrice sur les valeurs, plus rassurante économiquement, permettrait sans doute d’envisager une victoire. Mais ce n’est pas la voie qui a été choisie.

Reste un danger pour Marine Le Pen : le retour du « vote utile ». Le « vote utile » est un mécanisme subtil qui voit les électeurs procéder à des votes tactiques autour de deux mécanismes :

*Participer au choix du vainqueur au tour décisif (et en l’état il ne pourrait s’agir que de Fillon ou de Macron) ;

*Eliminer celui dont on ne veut en aucun cas, ce qui peut conduire à voter Fillon (« contre la gauche ») ou Macron (« contre la casse sociale de Fillon »).

Si le match du premier tour se resserrait et que Macron, Fillon et Le Pen apparaissaient avoir des chances voisines d’accéder au second tour, Marine Le Pen serait probablement contrainte de revenir aux fondamentaux du FN pour fidéliser son électorat naturel et mobiliser l’électorat populaire de la France périphérique, un électorat qui ne vote à l’élection présidentielle qu’en fonction des enjeux essentiels pour lui : l’identité et l’immigration ; et à condition que les choses soient dites suffisamment crûment. Un retour aux sources que Marine Le Pen avait déjà dû effectuer en 2012 dans les derniers jours de la campagne pour limiter la casse.

Grands enjeux, grands absents ?

Le spectacle présidentiel peut donc offrir quelques surprises. Il n’est pas certain, en revanche, que les grands enjeux historiques soient posés devant les Français.

Peut-on sérieusement parler d’immigration sans évoquer le Grand Remplacement démographique et civilisationnel ? Peut-on sérieusement croire à l’assimilation d’un grand nombre d’Africains noirs et de musulmans religieux ou culturels alors que l’expérience des 40 dernières années dément cruellement cette hypothèse ?

Peut-on sérieusement dire que 5.000 à 10.000 gendarmes de plus et autant de policiers supplémentaires amélioreront la sécurité alors que ce qu’on appelle l’Etat de droit – c’est-à-dire la dictature des juges – rend quasiment impossible l’expulsion des étrangers en situation irrégulière et la mise hors d’état de nuire des délinquants ?

Peut-on sérieusement envisager un retour à la démocratie et à l’ordre républicain sans remise en cause du pouvoir des juges tel qu’il s’exerce à travers la Cour européenne des droits de l’homme, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat, la Cour de cassation ?

Peut-on sérieusement retrouver l’indépendance avec 2000 milliards de dette, un déficit budgétaire représentant le quart des dépenses publiques et un déficit de la balance des paiements courants extérieurs de plusieurs dizaines de milliards ? Le tout débouchant sur la vente à des puissances étrangères de fleurons du patrimoine culturel et économique français ? Chaque élection présidentielle aggravant plutôt la situation à coups de dépenses non financées ou de diminutions d’impôts non gagées.

Pas sûr que 2017 contribue à régler les problèmes de la France.

Jean-Yves Le Gallou

Texte repris du site de la Fondation Polémia

De Gaulle Jeanne d'Arc

Plus laïcards que les laïcards : Bayrou et Guaino lapident le chrétien Fillon

Bien sûr, chacun d’entre nous a depuis longtemps compris que les déclarations récurrentes de Fillon sur son attachement à la foi, pour en être sincères, n’en restaient pas moins un appel du pied en direction de l’électorat chrétien. Mais le véritable lynchage dont il a fait l’objet ces jours de la part de Bayrou et Guaino est aussi scandaleux que révélateur de l’inconsistance de ces deux imposteurs.

A l’origine de cette véritable lapidation, cette déclaration de Fillon mardi soir, alors qu’il était invité au 20h de TF1 :« Je suis gaulliste et de surcroît je suis chrétien, cela veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine, au respect de la personne, de la solidarité ».

Des propos jugés « déplacés » par Bayrou qui, se faisant plus laïcard que les laïcards, a immédiatement piqué une colère. En effet, s’est exclamé le « Judas » de la classe politique française, « je ne peux pas porter atteinte à la Sécu parce que je suis chrétien ? Qu’est-ce que ça à voir ? Je suis croyant, je ne vais pas m’offusquer d’un mouvement de foi, mais comment peut-on arriver à mélanger la politique et la religion à ce point, de cette manière déplacée ? […] Ce sont deux domaines que nous avons séparés depuis plus d’un siècle, c’est le principe d’une laïcité à la française ! » Une réaction qui a poussé Bruno Retailleau, en charge de la coordination et de la stratégie de Fillon, à ironiser en déclarant : « Je trouve fort de café les propos du président du MoDem quand on vient de Démocratie chrétienne. C’est pour moi un sujet d’étonnement ».

Mais Bayrou n’aura pas été le seul à se ridiculiser ainsi. Henri Guaino, le député LR des Yvelines qui « même avec un salaire de 5 100 euros mensuel » n’arrive pas à mettre de l’argent de côté à la fin du mois, est en effet monté au créneau lui aussi, pour qualifier les propos de Fillon de… « faute morale » ! Plus fort encore : Guaino devait aller jusqu’à expliquer jeudi sur LCI : « On ne peut pas dire qu’on lutte contre le communautarisme et qu’on est le candidat des chrétiens .» En effet, a poursuivi l’ancien conseiller de Sarkozy, « comment voulez-vous critiquer les musulmans qui font des listes musulmanes et qui veulent présenter des listes musulmanes ? […] Ce n’est pas possible ! Cela nous entraîne sur des terrains sur lesquels nous ne voulions pas aller. »

Franck Delétraz

Article paru dans Présent daté du 7 janvier 2017
sous le titre « Bayrou et Guaino lapident Fillon »

FillonGate

Le camp de Marine Le Pen tente de relancer le hashtag FillonGate

03/01/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Apparu fin 2014 lorsque François Fillon fut soupçonné d’avoir demandé au secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet de porter l’estocade judiciaire contre Nicolas Sarkozy, le hashtag FillonGate a été repris par les partisans de Marine Le Pen. Et à une heure du passage de l’ancien premier ministre au 20 heures de TF1, les attaques redoublent d’intensité sur Twitter, mettant notamment en cause son activité professionnelle et ses revenus, dont il n’a pas communiqué la provenance.

francois-fillon

Sans les trolls de gauche, François Fillon l’emportait avec 80 % des voix !

14/12/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Dans une longue interview au journal Monde & Vie, Bruno Larebière explique que la victoire de François Fillon à la primaire de la droite face à Alain Juppé est encore plus large qu’on ne le croit, car, sans les électeurs de gauche, il l’aurait emporté avec près de 80 % des voix. Extrait :

monde-et-vie-fillon« Au premier tour, Fillon a clairement bénéficié d’un vote de rejet de la personne de Nicolas Sarkozy, élu en 2007 sur son énergie et sa promesse de rupture avec Mai 68, battu en 2012 et éliminé de la primaire avec un score chiraquien sur son agitation permanente, son inconstance, sa dévalorisation de la fonction présidentielle et son implication dans les “affaires“.

Le second tour de la primaire, en revanche, est venu établir que si l’électorat de droite avait voulu se défaire de Nicolas Sarkozy une semaine plus tôt, François Fillon lui étant apparu, sur la base des sondages, comme le meilleur instrument pour s’en débarrasser, il ne rejetait pas l’ensemble de son œuvre, sinon son premier ministre aurait à son tour subi ses foudres. Or non seulement Fillon l’a emporté 66,5 % des suffrages face à Alain Juppé dans un climat digne de l’entre deux tours de la présidentielle de 2002, la reductio ad hitlerum de Jean-Marie Le Pen étant juste remplacée par une reductio ad petainum de Fillon, mais je me suis livré à un petit calcul assez éclairant.

Si l’on retranche des résultats de ce scrutin les 15 % d’électeurs de gauche qui sont venus voter, soit 600 000 personnes dont on voit mal comment elles auraient pu apporter ne serait-ce qu’une part marginale de leurs suffrages à François Fillon, le triomphe tourne au plébiscite. Sur les seuls électeurs de droite – et même du centre –, François Fillon l’a emporté face à Alain Juppé avec près de 80 % des voix !

Dire, en citant Paul Claudel, que François Fillon “sorti premier d’un concours de circonstances“ est fort drôle mais je pense que cette appréciation minimise grandement que ce second tour vit s’opérer un véritable choix politique en faveur de celui qui avait déclaré entre les deux tours, sous les ovations de la foule, porter un projet “qui ne cherche ni à imiter la gauche ni à lui plaire“, “un projet qui assume sa radicalité“. C’est bien celui qui a été perçu comme le “candidat de droite, porté par un peuple de droite, avec un programme pour la France“, qui a triomphé de celui qui, au même moment, se flattait de pouvoir “rassembler la droite et les centres“, dans une méconnaissance totale de la sociologie électorale du pays.

Je rappellerai également que, des mois durant, il nous fut expliqué que plus le corps électoral de la primaire serait large – au-delà de 3 millions de participants nous disait-on –, plus la victoire d’Alain Juppé serait assurée, tandis qu’un corps électoral restreint à noyau dur assurerait le succès de Nicolas Sarkozy. Or il y a eu au moins 4,4 millions d’électeurs – sans doute plus si l’on comptabilise ceux qui n’ont voté qu’à un seul des deux tours – et Alain Juppé, le candidat chéri des médias, l’homme qui donnait à la “droite“ l’assurance d’accéder à la présidence de la République quel que soit le candidat, PS ou FN, qui lui serait opposé, l’homme de la pensée consensuelle, a été laminé. Traduction : le “peuple de droite“ s’est mobilisé et a voté à droite. Je ne sais pas si cette poussée de la droite est “irrésistible“, elle est en revanche manifeste, et massive, dans la victoire de François Fillon. »

francois-fillon

Quand Fillon fricote avec un imam anti-chrétien

13/12/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)

Mercredi dernier, Damien Rieu, qui travaille dans l’équipe de Marion Maréchal Le Pen, a relayé sur Twitter deux photos : l’une montrant François Fillon poser avec le recteur de la mosquée de Stains, Salih Farhoud. L’autre, montrant ce même recteur avec une arme dans les mains.
Sur Twitter, certains défendent l’ex Premier ministre en assurant que la photo est, là encore, une intox. Selon un proche du candidat il s’agirait du photomontage.

En réalité, cette photo n’est pas du tout truquée. Joint par BuzzFeed News « La rencontre a eu lieu, en 2014 à la mosquée de Drancy. C’est mon ami, l’imam Hassen Chalghoumi, qui m’avait invité avec François Fillon ».

Rappelons aimablement que la mosquée de Stains fait l’objet d’une fermeture administrative depuis le 2 novembre dernier. Elle est soupçonnée d’accueillir des salafistes dont certains auraient cherché à monter une action terroriste en France.


Fillon, vainqueur provisoire

Cette fois, la surprise, c’est qu’il n’y a pas eu de surprise, la victoire de François Fillon était inscrite dans le premier tour de ces primaires. Les sondeurs ont dû pousser un long soupir de soulagement. Mais cela n’efface pas que, la veille du premier tour, Fillon était crédité par les deux principaux instituts de sondage de 15 points de moins que ce qu’il devait obtenir le lendemain. C’est pourquoi on ne peut plus affirmer ce que les médias et les politiques répétaient à satiété depuis des mois : le vainqueur de la primaire de la droite et du centre sera le prochain chef de l’Etat. Alain Juppé a donc été virtuellement président de la République pendant deux ans, avant de s’effondrer huit jours avant l’échéance. Juppé en était déjà à rédiger ses premiers projets de loi et s’enquérait auprès de son concurrent des modalités de son ralliement. Perrette avec son pot au lait devait être bordelaise…

Au demeurant, c’est un fait statistiquement avéré que le « vainqueur », à six mois de l’élection, n’est que rarement celui qui triomphe effectivement dans les urnes. Sans remonter jusqu’à Chaban-Delmas, songeons à Balladur, Jospin, DSK… Alors quand, dès dimanche soir, on a brandi des sondages donnant Marine Le Pen vaincue par Fillon au premier tour de 2017 et terrassée au second, c’est de la politique-fiction, personne ne sait aujourd’hui ce qu’il en sera demain. Fillon n’est que le vainqueur provisoire d’un seul camp.

Ce n’est pas que quelque obscure malédiction s’attache aux favoris des sondages, car il n’y a rien de mystérieux dans ce revers d’intentions de vote. L’élu du moment devient inévitablement le centre et la cible de tous ses adversaires et des investigations de la presse. Ainsi, le copieux programme de François Fillon, que personne n’avait eu le courage de lire jusqu’au bout, est-il désormais l’objet de toutes les attentions, et il inquiète autant que l’homme rassure. Si nombre d’électeurs en colère se déclarent prêts à voter pour lui, c’est qu’ils veulent en finir à n’importe quel prix aujourd’hui avec un Hollande chaque jour plus calamiteux. Alors, pourquoi pas Fillon, un homme sérieux après les bateleurs Sarkozy et Hollande ? Mais, au fil de la campagne, ces Français se souviendront qu’ils sont aussi assurés sociaux et que le candidat LR ne veut plus couvrir que les « gros risques », pour les médicaments comme pour l’hospitalisation, s’ils sont chômeurs, leurs indemnités se réduiront de mois en mois, consommateurs ils verront les prix augmenter de 2 %, avec la hausse de la TVA, etc. Alors, ils y réfléchiront à deux fois, et même un peu plus, avant de déposer un bulletin au nom du député de Paris.

Lire la suite

Primaires des Républicains : quelques réflexions sur la large victoire de François Fillon

28/11/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)

François Fillon a remporté largement les primaires des Républicains. Il a battu Alain Juppé avec près de 67 % des voix. Une victoire sans concessions donc pour l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, légitimée par une large participation. En effet, le nombre d’électeurs pour ce deuxième tour a été supérieur à celui du premier tour, ayant déplacé déjà 4,3 millions de votants. Le rassemblement du parti LR est donc acquis pour le nouveau champion de la droite parlementaire. Alain Juppé a reconnu sa défaite et a appelé à soutenir sans condition François Fillon. Nicolas Sarkozy a chaleureusement félicité son ancien ministre. Même Jean François Copé a proposé ses services.

De quoi la victoire de François Fillon est elle le symbole ?

Si l’on en croit une certaine classe politico médiatique, François Fillon est le représentant d’une ultra droite décomplexée, conservatrice et ultra libérale. L’avocat homosexualiste Caroline Mecary tremble pour la communauté homosexuelle ; l’éditorialiste Bruno Roger Petit y voit la revanche des anti dreyfusards ; le patron du PS Jean Christophe Cambadélis dénonce la liquidation du dernier chiraco gaulliste par une ultra droite. Bref, l’heure semble grave. Il est vrai en revanche que la défaite d’Alain Juppé est celle d’une identité heureuse dans la diversité. La mobilisation de la communauté musulmane ainsi que d’une partie de l’électorat de gauche tentant de faire barrage à François Fillon n’aura pas suffi à faire élire Alain Juppé, le plus gaucho compatible des candidats de droite.

Comment se positionne le FN face à ce résultat ?

Pour Marine Le Pen, se retrouver face à François Fillon au second tour de la présidentielle serait une aubaine. Je la cite : « Henri Guaino a raison quand il dit que c’est le pire programme de casse sociale qui n’ait jamais existé, le pire ». Et les ténors de la droite nationale d’attaquer la « fausse droite dure » en relayant des déclarations du candidat de la droite et du centre. Comme celle ci, je cite : « C’est un leurre et une démagogie sans nom que de prétendre rétablir les frontières nationales ». Page 58 du programme de François Fillon.

Fillon Mosquée

Fillon, c’est ça un réac ?, par Frédéric Robillard (Les Identitaires)

Les médias n’aiment pas François Fillon, mais les médias vous font aimer François Fillon. Réac, traditionaliste, apôtre d’une révolution conservatrice. Ce que la propagande médiatique dénonce, les Français en prennent systématiquement le contrepied. La campagne de diabolisation expresse que le candidat a subie, loin de lui nuire, l’a porté encore plus haut que dans les sondages les plus avantageux pour lui. La cote de popularité du désormais candidat à l’édection présidentielle atteint un niveau jamais vu depuis son entrée à l’assemblée nationale il y a plus de 35 ans.

Cette popularité inespérée pour l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy interroge. Et attise ma curiosité lorsque je remarque que François Fillon a publié un livre thématique « Vaincre le totalitarisme islamique » en septembre dernier aux éditions Albin Michel, la maison qui publie Éric Zemmour et Philippe de Villiers. La tentation était trop forte. Je l’ai donc lu pour voir si Fillon avait pris la mesure de ce choc de civilisation et de la crise identitaire que traverse la France.

Et d’ailleurs, c’est quoi l’identité française pour Fillon ? Il nous en donne sa définition dès le début de l’essai. « Si certains ne savent pas ce qu’est l’identité française, nos assassins, eux, le savent : la liberté d’opinion, l’égalité des sexes, la fraternité entre tous, le droit de croire ou ne pas croire, le droit de rire, de s’aimer, de voter…  ». C’est niais comme un discours socialiste.

François Fillon n’hésite d’ailleurs pas à emprunter les coups de menton de Manuel Valls lorsqu’il s’agit de dénoncer le Front National qui « tente de prospérer sur la démonstration simpliste que tous nos maux sont issus de l’immigration ». La totalité des terroristes ayant frappé la France depuis Mohamed Merah étaient issus de l’immigration, mais François Fillon n’y voit que des Français comme vous et moi.

Et cette révolution conservatrice dont parle Patrick Buisson au sujet de la campagne de François Fillon ? C’est ce dernier qui en parle le mieux en dénonçant en parallèle franquistes et djihadistes, «  l’un et l’autre [ayant] développé une révolution conservatrice, c’est-à-dire une haine de la modernité servie par l’instrumentalisation des techniques de propagande les plus modernes ».

Dès lors, comment s’étonner que François Fillon soit touché par « ces images terribles du drame des réfugiés syriens » et « la brutalité de leur rejet » ?

Un François Fillon qui se délecte à citer et appeler à son secours Mitterrand, Clemenceau, Günter Grass, Jean Birnbaum, Comte-Sponville, Jean Zay et le Front Populaire, Mohamed Sifaoui, Jacques Julliard et bien d’autres. Mais qui se sent obligé de qualifier de « controversé  » le roman Soumission de Michel Houellebecq.

Un courage qui n’est pas la marque de fabrique du candidat Fillon, dont les envolées contre les Frères musulmans et leur islam politique réussissent l’exploit de ne presque jamais faire mention de l’UOIF. Un oubli volontaire pour un ancien Premier ministre dont on cherche encore la moindre trace de lutte contre les représentants français des Frères musulmans durant sa période à Matignon.

Vous l’avez vu, François Fillon a les yeux de Chimène pour la gauche. Et la gauche lui rendra bien. C’est le candidat de droite que les gens de gauche adorent détester. Le candidat de la droite d’argent. Celle qui ne reviendra jamais sur les mesures sociétales de la gauche (le mariage pour tous) et qui ne parle même plus d’immigration. Mais qui usera de tout son courage pour la suppression de l’ISF.

Avec cette droite-là, la gauche a ses repères. Quelques modestes manifestations de rue, un peu de terrorisme intellectuel, des leçons de morale, et la droite est paralysée. Voilà la gauche rassurée. François Fillon restera à ce titre le candidat de droite le moins ambitieux sur les questions identitaires des campagnes électorales des vingt dernières années, à l’exception du candidat Jacques Chirac de l’entre-deux tours de 2002. Il n’est pas certain que la France de 2017 puisse se permettre le luxe de 5 années supplémentaires de statu quo et un pays qui continue à se dégrader toujours plus rapidement.

Frédéric Robillard

Texte repris du site de : Les Identitaires

francois-fillon

Le plus dur commence pour François Fillon

C’est maintenant que François Fillon va devoir affronter le plus difficile ! Non pas que la primaire lui fut aisée, il a dû attendre longtemps avant de remporter une victoire spectaculaire sur ses rivaux au premier tour et écrasante sur Alain Juppé au second, avec près de 66 % contre 33 % pour le maire de Bordeaux.

Sa course fut pendant des mois obscure et solitaire mais nul ne lui cherchait querelle, ni ses concurrents de droite, ni ses adversaires de gauche. Il prêchait dans le désert de l’indifférence politico-médiatique. Personne ne songeait vraiment à aller voir en quoi consistait précisément son programme dont il disait qu’il était le plus élaboré et le plus complet. Les yeux étaient fixés sur le duo, bientôt duel, Sarkozy-Juppé. Tout au plus s’interrogeait-on sur le point de savoir s’il occuperait la troisième place ou si Bruno Le Maire allait le devancer.

Ce qui était un handicap est finalement devenu un atout ; il a pu faire campagne dans tout le pays sans rencontrer d’opposition et exposer à ses auditeurs son projet, en toute sérénité. C’est cette sérénité, cette force tranquille, que l’on a retrouvée sur les plateaux de télévision lors des trois débats ; il semblait se bonifier à chaque fois.

Dès que les sondages ont frémi en sa faveur, il y eut un effet-Fillon ; les électeurs du centre et de la droite virent en lui non plus un outsider mais un candidat crédible pour représenter la droite libérale à la pré- sidentielle. Comme nous l’avons déjà remarqué, Sarkozy l’y a beaucoup aidé en faisant une campagne vigoureuse contre Juppé, mettant en doute sa volonté d’alternance, ce qui a profité à Fillon qui n’a cessé de progresser dans l’opinion jusqu’au scrutin.

Depuis huit jours, finie la tranquillité ! L’ancien premier ministre de Sarkozy était devenu la cible de toutes les attaques, Juppé à fleurets mouchetés – c’est peut-être ce qui l’a perdu –, Valls et Moscovici avec la grosse artillerie socialiste et Florian Philippot, pour le Front national, en dénonçant son libéralisme et son européanisme. Et ce n’est que le début ! Car il y a aussi Mélenchon et quelques autres à l’extrême-gauche qui ne vont pas le ménager. Mais, après tout, c’est de bonne guerre électorale !

Le plus inquiétant n’est donc pas là, il est dans les propos amères tenus par le patron de la CGT, Martinez, qui a menacé dès dimanche : si le programme de la droite en matière sociale devait être appliqué, il serait « contesté par les Français » car, a certifié le syndicaliste rouge, « les Français sont contre les thèmes forts du programme de MM. Fillon et Juppé, donc la mobilisation sera d’actualité, pour être clair. » « Mobilisation » dans la bouche du leader de la CGT est synonyme de sabotage. Les « Français » ont bon dos !

Il ne s’agit tout au plus que de la CGT et de ses troupes qui se moquent des Français, sinon ils attendraient que les électeurs se soient prononcés avant de proclamer qu’ils sont contre le programme de la droite libérale. Si nos compatriotes le refusent, ils ne voteront pas pour Fillon, s’ils l’acceptent, ils l’éliront ! Cela s’appelle la démocratie ; la conception qu’en a Philippe Martinez n’est autre que celle de Fidel Castro dont il porte le deuil, tant il l’admirait.

François Fillon va devoir tenir pendant six mois sous la mitraille de ses opposants. Mais il paraît qu’il a été choisi parce qu’il paraissait avoir les épaules assez solides pour cela quoiqu’ayant reculé un peu trop rapidement devant Copé lors du coup de force de ce dernier pour s’emparer de la présidence du parti. Les attaques qu’il va subir ne porteront pas sur sa personne ; il ne traîne aucune « casserole » attachée à ses basques, comme Sarkozy, et il n’a jamais fait l’objet d’une condamnation, comme Juppé. On se concentrera donc sur son programme, précis, chiffré et donc prêt à être mis en œuvre.

Au fil de la campagne, les électeurs vont le découvrir dans toute son ampleur et, surtout, en voir l’implication dans leur propre vie d’assuré social, de chômeur, de futur retraité, de consommateur devant acquitter deux points de TVA en plus, etc. Ce sera lors le moment de tous les périls pour sa candidature.

Le candidat socialiste, quel qu’il soit, sera le premier et le plus vigoureux dénonciateur de François Fillon, Valls a déjà commencé à s’en prendre à un « programme ultralibéral dur avec les gens modestes et généreux avec les plus ri- ches. » Mais comme les attaques de Sarkozy contre Juppé ont bénéficié, in fine, à Fillon, il se pourrait que celles de so- cialistes déconsidérés finissent par profiter à … Marine Le Pen.

Texte repris du Bulletin d’André Noël n° 2494 daté du 28 novembre 2016

imam-noureddine-aoussat-pour-juppe

Un imam extrémiste appelle à faire barrage à François Fillon !

27/11/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Dans une vidéo diffusée depuis hier (ci-dessous), l’imam Noureddine Aoussat appelle à faire barrage à François Fillon, et donc à voter pour Alain Juppé, à la primaire de la droite ! « J’appelle tous mes frères, tous mes concitoyens – même les chrétiens ! – [à] aller voter […]. » « Votez contre Fillon ! » clame l’excité, brandissant le récent ouvrage de François Fillon, Vaincre le totalitarisme islamique, car « pour la première fois de l’histoire de France, un candidat à la présidentielle [a sorti] un livre de campagne axé sur l’islam et la stigmatisation des musulmans ouvertement et délibérément amalgamés avec les terroristes. Un sursaut citoyen de tous les Français était attendu, mais en vain. Une indignation totale et sans précèdent, s’exprimant par un vote massif contre Fillon, est la moindre des choses. » Pour en savoir plus sur cet imam, c’est ici.

eric-zemmour

Eric Zemmour : « C’est Ali Juppé qui a perdu la primaire »

26/11/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Eric Zemmour l’a affirmé jeudi matin sur RTL : « C’est Ali Juppé qui a perdu la primaire : l’homme de l’identité heureuse, d’un multiculturalisme qu’il voulait croire pacifié, des accommodements raisonnables avec l’islam. » « Avec un instinct très sûr, a-t-il enchaîné, Nicolas Sarkzozy lui a collé l’étiquette sur le front, mais c’est François Fillon qui a tiré les marrons du feu. » « Alain Juppé était à contretemps. Son optimisme, sa foi dans un islam modéré sonnent faux aujourd’hui à l’oreille d’une majorité de la population, et le rejet est encore plus massif chez les électeurs de droite. En politique, les fautes de temps sont mortelles. »

« Fillon a coché habilement toutes les cases de son élection, mais l’avenir pourrait lui jouer des tours, et des mauvais tours », a ensuite expliqué Zemmour, car « lui aussi est à contretemps, un contretemps historique » puisque « sa révolution thatchérienne a trente ans de retard ». Les Anglo-Saxons sont désormais passés à autre chose : « Theresa May en Angleterre défend désormais la préférence nationale, et Donald Trump s’apprête à relancer l’investissement public par une politique de grands travaux. Le programme économique de Fillon va vite apparaître anachronique. »

Les « erreurs de pilotage, a-t-il conclu, ont été payées durement par les vaincus de la mondialisation, ouvriers, employés, chômeurs, jeunes non diplômés, tous ceux qui ne sont pas venus à la primaire, qui votaient jadis pour la gauche et l’ont désertée pour le Front national ou l’abstention, cette France périphérique qui ne vit pas dans les grands métropoles, tous ceux qui font souvent basculer la présidentielle, la seule élection pour laquelle ils se déplacent. François Fillon ferait bien de s’en souvenir, pour ne pas à son tour se tromper d’élection. »

Ludovine de La Rochère : « Fillon n’est pas le candidat idéal mais, au moins, il veut rouvrir le débat »

26/11/2016 – FRANCE (NOVOpress)
À en croire les médias, La Manif pour tous tirerait les ficelles de ces primaires de la droite… Ludovine de La Rochère précise sa position : Sens commun n’est pas LMPT et elle ne fait pas campagne pour Fillon. Mais elle ne peut que constater que Juppé serait un Président dramatiquement mauvais.

Un entretien paru sur Boulevard Voltaire.



Ludovine de la Rochère par bvoltaire

Fillon-Juppé : Le débat des compères

Juppé a affirmé, il y a peu de temps, à propos de ses relations avec François Fillon qu’ils étaient « des amis de longue date qui ne se sont jamais véritablement disputés ». On en a eu confirmation lors de la campagne du premier tour où ils n’ont bataillé l’un contre l’autre qu’à fleurets mouchetés et comme la mort dans l’âme. Il faut donc saluer l’effort qu’ils ont dû accomplir jeudi soir pour trouver des terrains de mésentente. Certes, il y en a eu quelques-uns, mais ce sont ceux de boutiquiers. 35 heures, 37, 39, 48 ? Payées combien ? Pour les salariés du privé et les fonctionnaires ? Faut-il en supprimer 600 000, 500 000, 250 000 et comment ? Et les policiers ? Redéployer les effectifs ou en recruter ? On attendait des visionnaires et on a eu des experts-comptables ! L’électeur de la droite et du centre est prié de déterminer à quel endroit mettre le curseur afin de choisir entre ces deux vieux compagnons pour aller voter dimanche.

Mais sur l’essentiel, hélas, ils sont d’accord ! Sur la loi naturelle, qui touche aux fondements de notre civilisation, ils s’entendent pour entériner ce qui la bafoue. Ils sont déterminés à conserver le « mariage pour tous » après avoir voté contre, comme la droite libérale l’a toujours fait, acceptant, sans barguigner, les lois socialistes qu’elle avait combattues : l’abrogation de la peine de mort, le Pacs et maintenant le « mariage » gay. C’est cette abdication que Juppé et Fillon appellent « rupture » et cette continuité qu’ils nomment « alternance ». L’un, certes, ne veut que l’adoption simple pour les « couples » de même sexe, l’autre l’accepte plénière, la belle affaire ! Ils ont protesté avec véhémence de leur volonté de pas toucher si peu que ce soit, au prétendu « droit à l’avortement ».

Pour l’un, Juppé, il s’agit d’un droit « fondamental », pour l’autre, Fillon, c’est un droit « essentiel ». Cherchez la différence dans votre dictionnaire des synonymes… Le député de Paris a tenu à dissiper un « affreux » soupçon, développé par son compère, à savoir qu’il pourrait être hostile à l’avortement. Il l’a rassuré : certes, il y est opposé dans le tabernacle de sa conscience, mais qu’on ne s’alarme point, cela ne peut avoir aucune incidence sur sa gouvernance, l’homme public qui est pour ignorant l’homme privé qui est contre.

Lire la suite

Primaires de la droite et du centre : ce qui sépare Fillon et Juppé

25/11/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)

Quelles sont les impressions d’après le débat

Un Fillon tranquille, fin, malin faisait face à un Juppé, connaisseur, technocrate, écumant. Débat impitoyable, ils l’ont tous deux dit, celui qui gagnera les élections de la primaire aura de grandes chances pour les présidentielles. Débat où il semble que Fillon prenne vite l’avantage, en attaquant finement les antécédents judiciaires de Juppé, afin de le mettre mal à l’aise et de le pousser dans ses retranchements.

Juppé ne fut il pas la hauteur ?

Il ne semble pas que l’on puisse exprimer les choses ainsi, Juppé s’est montré très professionnel, trop peut être. En effet, nous eûmes droit de sa part à des prises de paroles qui montraient sa maitrise, sa connaissance chiffrée de la situation, mais qui cependant ennuyaient facilement les auditeurs.

Et qu’en fut il de Fillon ?

Fin, rapide, perspicace, Fillon attendait toujours Juppé au détour. Pas une imprécision ne passait, pas une divergence d’opinion n’était laissée de côté. Fillon s’est montré peut être plus plaisant, plus intéressant. Fort de son score de dimanche, il n’a pas hésité à prendre de haut son adversaire.

Mis à part la forme peut on noter des points de divergences ?

Il y avait des points de divergences hier soir lors du débat. On note en priorité, une politique internationale plus ou moins en faveur des Etats Unis et de la Russie.
L’adoption par les couples homosexuels, la question de la réduction du nombre de fonctionnaires et du temps de travail. Intervenaient aussi des questions culturelles comme l’éducation et la culture.

Lire la suite

Fillon, candidat des cathos ? la blague !

C’est le représentant de la droite conservatrice à la Thatcher (selon Zemmour), le candidat de la droite catholique, le champion de la Manif pour Tous, le candidat de la Vie, un transgresseur de tabous (selon Buisson) et un descendant de chouan de père en fils ! N’en jetez plus !

Dans le Tout Sauf Marine (trop plouc, trop grande gueule, trop divorcée, trop proche de Philippot) qui prévaut chez tous ces braves gens, Fillon est en train de devenir le cheval de retour, le vieux général, l’homme providentiel qu’ils appelaient de leurs vœux et qu’ils désespéraient de trouver avant mai 2017. Leur frénésie à le dénicher n’a d’égale que leur mauvaise foi et leur malhonnêteté pour des gens qui se disent attachés aux principes non négociables.

Fillon n’abrogera pas le mariage pour Tous, ni l’adoption par les couples homosexuels, il vient de le redire. Marine Le Pen est la seule candidate à vouloir l’abroger. Pas grave ! Fillon les rassure et les barbe comme ils aiment avec ses gros sourcils de directeur d’école privée, son costume d’employé des pompes funèbres et son humour de notaire de province.

Il ne reviendra pas sur l’avortement, il ne cesse de le répéter : « J’ai voté tous les textes qui voulaient améliorer l’accès pour les femmes à l’IVG, y compris le dernier qui était proposé par la gauche. Faire planer un doute, c’est inqualifiable. » Marine Le Pen est la seule candidate qui ait jamais parlé de dérembourser l’avortement : « Si j’ai un choix budgétaire à faire entre ne pas rembourser l’IVG qui est un acte qui peut être évité, étant entendu quand même qu’il existe de nombreux moyens de contraception dans notre pays et être obligé de dérembourser des actes qui ne peuvent pas être évités et qui permettent à des Français qui souffrent de se soigner, je choisirai la première option. » Lors de la dernière campagne des régionales, Marion Maréchal avait annoncé qu’elle supprimerait les subventions au Planning familial en région Paca si elle était élue.

Lire la suite

Marion Maréchal-Le Pen au sujet de Fillon :  » L’un des rares à l’Assemblée qui refuse encore de me serrer la main »

24/11/2016 – FRANCE (NOVOpress)
Le 22 novembre 2016 à 19h30 sur LCI, Yves Calvi recevait Marion Maréchal-Le Pen.

La Présidente du groupe FN en PACA a ainsi pu donner son avis sur le 2nd Tour de la Primaire Les Républicains qui opposera François Fillon à Alain Juppé.

Marion Maréchal-Le Pen explique pourquoi François Fillon ne peut pas incarner le renouveau :

Je ne vois pas dans ces candidats le renouveau annoncé. Concernant François Fillon, il a été député 8 ans avant ma naissance et il est ministre depuis 1993. C’est un adversaire du Front National depuis maintenant 30 ans. C’est l’un d’ailleurs des rares à l’Assemblée qui refuse encore de me serrer la main. Il est pour moi, l’un des acteurs de la décomposition française.


Fillon, LR, FN : une très sérieuse envie de droite !

Source : Polemia – « Fillon, LR, FN : une très sérieuse envie de droite ! »

Philippe Christele s’interroge sur les conséquences du choix de François Fillon par les électeurs de la primaire de la droite et du centre sur le paysage politique :

La très probable élection de François Fillon n’est a priori pas une bonne nouvelle pour le FN et sa campagne.

Que ce soit juste ou pas, François Fillon coche en effet presque toutes les cases du candidat rêvé de la droite :

    Sa posture physique personnelle est présidentielle, loin du bling-bling sarkozyste ou du hollandisme chiffonné. Ce que confirme une intégrité jusque-là irréprochable ;
    Ses positions géopolitiques d’équilibre – qui représentent ses seules réelles transgressions d’avec la doxa dominante – ne peuvent pas être attaquées ;
    Sa filiation historique de plus proche collaborateur du velléitaire Philippe Séguin lui donne un vernis de souverainiste, que ses actes n’ont pourtant jamais confirmé ;
    Sa campagne, renforcée du choix – contestable – de la bourgeoisie catholique de le soutenir, donne de lui une image forte sur le plan des valeurs, même si ses positions et votes personnels précédents démontrent qu’il n’en est rien. Mais en politique, est ce qui paraît ;
    Son programme économique lui rallie à la fois ceux qui pensent aux comptes publics comme ceux qui pensent à la liberté de l’entrepreneur. Ses soutiens sont à la fois auprès du grand capital et auprès des « pigeons » et autres cénacles analogues qui lisent dans son programme l’espoir de nous débarrasser des lourdeurs ruineuses, bureaucratiques, syndicales et normatives ;
    Enfin, sa fin de campagne autour d’une attaque résolue de l’islam nommément désigné lui a assuré l’ultime décollage sondagier dont l’acmé a été le surprenant premier tour de l’élection primaire.

A ces éléments statiques vont s’ajouter plusieurs éléments dynamiques :

    La rudesse de son programme économique va aider la gauche à se coaliser facilement contre lui, au nom de la défense des « zacquissociaux » et autres pesanteurs irréformables ;

    La disparition de l’épouvantail Sarkozy, figure préférée pour les attaques sans risques de l’extrême gauche, va laisser ces braves gens inoccupés. Ils vont vite se reprendre pour attaquer ce qui, chez Fillon, fleure bon le terroir, à savoir son prétendu enracinement et ses réseaux cathos ou conservateurs. Ce qui aura notamment pour conséquence d’en rajouter sur la dimension droitière et conservatrice dudit Fillon ;

    Bref, au programme de la prochaine présidentielle, une belle réactivation du clivage droite/gauche en lieu et place de l’affrontement système/antisystème qu’on aurait pu voir naître.

Lire la suite

eric-zemmour

Eric Zemmour : le défi pour Fillon, « être Pompidou ou la mort »

22/11/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Pour Eric Zemmour, le défi qui se présente à François Fillon est maintenant d’« être Pompidou », sinon il mourra, sinon il sera balayé. Ce matin sur RTL, le chroniqueur a analysé cette « divine surprise » pour la gauche qu’a été le score de François Fillon – et sa probable victoire dimanche prochain –, en ce sens qu’elle lui permet de se refaire une santé à moindre coût sur le thème : « Au secours, la droite revient ! » Sous-entendu : la vraie droite, bien dure, pour tout dire bien réac. « Elle n’aura même pas besoin de travailler ses argumentaires, l’équipe d’Alain Juppé est en train de les préparer avec grand soin. »

Mais voilà aussi, estime l’essayiste, que « le Front national est débordé sur sa droite » et que, si Fillon tient bon face à la déferlante médiatique, « il peut couper l’électorat du FN en deux, détacher son aile la plus traditionaliste, aller chercher un électorat populaire qui ne s’est pas déplacé dimanche dernier. » C’est pour cela qu’il doit être Pompidou, sinon, ce sera « la mort ». Explications en vidéo d’Eric Zemmour.