Tag Archives: François Fillon

Fillon Caen Racisme anti-français

A Caen, François Fillon dénonce le « racisme anti-français »

17/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : On peut en sourire ; on peut au contraire considérer que mieux vaut tard que jamais : en meeting hier soir à Caen, François Fillon a dénoncé le « racisme anti-français » : « J’exècre tous les racismes, a lancé Fillon, dont le racisme anti-français. Nous formons tous ensemble le peuple de France. »

Si la volonté du candidat LR est évidemment d’aller à la pêche aux électeurs tentés par Marine Le Pen, c’est un délice de lire les commentaires outrés de la presse de gauche. Ainsi Jonathan Bouchet-Petersen dénonce-t-il, dans Libération, une poursuite de « la radication pointée par Alain Juppé ».

« En braconnant à la droite de sa droite », écrit-il, « François Fillon a franchi jeudi soir à Caen un cran dans sa trumpisation de circonstance » : « Par “racisme anti-Français“, [il faut] comprendre anti-blancs, c’est le but. »

Où l’on rigole, c’est qu’au moment où il a prononcé ces paroles, la salle du Zénith de Caen, pleine à craquer, l’a ovationné. Vous avez dit droitisation ?

François Fillon est favorable à l’inauguration de mosquées algériennes et fréristes

13/03/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Il semble très important de revoir ce documentaire de l’Observatoire de l’islamisation consacré à la politique volontariste de François Fillon concernant la construction de mosquées (Discours d’Argenteuil), ses rencontres avec d’une part les islamistes pro-niqab et pro-charia de l’UAM93 et le recteur de la mosquée de Stains fermée début novembre 2016 par la préfecture du 93 pour cause de prêches radicaux et de présence de nombreux djihadistes.

Le voyage de François Fillon à Alger en 2008 est aussi rappelé, lorsqu’il promis d’augmenter les visas pour les algériens (une dépêche AFP l’atteste).

Pour finir, ce reportage propose un extrait d’une interview de son ex-porte-parole de campagne, Benoist Apparu qui plaide pour le financement public des mosquées.


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Eric Zemmour : « Ce que Juppé appelle radicalisation, c’est le retour aux sources. »

07/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « C’est la fin d’une époque, la fin d’une génération, la fin d’une histoire, analysait Eric Zemmour ce matin sur RTL : le meeting du Trocadéro et le renoncement définitif d’Alain Juppé sont les deux faces d’un même événement. L’un ne va pas sans l’autre, l’un est la cause de l’autre. Quand Alain Juppé dénonce la radicalisation du noyau des militants et des sympathisants Républicains, il touche juste. Il se retrouve dans la situation d’un autre grand renonçant, Jacques Delors en 1994, qui lui aussi n’avait pu réussir l’alliance de la gauche socialiste avec le centre. C’est la droite que Juppé n’a pas réussi à arrimer au centre. Le noyau s’est avéré trop gros pour lui. Le noyau qui lui a déjà fait perdre la primaire. Le noyau de Sens commun et de la Manif pour tous. Le noyau de tous ceux pour qui il sera à jamais Ali Juppé. »

« Juppé, explique-t-il, est l’incarnation de l’ancienne UMP, qui naquit de la fusion du RPR et de l’UDF », celui qui « incarna synthèse libérale-libertaire de la droite aux élites soixante-huitardes » :

« Au début des années 1990, Pasqua et Séguin étaient partis en guerre contre Juppé. Ils dénonçaient l’embourgeoisement du RPR, la trahison du gaullisme, la trahison du peuple, ce qu’ils appelaient centrisation, gauchisation, UDFisation. Trente ans plus tard, Séguin et Pasqua tiennent leur revanche posthume sur Juppé. »

« Ce que Juppé appelle radicalisation, estime donc l’éditorialiste, on peut aussi l’appeler retour aux sources. Ce que les médias appellent implosion de la droite, on peut aussi l’appeler résurrection de la droite. Résurrection d’un peuple de droite. »

Mais Eric Zemmour tempère aussitôt les ardeurs militantes de ce « peuple de droite », car, estime-t-il, le discours de Fillon au Trocadéro « aurait pu s’adresser à des notables. On était loin de Pasqua, on était loin de Séguin, on était loin même de Chirac quand il jouait au gaulliste […] Fillon n’a pas osé prononcer le discours offensif qu’attendaient ses ultimes soutiens. Il n’a pas osé imiter Trump. Il n’a pas osé assumer ce populisme dénoncé par la bien-pensance. »

Et de conclure – en le regrettant ? – que François Fillon, pour rester le candidat des Républicains, ait dû « s’attacher lui-même au pied » un « boulet » :

« Le boulet qui l’a empêché d’assumer son positionnement gaulliste pour ne pas dire gaullien, de l’homme seul contre les partis et contre “les notables et les notoires“ comme disait le Général. Le seul positionnement qui peut lui permettre de balayer Macron et de contenir Marine Le Pen. Mais en est-il capable ? »

Affaire Fillon : le tueur s’appelle Macron – par Guillaume Faye

18/02/2017 – FRANCE (NOVOpress avec Guillaume Faye)

Le ”Pénélopegate”, comme disent les journalistes, l’affaire des emplois supposés fictifs de l’épouse et des enfants de François Fillon, qui risque de l’éliminer du second tour de la présidentielle, peut permettre, contre toute attente, à la gauche de reconquérir l’Élysée, malgré le catastrophique quinquennat de François Hollande. Mais qui veut donc tuer Fillon ? Dans toute enquête, il faut se demander : à qui profite le crime ? Seconde question : qui était le plus apte à le commettre, en envoyant des documents au Canard enchaîné ? Si les deux réponses coïncident, l’enquêteur déduira que le coupable est certainement celui qui correspond aux deux critères. Dans l’affaire Fillon, l’initiateur probable est un certain Emmanuel Macron. Mais il a deux complices : Hollande aidé de son secrétaire Jouyet.

Macron, ancien ministre de l’Économie, était le seul délateur possible

Comme le député LR Éric Ciotti l’a remarqué, les révélations du Canard enchaîné sur les salaires et emplois de Mme Pénélope Fillon et des deux enfants du couple pour le Sénat, comme les informations – les fuites – sur les salaires de la précitée à la Revue des Deux Mondes (propriété d’un ami de M. Fillon) ne pouvaient provenir que de Bercy, le ministère de l’Économie et des Finances. En effet cette administration est la seule à posséder toutes les données financières, documents fiscaux et déclarations salariales, dont l’Élysée ne dispose pas. Or M. Macron a dirigé ce ministère. Quelle coïncidence ! Il était le seul des candidats à la présidentielle à connaître le dossier Fillon de A à Z.

Il est très probable qu’il ait demandé, fin janvier, à ses anciens subordonnés de Bercy (voire seulement à l’un d’entre eux) de divulguer anonymement – et illégalement – auprès de la presse–poubelle de gauche, Le Canard enchaîné, qui ne vit que de délations (1), des informations fiscales, sous forme de documents photocopiés envoyés par courrier postal, surtout pas par Internet ; en échange de quoi, les quelques hauts fonctionnaires délateurs (ou un seul) seront promus si M. Macron est élu président… Un poste dans un cabinet ministériel, ça rapporte beaucoup…Cette hypothèse est la seule qui tienne la route.

Hollande, et son homme lige Jouyet, ne sont que complices

L’analyse de Valeurs actuelles (16–22/02/2017) sur la violente campagne pour éliminer Fillon est excellente mais partiellement improbable ; résumons–la : Jean–Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Élysée et ancien secrétaire d’État de François Fillon (passé de droite à gauche), intime de François Hollande, serait le coupable des fuites au Canard enchaîné. (Jouyet est le cas d’école de l’opportuniste, une girouette sans convictions). Or Jouyet et Fillon se détestent depuis leur déjeuner du 24 juin 2014 : Jouyet racontera au Monde que Fillon lui a demandé de faire accélérer par l’Élysée les procédures judiciaires contre Sarkozy, ce que Fillon démentira avec véhémence en attaquant en justice le délateur Jouyet. Qui croire ? Personne n’était sous la table du restaurant pour écouter.

D’autre part, Jouyet adore Emmanuel Macron, son protégé. Il veut qu’il soit élu président parce qu’il espère évidemment un juteux poste ministériel ou autre. Or, les enquêteurs de Valeurs actuelles (Tugdual Denis et Louis de Raguenel) se demandent quel intérêt aurait l’Élysée à favoriser Macron qui a trahi François Hollande. La réponse est astucieuse : Macron est « le fils naturel de Hollande, celui pour qui le président accepte que la mère de ses enfants, Ségolène Royal, fasse campagne ». Macron serait, en quelque sorte, le dauphin de Hollande qui verrait se prolonger en lui, par procuration, sa propre personne à l’Élysée. Après tout, Macron a été son principal conseiller, adepte impeccable des dogmes de la ”gauche sociétale”, auteur de toute la politique économique et fiscale de Hollande. Quand on connaît l’esprit tordu de ce dernier, cette hypothèse est très plausible.

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Fillon 500 parrainages

Pour François Fillon, les 500 parrainages, c’est fait ! Pas pour Marine Le Pen…

02/03/2017 – FRANCE (NOVOpress) : François Fillon est le seul des candidats déclarés à la présidence de la République à avoir déjà recueilli les 500 parrainages d’élus exigés pour se lancer dans la course à l’Elysée. Selon le premier pointage du Conseil constitutionnel, François Fillon disposait, à la date d’hier, de 738 parrainages validés. Un souci en moins pour le candidat qui, par ailleurs, les accumule…

Aucun des autres candidats n’avait encore atteint le seuil fatidique, à commencer par Marine Le Pen, qui ne disposait encore, hier mercredi, que de 25 parrainages, la majorité d’entre eux émanant de maires non estampillés FN.

La présidente du Front national en avait donc moins que Philippe Poutou, le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste, qui en affichait 35, et beaucoup moins que Nathalie Arthaud, la discrète candidate de Lutte ouvrière, qui pouvait se flatter d’en avoir déjà 201 !

Parmi les « petits candidats », François Asselineau, de l’Union populaire républicaine, en affichait 60, et Jacques Cheminade, déjà candidat en 1995 et en 2012, en arborait 61, contre quatre pour le général Didier Tauzin, le même nombre que l’oubliée Michèle Alliot-Marie.

Le Conseil constitutionnel publiera deux fois par semaine la liste des parrainages qui lui sont parvenus et qu’il aura validés, la date limite de leur réception étant fixée au vendredi 17 mars à 18 heures.

Parrainages Fillon Marine 1 Mars

francois-fillon

Le plan B de Fillon : le reniement, c’est maintenant !

François Fillon a donc un plan B ! Mais ce n’est pas un remplaçant dans la course présidentielle, c’est celui qui se substitue à son plan A de réforme de la Sécurité sociale et de notre système de santé. Le « B », c’est le « A » expurgé des mesures qui lui ont valu sa première chute dans les sondages avant même l’affaire Pénélope. C’est de cette réforme dont il affirmait, face aux critiques, qu’il n’en changerait pas. Car il n’était pas comme ces démagogues qui fluctuent au gré des mouvements de l’opinion ou changent d’avis selon le public auquel ils s’adressent, tel un Sarkozy. Son programme pour la Sécu brise les totems et viole les tabous ? Tant mieux, disait-il alors, car il faut « casser la baraque » !

Mercredi, il a exposé sa nouvelle version après en avoir livré les grandes lignes la veille dans des interviews. Finie la distinction entre les petits risques, dont devaient se charger les mutuelles, et les gros, pris en charge par l’assurance maladie ! La privatisation de la Sécurité sociale ? Il n’y a jamais songé. Pourtant, lors de son débat avec Alain Juppé, il affirmait vouloir « désétatiser notre système de santé ». De même, il prévoyait de « focaliser l’assurance publique universelle sur des affections graves ou de longue durée et l’assurance privée sur le reste ».

Il paraît que nous avons eu la berlue ! Ce n’était pas des engagements, explique-t-il aujourd’hui : « Je n’ai jamais voulu mettre en place une santé à plusieurs vitesses. J’ai juste posé une question légitime. » On croyait qu’il affirmait alors qu’il s’interrogeait à la cantonade ! Il y a répondu en supprimant ce qui fâche. On peut penser ce qu’on veut de son projet initial, être pour ou contre, l’important n’est pas là désormais mais dans cet opportunisme électoral qui lui fait changer son fusil d’épaule selon les nécessités du moment.

C’est Juppé qui doit être amer en constatant que celui qui lui reprochait de ne pas oser des réformes radicales s’aligne maintenant sur sa « mollesse. » Son projet initial visait à faire économiser vingt milliards à la Sécurité sociale, il maintient l’objectif, quoique, désormais, il y aura des économies en moins et des dépenses en plus ! Puisque Macron a promis le remboursement intégral des frais d’optique, il a décidé qu’au terme de son quinquennat il y aura « un reste à charge de zéro pour les audioprothèses, l’optique, les prothèses dentaires », sans dire comment il le financera.

Ce retournement de veste intervient après un autre : il s’était engagé à renoncer à sa candidature s’il était mis en examen, ce que personne ne lui demandait, et voilà qu’il ira jusqu’au bout, mise en examen ou pas ! Celui qui se présentait comme l’homme de la rupture, tant sur le programme que sur les mœurs politiques, n’est qu’un médiocre politicien, prêt, comme les autres, à tous les reniements pour être élu. Mais cette démagogie ordinaire, loin de le servir, l’enfonce. Comment lui faire confiance ? Ce sont tous ses engagements qui sont frappés de suspicion. Que jettera-t-il demain par-dessus bord par intérêt électoral ou pour conquérir telle ou telle catégorie d’électeurs ? Son refus de la PMA, de l’adoption par les « couples » homosexuels ? La diminution du nombre des fonctionnaires ?

Guy Rouvrais

Article paru dans Présent daté du 23 février 2017

Fillon Axa Henri de Castries

Les liens troubles de François Fillon avec la banque d’assurance Axa

10/02/2017 – FRANCE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)
Selon les informations de BFM Business, entre mi-2012 et mi-2014, le candidat de la droite et du centre aurait touché 200 000 € de la banque d’assurance Axa, via sa société 2F Conseil. Lors de sa conférence de presse de lundi dernier, Fillon a reconnu avoir travaillé pour Axa, parmi d’autres sociétés. Contrairement à l’affaire Penelope, ce n’est pas le travail effectué par François Fillon qui semble poser problème : « Il a vraiment bossé ! Il y a eu bon nombre de réunions avec lui, il a fourni un vrai travail », a ainsi insisté un haut dirigeant de la société.

En revanche la rémunération laisse les observateurs perplexes, puisqu’elle correspondrait au double de ce qui se pratique dans les sociétés du secteur pour des prestations du même type.

Henri de Castries (photo), pdg d’Axa jusqu’en août 2016, a par ailleurs abondé la récente campagne interne de François Fillon pour près de 3 millions d’euros. Ce dernier a un temps songé, s’il était élu président, à prendre l’homme d’affaires comme Premier ministre.

Rappelons qu’Henri de Castries est depuis 2012 président du comité de direction du groupe Bilderberg. La dernière lettre confidentielle Faits&Documents lui consacre un passionnant portrait, particulièrement bien documenté.

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Eric Zemmour : « Avec les primaires, les patrons ont été liquidés »

31/01/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Revenant sur les primaires de la droite et de la gauche, sans oublier celle des écologistes, Eric Zemmour disait ce matin sur RTL : « C’était la solution miracle : à la fois le mode de désignation le plus démocratique et celui qui permettait aux partis politiques de verrouiller la sélection des présidentiables. Le peuple et les partis. Un mélange inédit de Ve et de IVe République. Les primaires ont fonctionné tant que les électeurs ont voté sagement pour les candidats que les médias et les sondeurs leur désignaient : Ségolène Royal, puis François Hollande. Mais les partis, les médias et les sondeurs se sont fait voler leur jouet. Le voleur n’est pas celui qu’on croit, le voleur n’est pas le peuple », mais ceux qui sortis de chez eux, « des groupes d’influence bien typés idéologiquement », comme les bobos et l’électorat de banlieue pour Hamon, ou les partisans de La Manif pour tous et « les provinciaux de culture catholique » pour Fillon.

Moyennant quoi, « les patrons ont été liquidés » : « Duflot, Juppé, Sarkozy, Hollande, Valls : liquidés ! Les primaires, c’est la roulette belge : six balles dans le barillet. »

Mais après ces primaires, « on découvre que les heureux élus sont fragiles parce que les conditions de leur victoire les ont fragilisés ». Et « les candidats qui en profitent sont ceux qui ont refusé l’exercice : un peu Mélenchon et beaucoup Macron et Marine Le Pen ». Ainsi « Macron donne l’asile politique à tous les perdants de la primaire : électeurs de Juppé, de Hollande, de Vall, et même anciens électeurs écolos de Cohn-Bendit », et « Marine Le Pen consolide son emprise sur les classes populaires ».

« Macron et Marine Le Pen, ajoute Eric Zemmour, incarnent un clivage presque chimiquement pur entre pro-migrants et anti-migrants, entre libéraux-libertaires et protectionnistes étatistes. Le clivage des référendums sur l’Europe, du Brexit, du combat entre Trump et Clinton. »

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Après le Penelope Gate, un nouveau scandale va-t-il éclabousser François Fillon ?

30/01/2017 – FRANCE (NOVOpress)
Alors que son épouse, soupçonnée d’emplois fictifs, recevait dimanche le soutien de milliers de sympathisants à Paris, le candidat de la droite à la présidentielle est soupçonné d’avoir bénéficié de fonds occultes quand il était sénateur.

François Fillon a ainsi lancé à la tribune :

À trois mois de l‘élection présidentielle, comme par hasard, on construit un scandale. À travers Penelope, on cherche à me casser. Moi, je n’ai peur de rien. J’ai le cuir solide. Si on veut m’attaquer, qu’on m’attaque droit dans les yeux, mais qu’on laisse ma femme en dehors de ce débat politique.

Toutefois, un autre scandale pourrait entacher l’image de François Fillon. D’après Mediapart et Le JDD, le vainqueur de la primaire de la droite aurait touché lorsqu’il était sénateur des sommes indues en marge d’un système de “détournement” mis en place au Sénat.


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L’échiquier de Machiavel : Macron, Fillon, Le Pen, la triangulaire qu’on nous prépare

L’élection présidentielle française est scénarisée, séquencée, rythmée avec ce qu’il faut de suspense et de rebondissements. Il y a d’abord eu le duel annoncé Juppé/Le Pen.Puis la séquence des primaires de la droite et du centre : avec la victoire surprise de Fillon terrassant « Ali » Juppé. Avec l’abandon de Hollande, on s’acheminait alors vers un duel Fillon/Le Pen. Fillon/Le Pen ? Une hypothèse médiatiquement insoutenable !

Un duel Fillon/Le Pen est une hypothèse médiatiquement insoutenable pour deux raisons :

*L’absence de suspense sur le résultat final : sauf événement majeur interprété avec hauteur historique par Marine Le Pen, Fillon l’emporterait avec 30 points d’avance ;

*L’aspect insupportable pour la bien-pensance d’avoir à arbitrer un duel entre le candidat de la « droite catholique réactionnaire » Fillon et la « candidate de l’extrême droite ».

Il est donc urgent de trouver un « troisième homme ». Le troisième homme est un marronnier de l’élection présidentielle : ce fut Chirac en 1981 ; Barre en 1988 ; Chirac à nouveau en 1995 ; Chevènement (qui finit à 5%) puis Jean-Marie Le Pen en 2002 ; Bayrou en 2007 ; Marine Le Pen en 2012. Il arrive que le troisième homme se hisse en finale (Le Pen en 2002), voire la gagne (Chirac en 1995).

Les médias ont trouvé le « troisième homme » de 2017 : Emmanuel Macron, le candidat des banques et des puissances étrangères (sauf la Russie) et donc… le candidat des médias. Il suffit d’attendre l’échec de la primaire socialiste – c’est-à-dire une faible participation au scrutin – pour voir le scénario se mettre en place.

Certes Macron – en provenance directe de la banque Rothschild et du secrétariat général de l’Elysée – paraît un peu hors sol. Mais il peut néanmoins coaguler un électorat non moins… hors sol :

*Les bobos des centres villes, bénéficiaires de la mondialisation ;

*Les minorités sexuelles et les immigrés dans la foulée de la stratégie de Terra nova.

A cela il faut ajouter la capacité des médias à mobiliser le marais de la bien-pensance et du centrisme mou (pardon du pléonasme !). Lors des dernières élections régionales, la campagne médiatique de diabolisation du FN a mobilisé contre ses candidat(e)s entre 5% à 7% d’abstentionnistes entre les deux tours. L’un des enjeux pour Macron et les médias de propagande qui le soutiennent est de mobiliser ces électeurs dès le premier tour. Pour cela il suffira de leur seriner qu’il faut à tout prix éviter d’avoir un choix limité, selon leur vocabulaire, entre « la droite et l’extrême droite ».

Ce match à trois sera meurtrier pour les autres candidats qui risquent de pâtir du « vote utile » : Nicolas Dupont-Aignan à droite, l’écolo et Mélenchon à gauche.

Ce match à trois sera aussi complexe ! Les enjeux en sont les suivants : pour Macron se hisser au deuxième tour ; pour Fillon arbitrer entre les centristes, les conservateurs et la France périphérique ; pour Le Pen écarter le péril du « vote utile ».

Macron ne peut se hisser au deuxième tour que s’il parvient à agréger à son électorat naturel les voix de ses concurrents qu’il aura préalablement asséchées : jouable, s’agissant du candidat socialiste s’il est mal élu ; plus difficile, pour Mélenchon.

Il lui faudra aussi choisir sur qui « cogner » le plus… sans le renforcer trop. Macron doit-il chercher à éliminer Fillon pour assurer sa victoire au deuxième tour et pour cela s’allier tactiquement à la présidente du FN pour passer Fillon à la centrifugeuse ? Ou bien viser l’élimination au premier tour de Le Pen si celle-ci reste derrière Fillon ? Au risque d’un deuxième tour plus difficile.

Pour Fillon, le risque majeur c’est… l’élongation. Il doit éviter de décevoir son socle conservateur tout en étendant son électorat vers les centristes et la France périphérique. La stratégie centriste qu’il suit depuis sa victoire à la primaire pourrait être mortifère : son porte-parole Apparu (« Ben » Apparu, selon les mauvais esprits !) a déjà contribué à faire perdre Juppé. Sa mise en avant ne peut que démoraliser les conservateurs et les catholiques alors qu’il s’agit d’un des rares députés Les Républicains à avoir voté la loi Taubira. Quant au discours immigrationniste du porte-parole Apparu c’est une provocation pour la France périphérique.

D’une manière ou d’une autre Fillon devra faire un choix : persister dans sa néo-ligne centriste avec l’espoir d’affronter Le Pen au deuxième tour mais aussi avec le risque d’en être éliminé, ce que pronostique Philippe de Villiers ; ou bien s’adresser à la France périphérique – le seul réservoir de voix populaires – au risque d’avoir à affronter Macron au deuxième tour. Cornélien !

Marine Le Pen ne manque pas de cordes à son arc pour conserver sa qualification au deuxième tour :

*Un discours médiatique rassurant, assez en retrait sur l’immigration, assez à gauche sur l’économique et le social, implicitement libertaire sur les valeurs. Une ligne officielle plutôt Philippot/philippotiste (Damien et Florian) ;

*Des visuels plus engagés sous la direction de son beau-frère Philippe Olivier à la sensibilité plus identitaire ;

*Le « sale boulot » étant pratiquement confié aux réseaux sociaux où la mobilisation électorale sur l’immigration est faite, et bien faite, indépendamment du FN – un FN-officiel qui peut toujours désavouer ce que les médias jugent comme des « dérapages ».

L’entrée de Macron dans le grand jeu est à la fois une chance et… une complication :

*Une chance parce qu’un deuxième tour contre Macron serait un deuxième tour FN/gauche, ce qui est électoralement toujours plus favorable au FN qu’un deuxième tour FN/droite, comme on l’a encore observé aux élections départementales de 2014 ;

*Une complication aussi car le dispositif de campagne de Marine Le Pen a été conçu pour recueillir (ou tenter de recueillir, car ce schéma ne s’est jamais vérifié lors des scrutins précédents) un électorat de gauche.

Face à Macron, la ligne Marion, plus identitaire sur l’immigration, plus conservatrice sur les valeurs, plus rassurante économiquement, permettrait sans doute d’envisager une victoire. Mais ce n’est pas la voie qui a été choisie.

Reste un danger pour Marine Le Pen : le retour du « vote utile ». Le « vote utile » est un mécanisme subtil qui voit les électeurs procéder à des votes tactiques autour de deux mécanismes :

*Participer au choix du vainqueur au tour décisif (et en l’état il ne pourrait s’agir que de Fillon ou de Macron) ;

*Eliminer celui dont on ne veut en aucun cas, ce qui peut conduire à voter Fillon (« contre la gauche ») ou Macron (« contre la casse sociale de Fillon »).

Si le match du premier tour se resserrait et que Macron, Fillon et Le Pen apparaissaient avoir des chances voisines d’accéder au second tour, Marine Le Pen serait probablement contrainte de revenir aux fondamentaux du FN pour fidéliser son électorat naturel et mobiliser l’électorat populaire de la France périphérique, un électorat qui ne vote à l’élection présidentielle qu’en fonction des enjeux essentiels pour lui : l’identité et l’immigration ; et à condition que les choses soient dites suffisamment crûment. Un retour aux sources que Marine Le Pen avait déjà dû effectuer en 2012 dans les derniers jours de la campagne pour limiter la casse.

Grands enjeux, grands absents ?

Le spectacle présidentiel peut donc offrir quelques surprises. Il n’est pas certain, en revanche, que les grands enjeux historiques soient posés devant les Français.

Peut-on sérieusement parler d’immigration sans évoquer le Grand Remplacement démographique et civilisationnel ? Peut-on sérieusement croire à l’assimilation d’un grand nombre d’Africains noirs et de musulmans religieux ou culturels alors que l’expérience des 40 dernières années dément cruellement cette hypothèse ?

Peut-on sérieusement dire que 5.000 à 10.000 gendarmes de plus et autant de policiers supplémentaires amélioreront la sécurité alors que ce qu’on appelle l’Etat de droit – c’est-à-dire la dictature des juges – rend quasiment impossible l’expulsion des étrangers en situation irrégulière et la mise hors d’état de nuire des délinquants ?

Peut-on sérieusement envisager un retour à la démocratie et à l’ordre républicain sans remise en cause du pouvoir des juges tel qu’il s’exerce à travers la Cour européenne des droits de l’homme, le Conseil constitutionnel, le Conseil d’Etat, la Cour de cassation ?

Peut-on sérieusement retrouver l’indépendance avec 2000 milliards de dette, un déficit budgétaire représentant le quart des dépenses publiques et un déficit de la balance des paiements courants extérieurs de plusieurs dizaines de milliards ? Le tout débouchant sur la vente à des puissances étrangères de fleurons du patrimoine culturel et économique français ? Chaque élection présidentielle aggravant plutôt la situation à coups de dépenses non financées ou de diminutions d’impôts non gagées.

Pas sûr que 2017 contribue à régler les problèmes de la France.

Jean-Yves Le Gallou

Texte repris du site de la Fondation Polémia

De Gaulle Jeanne d'Arc

Plus laïcards que les laïcards : Bayrou et Guaino lapident le chrétien Fillon

Bien sûr, chacun d’entre nous a depuis longtemps compris que les déclarations récurrentes de Fillon sur son attachement à la foi, pour en être sincères, n’en restaient pas moins un appel du pied en direction de l’électorat chrétien. Mais le véritable lynchage dont il a fait l’objet ces jours de la part de Bayrou et Guaino est aussi scandaleux que révélateur de l’inconsistance de ces deux imposteurs.

A l’origine de cette véritable lapidation, cette déclaration de Fillon mardi soir, alors qu’il était invité au 20h de TF1 :« Je suis gaulliste et de surcroît je suis chrétien, cela veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine, au respect de la personne, de la solidarité ».

Des propos jugés « déplacés » par Bayrou qui, se faisant plus laïcard que les laïcards, a immédiatement piqué une colère. En effet, s’est exclamé le « Judas » de la classe politique française, « je ne peux pas porter atteinte à la Sécu parce que je suis chrétien ? Qu’est-ce que ça à voir ? Je suis croyant, je ne vais pas m’offusquer d’un mouvement de foi, mais comment peut-on arriver à mélanger la politique et la religion à ce point, de cette manière déplacée ? […] Ce sont deux domaines que nous avons séparés depuis plus d’un siècle, c’est le principe d’une laïcité à la française ! » Une réaction qui a poussé Bruno Retailleau, en charge de la coordination et de la stratégie de Fillon, à ironiser en déclarant : « Je trouve fort de café les propos du président du MoDem quand on vient de Démocratie chrétienne. C’est pour moi un sujet d’étonnement ».

Mais Bayrou n’aura pas été le seul à se ridiculiser ainsi. Henri Guaino, le député LR des Yvelines qui « même avec un salaire de 5 100 euros mensuel » n’arrive pas à mettre de l’argent de côté à la fin du mois, est en effet monté au créneau lui aussi, pour qualifier les propos de Fillon de… « faute morale » ! Plus fort encore : Guaino devait aller jusqu’à expliquer jeudi sur LCI : « On ne peut pas dire qu’on lutte contre le communautarisme et qu’on est le candidat des chrétiens .» En effet, a poursuivi l’ancien conseiller de Sarkozy, « comment voulez-vous critiquer les musulmans qui font des listes musulmanes et qui veulent présenter des listes musulmanes ? […] Ce n’est pas possible ! Cela nous entraîne sur des terrains sur lesquels nous ne voulions pas aller. »

Franck Delétraz

Article paru dans Présent daté du 7 janvier 2017
sous le titre « Bayrou et Guaino lapident Fillon »

FillonGate

Le camp de Marine Le Pen tente de relancer le hashtag FillonGate

03/01/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Apparu fin 2014 lorsque François Fillon fut soupçonné d’avoir demandé au secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet de porter l’estocade judiciaire contre Nicolas Sarkozy, le hashtag FillonGate a été repris par les partisans de Marine Le Pen. Et à une heure du passage de l’ancien premier ministre au 20 heures de TF1, les attaques redoublent d’intensité sur Twitter, mettant notamment en cause son activité professionnelle et ses revenus, dont il n’a pas communiqué la provenance.

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Sans les trolls de gauche, François Fillon l’emportait avec 80 % des voix !

14/12/2016 – FRANCE (NOVOpress) : Dans une longue interview au journal Monde & Vie, Bruno Larebière explique que la victoire de François Fillon à la primaire de la droite face à Alain Juppé est encore plus large qu’on ne le croit, car, sans les électeurs de gauche, il l’aurait emporté avec près de 80 % des voix. Extrait :

monde-et-vie-fillon« Au premier tour, Fillon a clairement bénéficié d’un vote de rejet de la personne de Nicolas Sarkozy, élu en 2007 sur son énergie et sa promesse de rupture avec Mai 68, battu en 2012 et éliminé de la primaire avec un score chiraquien sur son agitation permanente, son inconstance, sa dévalorisation de la fonction présidentielle et son implication dans les “affaires“.

Le second tour de la primaire, en revanche, est venu établir que si l’électorat de droite avait voulu se défaire de Nicolas Sarkozy une semaine plus tôt, François Fillon lui étant apparu, sur la base des sondages, comme le meilleur instrument pour s’en débarrasser, il ne rejetait pas l’ensemble de son œuvre, sinon son premier ministre aurait à son tour subi ses foudres. Or non seulement Fillon l’a emporté 66,5 % des suffrages face à Alain Juppé dans un climat digne de l’entre deux tours de la présidentielle de 2002, la reductio ad hitlerum de Jean-Marie Le Pen étant juste remplacée par une reductio ad petainum de Fillon, mais je me suis livré à un petit calcul assez éclairant.

Si l’on retranche des résultats de ce scrutin les 15 % d’électeurs de gauche qui sont venus voter, soit 600 000 personnes dont on voit mal comment elles auraient pu apporter ne serait-ce qu’une part marginale de leurs suffrages à François Fillon, le triomphe tourne au plébiscite. Sur les seuls électeurs de droite – et même du centre –, François Fillon l’a emporté face à Alain Juppé avec près de 80 % des voix !

Dire, en citant Paul Claudel, que François Fillon “sorti premier d’un concours de circonstances“ est fort drôle mais je pense que cette appréciation minimise grandement que ce second tour vit s’opérer un véritable choix politique en faveur de celui qui avait déclaré entre les deux tours, sous les ovations de la foule, porter un projet “qui ne cherche ni à imiter la gauche ni à lui plaire“, “un projet qui assume sa radicalité“. C’est bien celui qui a été perçu comme le “candidat de droite, porté par un peuple de droite, avec un programme pour la France“, qui a triomphé de celui qui, au même moment, se flattait de pouvoir “rassembler la droite et les centres“, dans une méconnaissance totale de la sociologie électorale du pays.

Je rappellerai également que, des mois durant, il nous fut expliqué que plus le corps électoral de la primaire serait large – au-delà de 3 millions de participants nous disait-on –, plus la victoire d’Alain Juppé serait assurée, tandis qu’un corps électoral restreint à noyau dur assurerait le succès de Nicolas Sarkozy. Or il y a eu au moins 4,4 millions d’électeurs – sans doute plus si l’on comptabilise ceux qui n’ont voté qu’à un seul des deux tours – et Alain Juppé, le candidat chéri des médias, l’homme qui donnait à la “droite“ l’assurance d’accéder à la présidence de la République quel que soit le candidat, PS ou FN, qui lui serait opposé, l’homme de la pensée consensuelle, a été laminé. Traduction : le “peuple de droite“ s’est mobilisé et a voté à droite. Je ne sais pas si cette poussée de la droite est “irrésistible“, elle est en revanche manifeste, et massive, dans la victoire de François Fillon. »

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Quand Fillon fricote avec un imam anti-chrétien

13/12/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)

Mercredi dernier, Damien Rieu, qui travaille dans l’équipe de Marion Maréchal Le Pen, a relayé sur Twitter deux photos : l’une montrant François Fillon poser avec le recteur de la mosquée de Stains, Salih Farhoud. L’autre, montrant ce même recteur avec une arme dans les mains.
Sur Twitter, certains défendent l’ex Premier ministre en assurant que la photo est, là encore, une intox. Selon un proche du candidat il s’agirait du photomontage.

En réalité, cette photo n’est pas du tout truquée. Joint par BuzzFeed News « La rencontre a eu lieu, en 2014 à la mosquée de Drancy. C’est mon ami, l’imam Hassen Chalghoumi, qui m’avait invité avec François Fillon ».

Rappelons aimablement que la mosquée de Stains fait l’objet d’une fermeture administrative depuis le 2 novembre dernier. Elle est soupçonnée d’accueillir des salafistes dont certains auraient cherché à monter une action terroriste en France.


Fillon, vainqueur provisoire

Cette fois, la surprise, c’est qu’il n’y a pas eu de surprise, la victoire de François Fillon était inscrite dans le premier tour de ces primaires. Les sondeurs ont dû pousser un long soupir de soulagement. Mais cela n’efface pas que, la veille du premier tour, Fillon était crédité par les deux principaux instituts de sondage de 15 points de moins que ce qu’il devait obtenir le lendemain. C’est pourquoi on ne peut plus affirmer ce que les médias et les politiques répétaient à satiété depuis des mois : le vainqueur de la primaire de la droite et du centre sera le prochain chef de l’Etat. Alain Juppé a donc été virtuellement président de la République pendant deux ans, avant de s’effondrer huit jours avant l’échéance. Juppé en était déjà à rédiger ses premiers projets de loi et s’enquérait auprès de son concurrent des modalités de son ralliement. Perrette avec son pot au lait devait être bordelaise…

Au demeurant, c’est un fait statistiquement avéré que le « vainqueur », à six mois de l’élection, n’est que rarement celui qui triomphe effectivement dans les urnes. Sans remonter jusqu’à Chaban-Delmas, songeons à Balladur, Jospin, DSK… Alors quand, dès dimanche soir, on a brandi des sondages donnant Marine Le Pen vaincue par Fillon au premier tour de 2017 et terrassée au second, c’est de la politique-fiction, personne ne sait aujourd’hui ce qu’il en sera demain. Fillon n’est que le vainqueur provisoire d’un seul camp.

Ce n’est pas que quelque obscure malédiction s’attache aux favoris des sondages, car il n’y a rien de mystérieux dans ce revers d’intentions de vote. L’élu du moment devient inévitablement le centre et la cible de tous ses adversaires et des investigations de la presse. Ainsi, le copieux programme de François Fillon, que personne n’avait eu le courage de lire jusqu’au bout, est-il désormais l’objet de toutes les attentions, et il inquiète autant que l’homme rassure. Si nombre d’électeurs en colère se déclarent prêts à voter pour lui, c’est qu’ils veulent en finir à n’importe quel prix aujourd’hui avec un Hollande chaque jour plus calamiteux. Alors, pourquoi pas Fillon, un homme sérieux après les bateleurs Sarkozy et Hollande ? Mais, au fil de la campagne, ces Français se souviendront qu’ils sont aussi assurés sociaux et que le candidat LR ne veut plus couvrir que les « gros risques », pour les médicaments comme pour l’hospitalisation, s’ils sont chômeurs, leurs indemnités se réduiront de mois en mois, consommateurs ils verront les prix augmenter de 2 %, avec la hausse de la TVA, etc. Alors, ils y réfléchiront à deux fois, et même un peu plus, avant de déposer un bulletin au nom du député de Paris.

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Primaires des Républicains : quelques réflexions sur la large victoire de François Fillon

28/11/2016 – FRANCE (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation de Radio Courtoisie)

François Fillon a remporté largement les primaires des Républicains. Il a battu Alain Juppé avec près de 67 % des voix. Une victoire sans concessions donc pour l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, légitimée par une large participation. En effet, le nombre d’électeurs pour ce deuxième tour a été supérieur à celui du premier tour, ayant déplacé déjà 4,3 millions de votants. Le rassemblement du parti LR est donc acquis pour le nouveau champion de la droite parlementaire. Alain Juppé a reconnu sa défaite et a appelé à soutenir sans condition François Fillon. Nicolas Sarkozy a chaleureusement félicité son ancien ministre. Même Jean François Copé a proposé ses services.

De quoi la victoire de François Fillon est elle le symbole ?

Si l’on en croit une certaine classe politico médiatique, François Fillon est le représentant d’une ultra droite décomplexée, conservatrice et ultra libérale. L’avocat homosexualiste Caroline Mecary tremble pour la communauté homosexuelle ; l’éditorialiste Bruno Roger Petit y voit la revanche des anti dreyfusards ; le patron du PS Jean Christophe Cambadélis dénonce la liquidation du dernier chiraco gaulliste par une ultra droite. Bref, l’heure semble grave. Il est vrai en revanche que la défaite d’Alain Juppé est celle d’une identité heureuse dans la diversité. La mobilisation de la communauté musulmane ainsi que d’une partie de l’électorat de gauche tentant de faire barrage à François Fillon n’aura pas suffi à faire élire Alain Juppé, le plus gaucho compatible des candidats de droite.

Comment se positionne le FN face à ce résultat ?

Pour Marine Le Pen, se retrouver face à François Fillon au second tour de la présidentielle serait une aubaine. Je la cite : « Henri Guaino a raison quand il dit que c’est le pire programme de casse sociale qui n’ait jamais existé, le pire ». Et les ténors de la droite nationale d’attaquer la « fausse droite dure » en relayant des déclarations du candidat de la droite et du centre. Comme celle ci, je cite : « C’est un leurre et une démagogie sans nom que de prétendre rétablir les frontières nationales ». Page 58 du programme de François Fillon.

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Fillon, c’est ça un réac ?, par Frédéric Robillard (Les Identitaires)

Les médias n’aiment pas François Fillon, mais les médias vous font aimer François Fillon. Réac, traditionaliste, apôtre d’une révolution conservatrice. Ce que la propagande médiatique dénonce, les Français en prennent systématiquement le contrepied. La campagne de diabolisation expresse que le candidat a subie, loin de lui nuire, l’a porté encore plus haut que dans les sondages les plus avantageux pour lui. La cote de popularité du désormais candidat à l’édection présidentielle atteint un niveau jamais vu depuis son entrée à l’assemblée nationale il y a plus de 35 ans.

Cette popularité inespérée pour l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy interroge. Et attise ma curiosité lorsque je remarque que François Fillon a publié un livre thématique « Vaincre le totalitarisme islamique » en septembre dernier aux éditions Albin Michel, la maison qui publie Éric Zemmour et Philippe de Villiers. La tentation était trop forte. Je l’ai donc lu pour voir si Fillon avait pris la mesure de ce choc de civilisation et de la crise identitaire que traverse la France.

Et d’ailleurs, c’est quoi l’identité française pour Fillon ? Il nous en donne sa définition dès le début de l’essai. « Si certains ne savent pas ce qu’est l’identité française, nos assassins, eux, le savent : la liberté d’opinion, l’égalité des sexes, la fraternité entre tous, le droit de croire ou ne pas croire, le droit de rire, de s’aimer, de voter…  ». C’est niais comme un discours socialiste.

François Fillon n’hésite d’ailleurs pas à emprunter les coups de menton de Manuel Valls lorsqu’il s’agit de dénoncer le Front National qui « tente de prospérer sur la démonstration simpliste que tous nos maux sont issus de l’immigration ». La totalité des terroristes ayant frappé la France depuis Mohamed Merah étaient issus de l’immigration, mais François Fillon n’y voit que des Français comme vous et moi.

Et cette révolution conservatrice dont parle Patrick Buisson au sujet de la campagne de François Fillon ? C’est ce dernier qui en parle le mieux en dénonçant en parallèle franquistes et djihadistes, «  l’un et l’autre [ayant] développé une révolution conservatrice, c’est-à-dire une haine de la modernité servie par l’instrumentalisation des techniques de propagande les plus modernes ».

Dès lors, comment s’étonner que François Fillon soit touché par « ces images terribles du drame des réfugiés syriens » et « la brutalité de leur rejet » ?

Un François Fillon qui se délecte à citer et appeler à son secours Mitterrand, Clemenceau, Günter Grass, Jean Birnbaum, Comte-Sponville, Jean Zay et le Front Populaire, Mohamed Sifaoui, Jacques Julliard et bien d’autres. Mais qui se sent obligé de qualifier de « controversé  » le roman Soumission de Michel Houellebecq.

Un courage qui n’est pas la marque de fabrique du candidat Fillon, dont les envolées contre les Frères musulmans et leur islam politique réussissent l’exploit de ne presque jamais faire mention de l’UOIF. Un oubli volontaire pour un ancien Premier ministre dont on cherche encore la moindre trace de lutte contre les représentants français des Frères musulmans durant sa période à Matignon.

Vous l’avez vu, François Fillon a les yeux de Chimène pour la gauche. Et la gauche lui rendra bien. C’est le candidat de droite que les gens de gauche adorent détester. Le candidat de la droite d’argent. Celle qui ne reviendra jamais sur les mesures sociétales de la gauche (le mariage pour tous) et qui ne parle même plus d’immigration. Mais qui usera de tout son courage pour la suppression de l’ISF.

Avec cette droite-là, la gauche a ses repères. Quelques modestes manifestations de rue, un peu de terrorisme intellectuel, des leçons de morale, et la droite est paralysée. Voilà la gauche rassurée. François Fillon restera à ce titre le candidat de droite le moins ambitieux sur les questions identitaires des campagnes électorales des vingt dernières années, à l’exception du candidat Jacques Chirac de l’entre-deux tours de 2002. Il n’est pas certain que la France de 2017 puisse se permettre le luxe de 5 années supplémentaires de statu quo et un pays qui continue à se dégrader toujours plus rapidement.

Frédéric Robillard

Texte repris du site de : Les Identitaires

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Le plus dur commence pour François Fillon

C’est maintenant que François Fillon va devoir affronter le plus difficile ! Non pas que la primaire lui fut aisée, il a dû attendre longtemps avant de remporter une victoire spectaculaire sur ses rivaux au premier tour et écrasante sur Alain Juppé au second, avec près de 66 % contre 33 % pour le maire de Bordeaux.

Sa course fut pendant des mois obscure et solitaire mais nul ne lui cherchait querelle, ni ses concurrents de droite, ni ses adversaires de gauche. Il prêchait dans le désert de l’indifférence politico-médiatique. Personne ne songeait vraiment à aller voir en quoi consistait précisément son programme dont il disait qu’il était le plus élaboré et le plus complet. Les yeux étaient fixés sur le duo, bientôt duel, Sarkozy-Juppé. Tout au plus s’interrogeait-on sur le point de savoir s’il occuperait la troisième place ou si Bruno Le Maire allait le devancer.

Ce qui était un handicap est finalement devenu un atout ; il a pu faire campagne dans tout le pays sans rencontrer d’opposition et exposer à ses auditeurs son projet, en toute sérénité. C’est cette sérénité, cette force tranquille, que l’on a retrouvée sur les plateaux de télévision lors des trois débats ; il semblait se bonifier à chaque fois.

Dès que les sondages ont frémi en sa faveur, il y eut un effet-Fillon ; les électeurs du centre et de la droite virent en lui non plus un outsider mais un candidat crédible pour représenter la droite libérale à la pré- sidentielle. Comme nous l’avons déjà remarqué, Sarkozy l’y a beaucoup aidé en faisant une campagne vigoureuse contre Juppé, mettant en doute sa volonté d’alternance, ce qui a profité à Fillon qui n’a cessé de progresser dans l’opinion jusqu’au scrutin.

Depuis huit jours, finie la tranquillité ! L’ancien premier ministre de Sarkozy était devenu la cible de toutes les attaques, Juppé à fleurets mouchetés – c’est peut-être ce qui l’a perdu –, Valls et Moscovici avec la grosse artillerie socialiste et Florian Philippot, pour le Front national, en dénonçant son libéralisme et son européanisme. Et ce n’est que le début ! Car il y a aussi Mélenchon et quelques autres à l’extrême-gauche qui ne vont pas le ménager. Mais, après tout, c’est de bonne guerre électorale !

Le plus inquiétant n’est donc pas là, il est dans les propos amères tenus par le patron de la CGT, Martinez, qui a menacé dès dimanche : si le programme de la droite en matière sociale devait être appliqué, il serait « contesté par les Français » car, a certifié le syndicaliste rouge, « les Français sont contre les thèmes forts du programme de MM. Fillon et Juppé, donc la mobilisation sera d’actualité, pour être clair. » « Mobilisation » dans la bouche du leader de la CGT est synonyme de sabotage. Les « Français » ont bon dos !

Il ne s’agit tout au plus que de la CGT et de ses troupes qui se moquent des Français, sinon ils attendraient que les électeurs se soient prononcés avant de proclamer qu’ils sont contre le programme de la droite libérale. Si nos compatriotes le refusent, ils ne voteront pas pour Fillon, s’ils l’acceptent, ils l’éliront ! Cela s’appelle la démocratie ; la conception qu’en a Philippe Martinez n’est autre que celle de Fidel Castro dont il porte le deuil, tant il l’admirait.

François Fillon va devoir tenir pendant six mois sous la mitraille de ses opposants. Mais il paraît qu’il a été choisi parce qu’il paraissait avoir les épaules assez solides pour cela quoiqu’ayant reculé un peu trop rapidement devant Copé lors du coup de force de ce dernier pour s’emparer de la présidence du parti. Les attaques qu’il va subir ne porteront pas sur sa personne ; il ne traîne aucune « casserole » attachée à ses basques, comme Sarkozy, et il n’a jamais fait l’objet d’une condamnation, comme Juppé. On se concentrera donc sur son programme, précis, chiffré et donc prêt à être mis en œuvre.

Au fil de la campagne, les électeurs vont le découvrir dans toute son ampleur et, surtout, en voir l’implication dans leur propre vie d’assuré social, de chômeur, de futur retraité, de consommateur devant acquitter deux points de TVA en plus, etc. Ce sera lors le moment de tous les périls pour sa candidature.

Le candidat socialiste, quel qu’il soit, sera le premier et le plus vigoureux dénonciateur de François Fillon, Valls a déjà commencé à s’en prendre à un « programme ultralibéral dur avec les gens modestes et généreux avec les plus ri- ches. » Mais comme les attaques de Sarkozy contre Juppé ont bénéficié, in fine, à Fillon, il se pourrait que celles de so- cialistes déconsidérés finissent par profiter à … Marine Le Pen.

Texte repris du Bulletin d’André Noël n° 2494 daté du 28 novembre 2016