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Chard

Écoutes de la NSA, la grande hypocrisie (Présent 8383)

24/06/2015 – FRANCE (NOVOpress)

« Pratiques inacceptables », « méthodes scandaleuses »… La publication mardi soir par Mediapart et Libération de notes de la NSA, obtenues par Wikileaks, indiquant que les États-Unis avaient placé sur écoute les trois derniers présidents français, n’en finit plus de susciter l’indignation générale de notre classe politique. Cependant, outre le fait que ces « révélations » n’étaient qu’un secret de Polichinelle, tous les experts du renseignement savent que l’écoute de ses alliés est une pratique on ne peut plus courante.

Indignation générale
Interviewé par TF1, Julian Assange, de Wikileaks, annonçait encore mercredi soir la publication prochaine de nouvelles révélations « beaucoup plus importantes »… De quoi inquiéter un peu plus des autorités françaises déjà en ébullition. Dès mercredi matin, en effet, Hollande convoquait en urgence le conseil de Défense, à l’issue duquel il condamnait des « faits inacceptables » et rappelait que notre pays « ne tolérera aucun agissement mettant en cause sa sécurité ».8383-P1
En même temps, alors que l’ambassadrice des États-Unis en France était convoquée au Quai d’Orsay, le Président téléphonait à Obama pour lui demander de réitérer ses « engagements » de 2013 de ne plus procéder au « ciblage des autorités françaises ».
Enfin, de nombreux élus exigeaient des mesures de rétorsion contre les États-Unis. Ainsi Marine Le Pen, estimant que « les Français doivent prendre conscience que les États-Unis (…) ne sont pas un pays allié ou ami », a-t-elle invité la France à « envoyer un signal fort en se retirant dès aujourd’hui des discussions en cours sur le funeste Traité transatlantique ». Avant d’ajouter que « notre réintégration dans le commandement intégré de l’OTAN (…) apparaît comme une faute stratégique lourde sur laquelle il faudra revenir ». Un avis rejoint par Mélenchon, pour qui non seulement « l’arrêt des négociations sur le grand marché transatlantique s’impose de toute urgence », mais « Assange et Snowden doivent obtenir l’asile politique en France et la nationalité française ».

Une pratique courante
Cependant, comme le rappelait l’ambassadeur de France à Washington, Gérard Araud, « tout diplomate vit avec la certitude que ses communications sont écoutées et pas par un seul pays ». Chacun en effet a encore en mémoire le cas de l’Allemagne qui, après avoir protesté contre des écoutes inamicales de la NSA, était prise « la main dans le sac » en 2014. Ou encore les déclarations de l’ex-patron de la DST, Yves Bonnet qui, au moment de l’affaire Snowden, assurait que « la France aussi espionne ses alliés ».
En fait, comme l’expliquait en mai dernier à Atlantico Michel Nesterenko, du Centre français de recherche sur le renseignement, « tous les pays qui en ont les moyens techniques et le budget se livrent à de telles pratiques et cela depuis toujours (…). Cela n’a rien à voir avec l’amitié ou l’absence d’amitié entre les peuples ».

Franck Delétraz

hollande au tel

Les Américains surveillent en masse

24/06/2015 – MONDE (NOVOpress avec le bulletin de réinformation)

Suite aux révélations des écoutes, les politiques français ont eu beaucoup d’imagination quant aux sanctions à donner aux États-Unis. Rappelons les faits. Julian Assange, cofondateur de Wikileaks, a obtenu et rendu public, par Mediapart et Libération, des écoutes par l’agence de surveillance américaine, la NSA. Elles visaient de nombreux politiques dont les 3 derniers présidents Chirac, Sarkozy et Hollande. Les interceptions de l’agence américaine se seraient étalées de 2006 à 2012. Cette nouvelle s’est répandue comme une véritable traînée de poudre provoquant des réactions plus ou moins nuancées à l’égard de « l’oncle Sam ».
Le président américain Barack Obama, lors d’une mise en scène téléphonique avec François Hollande, a « réitéré sans ambiguïté son engagement ferme » contre tout espionnage de dirigeant de pays allié, a annoncé l’Elysée dans un communiqué.

Quelle fut la réaction de l’État français ?
Les premières réactions du gouvernement par son porte-parole furent réservées. Stéphane Le Foll sur un média affirma :

Ce qui s’est passé n’est pas acceptable, mais ce n’est pas pour autant que l’on va entrer dans une crise. Il faut bien réfléchir à ce que l’on dit, en particulier sur ce genre de sujet

.

Qu’en ont pensé les politiques français ?
La timidité de l’exécutif a laissé place à une déferlante de réactions demandant une sanction ferme de la France vis-à-vis de son allié.

Si la France se respectait, elle ferait détruire la partie de l’ambassade des États-Unis où ont lieu, les écoutes

proposait le sénateur centriste Yves Pozzo sur Twitter qui est cependant rapidement revenu sur la fermeté de ses propos, « On n’en a pas le droit évidemment, une ambassade est une extension de territoire à l’étranger. C’est de l’humour ».
Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a déclaré mercredi soir qu’il avait l’intention d’évoquer avec ses interlocuteurs américains l’écoute des conversations de trois chefs d’Etat français. Comme quoi, il ne renonce même pas symboliquement à se rendre aux USA…
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La France écoutée par la NSA ? Il est temps d’accorder l’asile politique à Edward Snowden !

24/06/2015 – FRANCE (NOVOpress)
Wikileaks, Libération et Mediapart viennent donc de révèler que la NSA avait écouté les communications des trois derniers présidents français et de plusieurs membres de gouvernement entre 2006 à 2012.

Comme le précise Mediapart :

Toutes classifiées « top secret », ces notes détaillent les dessous d’un espionnage obsessionnel de la France par les États-Unis sur des questions diplomatiques, de politique locale ou économiques de tous ordres. Que les États-Unis écoutent les principaux dirigeants d’un pays allié comme la France relève pour certains du secret de polichinelle. L’information est désormais prouvée par des documents issus du cœur de l’appareil d’État américain. Surtout, les éléments que nous rendons publics révèlent l’ampleur jusqu’ici insoupçonnée de l’espionnage états-unien, réalisé en dehors de tout cadre judiciaire et de tout réel contrôle.

Des révélations qui ont incité François Hollande à convoquer ce mercredi un Conseil de défense « pour évaluer sur tous les plans la totalité des informations ».

Mais il ne faut pas s’attendre à une réaction particulière de la part d’un gouvernement obéissant aux ordre de l’Oncle Sam. Et si la France accordait enfin l’asile politique à Edward Snowden ?


 

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