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19hh

Islamisme radical et Internet : « 19HH » un « youtubeur » d’un genre particulier

Source : Minute (2732)
Expulsé vers sa terre natale du Sénégal à sa sortie de prison, Omar Omsen y avait développé son activité sur internet et avait largement étendu son influence dans la sphère musulmane francophone. Sur son compte sur la plate-forme vidéo YouTube (« omsen06 », toujours en ligne et consultable), on peut ainsi découvrir 23 vidéos, des séries thématiques divisées en plusieurs chapitres.

Les plus anciennes (« Histoire de l’humanité », « Preuves de l’existence d’Allah ») ont cinq ans tandis que la série la plus récente (« Destination… la terre sainte ») a seulement un an. Les vidéos du prédicateur cumulent près de 750 000 visionnages, auxquelles on pourrait ajouter encore 100 000 vues sur d’autres comptes reprenant ces mêmes vidéos. La série ayant rencontré le plus franc succès étant celle consacrée à « la vérité sur la mort de Ben Laden ». Omar Omsen était en effet un grand admirateur du fondateur d’Al-Qaïda.

Dans leur rapport « La métamorphose opérée chez les jeunes par les nouveaux discours terroristes » (publié en novembre 2014, dans le cadre des travaux du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam), Dounia Bouzar, Christophe Caupenne et Sumayman Valsan rapportent ainsi que le nom choisi par Omar Omsen pour désigner ses productions vidéo, « 19HH », est un hommage aux attentats du 11 septembre 2001. Le chiffre 19 fait référence aux « 19 Magnifiques », terme employé par Oussama Ben Laden pour désigner les terroristes du 11 septembre, et les deux H représentent les tours jumelles de Manhattan frappées lors de l’attaque. Les auteurs considèrent ainsi qu’à travers ce code, « Omar Omsen leur rend ainsi hommage de manière subtile sans faire de lien direct avec Al Qaida, pour ne pas effrayer les internautes en phase de découverte du processus et non encore totalement radicalisés ».

Visuellement, les vidéos réalisées par Omar Omsen sont étonnantes : on y retrouve entremêlées des images d’actualités, des images de films et des effets spéciaux détournés de leur usage ou sens original, des évocations religieuses à travers des chants, des prières, des vidéos de prédications. Le tout est relié par des textes apparaissant à l’écran, ou par la voix off d’Omar Omsen, qui viennent donner du sens
à l’ensemble. Pour nos yeux, ces vidéos sont pour le moins déconcertantes et l’on pourrait peiner à croire en leur impact réel. Mais pourtant…
Interrogée par France Info, Donia Bouzar a témoigné qu’un tiers des 350 cas d’endoctrinement sur lesquels elle a travaillé a été influencé par les vidéos réalisées par Omar Omsen…

À travers ses vidéos, L’émir djihadiste de YouTube a été l’un des principaux recruteurs de musulmans partis de France pour mener le djihad en Syrie.

Omar Omsen

Le djihadiste Omar Omsen est mort, au suivant !

Source : Minute (2732)
L’émir de YouTube n’a fait que du mal

La mort d’Omar Omsen a été annoncée dans la nuit du 7 au 8 août. À travers ses vidéos diffusées sur internet, il a été l’un des principaux recruteurs de musulmans partis de France pour mener le djihad en Syrie. Retour sur la vie criminelle d’un Sénégalais de Nice, d’un voyou devenu pourvoyeur en fous d’Allah.

En décembre 2011, une trentaine de jeunes musulmans, majoritairement issus des quartiers Est de Nice, préparent leur départ pour mener la guerre sainte en Afghanistan. Ils entendaient gagner le pays via la Tunisie puis la Libye. À la tête de leur groupe, un « gourou » : Omar Omsen, de son vrai nom Oumar Diaby, Omsen étant un diminutif pour « le Sénégalais ». Le projet va tomber à l’eau, bêtement.
Le 9 décembre 2011, Omar Omsen se rend à la gare Centrale de Nice pour y accueillir deux nouvelles recrues. Omar Omsen fait l’objet d’un banal contrôle d’identité puis il est interpellé. « Y aura-t-il une association quelconque pour reprocher un inopportun contrôle au faciès ? » ironise Philippe Vardon en évoquant cette arrestation dans son livre l’imam Estrosi, consacré à l’islamisme à Nice.

En réalité, ce ne sont pas ses activités politico-religieuses et un signalement des services de renseignement qui sont à l’origine de cette arrestation : l’ancien délinquant a été rattrapé par une vieille affaire de trafic de pièces de voiture pour laquelle il n’a pas purgé sa peine. Le passé criminel d’Omar Omsen se rappelle à lui, et les rêves de djihad afghan de trente jeunes musulmans s’évanouissent en même temps qu’il retourne en prison.

En contact avec Mohamed Merah ?

Ce n’est pas une première pour le Sénégalais (il est né au Sénégal et n’est arrivé en France qu’à 7 ans). Omar Omsen a grandi dans le quartier « sensible » de l’Ariane, à Nice. En 1995, celui qui n’est pas encore Frère Omsen est incarcéré pour une tentative de meurtre. Il a volontairement percuté un homme en voiture dans le cadre de règlements de comptes entre les bandes rivales des quartiers de l’Ariane et des Moulins. Cela aurait dû suffire pour le mettre hors d’état de nuire, mais non : après seulement cinq années en détention, on le retrouve encore mêlé à des affaires de braquages. Qui n’ont pas plus de conséquences…
C’est à partir de 2005, après un retour à la religion opéré derrière les barreaux – ben tiens ! –, qu’on va le retrouver prêchant au bas des tours de la cité Bon-Voyage, toujours dans les quartiers Est de Nice, ou aux abords de son stade de football. Il ne se contente pas de prêcher en direct puisqu’il est aussi l’un des premiers à se lancer dans la réalisation de vidéos islamistes diffusées sur internet.
C’est en réalité à la lumière de l’affaire Merah – soit trois mois plus tard – que l’arrestation survenue en gare de Nice en 2011, les projets de départ vers l’Afghanistan et l’existence du prédicateur Omar Omsen sont révélés par la presse locale puis diffusés par les médias nationaux. C’était l’heure du grand déballage, d’autant plus que l’on soupçonnait alors Omar Omsen d’avoir été en contact avec le tueur de Toulouse.

Omar Omsen, interrogé en février 2014 dans l’ouvrage de David Thomson (journaliste de RFI spécialiste du djihadisme) « Les Français djihadistes », niera tout contact direct et encore plus toute complicité avec Merah. Il admettait en revanche que ce dernier était « amateur » de ses vidéos et qu’ils avaient échangé via la messagerie du réseau social Facebook…
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