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Affaire Sarkozy : justicialisme totalitaire et fin de l’État de droit - par Guillaume Faye

Affaire Sarkozy : justicialisme totalitaire et fin de l’État de droit – par Guillaume Faye

08/07/2014 – PARIS (via le site de Guillaume Faye)
Cette analyse est d’autant plus libre que je ne suis absolument pas un partisan de l’ancien président de la République, qui m’a fait un procès – que j’ai gagné – quand il était ministre de l’Intérieur, à la suite d’un de mes essais qui lui avait déplu parce que – ironie de l’histoire – je m’étais permis de critiquer sa police. Permettez-moi d’esquisser une réflexion sur la philosophie du droit et l’appareil judiciaire français.

Évitons de commenter en détail les multiples ennuis judiciaires de Nicolas Sarkozy et l’interminable feuilleton qui s’ensuit. Essayons, sans nullement manifester le moindre ”sarkozisme”, d’en retenir l’essentiel. M. Sarkozy a accusé les magistrats instructeurs d’être « instrumentalisés » par le pouvoir socialiste. Sous entendu : François Hollande, aux abois, veut casser son rival aux élections de 2017. Et les juges, partiaux, d’extrême gauche, du Syndicat de la magistrature, seraient de connivence pour le faire plonger. Avec un certain désir de vengeance, aussi. Qu’en est-il ?

La politisation de la justice (ou plutôt des juges) a toujours existé mais dans le respect des textes de lois. Les lois ont certes une certaine élasticité, mais là, on ne respecte plus les textes ni les habitudes judiciaires : mise en examen pour des faits secondaires sans début de preuve avec qualifications infamantes (corruption active) ; gardes à vues humiliantes de justiciables présentant toutes garanties de représentation, en lieu et place d’une simple audition ; écoutes téléphoniques prolongées selon la technique des ”filets dérivants”, au mépris de la règle de séparation des affaires, sans savoir exactement ce que l’on cherche, etc.

Parmi tous les commentaires de droite (ses rivaux) ou de gauche (ses ennemis) sur les déclarations médiatiques de Nicolas Sarkozy contre les juges qui le poursuivent, le plus inquiétant est cette idée, parfaitement totalitaire : « on n’a pas le droit de critiquer la justice ». Mais bien sûr que si, on en a le droit ! Non seulement la justice de son propre pays, dans son ensemble, mais les juges individuellement ! Où sont les textes de loi qui l’interdisent ? Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, outrepassant son devoir de réserve, a fustigé les saillies de M. Sarkozy. Il a affaibli sa fonction : pour être crédible le PCC, doit se contenter de son travail de juridiction constitutionnelle et s’abstenir de toute ”petite phrase” politicienne sur une affaire qui ne le concerne en rien.

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